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CHAPITRE VII

WÈémèm.

Le chef de la famille a rendu le dernier soupir ; ses femmes, rawhô surtout, l'ont entouré, jusqu'à la dernière heure, de soins pleins d'un dévouement respectueux. Des cris perçants révèlent aux voisins le malheur qui vient de frapper la famille ; la case s'emplit de parents et d'amis. On appelle les ipdividus chargés des détails qui précèdent lès funérailles; ils dépouillent le corps, le lavent à trois reprises dans une eau différente ; ils lavent aussi les linges Mahcs dont le corps doit être enveloppé. La sépulture a lieu sans retard : le climat est si dévorant ; le corps , tout chaud encore, si c'est possible, est transporté au champ du repos, sous la conduite d'un marabout. Le lieu est planté d'arbres; tout y est sacré à ce point qu'il est rigoureusement dé-

fendu (\e loucher aux branches mortes. Pendant qu'on creuse la fosse^^ les parentâ, les amis emplissent Tair de leurs gémissements et de leurs cris. A côté de la douleun vraie on remarque, à ses éclats factices, celle de certaines femmes qui pleurent à prix d'argent.

Lorsque la dépouille mortelle de l'homme a été confiée à la terre, on immole sur la fosse un bœuf dont la chair est distribuée aux assistants; ensuite un large repas, avant lequel les pauvres ont reçii d'abondantes aumônes, réunit dans la maison mortuaire les parents et les amis.

Ceux qui ont assisté à la cérémonie vont saluer les veuves. « Mais si, après xîes compliments de « condoléance, ils revenaient directeoient à leur ''!^

« maison, un grand malheur ne manquerait pas a de frapper bientôt leur famille. » Aussi ont-ils soin de faire, avant de rentrer chez eux , de nombreux détours.

Pendant ce temps , les femmes restées à la maison ont besoin de l'assistance de la sœur du défunt. Si elles ont entretenu avec elle, pendant la vie du mari, des relations amicales, elle accourt; si au contraire il règne entre elles quelque désunion, elle temporise : c'est une vengeance... car seule elle peut accomplir la cérémonie importante qui consiste à dénouer les cheveux des veuves. Tant que cet acte n'a pas

eu lieu, œlles-ci doivent rester dans, la case du mari, accroupies et immobiles.

Cependant la sœur est arrivée ; elle défait la chevelure des femmes et habille chacune d'elles d'un des houbôus du défunt; s'il n'en a laissé qu'un, tavihô le porte. La toilette finie, chaque femme rentre dans sa case. Pendant quatre mois et dix jouris , là tête couverte d'un pagne, elles ne peuvent recevoir personne, surtout un homme ; elles ne sortent que dans la soirée an. vendredi ^ pour aller solliciter la charité des voisins : le produit de leur quête sert à les nourrir. Voici, et c'est un détail assez curieux, comment l'aumône est demandée et reçue. La veuve se présente à la porte d'une case; le premier venu l'ayant annoncée, la maîtresse de la maison se hâte d'apporter son offrande ; c'est ordinairement du couscouss contenu dans une grande cuiller en bois. Mais la maîtresse de la maison se considérerait comme sous le coup d'un funeste présage si elle voyait là figure de la veuve avant que celle-ci n'ait touché ce qui lui est destiné ; aussi s'avance-t-elle à reculons, tendant la cuiller derrière elle ; la veuve la prend , dispose du contenu , puis la jette au loin. Alors les deux femmes se saluent , la veuve entre et sollicite la générosité des personnes présentes ; il lui est toutefois interdit de s'asseoir sur le lit d'une femme mariée. Un usage, en quelque sorte sacré,

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force les hommes à fuir la présence d'une veuve pendant la période du deuil. Si, pour quelque cause extraordinaire 9 la veuve est obligée de sortir dans le jour, elle doit s'envelopper la tête et tenir à la main un poignard {gobar) ; à la vue de cet instrument , les hommes sont obligés de laisser libre le chemin que suit la veuve.

Une femme mariée qui se couvre par mégarde du pagne d'une veuve appelle la mort sur la tête de son mari; si elle le fait volontairement, c'est un crime.

Lorsqu'au moment du décès du mari la femme est enceinte, elle n'accomplit qu'après l'accouchement les cérémonies du deuil.

A la mort de la femme, le mari reste enfermé pendant huit jours, la tête entourée d'un des nankous de la défunte. Le nankou est une bande d'étoffe de coton que les femmes roulent autour de leurs bonnets.

I^s enfants ne portent le deuil ni de leur père ni de leur mère.

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