MODIFICATIONS PAR LES MÉDICAMENTS OCULAIRES D
mais d'ordinaire d'autant plus accusée qu’on s'approche plus près du limbe.
Les troubles de la sensibilité, dont l'auteur allemand donneune pathogéniesi difficile à admettre, noussemblent pouvoir s'expliquer d'une façon plus simple. Ne pourraiton pas mettre en cause l’œdème de la cornée indéniable, puisque dans les états glaucomateux de l’œil, tout justement dans ceux où existent les troubles de sensibilité, sa transparence est affectée de façon si variable, depuis des troubles à peine appréciables jusqu’à la transparence complète avec même soulèvement de l'épithélium ? Cette apparence n'est pas due exclusivement à des troubles des milieux, humeur aqueuse et vitrée, comme on peut s’en assurer en examinant la cornée très obliquement de façon à ne pas éclairer ces milieux. Il se produirait [à la même chose que dans toute partie du corps œdématiée : on sait combien la sensibilité est altérée, aux membres inférieurs par exemple, chezles malades ayant des œdèmes cardiaques, hépatiques ou rénaux. Les glaucomes sans hypoesthésie cornéenne, les glaucomes chroniques, sont justement ceux où la cornée est tout à fait transparente.
Expérimentantavec l'atropine et la pilocarpine, Kruckmann conclut ainsi:
« La corrélation frappante entre la pression oculaire et la sensibilité a été le point de départ d'expériences manométriques et d'observations physiologiques sur l'influence des médicaments oculaires. Les résullats obtenus montrent un grand accord avec les résultats manométriques. Les modifications de la sensibilité subissent les mêmes variations que les variations de
pression en ce sens que la sensibilité devient plus fine avec une tension plus forte. Les mydriatiques déterminent un abaissement de tension de cinq minutes à une heure et demie et, postérieurement, une élévation pendant un temps considérable. Pour les myotiques,
c'est le contraire qui se produit. »