Bull. de la Société d’études législatives, 1912, p
Matoectet ét a
« ou si chacun des époux resté maître de ses biens, s’en- « ferme dans une indépendance égoïste, à laquelle l’expo- « sent, c’est certain, les tentations de la liberté, que le « régime de séparation de biens lui laisse. Caisses mêlées « ou séparées, l’argent du ménage saura bien recevoir sa « destination si chacun des époux applique son effort à « aider à la meilleur gestion des intérêts domestiques.
« Et l'effort que chacun devra fournir dans le groupe, « n’est pas de même nature. Le rôle est égal et il est diffé- « rent. Le mari assure les rapports du groupe avec le « dehors, il alimente le groupe de ce qui est nécessaire à son « existence et à son développement ; il a charge de femme « et de famille. La femme a la mission plus délicate et « plus intime de la direction de l’intérieur. C’est un rôle « qui comporte prudence et discrétion. »
On peut jeter un regard attendri sur notre vieille communauté. C’est un régime condamné à disparaître, sinon dans la loi, du moins dans les mœurs. À quoi sert-il de gémir ? si elle ne veut pas se dessécher, toute législation doit s’adapter aux besoins de son temps. Mais d’autre part, en cherchant à concilier de la manière la plus pratique les intérêts différents des époux, ne faisons-nous pas œuvre vaine ? Ou il faudra se résoudre à ne voir dans le mariage qu'une association commerciale et commode, et alors nous pourrons dire comme Huc : « Les banalités sentimentales nous touchent peu et nous ne voyons aucun rapport entre les intérêts pécuniaires des époux et les affections du cœur », où le mariage restera cette union qui a pour but, non pas l'intérêt personnel, mais la création d’une famille, et alors les intérêts étant unis, peu importera la législation qui leur seront appliqués. Si les époux n’ont pas le sentiment de leur devoir envers eux-mêmes et envers
AR Por PF Do RETEr - CRE Le : Dore A Li - Giasate SNS ARE NEC LIRE PRE ER PURE 7e FES
leurs enfants, toute législation matrimoniale, si bonne soit-elle, fera toujours naître des inégalités. Il y aura toujours un des conjoints qui profitera plus que l’autre de l'association.
Quant au reproche qu’on pourrait nous faire, de choisir un régime légal qui risque de transformer les époux- en ennemis, nous répondrons de changer d’abord les mœurs, de rendre le divorce inutile. Alors le plus ou moins de
liberté laissé en droit aux époux, pourra être considéré comme un point secondaire.
Vu : Le Président de Thèse : Vu : Pour le Doyen, l’Assesseur, Marc DESSERTEAUX. M. VIGnes.
Vu et permis d'imprimer :
Le Recteur :
Th. Rosser.
Le 20 juillet 1925