HISTORIQUE
Le souci de l'entretien et du développement des routes a toujours été une des préoccupations principales de tout peuple civilisé. On a d’abord pris les mesures nécessaires pou défendre les voies de communication contre l’usurpation des riverains, le besoin de les élargir a pris naissance dans la suite. Le principe de l'établissement de servitudes dictées dans un but d'intérêt général sur des biens appartenant à des particuliers a longtemps été subordonné au sentiment de l'intégrité de la propriété individuelle. Nous trouverons chez les Romains de nombreuses mesures destinées à assurer et protéger la viabilité des routes et rues, sur la servitude de recnlement la législation est muette. Il n’existait chez eux aucune théorie générale concernant le droit dexpropriation appartenant à l'Etat sur les propriétés privées. Les cas où l'intérêt supérieur voulait qu'un D fût dépossédé étaient minutieusement
xé par des textes précis. Le respect t de la propriété rest2.t le plus fort, alors même qu'il devenait nuisible à l'intérêt de tous. Suétone nous rapporte
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notamment qu'Auguste fit faire une place de marché beaucoup plus étroite qu'il ne lPaurait voulu, »’osant contraindre les propriétaires des maisons voisines à les abandonner (1).
L’existence à Rome de plans généraux d’alignement ne fait aucun doute ni la nécessité de se conformer à ces plans. Tacite dans ses Annales et les Agrimensores à l’occasion des renseignements qu’ils fournissent pour le partage des terres nous le prouvent d’une façon indiscutable. Le tracé des différentes voies était même relevé sur des Tables de Bronze en double exemplaire, ce qui permettait de déterminer et de reconnaitre le domaine des routes et rues toutes les fois que le besoin s’en faisait senre
Il semble établi que ces Tables n’avaient d’autre but que de prévenir et réprimer les usurpations, poursuivies d’ailleurs très rigoureusement par le préteur et les gouverneurs de province.
Vers la fin de l’Empire, une loi d’Arcadius et d’'Honorius (2) décide bien qu'il y à lieu d’ordonner la démolition des bâtiments qui rétrécissent les rues, mais cela encore s'applique sans doute à la répression des usurpations commises.
Ce souci de dégager les voies publiques disparut avec les invasions des barbares, c’est l’anarchie complete, la confusion générale. On ne peut plus
(4) Suetlone, in Augusto, capite 56.
(2) Lot 14, Cod. de operibus publieis,.
Le
protéger les routes, inutile de songer à les élargir.
La situation se poursuit sous la Féodalité. On ne connait que son château ou sa ville. Les besoins économiques de époque sont d’ailleurs fort restreints, ie nombre des étrangers est peu considérable, la viabilité publique n’a plus qu'une importance minime. On construit comme on peut et comme on veut; la commodité seule sert de guide, on ne se préoccupe guère du passage.
Pour s’en convaincre, il suflit de jeter un coup d'œil sur nos vieilles villes, les rues y sont étroites, tortueuses, les maisons construites à la fantaisie de leurs architectes ou maçons. Pour le touriste flâneur en quête d'originalité, il règne peut-être dans ces quartiers des cités de notre ancienne France, une atmosphère particulière etsingulièrement troublante. L’évocation de ces époques lointaines où 1l se sent revivre, lui procure sans doute uneillusion délicieuse ; mais la salubrité publique n’y trouve certainement pas son compte.
Le pouvoir royal devenant tous les jours de plus en plus fort voulut réglementer la voirie. Il comr'enca par réprimer les usurpations mais il se passera encore longtemps avant qu’il n'ose imposer aux particuliers la charge très lourde de la servitude de reculement.
Il faut arriver jusqu’au seizième siècle pour que l’on se permette de porter une atteinte à la propriété privée. En 1556, nous trouvons une ordonnance de Henri II. Cette ordonnance permet de contraindre les riverains de la voie publique à livrer le terrain nécessaire à l'élargissement des rues c’est la première fois