‹ De la situation des ouvriers en angleterreChapitre 48 sur 70 · SECOURS MUTUELS · texte numérisé non relu

SECOURS MUTUELS

leurs économies par petites sommes à la caisse d'épargne est relativement peu considérable.

Mais ce qui a surtout contribué à la réduire, c'est la loi de 1861, qui a permis aux bureaux de poste de remplir les fonctions de caisses d'épargne. Les cbiffres suivants montrent à la fois l'importance des opérations faites ainsi et la préférence accordée aux bureaux de poste par les petites économies : en 1867, ceux-ci ont reçu l,592,3Zi4 dépôts, représentant une valeur de 116,097,650 fr., et par conséquent une moyenne de /i7 fr. 53 c. par dépôt. Cette moyenne avait été de 46 fr. 35 c. en 1865, et de hS fr. 50 c. en 1866. La somme totale des dépôts ainsi accumulés était de 247,882,790 fr.

Les caisses d'épargne de l'armée et des marines militaire et marchande ne font que des opérations très-restreintes.

Les sociétés de secours mutuels datent de fort loin et sont trop connues pour qu'il soit nécessaire d'en parler en détail.

Les Odd Fcllows, qui prétendent remonter à la captivité de Babylone et qui furent fondés à Manchester, il y a soixante ans, comptent 387,990 membres et possèdent une réserve de plus de 50 millions. Ils sont divisés en loges, par villes. Des députés de toutes les loges choisissent annuellement le comité directeur, qui nomme à son tour le grand maître, le vice-président, le trésorier et le secrétaire. Tous les ans, les députés se réunissent en assemblée générale. La cotisation est de

IGO INITIATIVE PRIVÉE.

52 c. par semaine; on y joint le produit des amendes, qui sont nombreuses. Le Lut de la société est de donner des secours en cas de maladie, secours qui, selon le temps que le malade a appartenu à l'association, sont de 12 à 16 fr. par semaine pendant les six premiers mois; le reste de la première année, ils sont de 7 fr. et ensuite de 4 fr. On reconnaît là le type que les Unions ont pris pour modèle.

Les Forcsters, plus anciens, prétendent descendre de la bande de Robin Hood, et, dans leurs réunions au Palais de cristal, leurs dignitaires portent un bizarre costume forestier. Ils sont 2/jO, 000; leur organisation est la même que la précédente ; seulement ils ont un asile de vieillards et donnent 7 fr. par semaine à ceux qui ne peuvent pas y être reçus.

Les grandes associations, comme les deux que je viens de citer, ont établi leurs budgets sur les plus stricts calculs et ont une position financière excellente. Elles offrent une précieuse école de bonne administration aux ouvriers chargés de leur gestion, et la manière dont ceux-ci s'en acquittent est un titre d'honneur pour toute leur classe. 11 existe à côté d'elles une multitude de petites sociétés, plus ou moins bien conduites, et sur beaucoup desquelles il est difficile d'avoir des renseignements; car, des 22,834 qui, en 1865, ont été invitées par le bureau de l'enregistrement des sociétés de secours mutuels à remplir les formalités nécessaires pour se faire légaliser, 15,128 n'ont pas répondu à cet appel.

Cependant, on croit pouvoir estimer le nombre de

SOCIÉTÉS DE CONSOMMATION. lOl

leurs membres à plus de 3 millions, presque tous ouvriers; le chiffre de leurs souscriptions annuelles, à 125 millions de francs; et leurs fonds de réserve, à o ou 400 millions de francs. Ce dernier chiffre semble assez incertain, mais il n'a probablement rien d'excessif, car, en 1867, la somme déposée entre les mains des commissaires de la dette nationale par les Friendhj Societies s'élevait exactement à 143,468,825 fr.

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