‹ De la situation des ouvriers en Angleterre mémoire présenté à la Commission d'enquête sur les conditions du travailChapitre 20 sur 66 · A. — POUR LES PATRONS · texte numérisé non relu

A. — POUR LES PATRONS

Pour se rendre un compte exact des conditions dans lesquelles roiivrier vend son travail au patron, il est iodispeasable de savoir ce que ce travail vaut véritablement pour le patron qui Tacbète, et la proportion' dans laquelle cet élément contribue au coût total d'une eulrepi ise. Les conclusions de cette étude, entièrement due à M. firassey, tendent à confirmer cet axiome, qne rkn n*est plus cher qne la mafn-étœuvre à bon maràhè, axiome qui s'app:î(|uo d'une façon éclatante au travail servile, travail soi-disnni gratuit, et eu réalité le plus dispendieux de tous. M. iirassey père se trouvait placé dans une situation unique pour comparer les éléments divers dont se compose le coût d'une entrepiise, et qui, selon les pays, laissent une part plus ou moins large à la maio-d*œuvre : il avait à diriger à la lois un grand nombre d'entreprises, absolument analogues, mais laites daus les contrées les plus diverses du globe.

Les principaux éléments qui se réunissent pour établir le coût total d'une entreprise qne1oon({ue (et en

particulier de la construction d'un rliemin de fer) sont : IMe prix véritable de la main-d'œuvixî, c'est-à-dire la somme payée pour l'accomplissement d'une quantité de travail donnée ; ^ le prix des matières ou maté* riaux employés ; 3^ le prix de la quantité de travail

DBS SALAIRES.

produite par les machines employées, représenté par leur coDsommatioD de charbon et leur amortissement; A» rintërét, au taux du pays, du capital engagé

dans l'entreprise.

11 est impossible d'entrer ici dans tous ks détails donnés par M. Brassey. D'après la longue expérience de son père, il déclare que le coût total des constructions de chemin de fer est le même dans tous les pays» TAmérique seule exceptée peut-être, et que ce prix total a plus varié aussi à diverses époques dans le même pays qu'entre des pays différents au même momont : sou élévation graduelle en Angleterre a été très-iaible et ne correspond aucunement à Télévation des salaires.

En effet, les quatre éléments que je viens d'indiquer se coniponsent à peu près, et, lorsque l'un augmente, Tautre diminue. Les variations du prix véritable de la main-d'œuvre n'ont ainsi aucun rapport avec le chiffre annuel des salaires. Avant d'examiner cette dernière proposition, la plus intéressante à mon point de \ue, j'écarterai les trois autres éléments, par une discussion abi'égée de leur influence sur le coût total de l'entreprise. L'Angleterre, qui est notre point de comparaison avec les autres pays, doit être considérée comme celui qui est arrivé au plus haut degré de civilisation industrielle; et, en même temps, elle possède; quant au fer et au charbon, de grands avantages, grâce auxquels (que cette civilisation en soit ou non la conséquence naturelle) les trois éléments indiqués plus haut sont Toccaston d'une dépense beaucoup moindre en Angleterre qu'ailleurs. Eu effet ; 1" les fers, les char-

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