C. — Les banques populaires et les institutions
de crédit l'oadces sur l'emploi du capîlal des Unions;
D» — Les sociétés qui combinent dans une même œuvre les ressources des ouvriers et la puissance du capital, et particulièrement les sociétés de participation industrielle, qui sont, dans ce genre, les plus heureusement conçues.
Les Building Societies ont pour but de remédier à tous les inconvénients que présentent pour la santé et
l'économie les logements que la plupart des ouvriers sont réduits à louer.
Les mutations étant chères et difficiles, l'ouvrier, abandonné à lui-même, ne pourrait jamais devenir propriétaire d'une maison, résultat cependant aussi dési-
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rable pour notre bien à tous qne pour le sien. Les
Building Socit'ties lui en donnent le moyen. La plu[)arl sont sioiplemeut des espèces de loteries qui, louteiois. diffèrent essentiellement de cette funeste institution en ce sens que les bénéfices appartiennent aux souscripteurs. Un certain nombre d'individus forme une société et constitue un fonds commun par des contributions bebdomadaires. Dès que les fonds sont suffisants, la société achète un assez vaste terrain, puis, réglant ses dépenses sur les sommes qu'elle recueille, elle construit successivement une, deux, trois maisons, enfin autant d'habitations qu'elle compte de membres; habitations saines et peu coûteuses, car, grâce à leur nombre, leur prix souvent ne dépasse pas 5,000 £r. Gbaque maison, à peine achevée, est tirée au sort; celui qui l'a gagnée continue naturellement à payer sa redevance et donne à la société, comme garantie qu'il ne manquera pas à ses engagements , une hypothèque dont les intérêts, peu considérables d'ailleurs , sont versés par lui à la caisse et représentent une sorte de loyer jusqu'à sa libération définitive, compensant ainsi ce^u'il y ^rait eu d'excessif dans l'avantage que lui a fait le sort. Lorsque la dernière maison est achevée, elle est donnée au dernier membre négligé jusque-là par le sort; les béoéUces qui ont pu être laits et constituer un reliquat sont partagés également entre tous; les hypothèques sont levées ; et la société, en se dissolvant, laisse cliaciin de ses loudateurs propriétaire d'une maison.
A coté de ces associations, qu'on pourrait appeler
de crédit mntnel et qni réussissent fort bien, comme
je le montrerai par quolquos cliiiïros, il faut citer celles qui, formées par des ouvriers du bàliment, sont à la fois de crédit et de coopération. Ce sont les sociétaires eux-m^mes qui travaillent les uns pour les antres, se conlentaiit de salaires ordinaires, en attendant la part de bénéfices qui leur sera attribuée comme sooscrip* teurs. Il existait deux de ces sociétés à Sbeffleld en 1865. Je ne parlerai que pour n^Miioirc des maisons construites par des capitalistes, comme à Mulhouse, et louées à des ouvriers moyennant un prix qui représente à la fois le loyer et la valeur, divisée en annuités, de la propriété même. Au bout d'un certain temps, le locataire devient ainsi propriétaire du fonds. Les Équitables Pionniers ont vendu de cette manière un grand nombre de maisons bftties par eux à Hoclulnle.
Quoique la loi permettant aux Building bocieties de posséder des biens-fonds et de les partager date de 1836, ces sociétés n'ont commencé à se développer qu'en 18/i7. Ce développtMncMit a été sin^ulièremont rapide : en 1865, la ville de Birmingham comptait déjà 8 on 9,000 maisons bâties par ces sociétés, qui comprenaient plus de 10,000 membres, presque tons ouvriers, et avaient 37,500,000 fr. de receltes annuelles. Dans celte même ville, en 1866, six de ces sociétés, qui se trouvaient en relations avec le freehold land Society, dont le but est d'acheter et de morceler certains terrains en les vendant avec des titres francs, comptaient ensemble ikt^Tà membres. Leurs comptes, arrêtés au 1«^ juin 1866, présentaient 12^625,000 fr. reçus depuis
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leur fondation, et l/i,025,0û0 £r. avancés sur hypothèques, c'est-à-dire sons forme de valeur de maisons
déjà cuiistniites; 7,562,500 Ir. avaient éle remboursés et 6,/{62,50Û fr. restaient dus. On estimait que ces six sociétés ne représentaient que la moitié des opérations de ce genre faites à Birmingham. En 1866, les quatre principales sociétés du Yorkshire avaient depuis leur fondation reçu en souscriptions 30,014,^57 fr. 50 c, en prêts 6,286,530 fr. 63 c, et avancé sur hypothèques 18,746,608 fr. 65 c. Les souscriptions de la seule année lb6/i se sont élevées à 3,764,179 fr. 49 c.
A Sunderland, le développement de ces sociétés est représenté par les chiffres suivants :
AimÉn. NOIIBIS NOMBRB CHVPH
des aocUtés. dM memteet. da capital.
Ëo 1861, M. Baines estimait le nombre des membres de toutes les Building Socîeties d^Angleterre à envhx)n
100,000, leurs souscriptions annuelles à ^3,750,000 fr.. et le capital hypothéqué aux membres sur des maisons construites par elles à 150 millions. On assure qu'en 1867 elles comptaient un chiffre double de membres et avaient reçu par souscriptions 275 millions, dont 200 avaient été hypothéqués. Depuis lors , elles se sont encore accrues dans la même proportion.
Certaines sociétés reçoivent des prêts, comme on le voit par les chiffres ci-dessus ; lorsque le nombre des préteurs qui n*y entrent. que pour placer leur argent