TROISIÈME PARTIE
L'étude des mesures législatives prises par nos voisins pour favoriser le développement moral et matériel des classes ouvrières est particulièrement intéressante pour la commission qui représente la grande Assemblée à laquelle la France a donné pour mission de panser ses blessures et de veiller sur ses destinées.
Cette Assemblée a déjà prouvé sa sollicitude éclairée pour le bien-être de nos populations ouvrières en adoptant le principe de la loi si sage et si pratique proposée par M. Ambroise Joubert. Le rapport de M. Talion sur cette loi, si complet et si lucide dans son exposé, m'encourage à entrer dans quelques détails que l'auteur de ce travail n'a pu aborder. Quoiqu'ils soient probablement déjà connus, il m'a semblé utile de les rassembler ici; car, après r«enquête à laquelle la commission va se livrer, et qui par elle-même ne peut manquer d'avoir les plus heureux résultats, puisqu'elle permettra à toutes les opinions, à toutes les aspirations.
raisonnables ou non, de se produire au grand jour, il est permis de croire qu'elle présentera certaines modiûcationslégislati ves à l'approbation de TAssemblée, comme conclusions de ses consciencieuses études. Si, d'une part, il faut repousser les funestes théories de ceux qui prétendent demander à l'État un remède universel pour toutes les souffrances sociales et ne tendent qu'à établir, sous ce prétexte, le plus intolérable des despotismes, c'est, d'autre part, un devoir pour tous ceux qui combattent ces dangereux utopistes au nom de la liberté et de la civilisation de rechercher par quels moyens légaux l'amélioration morale et matérielle de ceux de leurs concitoyens qui sont voués, par leur naissance ou quelque autre hasard de la destinée, au travail manuel, peut être assurée.
Les lois qui concernent les ouvriers en Angleterre doivent être divisées en deux catégories, selon qu'elles les touchent indirectement ou directement.