QUATRIÈME PARTIE. — RELIGION. 2Ô'J
réunissent d'abord pour fumer, puis pour boire, et ainsi de suite. Si on les avait élevés à savoir que le dimanche , comme tous les jours et toutes les saisons, a été fait pour lliomme et non Thoinme pour le dimanche; que leur religion est dans Tétat de leur esprit et non dans la distribution de leur journée, il est probable quMs eussent passé le dimanche aussi innocemment (jue tout autre jour, et le désir d'accroître leurs connaissances religieuses et de cultiver leurs sentiments de dévotion, bien loin d'en être affaibli, n'aurait fait que prendre une nouvelle force. Une chose me frappa : c'est que, dnns lUniversilé de Jefferson, à Charlolteville , en Virginie, où il n'a été fait aucune distinction pour le culte , où l'on n'exerce pas la plus légère autorité sur les étudiants , à l'égard des observances religieuses, non-seulement le service divin se
Elle repiésentait la famille donl elle offrait le tableau, après une semaine laborieuse, assistant, le dimanche matin, au service divin, el faisant, dans l'après-midi, une promenade sur l'eau. Du reste, la journée se passait en conversations religieuses. L'idée d'une promenade sur l'eau, le dimanche, choqua tellement, que Pédileur demands à l'auteur de modifier ce chapitre, et de retrancher ce qui était déjà imi)rimé. L'anleur, je suis fâchée de le dire, fit ce qu'on iui demandait. Si elle se convertit à la superstition populaire , ce qui n'est guère croyable , je n'ai rien à dire. Dans le cas contraire . c'était une question de principe sur laquelle elle ne devait pas céder. S'il faut que, pour éviter de choquer des préjugés religieux, des livres soient modifiés et les convictions d'un auteur falsifiées. il y a là un abandon non-seuiement des plus nobles prérogatives de l'auteur, mais de son devoir le plus impérieux.
lyote de l' Au leur.,
fait (le la manière la plus régulière, mais tout le monde y assiste. On sait combien , dans nos Universités anglaises, il résulte d'inconvénients des prières publiques auxquelles chacun est tenu d'assister. A Charlotleville , où on laisse chacun faire, à cet égard , ce qui lui convient, la présence au service divin est ponctuelle, paisible et absolument universelle.
La prescription ascétique des amusements s'étend au clergé, dans le pays entier, et comprend la totalité du monde religieux, dans la ?souvelle-Angleterre. En ce qui concerne le clergé, cette superstition ne saurait être de longue durée , tant elle est dépourvue de toute raison. A Philadelphie, je m'étais rendue à une soirée avec un ecclésiastique et d'autres amis; bientôt la danse commença : une dame m'adressa une question qui impliquait le départ de notre ami l'ecclésiastique. « Le voici, » répondis-je. — « Oh! je pensais qu'il était parti aussilôt que la danse a commencé, » dit la dame d'un ton qui donnait à entendre que, dans son opinion, il aurait dû partir. On disait, de cet ecclésiastique , que ce ne devait pas être un homme fort religieux , parce qu'on le voyait trop souvent en société. Nul ecclésiastique ne met le pied au théâtre ou ne touche une carte; il est même convenu qu'ils doivent se retirer quand les cartes paraissent , comme lorsque la danse commence. L'exclusion du théâtre est peu importante; car on peut avoir des doutes raisonnables sur l'utilité d'encourager un amusement qui semble vicieux en Amérique, au suprême degré. Les Américains ont peu le goût dramatique, et l'esprit de puri-