TROISIÈME PARTIE. — CIVILISATION
L'esprit de dénigrement, cet esprit puéril et barbare, est à peine connu en Amérique; on n'a pas même d'idée de l'insolence anglaise de classe à classe, d'individu à individu, si ce n'est dans le traitement infâme des gens de couleur. Rien , dans la civilisation américaine, ne m'a frappée plus agréablement que l'invariable respect pour riiommc dans sa qualité d'homme , et rien, non plus, depuis mon retour en Angleterre, ne m'a plus adligée que le contraste que j'y ai vu sous ce rapport. L'Anglais qui n'est point allé en Amérique ne saurait se faire une idée de l'atmosphère d'insolence dans laquelle il vit, de la contagion de mépris qui infecte, dans sa patrie, toutes les relations sociales ; il ne saurait comprendre jusqu'à quel point tout ce qu'il peut dire de plus vrai et de meilleur, sur le traitement des gens de couleur en Amérique , est neutralisé sur les lieux par ce seul fait, que le mépris concentré là bas sur les noirs est, ici, disséminé sur la société tout entière.