‹ De la société américaineChapitre 16 sur 135 · TROISIÈME PARTIE. — CIVILIS.VTION · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE. — CIVILIS.VTION

a six ans, et qu'il ne peut encore articuler un seul mot. >

Personne ne blâmera l'orgueil de f\miille contenu dans de sages limites; en supposant qu'il reste dans son état actuel , il est inoffensif dans le cercle étroit où son action est renfermée ; mais dans une ville soumise au mouvement de la société , ce même orgueil peut se transformer en esprit de caste ou s'exalter de manière à compromettre la pureté de la fraternité républicaine. L'alternative est grave pour l'état de la république et d'une haute importance pour l'individu.

L'étendue et l'influence de rarislocratie conventionnelle aux États-Unis indiquent l'état de la république, en ce sens qu'elles donnent une mesure de l'esprit anti-républicain qui y existe. Du reste, une pareille aristocratie doit rester trop insignifiante pour devenir jamais dangereuse; elle ne peut choisir ses membres, en restreindre le nombre ou préserver de souillure sa qualité, car il faut qu'elle se perpétue non par transmission héréditaire, mais en se recrutant au-dessous d'elle. Les épiciers s'enrichissent, les artisans deviennent gouverneurs de l'État; et heureusement qu'il n'y a ni loi, ni raison, ni désir pour qu'il en soit autrement. Ce petit nuage voltigera au-dessus de la république comme la vapeur perpétuelle qui plane au-dessus du "Niagara, produile par la force et la régularité (lu mouvement d'en bas. Quelques-uns pourront s'afïîiger que le ciel ne soit jamais complètement serein ; mais le petit nuage ne fera peur à personne : l'aristocratie conventionnelle de l'Amérique n'inondera

pas plus la république que la vapeur blanche ne submergera la cataracte dont elle émane; Tune de ces craintes serait aussi raisonnable que Tautre.

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