‹ De la société américaineChapitre 57 sur 135 · OCCUPATIONS · texte numérisé non relu

OCCUPATIONS

Les occupations de la plupart des Américaines sont la direction des affaires domestiques, le soin du ménage et des devoirs maternels. En l'absence de ces occupations, la femme n'a que deux ressources pour tuer le temps : 1 jexagération des pratiques religieuses et l'excès de la dissipation. Hors de là , une femme américaine n'a rien à voir et rien à faire. Aux États-Unis, comme ailleurs, il y a des femmes aussi impropres à être épouses et mères qu'à être hommes d'État et généraux, aussi incapables d'une responsabilité quelconque que d'une plus grande responsabilité. Il n'est pas nécessaire de les signaler; on peut les voir partout: je n'en parle que pour rappeler que beaucoup de femmes, appartenant à cette catégorie , parviennent à se soustraire à quelques-unes des occupations de leur sexe, en se réfugiant dans les pensions bourgeoises. C'est une circonstance très-défavorable à la moralité de quelques Américaines, que la vie de pension ait été rendue nécessaire par la rareté de la main-d'œuvre, la difficulté de se procurer le service domestique. Plus j'ai examiné la vie de pension bourgeoise, plus j'en ai conçu une opinion défavorable, quoique je n'aie vu, en ce genre, que ce qu'il y avait de mieux. Effectivement, le degré de mérite de ces établissements n'entre que pour peu de chose dans la considération du mal résultant de leur existence même. Dans les maisons de ce

iW DE LA SOCIÉTÉ AMÉRICAINE.

genre les mieux tenues , c'est quelque chose que d'avoir une compagnie bien composée , une bonne table, une hôtesse bien élevée et polie, et toutes ses aises dans un appartement séparé ; mais les vices du système rejettent toutes ces considérations sur le dernier plan.

Commençons par les enHints. Il est impossible de leur faire observer, dans leur nourriture, le régime convenable. Comment veut-on qu'ils mangent comme l'exigerait leur âge à une table de cinquante personnes, entourés d'une douzaine de valets obséquieux, et ayant sous les yeux une foule de mets qui les tentent. Il est à craindre que l'enfant n'ose pas manger ou mange trop. Ensuite, il est triste de voir des jeunes fdles de douze ans se rapprocher de leurs mères, et rougir péniblement au moindre regard que peut jeter sur elles l'un des cinquante étrangers, ou regarder effrontément tout ce qui se passe et se servir ellesmêmes, comme de petites femmes du monde. Après le thé , la coutume est de conduire les jeunes demoiselles au piano, pour y jouer un air et chanter pour une société composée, en grande partie, d'hommes, et à la composition de laquelle n'a présidé d'autre considération que celle de l'aisance. Puis, vient le danger pour les jeunes femmes mariées, qui, dans les pensions bourgeoises, forment la classe la plus nombreuse. L'incertitude du service domestique est si grande, l'économie de la vie de pension est si séduisante pour ceux qui ne se sont pas pourvus de maison et de mobilier, qu'il ne faut pas sétonner que

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