‹ De la société américaineChapitre 58 sur 135 · TROISIEME PARTIE. CIVILISATION · texte numérisé non relu

TROISIEME PARTIE. CIVILISATION

beaucoup de jeunes couples s accommodent de ce genre de vie. Mais nul époux raisonnable, sacbant d'avance les dangers de ce mode d'existence, n'exposera volontairement à de pareils risques la paix de son ménage. J'en ai vu assez quand les dames, en parure élégante , descendaient dans le salon commun après le déjeuner, et le départ de leur mari pour leur bureau. Là, ces dames passent des beures entières, sans autre occupation que de causer avec le premier venu, avec des visiteurs ou des messieurs de la maison n'ayant rien à Aiire. Il est vrai que les dames raisonnables peuvent se retirer dans leur appartement pendant la matinée; mais elles se plaignent de ne pouvoir s'y livrer à une occupation régulière aussi commodément que si elles étaient cbez elles. Tantôt elles ne sont là que momentanément , tantôt elles n'ont pas de place pour leurs livres, ou bien elles sont interrompues par les visites de leurs connaissances dans la maison. Enfin on s'accorde unanimement à dire qu'on ne peut faire que bien peu de cboses dans les pensions bourgeoises; et, s'il en est ainsi pour les personnes raisonnables, cela sera encore bien pis pour les personnes légères et habituées à une complète oisiveté. Elles trouvent, parmi les pensionnaires, une ou deux chères amies à qui elles confient les secrets de leurs maris. Une femme capable de faire cela une fois le fera deux fois, ou aussi souvent qu'elle changera de pension cl trouvera une chère amie nouvelle. On m'a assuré que des hommes ont souvent éprouvé des difficultés nombreuses et graves dans leurs affaires commerciales et

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