SOCIÉTF. AMÉRICAINE. — TOME III. H
domestiques, par suite de l'iadiscrétion et de la légèreté de leurs jeunes femmes, au milieu de la vie oisive et frivole des pensions bourgeoises. Quant aux maris, ils sont véritablement à plaindre. Des repas pris en public, une maison bruyante, Tinconvénient de n'avoir qu'une ou deux chambres particulières , la privation d'une foule d'objets de convenance et de goût, tout cela est un bien triste délassement pour riiomnie occupé, après les fatigues et les soucis de la journée. Si à cela on ajoute les pièges auxquels leurs femmes sont exposées, on devra conclure qu'un homme délicat et de sens supportera tous les inconvénients résultant de l'incertitude et de la mauvaise qualité du service domestique plutôt que de renoncer à vivre dans son ménage. Mieux vaudrait pour lui dîner avec du pain et du fromage , allumer lui-même son feu et laisser sa femme épousseter les meubles , quelques jours dans l'année, que de renoncer aux avantages et à la sécurité du chez-soi. Je pense qu'en général les maris sont de cet avis, et que, s'ils cessent de tenir maison, et se mettent en pension bourgeoise, c'est pour complaire à leurs femmes qui, si elles étaient sages, en manifesteraient moins souvent le désir.
L'étude de l'économie du service domestique était pour moi , un amusement continuel. Ce que j'ai vu à cet égard remplirait un volume. Un grand nombre de familles sont et ont été depuis longtemps aussi bien pourvues de domestiques qu'on peut l'être en Angleterre, et je dois dire que, parmi les personnes qui se plaignaient le plus haut, il y en avait beaucoup qui,