TROISIEME PARTIE. CIVILISATION. 1Ô
nombreuses, celles qui pensent sont rares. Leur esprit est d'un caractère extrêmement passif; il s'ensuit que les langues sont beaucoup cultivées. Quand on me signalait une femme comme distinguée par ses connaissances, j'étais sûre d'avance que c'était une linguiste. J'ai rencontré un grand nombre de dames qui lisaient le latin, d'autres savaient le grec, d'autres l'hébreu, d'autres l'allemand. A l'exception de cette dernière langue , leur instruction ne me parut pas utile , si ce n'est pour fournir à leur esprit un exercice innocent. J'ai trouvé plus d'activité intellectuelle, plus de faculté puissante dans le grand nombre des dames qui donnaient peu de temps à la lecture , que parmi celles qui se distinguent par leur instruction littéraire. Je n'ai pas rencontré, parmi les dames des États-Unis, un seul bon artiste. Il ne m'est arrivé qu'une seule fois de voir un dessin passable, et deux fois d'entendre de bonne musique. Celle inaptitude au dessin est un problème pour moi. Ce n'est pas faute d'essayer; mais les résultats sont au-dessous de^la critique. Les sciences physiques ne sont pas non plus cultivées par les femmes; elles ont quelques prétentions à la philosophie morale; mais le moins qu'on dira sur ce chapitre sera le mieux.
C'est un triste état de choses. On me demandera peut-être : t Que sont donc les Américaines? > Elles sont mieux instruites par la Providence que par les hommes. Le lot de l'humanité est le leur; elles ont travail, épreuves, joies et douleurs. Elles sont bonnes épouses, et, sous la direction de la nature, bonnes