TOME III
i54 DE LA SOCIETE AMERICAINE.
mères. Elles ont, dans le cercle de leur activité, le bon sens, le bon caractère et les bonnes manières. Leur beauté est très-remarquable, et, je pense aussi, leur esprit. Leur charité, sans bornes , n'aurait besoin que d'être plus éclairée. Elles semblent ne pouvoir exister sans religion : la religion surabonde, mais elle n'est pas toujours d'un caractère sain. Il est dur, peutêtre, de dire cela ; mais n'est-il pas vrai que la religion émane de la nature, de l'état moral de l'individu?
Une conséquence douloureuse et funeste de l'esprit chevaleresque d'un pays à l'égard des femmes, c'est qu'il leur est difficile, quand cela ne leur est pas impossible, de pourvoir à leur existence. Là où l'on vante avec orgueil que les femmes ne travaillent pas, il n'est assigné à leur travail ni encouragement ni rétribution. Dans quelques parties du pays, il y a maintenant un si grand nombre de femmes qui ont besoin de travailler pour leur subsistance , que le mal disparaîtra devant la force des circonstances.
En attendant , le sort des femmes pauvres est triste. Avant l'établissement des manufactures, elles n'avaient que trois ressources : enseigner, travailler à l'aiguille et tenir des pensions bourgeoises. Maintenant il y a des filatures; dans les imprimeries, les femmes sont employées comme compositeurs , ployeuses et brocheuses.
C'est à peine si j'ose effleurer ce sujet, tant il serait inutile de s'y arrêter ; car le mal réside dans le système en vertu duquel les femmes sont comprimées, et le plus grand nombre des objets d'occupation placés hors