‹ De la société américaineChapitre 70 sur 135 · TROISIÈME PARTIE. — CIVILISATION. 1 i · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE. — CIVILISATION. 1 i

desdeux sexes leur pays, en quête de la santé, m'affligeaient quelquefois, pendant que leurs amis et leurs voisins prenaient leur partie tranquillement et comme la chose la plus ordinaire. Comme j'ai la conviction que des mesures plus judicieuses remédieraient à cet état de choses, je trouve cette résignation d'une nature singulièrement fataliste ; ce que j'ai vu de plus remarquable sous ce rapport, c'est une dame qui déclarait, avec une satisfaction évidente , qu'elle ne pouvait marcher jjja -mille ; elle avouait que le défaut dexercice, Sans les Américaines, abrégeait leur vie de quelques années, mais que celles-ci ne s'en apercevaient pas, et qu'elle-même n'y ajoutait qu'une faible importance. J'aimerais à voir une réforme radicale dans le régime alimentaire, comme moyen d'amélioration de santé générale : je voudrais voir bannir les gâteaux et le pain chaud , une diminution dans la quantité des con* serves , et je voudrais voir manger moins de viande ; je désirerais que l'on simplifiât le régime des enfants. Un objet de cette importance vaut bien la peine que l'on essaye quelques innovations. On ne peut considérer sans efiioi ce que deviendront les générations suivantes,si on ne parvient pas à améliorer la moyenne de la santé publique : je n'ai vu régner une santé vigoureuse que dans les parties élevées de la chaîne des Alleghanys, dans l'État du Michigan, et, peut-être, je pourrais ajouter parmi les dames de Charleston, qui passent les trois quarts de l'année au grand air dans leur piazza (i).

(1) Je liens d'un médecin renommé qu'il se rappelle une époque oil If s fjoîlres étaient très-communs à Pitlsbourg : on

Tous ces moyens pour améliorer la santé, quoique probablement nécessaires , seront insuffisantssi on n'en ajoute d'autres. Il fout qu'il y ait moins d'anxiété d'esprit parmi les hommes et moins de vide parmi les femmes. En donnant à leur cerveau un exercice abondant mais égal, en calmant leurs nerfs, les Américains, à l'aide des moyens dont nous venons de parler, arriveraient probablement à défier les variations atmosphériques de leur climat ; mais raraélioration de l'état du cerveau et des nerfs est indispensable. Il est à remarquer que cette anxiété domine surtout dans les parties du pays qui fout le plus hautement profession de religion. La foi et lespérance religieuses devraient naturellement accroître la santé et le calme, en enseignant à l'intelligence à sappuyer sur des principes immuables et sur des lois éternelles , en débarrassant l'esprit des inquiétudes mondaines et en donnant du repos aux âmes alfligées de soufi'rances. Si la religion ne calme pas et n'allège pas l'esprit, elle manque son but; si elle dérange l'économie intellectuelle et corporelle, son action est pervertie : il serait bien d'y regarder. Les plus modérés d'entre les religionnistes montrent les lombes des jeunes gens des deux sexes qui ont succombé victimes de l'exaltation religeuse. Qu'ils fassent un retour sur eux-mêmes, qu'ils se demandent si nulle concurrence spirituelle, nulle mys-

en guérissait en allant habiter la plaine de l'autre côté de la montagne. Depuis que les forêts ont été abattues et que la .ville a été aérée , la maladie a complètement disparu.

{yule de l'Auteur.)

Page 1