‹ De la société américaineChapitre 85 sur 135 · TROISIÈME PARTIE. CIVILISATION. \h · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE. CIVILISATION. \h

là des cas exceptionnels; mais l'effet de ces sortes d'institutions sur les esprits faibles doit être étudié , précisément parce que c'est pour les esprits faibles qu'elles sont créées.

Mais conviction personnelle est que les inslitutions, excellentes pour des objets positifs, ne sont pas des instruments convenables pour atteindre un but moral ; que rien ne prouve encore que le principe de l'empire sur soi-même ait été augmenté et fortifié aux États- Unis par les sociétés de tempérance, tandis qu'il est constant que la déférence déjà trop grande pour l'opinion et la soumission aux empiétements intellectuels <ttlt été beaucoup augmentées; qu'en conséquence, -quelque grands que puissent être les résultats visibles de cette institution, on reconnaîtra peut-être un jour qu'ils ont été trop cbèrement achetés. J'ai tout lieu de croire que cette opinion est partagée par un grand nombre de personnes aux États-Unis, spécialement par des médecins éclairés, les meilleurs juges en cette matière. Ce qui semble encore confirmer ce fait , c'est que, de jour en jour, il se manifeste une répugnance évidente pour les associations dont le but est moral, et un attachement toujours croissant pour celles qui ont un but positif. A ceux qui vivront alors la majorité fera voir un jour qui a tort et qui a raison.

Quoique cela soit à peine nécessaire, il est bon d'in diquer en quoi diffèrent, relativement à ce principe, les sociétés de tempérance et les sociétés d'abolition. Le lien des sociétés de tempérance est un engagement ou un vœu relatif à la conduite personnelle décelai qui

s'engage. Le lien des abolitionnistes est la reconnaissance d'un principe qui doit être mis en action par des moyens positifs, des cours, des publications, des souscriptions dans un but de bienfaisance. Nul n'est lié dans sa pensée, ses paroles ou ses actes. Quelques sociétés de tempérance n'ont point voulu contraindre à prendre des engagements et ont restreint leurs efforts à répandre des lumières sur la pathologie de l'intempérance, et sur les effets qui en résultent pour la moralité sociale et individuelle. Des associations renfermées dans ces limites non-seulement sont inoffensives , mais elles peuvent même être d'une utilité très-grande.

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