TROISIEME PARTIE. — CIVILISATION. «ô
rail à élaguer les personnalités , à nourrir l'esprit de justice et de charité, et, dans ce but, à fortifier le côté faible lorsqu'il le verrait insuffisamment défendu. On dira que des éditeurs capables de remplir ainsi leurs fonctions sont rares; cela est vrai; mais, à celte objection, le docteur Follen est une réponse vivante. Je ne pense pas , comme certaines gens , qu'une publication de cette nature soit redoutée et serait repoussée par le public. Au premier abord , elle exciterait quelque surprise et quelque inquiétude : la partialité est tellement le caractère dislinctif des journaux américains , qu'il s'écoulerait quelque temps avant qu'on s'accoutumât à l'idée d'une marche logique toute contraire ; mais le public américain n'a donné aucune preuve de sa répugnance à connaître la vérité. Loin de là , je suis convaincue qu'en moins de deux ans , un ouvrage ainsi conçu serait entre les mains de tout ce qui, dans le pays, pense avec loyauté et agit moralement, et que, par son intermédiaire , des voix éloquentes se feraient entendre des points les plus éloignés , s'empressant de profiter de ce moyen de publicité , et prouvant que la disette de la littérature américaine n'est pas le résultat du vide de la pensée ou de l'absence du sentiment. Dans tous les cas, cette tentative servirait à constater si ce sont les moyens d'expression ou la matière à exprimer qui manquent à la littérature en Amérique.