‹ De la société américaineChapitre 97 sur 135 · QUATRIÈME PARTIE. RELIGION. 2ir · texte numérisé non relu

QUATRIÈME PARTIE. RELIGION. 2ir

Laine et donner un démenti à ces calomnies, en Tab sence de toute preuve évidente de leur fausseté. Le véritable christianisme porte en lui une sérénité qui tempère l'imagination , calme les appréhensions mensongères et inspire la conviction que , de même que le cœur répond au cœur, aucune nombreuse réunion d'hommes ne peut jamais s'engager, au nom de Jésus, à devenir tout ce qu'il y a de plus opposé à la sainteté, à la douceur, à la pureté. La question : « Où est ta foi? > pouvait raisonnablement s'adresser au prêtre presbytérien qui avait prêché , à Boston , trois longues accusations contre les catholiques , le dimanche qui précéda l'incendie du couvent de Charleston, ainsi qu'aux parents qui mettent entre les mains de leurs enfants, comme livres religieux, les infâmes libelles qu'on fait circuler dans le pays contre les catholiques. Dans l'ouest, il m'arriva un jour de trouver dans la chambre d'une jeune demoiselle, lille unique d'une famille riche et influente, un de ces livresque lépithète de dégoûtant peut seule qualifier. Ce livre était auprès de sa Bible et de son livre de prières. Puisque la religion naît de la moralité, ceux qui mettent ce livre entre les mains de cette jeune fille seront responsables , un jour', si sa religion ressemble aussi peu que la leur à ce qui est c pur d'abord , puis pacifique. »

Plusieurs personnes, dans le sud et dans l'ouest, m'affirmèrent très-sérieusement que le pape, de concert avec l'empereur d'Autriche et les Irlandais , se servait des catholiques d'Amérique pour dissoudre l'Union. La propagation vaste cl riq)ide de la foi catholique aux

États-Unis * en éveillant l'attention , avait donné naissance à ce bruit. La vérité est que le pape désire que les catholiques d'Amérique continuent à former une église coloniale, tandis que les catholiques du pays se regardent maintenant comme suflisainraent nombreux pour constituer une église catholique américaine. Cette circonstance a donné au prosélytisme un grand stimulant ; c'est ce qui a suscité des craintes et fliit naître des persécutions qui n'ont foit que favoriser l'accroissement de la secte. Pendant que les presbytériens prêchent une religion dure , ascétique et persécutrice , les catholiques en dispensent une douce et indulgente, et le prodigieux accroissement de leur nombre est une conséquence nécessaire de cette différence. Le besoin de prêtres est devenu si grand , que le terme de l'éducation cléricale a été abrégé de deux ans. Les observaleurs, familiarisés avec les modes dans lesquels les institutions même du caractère le plus positif, le plus défini, s'adaptent aux besoins de l'époque, ne s'inquiètent pas de voir se propager, chez un peuple intelligent comme les Américains, une religion aussi flexible dans ses formes que la religion catholique. Le corps des catholiques est démocratique dans sa politique et se compose des ])rofessions les plus indépendantes. Le catholicisme est modifié , en Amérique, par l'esprit du temps, et ceux qui le professent ne sont pas gens à se laisser aveuglément dominer par leurs prêtres. Si on les laisse tranquilles et qu'on les traite conformément au vrai principe républicain, ils pourront nous montrer comment, dans quelque vieille forme

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