QUATRIEME PARTIE. RELIGION
religieiise que ce soit, le vrai peut être séparé du faux, si bien que la vue étant éclaircie, le corps entier sera plein de lumières. S'ils ne peuvent y parvenir, leur forme religieuse dépérira, ou, du moins, restera inoffensive ; car il est assurément trop tard pour revenir aux siècles d'ignorance. En tout cas, les principes démocratiques que tout Américain professe exigent de lui qu'il ne s'ingère dans la religion de personne ; il peut faire, à l'égard de la religion, ce que bon lui semble ; étudier, controverser, adopter, rejeter, parler, écrire ou prêcher, à propos de tout ce qu'il voit ou pense de ses doctrines et de ses abus. Mais il n'a rien à faire vis-à-vis de ceux qui le professent, si ce n'est d'observer religieusement les rapports fraternels qui le lient à eux, et jamais une dissidence d'opinions ne doit l'entraîner à porter atteinte à sa fraternité républicaine et chrétienne , à laquelle il est obligé.
Ce ne sont pas là les seuls fruits de la superstition qui remplit la société, en comprenant, sous la désignation de chrétiens, beaucoup de gens qui connaissent fort peu la doctrine du christianisme et sont trèsloin de se conduire selon son esprit. Le traitement infligé à quiconque ne croit pas est un de ses fruits les plus déplorables.
A cet égard, on voit dans le nord une fâcheuse infraction aux droits de l'homme; néanmoins un meilleur esprit commence à se manifester; il en est qui s'habituent à voir combien il est contraire à tous les principes chrétiens et démocratiques de punir un homme des opinions qu'il professe, .l'en ai assez vu