V.E ni
pour savoir combien celte infraction est peu favorable au cliristianisme. Je sais que beaucoup de gens éprouvent une répugnance secrète pour des dogmes et des pratiques qui leur ont été imposés depuis leur enfance, et combien cette répugnance s'accroît en raison même des rigueurs dont l'opinion punit Tincrédulité. Je sais qu'il est, dans la Nouvelle-Angleterre comme partout ailleurs, des esprits qui, par la nature de leur organisation , doivent nécessairement passer par un état de scepticisme avant d'arriver à un état de conviction immuable; que ceux-ci sont entourés de pièges qu'aucun bomme ne doit tendre à son frère ; qu'on les pousse à rbypocrisie, à l'insouciance, au désespoir, à l'abdication des privilèges de leur raison et de leur conscience. Je connais des femmes, chez lesquelles les fondements de la croyance ont été creusés par l'autorité , aller tous les dimanches à l'église avec contrainte pour entendre ce qu'elles ne croient pas, se coucher le soir en se reprochant un manque de piété qu'elles regrettent de ne pouvoir atteindre, et se lever le matin découragées, ne voyant d'autre perspective que le supplice de cacher le secret qui les oppresse à des parents, à un époux, à des soeurs, à des amies. Je sais que beaucoup de jeunes gens ont été poussés dans la carrière du vice pour n'avoir pas eu d'autre alternative que l'orthodoxie ou l'opprobre, se trouvant dans l'impossibilité de croire ce qu'on leur présente; sentant qu'il n'y a pas de crime à ne pas croire , mais voyant que l'incrédulité est imputée à crime, et qu'en étant aussi soupçonnés, ils perdent toute confiance en