DE L^YRAIE ET LB FROMENT DE CETTE PAILLE DESTINÉE AU FEU
— Très-bien! Monsieur. Seulement, comme, en fait de vérité, il n'y a pas deux espèces de froment, nous ne voyons pas : pourquoi, vous parlez d'w peuple. Dès, qu'il s'agit de vérité; il s'agit d'humanité. Est-ce que vous seriez de l'avis de Pascal : qu'une rivière peut séparer une même vérité, en deux vérités différentes ?
— « Tant que ce jugement n'est pas rendu, continuez- vous , c'est le chaos; et le chaos, s*il se prolongeait au sein d*un peuple, ce serait It mort. »
— Parfait , Monsieur le professeur I parfait ! Et, nous vous prions de ne jamais oublier : ce que vous venez d'écrire. Mais pourquoi, s'il vous plaît, au sein
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d'oN peuple? La France est, maintenant, au sein de rhumanité; comme, Paris au sein de la France. Estce que TOUS tous imaginez : que, le chaos pourrait exister au milieu de Pans; et, l'ordre au sein de la France? Quand on veut : qu'un peuple porte la sentence de jugement dernier, sur la valeur de ses expressions ; il faudrait commencer : par, porter le même jugement dernier, sur la valeur de celles dont on veut se servir, pour lui démontrer la vérité.
— « Le chaos, continuez-Tous ^ se cache aujourd'hui sous un mot :
DÉXOCRATIS. »
— C'est très-vrai, Monsieur. Mais, ce mot est grec ; et, nous sommes Français. Tâchez de nous parler français; et, de réserver votre grec pour la Sorbonne. 11 fallait dire :
a Le chaos se cache, aujourd'hui, sous trois mots :
SOUTERAIMETÉ DU PEUPLE.
— « C'est, dites-TOus, le mot couver atn, universeL »
— Parbleu ! ce serait bien plus singulier, si le mot «owuermneté n'était pas l'expression de souverain. Certes, ce ne serait point alors : une sentence de jugement dernier.
Et, là-dessus vous dites : que,
— « Monarchistes > républicains, socialistes, comme les montagnards, veulent tous la démocratie, la souveraineté du peuple. »
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— Mais, Monsieur; quand il n*y a : que, souTerah neté de droit divin et souyeraineté du peuple ; et, jqaH faut choisir, en fait de souveraineté ; il y a obligation da prendre Tune ou l'autre : soos peine de ne paa choisir. Et, tant que l'ignorance sociale n'est point anéantie; il n'y a : que, souveraineté de droit divin, dérivant d'une révélation quelconque ; et, souveraineté par h droit des majorités^ par le droit de la force, ou sooverainetédu peuple. Et, comme aussi longtemps que le chaos existe, il n'y a de possible, toujours en fait de souveraineté : que, souveraineté de droit divin et souveraineté du peuple ; permettez-moi. Monsieur, pour abréger et pour fixer les idées ; de représenter quelquefois : le droit divin , comme étant le père de l'ancienne société ; et, la souveraineté du peuple, comme en étant la mère : celle-ci ne pouvant, néanmoins, jamais dominer : qu'après la mort du père; et, seulement comme régente.
Je vous dirai alors : que, le souverain de droit divin, ou le père, étant maintenant mort et bien mort, tué par l'examen; il ne reste de possible : que, la souveraineté du peuple ou la mère. Comment, dans ce cas, voulez-vous que les partis choisissent? Ils prennent : ce qu'ils ont; ce qu'il y a de reste. Avez vous autre chose à leur donner ? Si vous l'avez, Monsieur, ils tendent la main.
— « Tel est, dites-vous, l'empire du mot démocratie, que nul gouvernement, nul parli n'ose vivre et ne croit le pouvoir sans inscrire ce mot sur son drapeau , et que ceux-là se croient les plus forts qui portent ce drapeau plus haut et plus loin. »
•— Et, comment voulez-vous qu'il en soit autrement? O^and, sur^son drapeau, il faut y mettre ou le père <w la mère ; et, que le père ne peut plus y être mis, paarce^ qu'il est mort ; qui, diable^ vodez-vous y mettre :«i, ce n'est la souveraineté du peuple ou la mère?
» « Idée fatale, continuez- vous^ qui soulève ou fomente incessamment la gaem ta milieu de nous, la guerre sociale ! »
— C'est, parfaitement juste, Monsieur; vous parlez comme un bon livre. Mais, puisque le père est mort; puisque la mère ne vaut pas grand'chose ; puisqu'une souveraineté nouvelle ne peut naître que d'une souveraineté ; faites en sorte : qu'un nouvel esprit-saint fasse sortir, de la seule qui nous reste ; le verbe réel, digne de nous racheter réellement. Ce verbe souverain, cette fille souveraine, destinée à nous retirer de la nuit du chaos, ne peut être : que, la vérité, lumière étemelle, que vous proclamez, avec tant de raison, avoir seuh le droit de régner sur le monde. Vous concevez en outre : que, la vérité ne peut naître et prendre la souveraineté : que, par la mort de sa mère, la force brutale ou le chaos .
— a C'est, dites-vous, cette idée funeste qu'il faut extirper. »
— L'idée de la mère, n'est-il pas vrai ? L'idée de la démocratie, l'idée de la souveraineté du peuple ? Bien, Monsieur! tuez la mère; elle ne vaut pas
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grand'chose, je vous le répète. Mais, attendez : que, sa Me soit au monde. Que voudriez-vous donc faire : sans le père ; sans la mère ; sans la fille ; sans aucune espèce de souveraineté ? Vous voilà donc devenu néophyte de l'église proudhonienne ? Vous voulez donc transformer la société en un Charenton : CQmfdétement privé de direction et de garde-fous ?
— a La paix sociale, continuez-yoas, est à ce prii, et, arec la paix lociale, la liberté, 4a sécarité, la prospérité, la dignité, tous les bien moraux et matériels qu'elle peut seule garantir. »
— Comment , Monsieur ? Après , que le père est mort, poignardé par Luther et Calvin? Après, avoir vous-même tué la mère en idée ? Avant, que la fille soit née et puisse être notre souveraine ? vous voulez : que, la paix sociale soit possible? Mais, savez-vous : que, cette paix serait celle des morts; ainsi que la mort de ces belles choses que vous dites, avec raison du reste, être la conséquence de cette paix? Merci! A ce prix, nous aimons encore mieux : soit le père, soit la mère ; ou, même exclusivement la mère ; puisque, c'est en vain : que, MM. Thiers et de Montalembert viennent de galvaniser le père , pour essayer de le ressusciter.
— « Voici, continuez-YOus, à quelles sources le mol démocratie puise sa puissance. »
— Grâces vous soient rendues. Monsieur! Nous allons savoir enfin : quelle est la source de tous nos
■ut
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maux. Mais, encore une fois, soyez assez bon : pour, ne point nous faire tuer la mère, avant la naissance de votre fille. Pensez donc : que, cette souveraineté, votre ennemie , est la seule mère possible de notre Messie futur ! Pour Tamour de l'ordre, ne nous laissez point sans aucune espèce d'autorité. Vous avez donc juré de nous livrer à la merci de M. Proudhon ! Celui-ci est bien loin de se douter : que, c'est à vous qu'il doit sa ^K)uveraineté du néant , sa souveraineté utopique, ayant nom : An-archie.
Mais, hélas ! et, que le bon Dieu vous le pardonne ! vous nous faites courir deux grandes pages ; et , encore pour nous dire quoi? Que, la source de nos maux., c'est l'ignorance ; que, c'est la seule ignorance qui, de toute éternité, a toujours donné naissance à la souveraineté du pwple ; que, celle-ci naît toujours de la lutte des passions déchaînées, comme Vénus de la lutte des flots écumeux. Nous voilà bien avancés ! Tous ajoutez : que, toute la force de la souveraineté du peuple vient également : de cette même lutte de nos passions toujours déchaînées. Cela, nous avance-tfl davantage? Ce qui nous eut avancé, eût été : de nous donner les moyens de vaincre : l'ignorance,' première MÈRE de cette souveraineté ; et , les passions ; dont la LIBERTÉ, r indépendance de la raison^ est la