AZAÏS
— « L'état de L'instruction , sera fixé , au moral , lorsque Thumanité sem parvenue à la connaissance* de la vérité : sur la réalité du droit ; et , sur la réalité de son éternelle sanction. »
GdLucs, Mss,
— M En fait d'avenir, les prétendus esprits progressifs n'ont d'initiative sur rien. »
CbAT£AUBEIA9D*
— « En fait d*anarchie, les prétendus esprits progressifs ont exclusivement rinitiative. »
^ Colins, Mts*
— Je répète encore : que, M. de Flotte est un homme de mérite. Mais, aussi, je dis comme lui : qu'en partant de Vahsurde^ on ne peut arriver qu'au non-sens.
M. de Flotte part du progrès continu et dit (p. 92) :
— c( Toute loi provisoire est une loi d'exception. »
— Eh bien ! avec le progrès, toute loi n'est jamais qu'une loi provisoire. Non-sens.
— « Toute loi , continue M. de Flotte , qui présente ces caracièrcs, est «ne loi d'injustice. »
— Donc, puisque avec le progrès, toute loi est nécessairement provisoire et d'exception, il n'y a pas de loi possible, avec le progrès, si ce n'est : des lois d'injustice.
Est-ce pour cela : que, M. de Flotte né veut pas de loi?
Et, comme l'absence de loi ou de règle présuppose r l'homme automate ou se conduisant au hasard; mot vide de sens si ce n'est celui d'automatisme; voilà M. de Flotte, qui prétend : pouvoir raisonner, en opposition avec lui-même. Non-sens.
Je vais prouver : que, M. de Flotte est néanmoins, un homme de mérite. Mais, je serai forcé de prouver en même temps : que,, M. de Flotte est un homme vaniteux .
DE Lk SOUVERAINETÉ. 17
Voici , pour le mérite :
— « Une loi, dit M. de Flotte , qui ne serait dommageable à aucune classe de citoyens , et qui n'en favoriserait aucune , aurait précisément le caractère de n*étre pas exceptionnelle ; mais alors elle serait éternelle ; elle serait en effet la justice absolue et ne pourrait changer, »
— Vous voyez : que, M. de Flotte distingue parfaitement : la loi réelle ou éternelle ; de la loi conventionnelle ou temporelle. Vous voyez également : que, pour M. de Flotte lui-même : justice et progrès sont absolument incompatibles.
— « De même, continue M. de Flotte, une loi qui durerait toujours serait l'expression même de la justice , et Ton pourrait affirmer qu'il n'est en elle aucun vice d'exception. »
— C'est, confirmer : que, progrès et justice^ sont absolument incompatibles.
Voici, maintenant, pour la vanité.
— « Ce sont là , continue M. de Flotte , des absolus qu'an ne peut réaliser; et ce serait une étrange énigme que de réclamer de tels résultats des travaux législatifs les plus sincères. » -
— M. de Flotte devrait savoir : que , des travaux législatifs, quelque sincères qu'ils puissent être, sont des travaux d'ignorants : puisque la loi réelle est éternelle ou n'est pas. Au lieu de travaux législatifs, qui ne peuvent exister qu'en époque d'ignorance sur la réalité du droit, il devait dire : travaux scientifiques. Mais, parce que la science de M. de Flotte ne peut
découvrir la loi éternelle ; il af&rme : qu'elle n'existe pas. Vanité!
Quand M. de Flotte voudra bien être un élève docile, je lui montrerai et lui démontrerai : que, la loi éternelle existe ; et, que le système du progrès n'est que celui : des ignorants vaniteux.
-:— « L^autorité de la loi , dit M. de Flotte^ est le dernier morceau du cimentde la société. »
— Et, M. de Flotte affirme : que, toute loi tempd^ relie est provisoire ; que, toute loi provisoire est injuste ; que , la loi éternelle n'existe pas ; que, la loi doit être respectée ; que, son autorité est le dernier ciment de la société ; et, il ne veut pas que la société soit pulvérisée. Non-sens !
En outre, M. de Flotte veut : que, la loi ait autorité; en l'absence de toute législation morale. Non^ sens !
A la page 113 M. de Flotte dit :
— « Songez à i^us passer de la yénération pour la loi écrite. (( Il le faut; car, sachez-le bien , si vous ne pouvez vivre sans ce respect, vous ne vivrez point. »
— ^^ M. de Flotte est-il bien sûr de ce qu'il affirme ? N'y aurait-il point là un peu de vanité ? Parce qu'il ne connaît aucun moyen de faire vénérer la loi, il affirme : que, la loi ne peut être vénérée. Ici, je dirai plus que non-sens ; je dirai : vanité !
— « L'autorité du législateur est atteinte, ajoute M. de Flotte. Or, une autorité blessée ne se guérit pas. Essayez, vous périrez à la peine. »
— Et, qu'est-ce que cela nous fait , que l'autorité du législateur soit blessée ? En époque d'incompressibilité d'examen, un législateur est toujours... un ignorant ; et , blesser l'ignorance à mort : est, le premier pas vers la vérité. Parce qu'on ne peut plus vénérer les lois faites, M. de Flotte conclut : qu'il est impossible de vénérer la loi étemelle. Non-sens!
— « Il faut , continue M. de Flotte , la remplacer par une autorité noiweUe» Cherchez! »
— Eh bien ! cette autorité nouvelle sera toujours relative à une loi. Car, l'autorité est essentiellement relative à une loi ; comme, toute loi est essentiellement relative à une autorité. L'autorité et la loi ne doivent donc pas être abolies ; mais, régénérées ; mais, changées. Non-sem!
Maintenant , voulez-vous connaître : l'autorité nouvelle, selon M. de Flotte ? Écoutez ! c'est extrêmement curieux.
— « Un caractère essentiel de la souTeraineté du peuple , dit M. de Flotte, c'est de tout soumettre au jugement de la constienee et de la raison. »
— Jusque-là, rien de mieux; si ce n'est,- cependant,
un pléonasme inutile : la conscience et la raison étant
absolument la même chose . Mais, à quoi vous sert de
tout soumettre à la raison ; tant, que l'ignorance n'est point évanouie, sur ce dont il est question ? Allez donc soumettre la solution d'une intégrale, à deux Kamtchadales ! et, vous verrez : si, la solution du plus fort n'est point la meilleure.
— « G*e8t-à'dire , continue M. de Flotte , de substituer le critérium d'uNE révélation individuelle et vivante à celui d'une révélation écrite et traditionnelle. )>
— Et, s'il y a autant de révélations vivantes et différentes, qu'il y a d'individus; laquelle, s'il vous plaît, sera la bonne ? Probablement celle du plus fort.
M. de Flotte a prévu cette objection ; et, il y répond, à l'avance, de la manière suivante. Écoutez encore! c'est, toujours très-curieux.
— ' et Ceci suppose^ dit M. de Flotte,- que la conscience et la raison soient de nature identique chez tous les hommes. Qui pourrait le nier?'))
— Qui? Personne : sur ce qui est réellement scientifique; sur ce qui est incontestablement démontré. Mais, ITiumanité tout entière le niera pour ce qui n'est qu'opinion. Il faut avouer : que, donner le nom de révélation individuelle et vivante , à la multiplicité des opinions; et, que vouloir^ de ce gâchis, faire sortir la base de l'ordre social; c'est attirer, sur cette révélation, décorée du nom de souveraineté du peuple, le mépris : de tout ce qui a conscience et raison.
M. de Flotte sait parfaitement: qu'il y a conscience
OU raison sages ou savantes ; et conscience ou raison folles OQ ignorantes. Qui les distingue socialement ? La force physique ou la force morale ; il n'y a pas de troisième alternative. Alors, et pour aussi longtemps que la force morale n'est point devenue incontestable et socialement nécessaire ; c'est, la force physique exclusivement, la force brutale, qui distingue la bonne raison .de la mauvaise. C'est là, le critérium du diable ; c'est là, le critérium de l'anarchie ; et, tel est le critérium de M. de Flotte.
Puis, M. de Flotte ajoute, avec le plus grand sangfroid:
— «Cette vérité primitiTe ou celle hypothèse fondamentale, voilà
l'AUTORITé NOUTELLE. »
— Comment ! une hypothèse stupide , absurde , donnée comme vérité primitive ; ^t, cela en présence de l'incompressibilité de l'examen ! En vérité, il faut que M. de Flotte ait bien du mérite, d'ailleurs, pour que nous ne rougissions point : de ce que nous avons osé affirmer à cet égard 1
— «Achevant ainsi son évolution nécessaire, continue M. de Flotte, le grand principe de la liberté de conscience et du droit d'examen pénètre dans l'élément social de la loi politique et civile. 9
— La Uberté de conscience, c'est-à-dire l'ignorance, mise en présence de l'incompressibilité de l'examen, est précisément ce qui constitue : l'époque anarchique, dans laquelle nous nous trouvons. Et, cette époque
22 DK Là souveraineté.
peut seulement disparaître : par l'anéantisseinent de la liberté de conscience, résultant : de TanéanlBsement de l'ignorance sociale, sur la réalité du droit.
— « Intîncible ^ continue M. de Flotte.^ il poursuit une route fatale ; après a^oir nié l'autorité de dogme et de tradition religieuae , dans les rapports entre les hommes et Dieu, il nie les codes et la jurisprudence judiciaire qui les représentent dans les rapports des hommes entre eux.
« Déjà les premiers ne sont plus que des arguments et des motifs de réflexion ; bientôt les seconds n^auront plus d^autre valeur.
« Et maintenant, enseignez-Tous et réfléchisses, n
— Et, quel enseignement peut-il résulter de ce galimatias? Sinon : que, Tincompressibilité de l'examen, en présence de la foi masquant l'ignorance sociale, a détruit la foi , rendu à la raison, à la conscience, la liberté de Tignorance ; et, que M. de Flotte veut nous conduire : de la foi, ignorance réglée ; à la folie, ignorance déréglée; et cela, probablement : afin, que l'anarchie nous fasse sentir : le besoin d'anéantir l'ignorance.
— « Je le répète , continue M. de Flotte, il faut accepter ce mouvement. Tenter de Tarrêter serait chose \aine. d
— En vérité, je le crois comme M. de Flotte. Le seul remède, à la manie individuelle est la saignée ; le seul remède, à la manie sociale, est l'anarchie.
— « Et , continue M. de Flotte , l'on ne réussirait ainsi qu'à le rendre plus rapide et plus violent. »
DE LA SOCVERAlIfETÉ. 23
— Est-ce pour cela: que, M. de Flotte veutTarrêter en prétendant le régulariser? C'est possible.
— «Pent-il, contmue M. de Flotte, être régularisé? Voilà quel doit être le but des travaux d'hommes calmes et sérieux.
a Peut-être en l'étudiant trouYerons-noui qu'il est bien moins menaçant qu'on ne serait tenté de le croire an fremioff abord.
a C'est ce que nous allons examiaer en précisant nettement son caractère absolu :
« SuiSniUTION A LÀ LOI ÉCRnS DE LA LOI TITAJfTI »
« Et en le comparant à la tendance que nous avons caractérisée précédemment en ces termes :
« Ll PEUPLE LtolSLATHJR XI JUGE»... ))
— Il paraît : que, M. de Flotte conçoit l'existence d'un peuple, en dehors d'une idée commune, constituant son unité! Nous lui en faisons notre compliment.
Du reste, et pour rendre justice à M. de Flotte, il faut convenir : que, par peuple il ne comprend point l'ensemble de ceux qui ont une idée commune sur le droit. Après, avoir dit : le peuple législateur et juge ^ il ajoute :
— a ...c'est-à-dire, le peuple souverain, dans la vieille et juste acception de ce mot. »
— Vous vous imaginez, peut-être, que par vieille et juste acception de ce mot, M. de Flotte comprend la souveraineté des majorités. 11 n'en est rien. M. de Flotte ajoute :
— « Et par le peuple , nous entendons la baison et la cohscisiigb de