‹ De la souveraineté (volume 2)Chapitre 4 sur 22 · TOUS · texte numérisé non relu

TOUS

— Mais, Monsieur, même en supposant la conscience et la raison ; ou mieux : la conscience ou la raison de tous rendue une, par Tanéantissement de l'ignorance ; c'est-à-dire : par Tanéatissement de la liberté de conscience ; le peuple, loin d'être souverain, alors, serait le sujet de l'étemelle raison, seule souveraine réelle. Vous voyez : que, ce que vous avez dit est précisément : le contraire de ce que vous avez voulu dire.

Hélas ! Tout ce que je viens d'énoncer est clair comme eau de roche ; c'est à la portée d'un enfant. Et, cependant, cela ne servira à rien : avant que l'anarchie soit parvenue à rendre la vérité nécessaire, aux yeux de ceux qui se trouvent au sommet de la société : soit par l'intelligence; soit par la richesse. Jusque-là : les partisans de l'ancienne société, basée sur l'anthropomorphisme, ne voudront point reconnaître : que, cette base est devenue incapable de servir de fondement à l'existence d'un ordre plus qu'éphémère ; et, les partisans de la nouvelle société, basée . sur la liberté de conscience , sur l'ignorance , sur le panthéisme ou le néant, ne voudront point reconnaître : que, cette base est éternellement incapable de servir de fondement : à l'existence d'un ordre quelconque.

Et, que faire, jusque-là ?

Savoir d'abord : que, s'il est un ordre moral, tout est bien ^ nécessairement ^ jusqu'au mal expiatoire, complément nécessaire du bien absolu ;

Agir ensuite selon sa conscience : aussi éclairée que possible.

Car, si au sein de l'ordre moral, les événements

appartiennent nécessairement à la fatalité ; les actions appartiennent, nécessairement aussi^ à la liberté.

C'est précisément :

L'harmonie, entre la liberté des actions et la fatalité DES ÉVÉNEMENTS,

Qui constitue l'ordre moral.

96 DE LA SOUVEIUINBTÉ.

a Le peuple souverain, « La loi viTante,

« C*est de ce rapprochement que nous allons déduire les conséquoices pratiques des tendances que nous venons de préciser. »

M. DE Flotte, la Souveraineté du peuple, livre II {la Liberté de conscience), chap. t {le Jugement en équité).

— Vouloir déduire des conséquences pratiques d'un rapprochement : entre la souveraineté du peuple, expression d'une hypothèse absurde, l'unité de conviction au sein de la multiplicité d'opinions ; et, la loi vivante, autre expression de la même hypothèse ; est une bien singulière idée , chez un homme de mérite !

A la page suivante ; et, à propos de l'indétermination' des expressions, M. de Flotte dit :

ce Cette confusion dans les dénominations produit une véritable confusion dans lés idées , et beaucoup en profitent pour embrouiller les notions les plus simples. La langue politique est encore inférieure sous ce rapport à la langue philosophique. »

— Alors, que peut donc être la langue politique ! puisque la langue philosophique n'est encore qu'un véritable galimatias , auprès duquel la confusion de Babel serait un modèle de clarté. Que voulez-vous

DE L'A SOUVERAIIIETÉ. 27

faire avec des conséquences pratiques, tirées de déductions : entre le rapprochement de la souveraineté du peuple ; et, la loi vivante, déterminées par M. de Flotte?

Voulez-vous connaître : les conséquences pratiques, résultant de ce beau rapprochement ? Écoutez :

-^ « Les arbitres, od le sait, dit Jkl. de Flotte, jugent en équité; le seul code qu'ils doivent interroger pour fixer le droit ei% celui de leur conscience. »

— Des arbitres^ sans loi pour les nommer ! sans loi pour y rattacher les faits ! privés de toute sanction sociale dérivant exclusivement de la loil privés de sanction religieuse, sans laquelle la sanction sociale ne peut être que la force brutale ! D'où faut-il donc sortir, pour dire de pareilles choses ; et, dans quel hôpital faut-il les énoncer, pour qu'elles ne soient point : généralement sifflées?

Puis M. de Flotte ajoute :

— « L'arbitrage est donc dès aujourd'hui l'application de ces deux grands principes que nous avons ainsi formulés : le peuple souverain y la

— Combien est déplorable une époque où, les esprits les plus distingués, au nombre desquels M. de Flotte se trouve incontestablement, n'ont à énoncer : que, de pareilles propositions, sur ce qu'il y a de plus sacré au monde : Tordre !

Je viens de vous répéter : que, M. de Flotte est un

homme de mérite. Je vais vous le prouver, même à propos d'ordre, sur lequel ]VL de Flotte vient d'émettre : de si singulières propositions.

— « L^ordre, dit M. de Flotte , ne $*obticut point par des eonsidërations nicsqaines d'intérêt, de compensation et de balance, par ces petites finesses et ces petites habiletés dans lesquelles nos prétendus politiques se montrent si savants.

<( Il naît de l'observation des principes.. .. »

— C'est vrai, Monsieur; mais, y a-t-il des principes ? Si, le panthéisme est vérité, il n'y a qu'un seul principe : la matière. Si l'anthropomorphisme existe, il n'y a qu'un seul principe : Dieu. Dans les deux cas, l'observation , qui n'est qu'un raisonnement sur les faits, est un mot vide de sens plus que phénoménal. Car, daus les deux cas, la liberté, essence du raisonnement, n'est qu'un phénomène, une apparence, et non une réalité. Donc, pour qu'il existe des principes; et, que l'ordre soit possible, par I'observation ; il faut : que panthéisme et anthropomorphisme soient démontrés : être deux erreurs.

— « Il domine tontes choses, continue M. de Flotte ; on ne le crée pas, on le trouve. »

— Comment on le trouve ? Même au sein de l'anarchie? Alors, la société est un automate ; et, l'anarchie n'est qu'un phénomène, une apparence, comme une tempête : qui, est aussi de l'ordre, au sein de la nature matérielle.

— « II en est , continué M. de Flotte , des lois qni règlent le mouveinent des sociétés comme des lois physiques. On les connaît, 'ou bien on les ignore; on ne les imagine pas^ on- les obsenre. »

— Vous VOUS trompez, Monsieur; cette assimilation du monde social au monde physique est fausse ; ou bien. Tordre physique est le seul .existant. Au sein de l'ordre physique, les lois sont nécessaires; tout y obéit à leur nécessité nommée force. Au sein de l'ordre social, s'il existe plus que phénoménalement, il y a force et liberté : force, relative aux passions; et liberté, relative à la raison. Quand, lesloi^de la raison ne sont point encore devenues socialement nécessaires ; l'ordre social repose sur une force quelconque, toujours naasquée de raison. Quand, la force ne peut plus revêtir un masque de raison, sans être prochainement démasquée par une autre force; et, que les lois de la raison, de l'éternelle raison ne sont pas encore connues ; l'ordre social devient impossible , par la force ; et, n'est pas encore possible par la raison. Alors, il y a nécessairement anarchie. C'est, l'excès de mal, causé par l'anarchie, alors inévitable ; qui oblige la société : à chercher les lois éternelles de la raison ; et, à s'y soumettre.

— « Avec la science, continue M. de Flotte, en appliquant les lois, on est maître du monde. »

— Encore de l'indétermination. Il y a : science physique.; et^ science morale. Il y a ensuite, de part et d'autre: science fausse; et, science réelle. Tant, que

la force peut régner, ce n'est nullement la science qui domine le monde. Galilée â vécu dans les fers; j'aî subi le cabanon; et, tous les jours encore, je puis tomber : sous la balle d'un esclave.

Socialement, la science peut seulement dominer le monde : lorsque la force en est devenue incapable. Le règne de la bête, doit être devenu impossible ; avant, que le règne de l'homme puisse commencer. Sous le règne de Thomme on ne dit plus : que, F ordre doit reposer : sur Vabsénce de toute législation morale quelconque.

Sous le règne de l'homme, c'est-à-dire sous le règne de l'éternelle raison, pour ne point confondre le propre avec le figuré ; on ne dit plus :

— (t Qae la société puise sa force dans une autorité hmnaiiie. »

— • La société puiser sa force dans une autorité humaine ! Et quelle est, s'il vous plaît, la sanction de cette autorité? La force brutale, n'est-il pas vrai? Elle est jolie, la sanction de l'autorité humaine : le bûcher, le fer et les balles ! 11 n'y a que la sincérité d'un inquisiteur, qui puisse parler ainsi ; ou, aussi, l'ignorance vaniteuse, d'un homme de bonne foi.

Sous le règne de l'homme, ou plutôt, et, je le répète : sous le règne de l'éternelle raison, sous le règne de la science, on ne dit plus :

— • (1 II faut que la nation se considère elle-même comme souveraine , et qu^elle ne voie dans le pouvoir que l'instrument de sa voLOirTÉ. »

— Le pouvoir être un instrument ! Bientôt, les rabots seront des menuisiers.

Une nation avoir une volonté 1 Vous verrez : que, bientôt les polypiers en auront une. Et pourquoi pas la terre ; et, aussi le soleil ?

C'est, seulement : sous le règne de la bête, sous le r^e des passions, qu'il est permis de dire, sans être sifflé :

— - (( Le pouvoir ne peut être qu'an serviteur ou on ennemi... <c L'antorité n^est pins que... dans les opinions. . . »

— C'est, comme si on disait : l'ordre ne peut être que dans le désordre. Sur la tour de Babel on pouvait au moins se faire des signes ! Aujourd'hui, les signes ne servent plus qu'à se tromper.

Sous le règne des passions, pour parler poliment, je ne connais rien de plus passionné : que, le passage suivant :

— Si, l'on n^organise pas ta souveraineté de l'opinion publique , dit M. de Flotte, (p. 163) , les partis s'organiseront eux-mêmes, et l'on subira la souveraineté de ces opinions restreintes. On se révoltera contre elles ; après bien des luttes, après des malheurs irr^arables, après des combats ^acharoés, on finira par oà l'on eût dû commencer.

«Ne vaudrait-il pas mieux commencer de suite? »

— Sous le règne de l'étemelle raison, on reconnaîtra : qu'il eût fallu dire :

Si, l'on n'anéantit point la prétendue souveraineté de l'opinion publique, par l'anéantissement de l'ignorance, source exclusive des opinions ; les partis s'orga-

3â DE LA SOUVERAINETÉ.

niseront d'eux-mêmes; et, l'on subira la souveraineté d'opinions restreintes. On se révoltera contre elles : après bien des luttes, après des malheurs irréparables, après des combats acharnés, on finira : par où l'on eût dû commencer.

Ne vaudrait-il pas mieux commencer de suite ?

Hélas 1 oui, il vaudrait mieux commencer. Mais, tant qu'on parlera d'organiser la souveraineté de l'opîilion publique ; c'est, que le règne de la bête, n'est point encore passé.

Voici, qui commence à appartenir : au règne de la raison.

— n Quoi qu*on fasse^ dit M. de Flotte, le parlement restera par sa nature un instrument de critique, d*examen et de contrôle. Telles sont ses fonctions , et Ton ne saurait l'en détourner sans violenter la nature des choses. D

— Très-bien ! Mais, cela ne peut être : tant, que la science n'a point découvert les lois réelles de l'ordre social. Car, jusque-là : d'où voulez-vous que sortent les lois, si ce n'est du parlement, quand le despotisme d'un seul n'est plus possible ? 11 est vrai, j'oubliais : que, vous ne voulez pas de loi. Mais, s'il n'y a pas de loi, à quoi donc voulez-vous que se rapportent : la critique, l'examen et le contrôle? Et, d'ailleurs, pour critiquer, examiner et contrôler ; il faut : qu'il y ait quelque chose, socialement. Et, là où il n'y a que des opinions, il n'y a rien, socialement.

— « La fonction normale de l'assemblée , dit encore M. de Flotte ,

c'est de maintenir le pouvoir exécutif dans les limites de ses dcToirs et de la constitution. » *

— C'est très-beau ! Maïs, la constitution est une loi, la première des lois; et, vous ne voulez pas de'Ioi. Dans quelles diables de limites, voulez-vous donc : que^ rassemblée tienne le pouvoir exécutif?

-— (t £n dehors du suffrage universel, dit M. de Flotte^ et du respect de l'opinion , il n'y a place que pour des gouvernements violents el passagers. »

— Supposons : qu'il en soit ainsi. Alors, comme il n!y a, nécessairement : que, les sots et les faibles qui respectent l'opinion; les gouvernements, sous le suffrage universel^ sont, nécessairement aussi : violents et passagers.

C'est, du reste, nécessaire aussi : pour, que le règne de la bête ou de l'opinion , puisse finir.

— - « C'est U une vérité , continue M. de Flotte , que ne doivent pas oublier ceux qui sont à la recherche d*un pouvoir unitaire et fort. »

— Ceux , qui sont à la recherche d'un pouvoir unitaire et fort, sous la souveraineté de l'opinion, devraient bien, aussi, se mettre à la recherche de la quadrature du cercle : les deux font la paire.

A la page 166, M. de Flotte veut un pouvoir responsable. .Pouvoir responsabi^ I voilà deux mots qui hurlent de se trouver ensemble. Responsable devant qui? Qevant le pouvoir sans doute; à moins, que ce I. 3

34 DE I^ SOUTBRAIICETÉ.

ne soit devant la faiblesse. Alors, le responsable n'est plus pouvoir; il est serviteur. C'est toujours : la confusion du propre avec le figuré.

A la page 168, M. de Flotte s'adresse : à ceux qui accusent la liberté des opinions, d'être source d'anarchie ; et, il leur dit :

— (( Vos idées ne me semblent point claires , et je crains qoe tous ne soyez très-malades, n

— Que M. de Flotte y prenne garde 1 Cette accusation pourrait bien retomber sur lui. 11 devrait savoir : que, sous la liberté des opinions, il n'y a de possible que l'anarchie. Établissez donc la liberté des opinions sur l'unité mathématique; et, vous verrez^ quel beau charivari vous aurez à l'Académie des sciences exactes ! !

Après cela, M. de Flotte prouve lui-même : que, l'ordre est impossible en présence de la Uberté des opinions et de l'incompressibilité de l'examen; et, malgré lui, il ne peut sortir de ce guêpier. Ne pouvant résoudre le problème, il devait au moins chercher à le poser. Il y aurait, réussi s'il avait observé : que, la hberté des opinions, sur le droit, n'est autre : que, l'expression de l'ignorance sociale, sur la réalité du droit. Alors, il aurait dit : pour que l'ordre soît possible, en présence de l'incompressibilité de l'examen, il faut : que, l'ignorance sociale, sur la réaUté du droit, soit anéantie. Un problème bien posé est à moitié résolu.

SE MJl SdUTCliAUfETÉ. 3S

A la f3^ 172, M. de Floti^e donne on excellent moyen, pour avoir de l'ordre : sous le jugement de tous.

— <c Si tous, dit-il, doivent être jugés en équité, il faut que tous puissent être jugés équitable ment. »

— Ceci est ti&it comme deux el deux font quatre : sauf, l'intérêt à juger équitablement, qu'il fallait ajouter. Eh bien ! <^e M. de Flotte donne «q^ mesure in*contestable de i'éqmté ; puis, tme sanction inévitable ou l'intérêt de'sc soumettre à l'équité^ ^t, le tour sera joué. C'est une ba^telle î

-— « Pour être compatible avec le jo^ment en équité , pour être dé^ fendue f«r lui^ IWganisation sociale» dit M. de Flotte, doit donc être ennemie de la misère et de la donleur , et leur faire une guerre ré* ductive. »

— C'est très-joli ! Mans, comment doit être cette organisation? Voilà ce que M. de Flotte aurait dû dire. Et, si nous sommés deux pour la juger; et, qu'en vertu de notre liberté de conscience ou d'opinion, nous ne soyons point d'accord , sur son utilité ; est-ce le coup de fusil qui nous accordera?

— « Il est, dit M. de Flotte, de Tessence de toute science moderne de reposer sur l'examen. »

— Est-ce que M. de Flotte s'imagine : que, la science

de tous les temps ne repose point exclusivement sur le

raisonnement rendu incontestable : sous peine de ne pas être science^ mais seulement opinion?

— « n est de l'essence du dogme, continue M. de Flotte, de reposer sur la négation de Fexamen. d

— Oui, parce qu'un dogme n'est qu'une opinion ; et, souvent même, une opinion absurde.

Et, comme le droit, base exclusive de l'ordre, ne peut reposer : que, sur la science ou que sur un dogme ; comme, l'examen détruit nécessairement lé dogme; et, que nous sommes en époque d'incompressibilité de l'examen ; comme, la science, relativement au droit, n'existe point encore ; il faut en conclure : que, désormais, l'ordre est impossible : jusqu'à ce que le droit soit devenu scientifique ; c'est-à-dire : rationellement révélé. Est-ce clair? est-ce conforme aux prémisses de M. de Flotte ?

« Tout nous ramène aux grandes vérités établies. II ne peut y avoir de sociétés humaines sans gouvernement, ni de gouvernement sans souveraineté, ni de souveraineté ^ns tnJcùUibilité ; et ce dernier privilège (1) est si absolument nécessaire, qn*on est forcé de supposer Tinfaillibilité (2) même dans les souverainetés temporelles [(ou elle n'est pas) (3), sous peine de vmr l'association se dissoudre. »

Dk Maistre.

— V L'autorité:

fc C'est, la sanction , socialement acceptée comme inévitable, même pour la force : de la règle des actions tant sociales qu'individuelles; règle, socialement acceptée : comme expression du droit éternel ; comme exprès* sion de Téternelle raison.

i|rToute règle, non imposée par Tautorité,

(1) Remarquez, je^vous prie, qu'il y a deux espèces d'infaillibilité: l'infaillibilité relative à l'éducation, qui est l'infaillibilité de la foi; et, l'infaillibilité relative à l'instruction , qui est celle de la science. Puis, remarquez encore : que, l'infaillibilité est seulement un privilège, lors, qu'elle dérive de l'éducation, toujours imposée par la force; au lieu que, lorsqu'elle dérive de l'instruction , elle ù'est imposée que par la raison : qui, pour ce qui est démontré d'une manière incontestable, est commune à tous.

(2) L'infaillibilité , relative à la foi, repose aussi, sur deux suppositions au lieu d'une : l'hypothèse que le Dieu personnd existe; et, l'hypothèse que la révélation, qui lui est attribuée, est réeile.

(3) Partout où l'infaillibilité, l'incontestabilité , réelle et non point illusoire, ne se trouve point ; il n'y a que souveraineté, autorité, imposée : soit par l'éducation, faisant accepter une hypothèse comme vérité; soit par la force brutale , soumettant les faibles à subir ; ce , que les forts nomment vérité ou droit.

38 DS 1.^ somrxaAiKiTK.

est exclusivement imposée : par une force brutale.

«Et:

« Comme, il est impossible de baser l'ordre social, sur une force purement brutale ;

a Gomme , il n*y a d'autorité possible :

que, par une foi; ou, que par la science;

« Comme, en présence de l'incompressibilité deVexamen, actuellement existant, toute autorité, par une foi quelconque , se trouve devenue : socialement impuissante ;

(t Comme, l'autorité, par la science, n'existe point enc/ore ;

« Comme, l'autorité, par la science, peut seulement exister , socialement : lorsqu'elle est devenue : socialement nécessaire ;

«Comme, Tautorité, par la science, peut seulement devenir socialement nécessaire, par un excès d'anarchie dérivant de l'absence d'autorité ;

« Il faut en conclure :

« Que,

« Jusqu'à ce que l'anarchie ait rendu l'autorité, par la science, socialement nécessaire ;

« Jusqu'à ce que cette autorité ait été, SO' ciakment : cherchée, trouvée, acceptée et vulgarisée ;

«•L'ordre Restera impossible, au sein de l'humanité. »

Colins, Mss,

— Maintenant, arrivons à M. de Flotte, traitant de Tautorité.

— « Quand, dit-il, l'autorité existe^ le pouvoir lui vient tout naturellement, et sans qu'il soit nécessaire de s'en préoccuper. y>

— Et, cela par une excellente raison; c'est, que l'autorité et le pouvoir sont une seule et même chose.

BE Ul SOfJYilRAlKETÉ. 39

Une autorité c[tii ne serait point pouvoir serait une autorité qui ne serait point sanction ; ee serait : une autorité de comédie.

Un pouvoir, qui ne serait point autorité, ne serait que force brutale ; et, socialement pofrlanty c'est-à-dire en fait d'ordre ; la force brutale ne mérite pas : le nom de pouvoir.

M. de Flotte confond le pouvoir, avec la délégation du pouvoir.

Sous une foi quelconque, le délégtffe du pouvoir est un pape quelconque, interprète infaillible, c'est-à-dire socialement réputé tel, de la révélation hypothétique. Il est en outre, et par essence : chargé de l'exécution de se& interprétations. Les rois, aussi par essence, sont ses commis. Car, partout où il y a multiplicité d'autorité, l'anarchie existe nécessairement. Dès, que les rois ou les nations prétendent se faire autorités : la puissance papale se meurt; et, la révélation hypothétique, ainsi que l'ordre, exiflirent simultanément. L'ordre, alors, ne peut renaître : que, sous la révélation réelle ou scientifique.

Sous la science, le délégué du pouvoir, c'est le peuple, c'est-à-dîre chacun : parce qu'alors, et seulement alors : chacun est identique au peuple ; et, le peuple est identique à chacun ; en tant qu'interprète infaillible de la révélation rationnelle, rendue incontestable visà-vis de tous et de chacun. Le peuple, aloA^ délégué réel de l'autorité réelle , nomme : des sub-délégués pour administrer conformément à Ife règle ; et, en subdélégué pour faire exécuter la règle. Et le peuple, je

le répète, délégué réel du pouvoir réel, juge les sub délégués : conformément à la règle.

Est-ce clair ?

— * n Qaand l'autorité n'existe pas, continue M. de Flotte, de quelque force que Ton tente d* entourer le pouvoir, il ne la remplacera jamais. »

— C/est : que, lorsque Tautorité n'existe plus, le pouvoir a cessé d'exister ; qu'il n'y a plus que force brutale, improprement alors nommée pouvoir; et, que toute force, purement brutale, est absolument incapable : de servir de base à l'existence d'un ordre plus qu'éphémère.

— (( Un peuple sans pouvoir est possible, dit M. de Flotte; un peuple sans autorité ne l'est pas. »

— Voilà, M. de Flotte aussi partisan de l'autorité : que, la raison elle-même.

Je suis, cependant, forcé jje dire : qu'un peuple, sans pouvoir, est aussi impossible, qu'un peuple sans autorité ; parce que pouvoir et autorité sont une seule et même chose; ou plutôt .deux points de vue d'une même chose : le mot autorité se rapporte à la règle ; et, le mot pouvoir à la sanction, à l'inévitable sanction.

— (( Un peuple privé momentanément d'aulorilé se trouve, dit M. de Flotte, dans fe plus grand péril. »

— C'est vrai, il se trouve en état d'anarchie ; et, il périrait : si, l'autorité ne venait à renaître.

— « Un peuple, sans autorité possible^ est un peuple perdu, dit encore M. de Flotte. »

— Ce serait vrai : si, un peuple sans autorité possible, n'était un peuple impossible. Car, un peuple isolé, disons mieux une humanité^ où l'autorité parla scienife ne serait point ou ne deviendrait point possible, après que l'autorité par la foi serait devenue impossible ; s'égorgerait au sein de l'anarchie : jusqu'à ce que l'autorité, par la foi, pût y redjgvenir possible.

— a Une autorité , dit encore M. de Flotte, est d*autant pins parfaite et plus durable, qu^elle a besoin d'un moindre pouvoir. »

— L'idée de M. de Flotte est bonne ; mais, il s'est mal exprimé. 11 a voulu dire : que, l'autorité est parfaite, réelle : lorsqu'elle n'a besoin de force coercitive, de force brutale; que, pour agir sur les fous. C'est, ce qui arrive sous l'autorité scientifique. Alors, le pouvoir réel, le pouvoir mwal, suffit seul, pour ceux qui ne sont point fous ; et, pour eux, la délégation est inutile .

Après cela, M. de Flotte tombe uécessairement dans un galimatias : inhérent à l'incohérence de ses idées, sur le pouvoir et sur l'autorité.

— « L'autorité, dit-il , est le principe supérieur qui unit et justifie Tensemble de toutes les idées communes à une nation. C'est un aooiome fondamental on une hypothèse uniyerseWemeni consentie.»"^

— Mais, Monsieur, en époque d'ignorance sociale sur la réalité du droit , et aussi d'incompressibilité

42 BB LA SaiPrKRAIlfETli.

d'examen, il n'y a : ni principe supérieur; ni idée commune; ni axiome fondamental; et, toute hypothèse, présentée comme vérité, loin de pouvoir être universellement consentie, est universellement : renvoyée aux calendes grecques. Voilà, Tautorité de M. de Flotte, dévouée : à tous les diables (k l'anarchiit.

-*- « Le pooToir, dit M. de Flotte, est rinstrament au moyen dnfotl les conséquences de cet aûome s'appliquent à ceux qui ne veulent ni les accepter ni les conifrendre. »

— Vous voyez : que, pour M. de Flotte, le pouvoir n'est que la force physique, nécessairement force brutale : dès, que la force physique n'est point dirigée , par une autorité socialement acceptée : comme réelle.

Or, en époque d'ignorance sociale sur la réalité du droit ; et, aussi d'incompressibilité d'examen ; aucune autorité n'est socialement acceptée. Ainsi, le pouvoir de M. de Flotte est l'instrument de ce qui n'existe pas. Et, il s'agit : de faire accepter et de faire comprendre, les conséquences de ce qui n'existe pas, à ceux qui ne veulent : ni accepter ni comprendre l'absurde. Le pouvoir de M. de Flotte, c'est la force brutale ; c'est la tyrannie.

Je viens de vous citer un passage d'un ordre trèsinférieur. Je vais vous en présenter un d'un ordre supérieur.

Il va être question de scepticisme^ lequel n'est autre : que, V absente d'autorité; ou, si vous l'aimez mieux :

BK UL, S^irVEftÀllIETi. 43

qoé, ia liberté de censdence. Ayez, je vous prie, la bonté de remarquer : comment M. de Flotte, Va traiter sa propre idole : la liberté de conscience.

— «Le scepticisme, dit-il, est pour un peuple ose kaladib mortbuji; il ne mirait en gnérir. C'est, Tamoindrissement graduel de la croyance à too^Ws principes ^indifférence à toutes les vérités, ou plutôt cette idée qu'il u*)fL & poiiitt de Tévilé fondamentale, qu'il est inutile d*en chercher nne ; ^ue, dans la solution de chaque difficulté^ on doit uniquement se préoccuper des éyénements et des circonstances, et qu^il est inutile i^Hoir ]ûB soltttiem diverses, de leur chercher une loi générale, de les faire découler d'une doctrine ; car il n'y a ni solution unique, ni loi générale, ni doctrine. C'est I'athéisme appliqué, ou plutôt c'est une sorte de- fétichisme douteux, qui croit à toute chose sa raison d'être, et«6 résigne à ne pas connaître Tunique raison de toutes les choses» »

— Ce passage est admirable ; et devrait être gravé en lettres d^or.

Eh bien I si cette admirable description était sans défaut ; j^aurais à prévoir M. de Flotte : qu'il est mortellement malade. Heureusement, M. d^ Flotte se trompe, en n'admettant qu'une eeçèce de scepticisme; il y en a deux. L'un dit : je ne sais pas. L'autre dit :

IL EST impossible DE SAVOIR : PARCE Q€E CE QUE JE NE SAIS PAS, IL EST IMPOSSIBLE DE LE SAVOIR.

Quand M. de Flotte ne sera plus malade : que, du premier de ces sceptfcismes ; il sera bien près d'être guéri.

M. de Flotte aime beaucoup : à chercher la vérité dans l'histoire. Il ferait mieux d'y chercher l'erreur : car, dès que la vérité paraît, l'histoire expire.

Voulez-vous connaître toute la philosophie de l'histoire, selon M. de Flotte? C'est assez curieux ; et, qui

plus est, très-laconique : ce qui est bien un mérite. Écoutez :

— « Aprèe la Tolonté d^iin homme, dit M. de Flotte, U raison d'État; après la raison d*État, h religion ; après la religion, la liberté : voUà tmAte la phUotophie de Vhistoire, »

— M. de Flotte a oublié quelque chose. Il aurait dû ajouter : après la liberté, l'arrivée à tous les diables : car, la liberté, hors la religion, ne signifie pas autre chose.

Voici un autre passage, digne, celui-ci, d'être gravé en lettres d'or.

M. de Flotte s'rdresse à la société et lui dit :

— (( Vous êtes sans croyance et sans foi ; tous êtes aveugles et vous ne croyez pas à la lumière. Où vont les peuples? Que vous importe! D*où viennent-ils? que font-ils? Que vous importe encore! Y avez-vous seulement jamais songé? Qu^ est-ce que Thistoire? Qu'est-ce que la science? Qu'est-ce que la religion? Qu'en savez- vous? Que dis-je! que voulezvous en savojr? Vous trouvez mal séant qu'il vous en soit parlé! Gela n'importe point aux lois. Et vous-mêmes, si vous ne savez rien des nations, que savez-vous de vous-mêmes? Que pençez-vous? qu'espérezvous? Hélas! vous n'en savez rien, et cependant c'est ainsi qu'on gouverne les peuples. Au hasard : le hasard est si grand! Triste! triste!

— * Je le répète, ce passage est admirable. Mais, la société pourrait aussi l'adresser à M. de Flotte, surtout quand il affirme : que, la solution sociale de V avenir doit être compatible avec l'absence d'une législation morale quelconque. Triste ! triste I

A ceux qui annoncent des sottises, sous le prétexte qu'il n'est pas temps encore de chercher la vérité , et qu'il faut attendre ; M. de Flotte dit :

DE LA SOUYERAmETÉ. 45

— (( /i est toujours temps de ne point proclamer de vausses doctrines. »

— M. de Flotte 8*îmagine-t-il : que, la solution sociale de r avenir doit être compatible avec V absence d'une légis" lation morale quelconque ^ soit une doctrine vraie? Trist^ triste I

M. ae Flotte, dans sa logique, a de bien singuliers dilemmes. Permettez -moi de^voup en exposer un.

— « Ou le catholicisme^ dit-il ; et, alors pas de demi-mesures, pas de lîjberié de conscience, pas de séparation des pouvoirs ; ou la liberté entière, absolue; devenue Fautorité. »

— Hélas, Monsieur ! la liberté de conscience, c'est l'expression de l'ignorance ; la liberté d'examen, en présence de l'ignorance sociale, c'est l'anarchie ; et, la séparation des pouvoirs, c'est l'anéantissement du pouvoir. Quant à la liberté, elle est l'obéissance volontaire à ce qui est ordonné par Tautorité. Dire : que, la liberté c'est Tautorité, est aussi sage que de dire : que, la fille c'est la mère. La liberté fille de l'autorité, c*est l'ordre ; la liberté mère de l'autorité, c'est le désordre, laa première est fille de Dieu; la seconde est fille du diable •

Après avoir établi ce beau dilemme, M. de Flotte ajoute :

— « Maintenant^ examinons. »

— Soit ! Examinons !

— a n est nécessaire, dit M. de Flotte, qu'une autorité soit crue. »

46 DB Ul S9VTEaLklfm?tÈ.

— Vrannênt! Mais, Monsieur, en époque d'examen, il n'y a que les sots qui croient. Vous imaginezvous : que, l'autorité n'est bonn^ -que pour les sots? L'autorité , Monsieur, doit être crue vraie ; ou, sue vraie. Et quand, socialement, il n'est plus possible .de croire; et, qu'il n'est pas encore possible de umdr; nulle autorité n'est possible. Vous rappelez-veus^onsieur, avoir dit : que, sans aiUorité, nulle société n'est possible ?

— « La grande question, dit M. de Flotte^ est de rechercher l*a^

TORITÉ. ))

— Ainsi, Monsieur, vous convenez : que, vous et la société, vous vous trouvez sans autorité. Et, vous avez dit : que, sans autorité aucune société n'est possible. C'est à ces deux propositions que vous auriez dû borner votre livre. Et, si en les développant, vous aviez pu les faire accepter; vous auriez rendu, à la société, le plus important service, dont elle ait actuellement besoin.

Savez- vous : quetest le remède, que propose M. de

Flotte à l'absence d'autorité; absence. d'autorité qu'il reconnaît : conduire à la mort sociale ? Je vais vous en copier la recette.

— «En ce temps^ dit-il, une constitution ne peut renfermer qu'une déclaration des droits individuels garantissant la liberté et limitant les attributions du pouvoir. Elle ne peut que se développer de jour en jour par l'extension de ces droits, la limitation plus étroite de ces pouvoirs. On peut ainsi créer une autorité réelle, et la conséquence de cette autorité sera un pouvoir à la fois moins dispendieux et plus yéritablement fort. »

DE LA SaUTEftÀlNETÉ. 47

— Garantir la liberté par une déclaration ! fi

Limiter le pouvoir !

Créer une autorité 1 une autorité réelle!

Et, c'est un homme d'une belle intelligence qui dit de pareilles choses 1

Seigneur I ayez pitié de son erreur. Triste I triste

48 DB LA . SOUVBRAINET É.

« Quant aux préteudas principes de la aouce»

raineté des majorités , de la majesté da pmiple , da salut du peuple, et celui-ci qu'on peut y ajouter, .que les constitutions doivent être conforonv au génie des peuples et aux conditions gé(^^phiquesde leur territoire; quanta toutes ces idées antédiluviennes^ ce ne sont, quels que soient les hommes qui les professent, que ces hommes se disent bleus, rouges ou blancs, que de bdies et bonnes tentatives de réaction et de recul tellemoit exagérées, qu'elles sont impossibles à mettre sérieusement en pratique, mais très*pernicieases par le temps qu'elles font perdre et Tabrutlssement dans lequel elles plongent les esprits. »

M. DE Flotte, p. 197.

Un httime capable d'écrire ces quelques lignes, trouve, dans son siècle, peu d'hommes qui lui soient supérieurs.

— « Je ne lbua connais, continue M. de Flotte, qu'une qualité.

— Remarquez, je vous prie : que, ce leur se rapporte aux idées, parmî*!esquelles celle de la souveraineté des majorités, c'est-à-dire, pour parler sans galimatias, celle de la souveraineté du peuple, se trouve : au pre -

mier rang.

DE LA SOUVERAINCTÉ. 49

— a Je ne leur reconnais, dit-il^ qu'une qualité Comme on les fait

accepter par les esprits paresseux, par le motif qu'elles ont été réalisées dans rhumanité, elles servent à battre en brèche les institutions existantes ; et, comme elles sont incapables de se maintenir longtemps, elles disparaissent peu à peu d'elles-mêmes, en laissant la place libre pour les idées d'avenir. Mais cet avantage ne compense pas leurs inconvénients. Presque toutes les violences et toutes les haines ont été dues^ depuis soixante ans, à l'emploi de ces fâcheux moyens d'attaque et de défense, »

— M. de Flotte, avec sa belle intelligence, aurait du s'apercevoir :

Que, comme base d'ordre, il n'y a de possible, en ' fpoque d'ignorance sociale sur la réalité du droit : que, force transformée en droit, au moyen de sophismes imposés par l'éducation; ou que forcé brutale, dont l'expression sociale est la souveraineté des majorités;

Qu'en présence de l'incompressibilité de l'examen, la force ne peut plus être transformée en droit;

Qu'il ne reste alors de possible : que, la force brutale ; c'est-à-dire : la souveraineté des majorités ;

Et, que c'est seulement l'excès de mal, causé par cette brutale souveraineté , qui peut faire sentir le besoin : de souveraineté réelle ; de la souveraineté de réternelle raison, de l'éternelle justice, de l'éternelle vérité.

Je voudrais être bref, sur M. de Flotte; et, cependant, je ne puis laisser passer, sans le citer, l'admirable passage suivant :

— a Telles ont été, continue M. de Flotte, les idées de Montesquieu, notamment l'aphorisme que je viens de citer sur la légitimité de l'influence des races, des climats, des lieux, etc., sur les bases constitutives des sociétés, et la théorMI de la balance des pouvoirs ; idées bonnes a ^BT DÉTBniRB, INHABILES A RIEN ÉDIFIER; idées qui Servent maintenant à

50 DE* LA SOUVERAINETl^.

la réaction^ après avoir été les instruments de la réTolution ; idées mùT" tes ! vieilles momies exhumées de la nécropole des nations nouveUemmt vêtues, déguisées et fardées! cadavres de Mézence, poison fit svppUee des peuples qui les ont embrassées* »

— Je répète : que, ce passage est digne d'admiration. Maudire : la souveraineté des majorités ; la balance des pouvoirs; toutes les sottises anarchiques émises par Montesquieu ; et cela, en présence des sots qui ne voient de salut : que, dans la réalisation de ces folies ; est un acte de courage : que, Ton ne peut trop admirejj^

Après, avoir déversé le mépris, sur la souveraineté des majorités, expression du plus dégradant protestantisme , contre l'existence de la vérité , M. de Flotte reste en extase, devant la formule catholique : une

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