‹ De la souveraineté (volume 2)Chapitre 7 sur 22 · PANTHÉISME · texte numérisé non relu

PANTHÉISME

— Cette idée a été mieux exprimée , par M. Cousin, en disant : que, le monde depuis son origine, a roulé dans un cercle vicieux : de l'anthropomorphisme au panthéisme; et, du panthéisme à l'anthropomorphisme. C'est, que l'anthroponiorphisme n'est luimême : qu'un panthéisme masqué. Ce cercle vicieux est inévitable : en époque d'ignorance sociale, sur la réalité du droit.

Au chapitre suivant, intitulé dégadejnce RELiensusE; M. de Flotte commence, en disant :

— « Comment les représentants de l'Église et de sa souveraineté, en vinrent-ils à laisser prendre à la morale une prépondérance sur le dogme? »

— A cet égard, M. de Flotte répond : par, un am-

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î, tant soit peu erotique. Il y a, cependant, une autre réponse à faire : pas du tout amphigourique ; pas du tout erotique ; et, coi^iplétement raisonnable. Voici cette réponse .

Le christianisme, fit prédominer le dogme : tant, que Texamen put être comprimé. Quand , cette prédominance devint impossible ; le christianisme abandonna le dogme : parce qu'il le reconnut absurde ; et-, incapable de résister à l'examen. Alors, il laissa prédominer la morale, pour essayer d'échapper àla mort. 11 oublia : que, la morale ne peut reposer : que, sur le dogme d'une sanction religieuse hypothétique, mais acceptée par la foi, en époque d'ignorance et de compressibilité d'examen ; ou, que sur le vide, en époque d'ignorance et d'incompressibilité d'examen; ou, que sur la démonstration , rationnellement incontestable , de la réalité de la sanction religieuse, en époque dé connaissance. Tout ce qui se dit de plus, sur la religion et sur la morale, n'est jamais : que, du galimatias, plus ou moins amphigourique.

Il y a, dans ce chapitre, un excellent passage ; je me fais un plaisir de le mettre sous les yeux des lecteurs.

— « Qaand on parle de révolution, dit M. de Flotte, il ne faut jamais oublier que ce grand drame eut bien des héros. Le premier aete de rœuTre des rois, c'est la séparation des pouvoirs ; le second est celle des nobles^ c'est le protestantisme; le troisième celle des bourgeois, c^est la fflvlosdpliie ; le q«ttnème se joue de nos jours, c'est l'ceuvrt des peuples. A la (in de chaque acte, ceux qui furent chargés du principal rôle passent dans le chœur, puis ils gémissent et récriminent jusqu'à la fin de la piètre^ et font de grotesques efforts pour remonter sur la scène. Cet intennède rkUcnle est fort dÎTertissant.

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« Ahl... il md semble que mt plume grimace en écrivapt cet aoU. Je ricane à faux, et je me bats les Qancs pour étourdir la donleor. »

— J'ajoute ici : que, le quatrième acte, ou le socialisme résultant du panthéisme, est l'œuvre des philosophes, collègues de M. de Flotte ; et, que le seul mérite, de cette horrible préparation à la péripétie, est : de conduire aux gémonies, les nations assez sottes pour ne point observer : que l'anthropomorphisme et le panthéisme ; l'économisme et les prétendus socialismes ; sont, pour la société, des poisons plus funestes : que, Tacide cyanhydrique ne peut l'être, pour les individus. Quant, au cinquième acte, il est le triomphe : de la théologie réelle ; de la philosophie réelle ; du socialisme réel ; rendus un : sous le drapeau de la science.

Le reste, de ce chapitre, est du galimatias mystique allemand ; écrit, avec des mots français. Je félicite ceux qui le comprennent.

M. de Flotte, fait compliment à M. Victor Hugo : de ce que son école est très 'franchement panthéiste. Je ne sais : si, l'éloge plaira à l'auteur de Notre-Dame de Paris.

A la page 354, et pour la vingtième fois, M, de Flotte parle d'âmes. Je voudrais bien savoir : ce que cette expression peuti signifier, dans la bouche d'un panthéiste.

Au milieu d'un déluge de mysticisme , duquel je tâ'xîhe de me sauver à la nage; je m'accroche, par hasard, à une phrase claire et vraie.

— « Religion et société, dit M. de Flotte, se séparent désormais, et ne

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peuYent \iTre ensemUe. Refaites doue votre société. Si tous le pouTes , refaites votre religion.. ^,

« Et sacheK*le Ineu» Si vous ne prenez Tun ou l'autre de ces partis ,

vous ÉTIS UN PBDPLB MORT. »

— J'ai dit que cette phrase est vraie ; elle ne Test qu'à moitié. 11 fallait dire : au commencement, religion hypothétique; et, à la fin : si, vous ne prenez ces de€x partis; vous étés une humanité morte.

Après un passage, passablement erotique, M. de Flotte dit : page 357.

— (c 11 faut proclamer pour dogme la science , pour culte Tart , pour morale la liberté^ »

— Je ne dirai rien 2 de Taccouplement des mots dogme et science; qui, vont ensemble : comme les mots être et néant. Je ne dis rien : de Tart pour culte; qui, est le culte du je ne sais quoi. Quant, à la liberté des passions , pour morale ; c'est, très-platonicien ou trèsfouriériste. Je serais curieux de savoir : comment, M., de Flotte bâtirait de Tordre, sur une pareille triade l

L'avant-dernier chapitre est intitulé : l'idéal et les

UfSTITIJTIOÎHS.

Tant, que le mot idéal ne sera point renvoyé, à Charenton, d'où il est sorti ; et, remplacé par les mots : soit mensonge; soit vérité; il n'y aura, dans le monde : que, dès rêveurs.

C'est, toujours, sur V unité de l'âme et du corps que se trouve basée : la rêverie panthéistique de M. de Flotte. Laissez rêver la machine ! Seulement, soyons assurés.

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qu'fl'n'y a nulle paix possible, pour notre monde : tant, que les plus sages feront de pareib rêves ; et, par conséquent, seront les plus fous.

M. de Flotte s'imagine . que, la Jérusalem nouvelle, doit être un lupanar.

M. de Flotte observe, avec raison : que, rorganisation actuelle de la famille, n'est point en rapport avec les nécessités de la société nouvelle ; et, ne sachabt comment l'organiser, il cherche à se passer d'organisation. C'est, jeter sa langue aux chiens : par impossibilité de trouver le mot de Ténigme.

M. de Flotte en revient toujours ; à sa liberté de conscience. La liberté de conscience, au sein du panthéisme ! où, ni liberté ni conscience ne sont possibles ! C'est un glaçon permanent, au sein d'une fournaise.

M. de Flotte est, cependant, un profond observatear. Il a reconnu : que, du moment que le mariage civil a eu remplacé le mariage religieux , la société tout entière a été bouleversée. 11 aurait pu remarquer, avee tout autant de profondeur : que, la société se replacera seulement sur des bases stables ; lorsque, le mariage sera redevenu : un contrat religieux. Mais, il n'a pu le remarquer : parce que, c'est incompatible avec le panthéisme.

Je ferai, ici, un reproche à M. de Flotte. Un panthéiste sincère, comme nous avons déjà trouvé qu'il l'est, ne doit point écrire : des phrases symboliques, qui sentent l'hypocrisie, comme celle-ci par exemple :

— « Sous l'œil de Dieu , rame immortelle , échappée de ses mains puissantes, etc. »

DR JL4 SeiIVBaA4NfiV6« ST

— ^ Pour k panthéiste sincère r Dieui^ âme, sont des , mots vides. dé sens : autre, que syuibouque. Et même, vift^à'^vis de quiconque raisoffline : le Dieu personnel ; et, les âmes créées des anthropomorphistes ; sont également des sjmboleft. Quand donc parlerons-nous franchement et clairement ? Maïs non ; ces Messieurs veulent faire de la poésie I Que, tous les diables puissent emporter la poésie I quand il s'a^t de faire : du raisonnement réel; et, non dû sophisme ou de l'éloquence.

— « La liberté de conscience, dit M. de Flotte, rend le mariage religieux légalement et socialement nul. »

— Alors, il est fort heureux : que, la liberté de conscience ne soit que Tidéal des ignorants vaniteux. Au sein de la vérité, la liberté de conscience est reléguée : à Cbarenton.

Personne, du reste, mieux que M. de Flotte ne reconnaît : la nécessité de la religion. Et, personne, plus que lui, n'en nie la possibilité. C'est, qu'il a la manie de ne concevoir de religion : que, par l'anthropomorphisme. Il faut le lui pardonner, du reste. Pour le panthéiste, le figuré seul existe; et le propre n'appartient qu'au néant.

Le passage suivant est admirable ; et, prouve ce que je viens d'exprimer.

— a Nom b6 craignons pas d'affîmer^ dit M. de Flotte, que c*est encore à l'idée chrétienne , quelque corrompue qu'elle soit de nos jours , que TOUS de\ez la durée d'une institution absolument nécessaire à votre ordre social. Mais prenez garde , chaque jour le mariage perd de son autorité; sans ridée religieuse, la (aniiÂe légale ne se maintiendrait pas une

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année. 'Or, yoos proebniex ^at légalement et politiquement la religioB ▼0U8 est indifférente, clin dogme était le type de toutes, vot relations et de votre existence sociale. Ce dogme se dénature ; sa puissance' sur les cœurs et les esprits s'affaiblit ; tous ne songes point à le défendre. Un tel eflart serait d'ailleurs inutile. Vous le discutes et tous le nies vous-même , et vous ne songez point à le remplacer? Ârchimède demandait un* point d*appui pour sauver le monde; vous me semblés plus forts, vous fuî voulez le soutenir au-dessus du néant. »

— M. de Flotte ne se doute pas : qu'il est lui-même coupable^ de ce dont il accuse les autres. Vouloir baser Tordre sur le panthéisme ; c'est, vouloir soutenir le monde au dessus du néant.

— « C'est de la folie ! continue M. de Flotte. 11 semble en vérité que notre société court à un précipice les yeux bandés, en insultant ceux qui ont le malheur de voir clair et de l'aimer assez pour Tavertir. »

— Je suis persuadé : que, M. de Flotte aime assez la société pour l'avertir. Mais, s'il lui voit une paille dans l'œil ; il ne voit point la poutre, qui se trouve dans le sien.

Le passage suivant mérite d'être cité et commenté. Commençons par citer.

— « On peut , dit M. de Flotte , imaginer trois formes de société : Tune avec l'asservissement de la femme, le mariage civil et l'esclavage du prolétaire : c'est la société passée , la société romaine ; elle se justifie par Tutilité sociale et Tautorilé de la raison d^État. La seconde , avec le mariage religieux et la propriété individuelle des capitaux naturels : c'est la société catholique; elle se justifie par la foi religieuse et l'autorité de la révélation. La troisième, enfin^ sans contrats personnels et sans rente : c*est la société de l'avenir ; elle se justifie par la liberté morale et l'autorité de la conscience. »

— Il n'y a pas trois formes de société^ il n'y en a

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