‹ De la souveraineté (volume 3)Chapitre 7 sur 25 · INSTITUTIONS · texte numérisé non relu

INSTITUTIONS

Tant, que le mot idéal ne sera point renvoyé, à Charenton, d'où il est sorti ; et, remplacé par les mots : soit mensonge; f^oit vérité; il n'y aura, dans le monde : que, des rêveurs.

C'est, toujours, sur \ unité de Vâme et du corps que se trouve basée : la rêverie panthéistique de M. de Flotte. Laissez rêver la machine ! Seulement, soyons assurés,

qu'il n'y a nulle paix possible, pour notre monde : tant, que les plus sages feront de pareils rêves ; et, par conséquent, seront les plus fous.

M. de Flotte &'imagine . que, la Jérusalem nouvelle, doit être un lupanar.

M. de Flotte observe, avec raison : que, rorganisation actuelle de la famille, n'est point en rapport avec les nécessités de la société nouvelle; et, ne sachant comment l'organiser, il cherche à se passer d'organi* sàtion. C'est, jeter sa langue aux chiens : par impo^bilité de trouver le mot de l'énigme.

M. de Flotte en revient toujours : à sa liberté de conscience. La liberté de conscience, au sein du panthéisme ! où, ni liberté ni conscience ne sont possibles! C'est un glaçon permanent, au sein d'une fonmatse.

M. de Flotte est, cependant, un profond observateur. Il a reconnu : que, du moment que le mariage eivfl a eu remplacé le mariage religieux , la société tout entière a été bouleversée. 11 aurait pu remarquer, avee tout autant de profondeur : que, la société se replacera seulement sur des bases stables ; lorsque, le mariiage sera redevenu : un contrat religieux. Mais, il n'a pu le remarquer : parce que, c'est incompatible avec le paa» théisme.

Je ferai, ici, un reproche à M. de Flotte. Un panthéiste sincère, comme nous avons déjà trouvé qu'il l'est, ne doit point écrire : des phrases symboliques, qui sentent l'hypocrisie, comme celle-ci par exemple :

— <c Sous l*œil de Dieu , l'àme immortelle , échappée de ses maios puissantes, etc. »

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— Pour le panthéiste sincère : Dieu et âme^ sont des mots \ide8 de sens : autre, que symbolique. Et même, vis-à-vis de quiconque raisonne : le Dieu personnel ; et, les âmes créées des antkropomorphistes ; sont également des symboles. Quand donc parlerons-nous franchement et clairement ? Mais non ; ces Messieurs veulent faire de la poésie I Que, tous les diables puissent emporter la poésie ! quand il s'agit de faire : du raisonnement réel ; et, non du sophisme ou de l'éloquence.

— <f La liberté de conscience, dit M. de Flotte, rend le n\ariage religieux légalement et socialement nul. »

— Alors, il est fort heureux : que, la liberté de conscience ne soit que l'idéal des ignorants vaniteux. Au sein de la vérité, la liberté de conscience est reléguée : à Charenton.

Personne, du reste, mieux que M. de Flotte ne reconnaît : la nécessité de la religion. Et. personne, pins que lui, n'en nie la possibilité. C'est, qu'il a la manie de ne concevoir de religion : que, par l'anthropomorphisme. 11 faut le lui pardonner, du reste. Pour le panthéiste, le figuré seul existe ; et le propre n'appartient qu'au néant.

[^passage suivant est admirable ; et, prouve ce que je viens d'exprimer.

— « Nous ne eraignons pas d*affirmer^ dit M. de Flotte, que c'est encore à ridée chrétienne , quelque corrompue qu'elle soit de nos jonrs , que TOUS devez la durée d'une institution absolument nécessaire à votre ordre social. Mais prenez garde, cha<{ue jour le mariage perd de son autorité; sms ridée religieuse, la fanàille légale ne se maintiendrait pas une

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annde. Or, tous proclamez que légalement ek politiquement U religion vous est indifférente. Son dogme était le type de toutes vos relations et de votre existence sociale. Ce dogme se dénature ; sa puissance sur les cœurs et les esprits s'afEiiblit; vous ne songez point a le défendre. Un tel effiorl serait d'ailleurs inutile. Vous le discutez et vous le niez vous-même , et vous ne songez pointa le remplacer? Ârchimède demandait un point d*appui pour sauver le monde ; vous me semblez plus forts , vous qui voulez le soutenir au-dessus du néant. »

— M. de Flotte ne se doute pas : qu'il est lui-même coupable, de ce dont il accuse les autres. Vouloir baser Tordre sur le panthéisme ; c'est, vouloir soutenir le monde au dessus du néant.

— a C'est de la folie ! continue M. de Flotte. Il semble en vérité que notre société court à un précipice les yeux bandés, en insultant ceux qui ont le malheur de voir clair et de Taimer assez pour Tavertir. »

— Je suis persuadé : que, M. de Flotte aime assez la société pour l'avertir. Mais, s'il lui voit une paille dans l'œil ; il ne voit point la poutre, qui se trouve dans le sien.

Le passage suivant mérite d'être cité et commenté. Commençons par citer.

— « On peut, dit M. de Flotte , imaginer trois formes de société r Tune avec l'asservissement de la femme, le mariage civil et l'esclavage du prolétaire : c'est la société passée , la société romaine ; elle se justifie' par Tutilité sociale et l'autorité de la raison d*Ëtat. La seconde , avec le mariage religieux et la propriété individuelle des capitaux naturels : c'est la société catholique; elle se justifie par la foi religieuse et l'autorité de la révélation. La troisième, enfin, sans contrats personnels et sans rente : c*est la société de l'avenir; elle se justifie par la liberté morale et l'autorité de la conscience, n

— U n'y a pas trois formes de société^ il n'y en a

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que deux : le despotisme et la liberté. Je ne compte point l'anarchie, comme une forme; c'est, l'absence de forme.

Sous le despotisme, le mariage est toujours religieux; et, le prolétaire toujours esclave : soit domestique, soit social. Voyez l'Inde, TÉgypte, la Grèce, Rome, etc.

Sous le despotisme, que ce soit dans l'Inde, en Egypte, en Grèce, à Rome ou en France; il y a toujours : propriété individuelle des capitaux naturels.

C'est, seulement, en époque anarchique; c'est-àdire : en époque d'ignorance et d'incompressibilité d'examen; qu'il y a : liberté de comcience; et, mariage purement civil.'

En époque de connaissance : le mariage est religieux, comme toutes les institutions ; les capitaux naturels appartiennent à l'humanité ; les hommes sont tous libres , sans aucune exception ; et cela : parce que la liberté de conscience, vu l'anéantissement de l'ignorance sociale, est rentrée aux enfers ; d'où elle était sortie : sous , la protection de l'incompressibilité de l'examen é

Toujours, à propos de mariage ; et, après en avoir examiné les inconvénients actuels; M. de Flotte dit :

— > « li reste deux solutions :

« L'une, offrir à la monogamie permanente un idéal plus pur que l'idéal chrétien, lui donner une base plus large , une autorité plus logique, et qai s'impose plus puissamment à l'esprit que Tautorité de la révélation. Gela mb paraît impossible. » '

— Faisons d'abord, ici, une première observation :

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La monogamie permanente y si, par cette expression, l'on comprend rimpbssibililé du divorce, n'a jamais existé, au sein du christianisme ; si ce n'est : pour la populace ; pour eeux qui n'étaient point citoyens ; pour ceux qui ne faisaient point réellement partie de la société. Les grands, les citoyens, les membres réels de la société, ont toujours trouvé moyen : de rendre le divorce possible. Il ne s'agit donc : que, de faire passer le fait dans le droit. Le reste, qui parait impossible à M. de Flotte, par la raison qu'il est panthéiste; se trouve réalisé : sous la révélatSmi rationnelle.

— « La monogamie permanente, continue M. de Flotte , n'étant point UB6 conséquence de la loi naturelle et de la liberté.... »

— L'expression loi naturelle a deux valeurs : dans l'ordre physique, elle exprime la nécessité; dsius Tordre moral, la liberté. Ces deux ordres coexistent chez

l'homme. Comment voulez-vous : que, cette expression ait une valeur déterminée, en parlant de l'homme ? La monogamie, en laissant de côté le mot permanente ^ est UB?e conséquence de la loi naturelle ; si, par loi naturelle, vous comprenez la loi rationnelle ; la monogamie est une conséquence de la liberté ; si, par liberté, vous comprenez la raison ; la monogamie est opposée à la loi naturelle ; si, par loi naturelle, vous comprenez la tendance des passions, qui serait nécessité^ si la liberté n'existait pas ; la monogamie est opposée à la liberté; si, par liberté, vous comprenez : l'indépendance des passions; l'indépendance de la bête. Et voilà, com-

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ment, arec un dictionnaire indétenniné, oi^ ne peut faire : que du galimatias. Reprenons, maintenant, la phrase de M. de Flotte.

— > « Lft BWiMffUiie |ieniitiieiitey dit-il, n'étant point nne conséqu^M» de la loi naturelle et de la liberté, par cela seul qu'elle est destinée à vaincre, en Tue d'un ordre social préconçu, certains appétits de la nature huiiiaiae.»«. »

— Est-ce que M. de Flotte s'imagine : que, le vol n'est pas un appétit de la nature humaine, ainsi que la colère, le meurtre et l'assassinat qui en sont les suites? Est-ce que, par hasard, M. de Flotte s'imagine : que, l'ordre peut être basé : sur le développement intégral de passions, non subordonnées à la raison ? S'il en était ainsi, nous n'aurions plus rien de commun ; et, dès ce moment, la discussion deviendrait impossible. Maintenant, écoutez I

— « Cette solution, continue M. de Flotte, reTient en déGnitive à la CfliATioïc d'une religion plus parfaite que lui , plus logique , plus élevée , fondée pur de plus justes esprits ^ affimé par de plus grands dévoile ments , honorée par de plus nobles victimes. Je le répète, cela me paraît

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