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transitoire; elle est fixe, universelle et pèse sur les choses en général : parce que, dans Tordre physique, il n'y a point d'individualités réelles ; mais seulement phénoménales. Mais, dans Tordre moral, à supposer qu'il existe, ce qui est à prouver ; il en est tout autrement. L'ordre moral, pour toute humanité possible, a nécessairement trois périodes : celle, d'ignorance sociale sur la réalité du droit et de possibilité de. coniiprimer Texamen ; celle , de cette même ignorance et de Timpossibilité de comprimer Texamen ; enfin , celle de connaissance de la réahté du droit. Dans la première, la loi, nécessairement basée sur une hypothèse, est nécessairement transitoire, susceptible d'applications particulières, locales et catégoriques. Dans la seconde, la loi n'est plus relative qu'à la force, et variable comme elle. C'est seulement dans la dernière période, que la loi se trouve : immuable, fixe et universelle. Le génie de Ballanche avait deviné cela ; en voici la preuve :
— (( La défense, dit-il , d'écrire les lois se trouve trop soavent consignée dans les monuments de fantiquité, pour ne pms lui supposer use raison. Les envahissements de la parole écrite étaient sans doute tropéfi* dents et trop rapides, et Ton voulait en retarder TefTet , parte que ks institutions étaient fondées dans un esprit de fixité. On tvaît pe«t4fn aussi déjà des exemples antérieurs du danger qui résulte de It confonra du langage : mais la pente est irrésistible. H n'y a pas très-longteinfi que l'Europe a secoué le joug de la langue latine, par laquelle les rédacteurs des lois et les dépositaires de la science mettaient une barrière ei* tre elle et les peuples, ce qui était toujours une manière de remplacer U parole traditionnelle. »
ilbU.)
— Yoyez^vous : la nécessité première de baser ks
DE Là SOCTERAIKETÉ. 321
lois sur des hypothèses; la nécessité d'empêcher qu'elles puissent être examinées ; l'impossibilité d'empêcher cet examen, par suite des développements de l'intelligence ; et la confusion de langages résultant de l'examen, rendant nécessaire la souveraineté du peuple, jusqu'à ce que l'ignorance sociale sur la réar lité du droit soit définitivement anéantie.
C'est ainsi qu'en époque d'ignorance, plus un homme a de génie, plus il fourmiUe de galimatias.
Ce qui va suivre est encore un véritable galimatias, tant que l'ignorance sociale n'est point anéantie.
— « Où nous condiiit, dit BaUanehey le dc^me iniensé de la souveraineté àa peuple? S^il était admis à la rigueur, on Terrait bientôt le sabre s'emparer du droit d^élection. Les soldats nommaient les empereurs, et le peuple était obligé de les accepter. Les Francs anssi élevaient lews empereurs sur le paTois^ mais la patrie de ce peuple était dans les camps, et le fier était Finterprète du jugement de Dieu. Les ancêtres de ces peuples adoraient jadis une lance. Les janissaires font et défont TouTrage de ha fureur. Lorsque le pouvoir se puise dans le ebamp des armes et que le scratin est une insurrection , c'est bientôt arrangé ; une heure après OQ n'y connaît plus rien : il reste une lance debout qu'il faut adorer. »
(Essai swr les institutions sociales.)
— Autant vaudrait se plaindre de la lumière du soîil, que de se plaindre de l'emploi de la force brutale : quand le masque de la raison n'a plus de pouvoir ; et que la raison elle-même n'en a pas encore. Cinq minutes de réflexion, sur la cause du mal, seraient plus utiles : que, des siècles de jérémiades sur le mal luimême.
a En un mot, dit plus loin Ballancbe, la liberté c'est la justice. »