II. S
sont les catégories et spécialités de fonctions, tgricnltiire, industrie, commerce^ etc. »
— Et , les catégories sont les sociétés anoDymes ; parce qoe, dit M. Proudhon :
«^ « Pour l'atenir, la pnUioncê, la Kbfrtét la M9wril4, la richesse sont aux grands capitaux, »
— Oui f poar ceux qui les possèdent , ces grands capitaux. Mais, ceux qui n'ont rien? c'est toujours la domination du capital , la souveraineté de la force, la souveraineté du peuple , dans tout ce qu'elle a de despotique et d'anarchique.
— « Ce que nous mettrons , continue M. Proudhon^ à U place de la
force publique, c'est la force coUectiye. »
— La force collective, à une époque : où, pas une collection de deux individus ne s'entendent, pour agir dans le même sens ! C'est la force centrifuge, l'infini en divergence ; c'est, la souveraineté des individus ; la souveraineté des opinions; c'est le chaos , ayant pour expression : la souveraineté du peuple.
— « Ce que nous mettrons, continue Fauteur, à la place des armées
permanentes, ce sont les compagnies industrielles. »
— C'est-â-dire : les sociétés anonymes qui sont plus réellement dépourvues de sanction , que la lune n'est dépourvue d'atmosphère. 11 est vrai : qu'au sein de l'automatisme, toute sanction est inutile.
— a Ce que nous mettrons à la place de la police, eontiniie M. Proudhon, c'est l'identité des intérêts. »
— 11 est clair : qu'au sein de l'automatisme, les intérêts
deviennent identiques, par leur anéantissement. Et, en dehors de toute sanction, c'est exclusivement par Tautomatisme, que les intérêts, des prétendues passions, peuvent devenir identiques. Au sein de l'automatisme : je veux avoir le tien ; et , Je veux conserver le mien ; sont parfaitement identiques.
•— « Ce que nous mettrons, continue M. Proudhon, à la place de la centralisation politique, c^est la centralisation économique, d
— Oui, dont voici la formule, selon M. Proudhon.
— « Toutes les sociétés anonymes^ dit-il, dans lesquelles se distribuent l'action industrielle et commerciale d'un pays , doivent former un tout harmonique, ayant pour expression le GOUVBRNEiiÉin:. »
— C'est là domination du capital ; c'est la souveraineté du peuple, la souveraineté de la force brutale, dans ce qu'elle a de plus exécrable.
— « L'apercevez-Yous, maintenant, continue M. Proudhon , cette unité profonde et toute intellectuelle? v
— Oui , l'apercevez-vous , cette unité intellectuelle dérivant de la force brutale, dérivant de la souveraineté du peuple? Si vous ne l'apercevez pas encore , M. Proudhon va vous montrer, va vous faire toucher, au doigt et à l'œil, tout le mérite : de cette souveraineté de l'ignorance.
'A36 DE LA SOOTBRAINETÉ.
« Ce que nous avons eu, d^nis soixante ans, n'est qu'on ordre factice, saperficid, couvrant à peine Tanarchie et la démoralisation la plus épouvantable. »
M. Prouohon, Idée générale de la révoluHon, p. 41.
— « Quelle est la source de ce mal ? la souveraineté du peuple. »
CouNSy Commentaire,
Personne , mieax que H. Proadhon , n'a fait rayonner sur la souveraineté du peuple : une atmosphère lumineuse ; une atmosphère d'intelligence. A la vérité , cette atmosphère est quelquefois sillonnée , d'éclairs ténébreux ; que l'on nous pardonne l'expression ! Et , quoiqu'ils soient visibles , pour tous ceux qui ne sont point aveugles , nous aurons soin de les signaler, ces éclairs; afin, qu'ils ne soient point perdus : pour ceux qui ne les verraient point.
— « A Dieu ne plaise, dit M. Proudhon, que le peuple puisse jamais se tromper ni mentir ! Je dis le peuple un et indivisible j prenez-y garde ; je n^enlends pas par là la multitude , ce qui n'est que pluralité sans unité. )>
— M. Proudhon commence par un éclair ténébreux. C'est, pour rendre plus sensible la lumière qu'il va projeter. M. Proudhon nous dira bientôt : que, le peuple unité est une calembredaine. Il aura raison pour l'époque d'ignorance sur la réalité du droit , et quant au droit ; mais , il aura tort, pour l'époque de connaissance. Le peuple, en outre, est toujours va pour affirmer l'incontestable ; l'humanité est toujours uns pour dire : un est un.
— « Le peuple , dit M. Proudhon y raisonne avec une conscience et d'un point de vue supérieur à toute raison indiyiduelle. »
— Vraiment! Ainsi , quand les raisons individuelles disent un est un ; le peuple dit : un c'est deux. Ceci est encore un éclair ténébreux. Le fait est : qu'en époque de connaissance : les raisons individuelles et la raison du peuple , la raison de l'humanité , l'étemelle raison , sont parfaitement : identiques.
— - K Le peuple, dit M. Proudhon, est souvf^rain. On nous Va dit : cette vérité est descendue profondément dans les âmes ; elle est devenue la foi générale, et depuis 1830 personne ne proteste contre la souveraineté du peuple. »
— Ceci, est encore : un éclair ténébreux .Vous verrez : que , M. Proudhon ne croit pas plus à la souveraineté du peuple , proprement dite , à la souveraineté des majorités, qu'il ne croit aux calendes grecques.
La souveraineté du peuple , non celle qui est unité et se rapporte aux calendes grecques, pour toute l'époque d'ignorance ; mais , celle qui est multitude et se rapporte aux majorités; M. Proudhon la répudie souverainement; comme^ dit-il, inhérente au despotisme. H aurait pu ajouter : et, aussi, comme inhérente : à l'anarchie.
— « Sif dit M. Proudhon , c'est la majorité qui fait le critérium du droit, il faut se hâter d^efiPacer les traces des barricades, restaurer Ibs Tuileries, indemniser la liste civile, rappeler Louis-Philippe, rendre le portefeuille à M. Guizot, faire amende honorable â la chambre, et attendre en silence la décision des électeurs à 200 fr.
« Alors, vous verrez la majorité livrée à ses instincts égoïstes, et, éclairée par l'événement , voter â la fois contre la réforme y contre les banquets, contre l'opposition, contre la république.
« Si c'est â la majorité de faire la loi , il faut dire encore que c'est & la mnjorité de la majorité , et ainsi de suite jusqu'à ce que nous soyons revenus au gouvernement personnel ; qu'ainsi le gouvernement appartient à la classe moyenne, élue par la majorité des assemblées primaires; que la classe moyenne, à son tour, doit respect à ^a propre majorité, à la
majorité des électeurs ; que la majorité des électeim doit obéir à la majorité des députés ; la majorité des députés se soumettre an ministère , lequel est tenu de faire la volonté du roi , qui, en vertu de la majorité, règne et gouTeme. ».
— Tout cela est vrai; comme deax et deax font quatre : dès, que le point de départ est accepté. C'est encore une appréciation des résultats logiques, dérivant nécessairement : de la souveraineté du peuple.
— « Jamais y continue M. Prondhon, avec la théorie représentative, on ne sortira de ce cercle. »
— C'est, encore aussi vrai que possible. Mais, essayez donc de ne pas y entrer dans ce cercle : en présence de l'ignorance sociale ; et, de l'incompressibilité de Texamen !
Id , après avoir fouetté très-vertement , très-justement, et à nu, le gouvernement provisoire avec des orties et des ronces ; M. Proudbon s'écrie :
— a Âh I grands politiques, tous montres le poing au capital, et tous ▼oilà prosternés devant la pièce de cent sous! Vous voulez exterminer les juifs, les rois de Vépoque , et vous adorez ( en jurant , c'est vrai ) le veau d'or! Vous dites et vous laissez dire que l'État va s'emparer des chemins de fer, des canaux, de la batellerie, du roulage, des mines, des sels ; qu^on établira des impôts sur les riches , impôt somptuaire , impôt progressif, impôt sur les domestiques, les chevaux, les voitures ; qu^on réduira les emplois, les traitements , les rentes , la propriété. Vous provoquez la dépréciation de toutes les valeurs financières , industrielles, immobilières ; vous tarissez la source de tous les revenus ; vous glacez le sang dans les veines au commerce, à l'industrie, et puis vous conjurez le numéraire de circuler ! Vous suppliez les riches épouvantés de ne pas le retenir! Croyez-moi, citoyens dictateurs, si c'est là toute votre science, hâtez-vous de vous réconcilier avec les juifs ; renoncez à ces démonstrations de terrorisme, qui font courir les capitaux après la révolution comme les chiens après les sergents de ville. Rentrez dans le statu quo conservateur, au delà duquel vous n'apercevez rien, et dont vous n'auriez jamais dû vous séparer. Car, dans la situation équivoque oii vous êtes, vous ne pouvez vous défendre de toucher à la propriété ; et si vous porirz la main
DB LA SOUVERAIHBTÉ. 439
sur la propriété, toui êtes perdus ; tous avez déjà un pied dans la banqueroute. » -"
— Voyez-vous, M. Proudhon s'établissant : en défenseur de la propriété!! Galmez-Yous , Monsieur Proudhon, la propriété est aussi inviolable que l'éternité.
— « Excusez ma véhémence, continue le défenseur de la propriété ;
l'erreur dans le pouvoir m'indigne presque à Tégal de la vénalité. «
— Ah ! M. Proudhon. L'erreur, en époque d'ignorance, est toujours involontaire ; la vénalité ne l'est jamais. D*aU-
leurs , si ce malheureux provisoire voulait porter atteinte, à la propriété; ce serait, M. Proudhon qui le lui aurait conseillé, en disant : la propriété, c'est le vol.
— « Non, s*écrie le père foUetteur du provisoire; non, vous ne comprenez rien aux choses de la révolution ; vous ne Connaissez ni son prin*
cipe, ni sa logique, ni sa justice ; vous ne parlez pas sa langue. Ce que vous prenez pour la voix du peuple n'est que le mugissement de la multitude, ignorante comme vous des pensées du peuple. »
— ^Yous verrez bientôt : que , ce malheureux provisoire est bien excusable d'ignorer la pensée d'un peuple, qui, selon M. Proudhon lui-même, n'a d'existence qu'aux calendes grecques. Et, si ce malheureux provisoire n'a rien compris aux choses de la révolution; s'il n'a^connu 2 ni , son principe , ni , sa logique ; ni , sa justice ; et si même il ne parle pas sa langue; c'est, la faute à M. Proudhon, qui , pendant plus de dix années , a été son pédagogue.
Pour supplément à son éducation, M. Proudhon se contente de dire au provisoire :'
— « Conservez intact le dépèt de la république, et laissbz Là lumiArb
SB FAiRB TOUTE SEULS. Vous aurez bien mérité de la patrie. »
— Le provisoire a suivi le conseil de M. Pnmdhon ; il a
vodIo Met! mériter de la patrie ; il a regardé son nombril;
il a laissé faire M. Cayaîgnac. Et, la lumière a éclaté :
dans les journées de juin 48.
M. Proudhon, le 22 mars de la même année, icrimit ces belles choses , dans une homélie intitulée : solution DU PROBLÈME SOCIAL. Lc 26 mars, même année, M. Proudhon publiait une homélie nouvelle , intitulée : la démocratie, deuxième chapitre de la solution du problème social. C'est , cette nouvelle homélie y atmosphère lumineuse projetée sur la souveraineté du peuple , complément , à ce qu'il parait, de la solution du problème social, selon M. Proudhon , que nous allons examiner.
« LA DKMOC&ATn.
(c 1. Problème de la souveraineté du peitple. Conditions de la solution, « 2. St 2e suffrage universel exprime la souveraineté du peuple, « 5. Si la réforme sociale doit sortir de la réforme politique , oula
réforme politique de la réforme sociale, — Différence entre la démocratie
et la république. »
— Certes, ces questions sont intéressantes; mais, je doute : qu'elles renferment la solution du problème social. E]t, ici, le mot doute : n'est, qu'une politesse.
Mais, examinons ce qui est donné, comme la solution : du problème social. Mous y trouverons encore des résultats théoriques et pratiques , dérivant nécessairement : de la souveraineté du peuple.
— « Cieux, dit M. Proudhon, cieux^ écoutez; terre , prêtez Voreille; le Seigneur a parlé!
« .... Toujours on vit les masses humaines se prosterner au nom du ' Très-Haut, et recevoir avec soumission la disciphne des révélateurs.
« Mais^ se dit à la fiu un philosophe, si Dieu a parlé, pourquoi n^aî-je rien entendu?
« Il a suffi de cette parole de doute pour ébranler l'Église , annuler les écritures, dissiper la foi et h&ter le règne de TAntechrist J »
-* Soit ! Toilà , l'antliropomorphisme exclu : de la solution j du problème social.
— « ir en est du peuple comme de la divinité; dit M. Proudhon : Vox
— Voilà , qui parait accoler la souveraineté du peuple, à la souveraineté de droit divin. Continuez, Monsieur Proudhon; vous parlez ici : comme la raison même. Ainsi, la solution du problème social consiste : dans la négation simultanée : de la souveraineté de droit divin et de la souveraineté du peuple. Je suis aussi d'avis : que , ces deux espèces de souveraineté ne sont actuellement, bonnes à rien de bon. Mais, la solution , du problème social, devrait, me parait-il , être basée : sur une affirmation.
— « Depuis que le monde existe, dit M. Proudhon, depuis que les tribus humaines ont commencé de se constituer en monarchies et républiques, oscillant d^une idée à Tautre comme des planètes vagabondes , mêlant,* combinant y pour s^organiser en sociétés , les éléments les plus divers, renversant les tribunes et les trônes comme fait un enfant d'un château de caries , on a vu , à chaque secousse de la politique , les meneurs du mouvement invoquer, en termes plus ou moins explicites, la souveraineté du peuple.
<c Je demande donc comme Rousseau : Si le peuple a parlé, pourquoi n*ai-je rien entendu? »
— Allons ! voilà , de nouveau , la souveraineté du peuple, paraissant renvoyée aux calendes grecques , avec les souverainetés de droit di\in ! Néanmoins, écoutons encore, pour lie point nous tromper : sur la pensée de M. Proudhon.
-— « Vous me citez, dit-^il , cette révolution étonnante à laquelle moi aussi j'ai pris part, dont j'ai prouvé seul la LÉoiTiMiTi^, dont j^ai fait ressortir l'idée. Et vous me dites : Voilà le peuple !
0 vous tous, ennemis du despotisme et de sos corruptions, comme de l'anarchie et de ses brigandages, qui ne cessez d'invoquer le peuple, qui
442 Dl LA flOUVERAINBTt.
parlei le front décoayert de sa raison soureraine, de sa forée irrésistible, de sa formidable Yoix, je vous somme de me le dire : où et quand aTei-TOos entendu le peuple? Par quelle bouche, en quelle langue est-ce quUl s^exprime? Gomment s'accomplit cette étonnante réyélation? Quels exemples authentiques, décisifs, en citez- vous? Quelle garantie atez-vous de la sin* cérité de ces lois que vous dites sorties du peuple? Quelle en est la sanction ? Â quels titres, à quels signes distinguerai-je les élns que le peuple envoie d'avec les apostats qni surprennent sa confiance et nsnrpent son autorité? Gomment enfin étabUsses-vous la légitimité de ce Terbe? »
-^ Poisqae, M. Proudhon, $eulj a prouYé la ligitimiU des révolutions ; il ne lui sera pas difficile de recomiaitre : làlégitimité du verbe populaire.
— « Jb chois, continue M, Proadhon^ ▲ l*sxi8TBKCB du psuplb Gonii
A L^BXISTENCE DE DIEU. »
— Voici, comment M. Proudhon croit à Texistence de Dieu. C'est bon à connaître, pour savoir : comment, M. Proudhon croit à l'existence du peuple ; par conséquent, à sa souveraineté.
— « Dieu, dit-il! Je ne connais point de Dieu, c'est encore du mysticisme. Commencez par rayer ce mot de vos discours si vous voulez que je vous écoute. » ,
— Et, ailleurs, il dit encore :
— a JMgnore ce que l'humanité appelle Dieu. »
— Et, ailleurs, il dit encore :
— « Le premiier devoir de Thomme intelligent et libre est de chasser incessamment Tidée de Dieu de son esprit et de sa conscience. Car Dieu, s'il existe, est essentiellement hostile à notre nature , et nous ne relevons aucunement de son autorité. Nous arrivons à la science malgré lui, au bien-être malgré lui , à la société malgré lui ; chacun de nos progrès est une victoire dans laquelle nous écrasons la divinité. »
— Et, ailleurs :
DE LA SOUYERAIMETÉ. 443
' — « Diea est un être essentiellement anticmlisatear , antilibéral , antihumain. •
— Si, M. Proudhon croit à Texistence da peuple comme à l'existence de Dieu, voilà le peuple ; et, par conséquent , sa souveraineté, paraissant, de nouveau, renvoyés aux calendes grecques. Mais, pour la juger , attendons encore : M. Proudhon, trèsHSouvent, est aussi difficile à comprendre : qu'une antinomie.
— a Je m'incline, continue M. Proudhon^ devant sa volonté sainte; je me soumets à tout ordre émané de lai; la parole du peuple est ma loi , ma force et mon espérance. »
— Gomment ! La parole du peuple est votre loi, votre force, votre espérance. Et, vous dites mille fois que le peuple n'a pas de langue. Votre loi, votre force et votre espérance sont donc : le rien du tout ?
— d Mais, continue M. Proudhon , suivant le précepte de saint Paul , MON OBÉISSANCE^ pour être méritoire, doit être raisonnable... »
— Raisonnable ! . . . . Sans aucun doute, M. Proudhon, par raisonnable^ entend : réellement raisonnable. Car, si nous sommes des machines, des automates, notre prétendue obéissance n'est jamais qu'illusoire ; et, alors, nous raisonnons : comme une machine fonctionne; c'est-à-dire : que, nous ne raisonnons pas du tout. Or, M. Proudhon affirme que,
— a Tous, tant que nous vivons, nous sommes, sans nous en apercevoir^ et selon les mesures de nos facultés et la spécialité de notre industrie, des RESSOBTS PENSANTS, dcs ROUES PENSANTES, dcS PIGNONS PENSANTS,
des POIDS PENSANTS, etc, d'une immense machine qui pense AUSSI ET QUI VA TOUTE SEULE. »
— Dans ce cas, toute obéissance raisonnable se trouve encore renvoyée aux calendes grecques.
444 DE LA SOUVBRAIMBTit.
De plas, supposons : qae, Yobéissanee raisonnable soit possible : ce, qui est encore à prouver. £h|bien ! dans ce casy encore, il faudrait pouvoir distinguer : Tobéissance réeUement raisonnable; de Tobéissance raisonnable, qui ne le serait qu'illusoirement ; pour, que M. Proudhon pût être satisfait. Et, si M. Proudhon venait à se trouver ainsi satisfait ; le peuple de M. Proudhon, sans yeux, sans oreilles et sans langue, ne serait autre alors : qu'une impersonnalité; ne serait autre : que, réternelle raison, rendue scientifique; c'est-à-dire : rendue incontestable, vis-à-vis de tous et de chacun. J'avoue : que, si ce n'est pas là, ce que veut M. Proudhon, je le comprends moins encore, qu'un logogriphe. Mais, si c'est là ce qu il veut, qu'il le dise clairement; et, s'il vient à le déclarer ainsi, je lui dirai, tout aussi clairement : embrassons-nous ; et, que gela
FnfISSE.
— « Et quel malheur pour moi, quelle ignominie, continue M. Proudhon, si, lorsque je crois ne me soumettre qu'à Tautorité du peuple, j'étais le jouet d'un vil charlatan ! »
— Ici, J'épithète de charlatan ou de vil ne fait rien à Taffaire. Ce, qu'il y a de certain; et de très-certain; c'est, qu'aussi longtemps que dure l'ignorance : sur la question de savoir, si Yobéissanee raisonnable réelle est possible ; et, sur la possibilité de distinguer, l'obéissance réellement raisonnable, de l'obéissance illmoirement raisonnable ; en cas, que l'obéissance raisonnable soit possible ; il faut : que, sous peine de mort, les sociétés soient les jouets des plus forts : appelez-les : vils et charlatans ; tant, qu'il vous plaira.
— «Gomment donc, je vous en supplie, continue M. Proudhon, parmi tant de rêveurs, d'opinions contradictoires, de partis obstinés, reconnaStrai-je la voix, la véritable voix du peupU ? »
— Je vais vous le dire. Monsieur ; car, j'aime beaucoup à vous satisfaire.
Pendant toute Tépoque d'ignorance, sur l'obéissance raisonnable ; il est aussi; impossible de reconnaître la voix, la véritable voix de Dieu ; qu'il est impossible de reconnaître : la Yoix, la véritable voix du peuple. Quand, cette ignorance est évanouie; la voix, la véritable voix de Dieu; la voix, la véritable voix du peuple ; sont une seule et même voix : celle, de l'éternelle justice ; celle, de l'éternelle raison, rendue scientifiquement incontestable, vis-à-vis de tous et de chacun.
Qu'en dites-vous, M. Proudhon? Cela finira-t-il; et, nous embrasserons* nous ? J'avoue : que, je n'en crois rien; absolument rien. Et, à qui en sera la faute, s'il vous plaît?
— a Le problème de la souveraineté du peuple, continue M. Proudhon, est le problème fondamental de la liberté, de Tégalité et de la fraternité, le principe de Torganisation sociale. »
— Sans aucune espèce de doute ; si , par le problème de la souveraineté du peuple^ M. Proudhon entend : le problême de V anéantissement de Vignorance sur Vobéissance raisonnable. Mais, est-ce bien ainsi que M. Proudhon entend le problème ? Si c'est ainsi , je lui répéterai mille fois :