‹ De la souverainetéChapitre 27 sur 52 · EMBRASSONS-» OUS; ET, QUE GELA FINISSE · texte numérisé non relu

EMBRASSONS-» OUS; ET, QUE GELA FINISSE

— « Les gouvernements et les peuples, continue M. Proudhon, n'ont eu d'autre but, à travers les orages des révolutions et les détours de la ])oIitique, que de constituer cette souveraineté. »

— Puisque, M. Proudhon l'affirme; il faut bien : que, cela soit. Mais je veux être pendu : si , je m'en étais douté.

— « Chaque fois qu'ils se sont écartés de ce but, continue M. Proudhon, ils sont tombés dans la servitude et la honte. »

— J'avais bien besoin : que M. Proudhon m'éclairât, à cet égard ; je m'imaginais : que, les gouvernements et les peuples n'avaient jamais eu ce but ; les Proudhon de tous les âges -leur ayant toujours dit :que cette constitution était

impossible. Je m'imaginais encore : que, depuis l'origine du monde, les gouYernements et les peuples ayant toujours croupi dans l'ignorance sur VobèissafMe raisonnable ; ils n'étaient jamais sortis : ni, de la servitude, sous le joug de la force : ni, de la honte attachée à ce joug , aux yeux de la raison.

— a C'est dans cette vue, continue M. Proudhon, que le gouYernemeut provisoire a convoqué une assemblée nationale, nommée par tous les citoyens, sans distinction de fortune et de capacité.., »

— < Sans distinction de capacité , me parait charmant, pour arriver à découvrir : ïobHssance raisonnable.

— «...l'universalité des suffrages, continue M* Proudhon, lui paraissant être l'expression la plus approchée de la souveraineté du peuple, »

— Eh bien ! que pense, à cet égard, le docte M. Proudhon ; qui , seul , a prouvé : la légitimité de la révolution ?

— « Ainsi, continue.M. Proudhon, qui commence à mitrailler la souveraineté du peuple, ainsi, Ton suppose d'abord que le peuple peut être consulté; en second lieu, qu'il peut répondre; troisièmement, que sa volonté peut être constatée ; enfin, que le gouvernement fondé sur la volonté manifestée du peuple est le seul gouvernement légitime,

« Telle est, notamment , la prétention de la démoc&atib , qui se présente comme la forme de gouvernement qui traduit le mieux la souveraineté du peuple.

(( Or, si je prouve que la démocratie n'est, ainsi que la monarchie, qu'une sytniboliqme de la souveraineté; ... »

— Je suppose : que, par symbolique, M. Proudhon comprend : ce , que l'ignorance met , en place et lieu de la réalité. Dans ce cas , nous sommes d'accord.

— - (K ... qu'elle ne répond, continue M. Proudhon, à aucune des questions que soulève cette idée ; qu^elle ne peut, par exemple , ni établir l'authenticité des actes qu'elle attribue au peuple, ni dire quel est le but et la fin de Ift société ; si je prouve que la démocratie, loin d'être U plus

DK LA SOmniRAINETÉ. 447

ÛC dei gouTaniements, est la nation de la soineraineté du peuple et le principe de sa ruine.. • »

— Nul doute : que, M. Proadbon ne puisse prouver tout cela de la souveraineté du peuple, au eriterium des mq;V ritii. Hais , alors , ce cpi'il appelle souveraineté du peuple^ cousidérée, abstraction laite du nombre ^ n'est autre : que, la souveraineté de la raison j rendue scientifiquement incon^ testable, vis-à-vis de tous et de chacun. Si y telle est la souveraineté du peuple selon M. Proudhon, qu'il le dise clairement ; et , je répéterai mille fois : Embrassons-nous ; et^ que cela finisse. Et, ici, je le répéterai : non plus en plaisantant; mais, très -sérieusement. Car, si M. Proudhon voulait bien ne plus être un ressort pensaiït ; il serait le

plus utile des défenseurs : de la vérité.

— «... il sera démontré en fait et en droit, continue M. Prondhon, qne la démocratie n'est rien de plus qu'en arbitraire constitutionnel succédant à un autre arbitraire constitutionnel ; qu'elle ne possède aucune valeur sciBNTiFiQUE , et qu'il faut y Toir seulement uae préparation à la république^ une et indivisible, »

— Bien de plus sage n'a jamais été dit sur la démocratiOi véritable enfer-social, malgré ce qu'en peuvent dire, et diront encore : les niais révolutionnaires , destinés à croître en nombre et en stupidité , jusqu'à ce que la nécessité sociale rende inévitable : la soumission humanitaire , à la souveraineté scientifique. D'après ces différentes affirmations, il reste de plus en plus évident : que, M. Proudhon crache sur la souveraineté du peuple : en tant que souveraineté de nombre; en tant que souveraineté de la force brutale; et, qu'il nonune : souveraineté du peuple; ce qu'il devrait nonmier : souveraineté de la raison. Alors, sa république, une et indivisible, ne serait autre : que, rbumanité tout entière soumise à la souveraineté de la raison, rendue sdentifiquement incontestable, vis^à-vis de tooi et de

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chacun. 0 logomachie! 6 équivoque ! c'est,, avec toute justice, que Boileau t'avait : en exécration!

Quant à la republique , une et indivisible , je répète : qu'il est de toute évidence qu'elle ne peut être : que, la soumission de l'humanité : à la souveraineté scientifique ; à la souveraineté de la raison. C'est, l'anéantissement des nationalités. Est-ce là , ce que M. Proudhon a voulu dire ? Dans ce cas, il a encore raison ; la véritable souveraineté du peuple , la souveraineté de la force brutale , l'anarchie, enfin; est : non-seulement , une préparation à cette république ; mais, encore : la seule préparation possible.

— - a II importe, continue M. Proudhon, d'éclairer au plus tôt Topinion sur ce point, et de faire disparaître toute illusion. »

— Certes , oui , cela importe ; cela , même , est pour l'humanité , une question de vie ou de mort. Mais , pour éclairer l'opinion ; l'opinion , ce qu'il y a de plus sot et de plus difficile à éclairer; il me parait, qu'à cet égard, M. Proudhon a pris un bien mauvais chemin; ou, plutôt : un bien triste flambeau , celui du matérialisme. C'est une torche que ce flambeau; et, qui plus est : la torche de Tanarchie. Je dis : la torche du matérialisme ; la torche de l'anarchie. Ne vous récriez pas trop vite; M. Proudhon va confirmer lui-même ce que je viens de vous exposer. Et, cette confirmation sera encore un résultat logique , dérivant nécessairement : de la souveraineté du peuple, considérée comme base sociale.

D£ LA SOUVEHAIMETÉ. 449

« Le peuple, être collectif, j*ai presque dit être de raison, ue parle point dans le sens matériel du mot. Le r£UPLÉ, non plus que Dieu, n'a des yeux lK>ur voir, des oreilles pour entendre , une bouche pour parler (1). Que sais-je s'il est doué d'une espèce d'âme, divinité immanente dans les masses comme certains philosophes supposent une âme du monde (2), et qui , à certains moments , les émeut et les pousse ; ou bien, si la raison du peuple n'est autre que l'idée pure, la plus abstraite , la plus compréhensible, la plus dégagée de toute forme individuelle, comme d'autres philosophes prétendent que Pieu n'est que l'ordre dans Tunivers, une abstraction ? »

M. PaouDHOir, Solution du problème social.

Que de circonlocutions ! que de bavardages ! pour arriver au doute. Ne valait-il pas mieux dire :

— La raison du peuple, la raison de rhumanité^ la raison réelle , la raison éternelle a pour expression : la science rendue rationnellement incontestable vis-à-vis de tous et de chacun. Tant, que la science n'existe point, la néces-

(1) Ailleurs, M. Proudhon dit : Dieu est personnel, ou n*est pas. M. Proudhon est une perpétuelle contradiction.

(2) M. Proudhon n'est point toujours, et sans exception , aussi matérialiste, qu'il l'est dans ce passage. Ailleurs il dit :

— « Il n'y a pas plus de raison de supposer un esprit , un centre du inonde, que de le placer dans un bâton de soufre; et il se peut faire que si l'esprit, la conscience existe quelque part, ce soit UNIQUEMENT

DAIfS l'homme. » .

— Il y a de tout, chez M. Proudhon ; et, même plus de bon qu'on ne Je pense. Il est vrai : que, ce bon est précisément : ce, que la société actuelle appelle mauvaise

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