APPARTIENT A LA RAISON
— Voilà, le Dieu personnel ; et, le peuple, tout ce qu'il y a de plus personnel : répudiés comme souverains.
M. Dupont-White s'est-il aperçu : que, si le Dieu personnel existait; la raison réelle ne pouvait nullement exister ?
Vous pourrez m'objecter peut-être : qu'il n'est pas trèssûr : que, Bolingbrocke et JH. Dupont- White, soient réellement des anthropomorphistes.
Cela ne me regarde, en aucune façon.
Mais, voici un auteur ; que personne n'accusera de ne pas croire : au Dieu personnel.
— A La raison , dit Donald , est la première autorité , et l'autorité la
dernière raison. »
.^— 11 est évident : que, si la raison de chacun est personnelle par essence; la raison de tous, la raison réelle^ est IMPERSONNELLE par esscuce.
Or, prendre comme souveraine, la raison impersonnelle ; c'est répudier, comme souverain, toute espèce de Dieu : personnel.
Et, pourquoi ces répudiations, s'il vous plaît ?
' (1) Quel infini! qui est limité.
488 DE LA SOUVBBAINBTÉ.
C'est, que si le Dieu personnel eiiste ; loi seul est un MOI réel; et, tous les autres moi ne sont : que des faits; des apparences; des phénomènes; et, voila tout, dirait M. Proudhon.
Mais, il est évident : que, le moi est exclusivement la base de chaque raison individuelle; et, que si le moi est seulement phénoménal, apparent ; la raison qui sV rapporte, est aussi exclusivement : phénoménale, apparente.
Vous m'objecterez également : que Bolingbrocke, Dupont-Wbite et Bonald croyaient pouvoir raisonner réellement. Pourquoi alors ces messieurs disent-ils implicitement le contraire.
Parce que, si même la raison réelle peut exister chez un anthropomorphiste ; il est cependant, vis-à-vis de la raison, impossible à un anthropomorphiste, de ne pas déraisonner.
Jusqu'à ce que la souveraineté de la raison soit devenue socialement nécessaire; et, jusqu'à ce qu'elle soit socialement acceptée ; il n'est pas étonnant de voir les hommes éminents : de tous les partis; de toutes les couleurs; de toutes les religions ; répudier la souveraineté du peuple en théorie; et, la maintenir en pratique.
— « L'ordre social en toutes choses, dit le célèbre Rossi, n*est ^e la
lAISON. »
— C'est, répudier la souveraineté du peuple : en théorie ; et, personne, plus que Bossi, n'était partisan de la souveraineté du peuple : en pratique.
Il en est ainsi pour deux autres points capitaux : dérivant de la souveraineté de la raison ; et, inhérents à la liberté sociale ; je veux parler : des entraves à la liberté du commerce ; et, de l'entrée du sol à la propriété collective.
La liberté du commerce est réclamée, en théorie, par les ' hommes éminents : de tous les partis; de toutes les conlears;
DE LA SOUyERAiNETÉ. 493
bouches qui demandent du pain que leurs parents ne peuvent leur donner. »
(Id, , ibid.)
— Donc l'esclave domestique , le nègre de la Caroline et de la Virginie, est infiniment moins malheureux : que, l'esclave collectif, le prolétaire. Et, Fesclaye collectif appartient exclusivement à la souveraineté du peuple. C'est donc, cette souveraineté que vous voulez renverser ?
— Non, répéterez- vous, pour la millième fois.
— En avez- vous une autre, répéterai-je, pour la mille et unième ? Et, toujours vous me répondrez : non.
Alors, pourquoi donc ne point avouer : et, la nécessité sociale, qui exige une troisième souveraineté; et, .votre ignorance sur la manière de démontrer la réalité de cette troisième souveraineté ? Pour, n'est-il pas vrai, mettre votre amour-propre à couvert, vis-à-visd'un public que vous mépriseriez souverainement ; si, votre bon sens ne vous disait : que, ce public, sot involontairement, est beaucoup plus à plaindre qu'à mépriser. Vous ne pensez donc point à la postérité, qui vous jugera et dira : M. Michel Cheva*« lier était digne d'avouer son ignorance ; car, il l'avait reconnue. Il ne l'a pas fait, par une fausse honte. Maintenant, qu'il rougisse : devant la postérité ! !
En attendant : continuons , à observer ces Messienrs : répudiant la souTcraineté du peaple en théorie ; et, la protégeant de toutes leurs forces : en pratique.
— « Aujourd'hui, dit encore M. Michel Chevalier, il est auTenellement reconnu que la bourgeoisie domine en France. L'aristocratie est repoussée du poufoir ou se tient écartée. Les artis&ns et les petits cultivateurs commencent à peine à lever la tftte ; les prolétaires nt comptent point, v
{LeUres sut VAmériquB du Nord.)
— Et^ tout cela : conduit à l'anarchie, vous allei le voir; et tout cela existe : quoique^ on parce que la souveraineté du peuple existe. Eh bien ! Allez demander, à M. Michel Chevalier, de travailler à rétablir le droit divin ; et, vous verrez : comment, il vous recevra. Demandez-lui, si une autre souverainté est possible? Il vous dira : qu'une troisième souveraineté est aussi impossible : que, de prendre la lane avec les dents.
— d n suffit en France, dit encore M. Michel Chevalier , de regarder autour de soi pour reconnaître que si- la bourgeoisie oisive représente en totalité Télément d*ordre , ce n*est qu'à Taide et par l'intermédiaire de quatre cent mille baïonnettes, non compris les baïonnettes bourgeoises.... .... re qui démontre clairement que cette bourgeoisie ne conserve plus la prédominance qu'en opposant aux masses la force des masses ellesmêmes; position critique à faire frémir, et quUl est impossible de &ire durer, car toutes les baïonnettes commencent a devenir intelligentes. •
— Et, sans aucun doute, leur intelligence consistera à renverser la isouveraineté du peuple; pour la remplacer, toujours sans aucun doute, par la souveraineté de droit divin : puisqu'il n'y en a pas d'autre.
— Calomnie, dira M. Michel Chevalier.
— Calomnie! non. Erreur, soit! Alors, elles seront intelligentes pour conserver la souveraineté du peuple. Et, la
situati(m, qui vous fait frémir, ent précisément le résultat inévitable : de la souveraineté du peuple.
— Pour Tavenir comme pour le passé, dit encore M. Michel Chevalier, l'existence d*une société implique une religion.... Lors même qu'elle ne serait pas indispensable à la paix de la conscience et à Tharmonie de la famille, il ne serait pas possible de se passer d'elle, car elle est aussi une nécessité politique. On a eu raison de dire que si Dieu n'existait pas , il faudrait rinyenter. »
(W., ibid.)
— Alors, Monsieur, vous voulez donc renverser la souveraineté du peuple ? car^ cette souveraineté est la négation sociale de toutes les religions. Étes-vous d avis de rétablir la souveraineté de droit divin ?
— Allons donc ! pour qui me prenez-vous ?
— Vous avez donc une nouvelle souveraineté à proposer?
— Moins encore : qu'un remède contre la rage.
— Tâchez donc de vous passer de religion : car, socialement, une religion est aussi incompatible, avec la souve* raineté du peuple ,* que, Fètre avec le néant.
— « Il y a, dit encore M. Michel Chevalier, un abîme entre le bourgeois d'une part et Toufrier de l'autre. Le bourgeois ne sent rien de
commun entre lui et le prolétaire. Il est convenu de regarder ce dernier comme une machine qu'on loue , dont on se sert , et que l'on paye tout juste pendant le temps qu'on en a besoin ; de même, aux yeux d'un grand nombre de prolétaires, le bourgeois est un ennemi dont on n'accepte la supériorité que parce qu'il est le plus fort, i»
(Id,, ibid.)
— Vous ne voulez pas, Monsieur, que cette situation puisse durer ! Vous voulez donc renverser la souveraineté du peuple ! Car, la souveraineté de la force brutale est la négation de tout droit, de tout devoir ayant une sanction autre que la force brutale. La souveraineté du peuple prend pour devise : liberté, égalité ^ fraternité; et, c'est précisément, sous cette souveraineté : que, ces mots sout
492 DE L4 SOUYERAIHETÉ.
dénués de tout sens raisonnable. Vous voulez donc, je le répète, renverser la souveraineté du peuple.
— Que Dieu m'en préserve ! répondez-vous.
— Alors, ne vous étonnez donc plus, de la situation (|ue vous déplorez. Elle est la résultante inévitable : de ce que vous adorez.
— « Chez nous, dit encore M. Michel Chevalier, il faudrait être fanatique du représentatif pour songer à en faire le pivot de notre fie sociale, m
(Id., ihid.)
— Pour cette fois , nous vous y prenons, M. Michel Chevalier. Le représentatif est Texpression parfaite : de la souveraineté du peuple; de la négation du droit divin. Je le vois, vous voulez : renverser la souveraineté du peuple ; et, de nouveau, introniser un pape.
— J'aimerais mieux, répondez-vous me iîaire...
— Vous faire quoi ? il n'y a de possible, dans le monde, au moins jusqu'à présent : que, souveraineté du peuple ; et, souveraineté de droit divin. Ou bien : avez-vous Une autre souveraineté à nous offrir?
— Pas le plus petit brin, nous dites-vous.
— Alors, soyez donc fanatique du représentatif; sinon, vous serez fanatique : soit du néant; soit, du galimatias; ce qui ne vaut guère mieux.
— « Ici même (Étals du Sud) , dit encore M. Michel Chevalier ; ici même où l'ouvrier des villes et le cultivateur des champs, au lieu d'être^ comme au Nord, les souverains du pays, ne sont que des esclaves, il y a plus de confort matériel pour les classes laborieuses qu'il n*y en a chez nou$:. Aussi la population noire pulluie-t-elle plus ici que ne le fait la population des campagnes (1). Notre paysan fait autant d*enfants que le noir de la Caroline ou de la Virginie ; mais che^ nous l.i mort , que la misère amène par la main, est active à repousser des bras qui voudraieni faire concurrence à ceux de leurs pères , et à fermer pour toujours les
(1) Et, que serait-ce donc : si, la comparaison se faisait, avec les villes manufacturières.
d'avoir résolu ces questions ; parler, de la liberté ; c'est, parler : pour ne rien dire.
Et , pour l'époque actuelle , il y a plus encore : que cet infiniment plus.*C'est, que la doctrine de la souveraineté du peuple, est précisément : la négation de la liberté. En vérité, il y aurait de quoi rester épouvanté, du dévergondage chaotique d'une pareille époque; si, l'on ne réfléchissait : que, ce dévergondage est le résultat nécessaire : de l'ignorance sociale, en présence de l'incompressibilité de l'examen.
— « L'esclavage , si odieux qu'il puisse être , continue M. Chevalier , est cependant une forme d*ordre social ; il doit être conservé là où toute autre forme meilleure serait impossible; il doit disparaître là où Tinférieur est mûr pour une plus favorable condition. »
— Tout cela, est absolument vrai. Mais, convenons : que, c'est là parler encore pour ne rien dire : tant, que nous ne savons pas ce que c'est : que la liberté.
Nul doute, que l'esclavage, c'est-à-dire : la soumission à la force brutale sans masque ; c'est-à-dire encore : à la souveraineté du peuple; ne soit le plus atroce des supplices, qui puisse être infligé à un damné. Mais, il ne suffit pas de dire : que , cet esclavage doit être conservé , là où toute autre forme meilleure serait impossible ; il faudrait ajouter : que cette forme desclavage , une fois socialement établie, comme résultat de l'instruction; reste accolée à la société, comme la chemise de Déjanire à la chair d'Hercule; et, qu'elle n'en peut être détachée : que , sur le bûcher de la science réelle, anéantissant radicalement : la souveraineté populaire.
— « La question de Tamélioration du sort des prolétaires , dit encore M., Michel Chevalier, est essentiellement de Tordre moral. Un remanie* ment moral de la société en est la condition préalable. Or, qui dit morale, dans le sens large de l'expression y dit religion (I) A la religion
(I) Vous savez : que, M. Guizot n'est pas de cet avis; et que, selon
494 DE LÀ SOUYERAIMETÉ.
Vin.
« Tous les plans d*édacatk»i popokôre tentés depois 1789 jusqa*à ces dernières années étaient mauTais, puisqu'ils supposaient qa'édacation était parement synonyme d'instruction ou de culture intellectuelle. Franchement, il y a plutôt h se féliciter de leur insuccès qu'à le déplorer; car ik eussent semé, non le goût du travail, mais les germes de dissolution sociale; ils auraient fomenté par centaines de mille des ambitions auxquelles la société n'était pas en mesure de donner satisfaction; ils eussent ajouté aux douleurs physiques du peuple, qu'ils n'avaient pas puissance de guérir, des peines intellectuelles et morales. Il taut MiBirx qu'aujourd'hui la majorité de noê paysans soit encore assoupie au seiit de L'iGiroaiiNCE , que s'ils avaient l'esprit faussé et le cœur aigri ou rongé de passions mauvaises. L'iGNonAircs est un moindre mal que ul fausse scieitce et que ia DÉMOBALiSATioN. Notro Francc serait ingouvernable, si les paysans avaient été soumis îRix mêmes influences qu'une certaine portion des ouvriers. » M. M. CasvALiKn , Lettres sur l'Amer, du Nord,
— Tout ce que dit, ici, M. Michel Chevalier ; est admirable de vérité. Mais, quelle est la cause, de la malheureuse situation qu'il déplore? Cest, la cause unique de tous les maux de la société ; cause d'ailleurs inévitable • tant que l'ignorance, sur la réalité du droit, n'est point anéantie; cette cause est : la souveraineté du peuple.
La souveraineté du peuple implique, vis-à-vis de la raison, seul guide de l'humanité, seul moteur des actions; cette souveraineté, dis-je, implique : absence de droit et de devoir ; sauf, ce qui est réglé et sanctionné : par la seule *
force. Tel est, pour cette époque, Tétat de l'instruction. Il est évident : que , si Ton inculquait à la jeunesse , et comme éducation ; ce , qui serait conforme à une pareille instruction; une parâUe éducation sèmerait : non le goût du trayaU ; mais , des germes de dissolution sociale ; et qu'elle fomenterait par centaines de mille, des ambitions auxquelles la société ne serait, nullement j en mesure de donner satis* faction. Sans aucun doute, une pareille éducation ajouterait aux douleurs physiques du peuple qu'elle n'aurait pas puissance de guérir, des peines intellectuelles et morales. Nul doute , encore , qu'il ne soit infiniment préférable : que, la majorité des paysans soit encore assoupie au sein de l'ignorance ; que , d'avoir l'esprit faussé et le cœur aigri ou rongé : des passions mauvaises , résultat nécessaire de cette éducation, basée sur l'instruction de Fépoque. Nul doute encore : que , Fignorance ne soit un moindre mal : que , la fausse science et la démoralisation; résultant nécessairement : de rinstruction , relative à la souveraineté du peuple. Nul doute enfin : que , la France , ou tout autre pays possible , ne devienne ingouvernable ; An moment : où , cette instruction viendrait à se répandre , à se généraliser. Mais, avec l'incompressibilité de Fexamen , essayez donc d'empêcber cette instruction de se vulgariser ! Au premier volume de la Science sociale , je vous ai fait toucher au doigt et à l'œil : que, cette doctrine est enseignée par tous les professeurs de haute instruction. Et, cela est juste ; les professeurs ne peuvent enseigner : que , ce qui est considéré : comme, science réelle. M. Michel Chevalier dit : que, cette science est fausse. Mais, ce n'est pas le tout de le dire; il faut le prouver; et, le prouver d'une manière rationnellement incontestable. M. Michel Chevalier l'a-t-il même essaye? En rien.
Et , quand même quelqu'un viendrait démontrer : que, la science, relative à la souyeraineté du peuple, "est fausse ! cela, ne suffirait pas encore : pour éviter, l'anarchie ; si , les
i96 DE LA SOUVERAINETÉ.
hommes de mérite, comme M. Chevalier et autres, De disaient aux moutons de Panurge : La science, relative à la souveraineté du peuple , est fausse ; la science , relative à la souveraineté de la raison , est la science réelle ; et, elle est démontrée : d'une manière rationnellement incontestable. Eh bien ! j'ai démontré la réalité de la science. Je l'ai démontrée, cette réalité, d'une manière scientifiquement incontestable. M. Michel Chevalier accédera-t-il à la démonstration ? H y a mille à parier contre un : que , la vanité l'empêchera dy accéder; et, quelle l'empêchera également d'exposer : les raisons de son refus d'y acqéder. Je désire, bien sincèrement , me tromper à cet égard ; et, si je me trompe, j'accepterai la punition qu'il plaira, à M. Michel Chevalier, d'imposer à mon erreur.
— « 11 n*y a, dit encore M. Michel ChcYalier, de droits imprescriptibles à la liberté que pour qui est en mesure d*en jouir eycc profit pour la société et pour lui-même. »
— Rien , n'est encore plus vrai : que , cette proposition. Mais, à quoi peut-elle servir : tant, que vous n'avex aucun critérium pour savoir : quand, soit un individu, soit un groupe quelconque d'individus, se trouve en mesure de jouir de la liberté ; et , avec profit : soit , pour lui ; soit , pour les autres ?
11 y a même plus et infiniment plus : qu'est-ce que la liberté? Depuis l'origine sociale, il est parlé de liberté; et, depuis l'origine sociale, pas deux individus ne sont d'accord : sur la valeur de cette expression. Ce, qui s'est dit de plus raisonnable , à cet égard ; a été : que , la liberté est l'affranchissement du joug des passions. Mais, cet affranchissement est-il possible ; s'il est possible , comment peutil avoir lieu; et, s'il peut avoir lieu, est-il raisonnable de s'affranchir du joug des passions, quand on peut les satisfaire sans danger; au moins, pendant cette vie? Avant,
d'avoir résolu ces questions ; parler, de la liberté ; c'est, parler : pour ne rien dire.
Et , pour l'épocjue actuelle , il y a plus encore : que cet infiniment plus.^C'est, que la doctrine de la souveraineté du peuple, est précisément : la négation de la liberté. En vérité, il y aurait de quoi rester épouvanté, du dévergondage chaotique d'une pareille époque; si, l'on ne réfléchissait : que, ce dévergondage est le résultat nécessaire : de l'ignorance sociale, en présence de l'incompressibilité de l'examen.
— a L'esclavage , si odieux qu'il puisse être , continue M. Chevalier , est cependant une forme d'ordre social ; il doit être conservé là où toute autre forme meilleure serait impossible ; il doit disparaître là où Tinférieur est mûr pour une plus favorable condition. »
— Tout cela, est absolument vrai. Mais, convenons : que, c'est là parler encore pour ne rien dire : tant, que nous ne savons pas ce que c'est : que la liberté.
Nul doute, que l'esclavage, c'est-à-dire : la soumission à la force brutale sans masque ; c'est-à-dire encore : à la souveraineté du peuple; ne soit le plus atroce des supplices, qui puisse être infligé à un damné. Mais , il ne suffit pas de dire : que , cet esclavage doit être conservé , là où toute autre forme meilleure serait impossible ; il faudrait ajouter : que cette forme d'esclavage , une fois socialement établie, comme résultat de l'instruction; reste accolée à la société, comme la chemise de Déjanire à la chair d'Hercule; et, qu'elle n'en peut être détachée : que , sur le bûcher de la science réelle, anéantissant radicalement : la souveraineté populaire.
— « La question de raniélioration du sort des prolétaires , dit encore M.. Michel Chevalier, est essentiellement de Tordre moral. Un remaniement moral de la société en est la condition préalable. Or, qui dit morale, dans le sens large de l'expression , dit religion (I) A la religion
(I) Vous savez : que, M. Guizot n'est pas de cet avis;, et que, selon