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seule il sera donné de toucher asses profondément le cœur de toutes les classes^ et d'illuminer assez vivement les esprits pour ([ue le ricbe et le pauvre conçoivent de nouveaux rapports et se détennineat à les ob« server. »
^—Toujours parfait! Mais, la souveraineté du peuple' est la négation de toute domination religieuse sur la société. Alors y voilà les prolétaires sans amélioration possible. C'est, dangereux à proclamer I
Vous allez voir, qu'en effet : tel est l'avis de M. Midiel Chevalier ; et , que la souveraineté du peuple est la source inévitable : de Tirreligion. ^
— « Quand , dit-il , nous aurons des routes ; quand les écoles auront appris à lire à tout le monde, vous verrez^ si dès à présent vous n'y prenez garde, riRRELiGiON envahir nos campagnes et les infecter. »
— Vous voyez : qu'il suffit de savoir lire , pour s'infecter des doctrines, donnant naissance à la souveraineté du peuple : irréligieuse par essence.
Mais, que signifie ce : si vous n'y prenez garde ^ de M. Chevalier? Voudrait-il, comme M. Thiers, fermer les
écoles primaires? Ce remède est souverain s'il ne tue
le malade. Mais il est dangereux à essayer.
Écoutez, maintenant, M. Michel Chevalier : blasphémer, contre la souveraineté du peuple. Pauvre souveraineté! elle est maudite , même par ses partisans les plus zélés.
— a On est arrivé à nier aux Etats-Unis , dit M. Michel Chevalier , qu'il y ait aucun principe de justice vrai en lui-même et par lui-même, et à admettre que la Yolonté actuelle du peuple était nécessairement et toujours la justice ; on y a posé en fait Tinfaillibilité du peuple à chaque instant et en toute chose , et par là on a ouvert la porte à la tyrannie d*une minorité turbulente qui se dit peuple. »
lui : LÀ MORALE EST INDÉPENDANTE DES IDÉES RELIGIEUSES. GettC d0C«
trine est infiniment plus en harmonie^ avec la souveraineté du {>6ttple ; que» celle de M* Michel Chevalier.
— D'où sort, donc, M. Michel GheYalier ; pour, soutenir de pareilles choses ? Toute souveraineté est infaillible Jmr essence; et, toute souveraineté personnelle, sous peine d'anéantissement, est infaillible, même en affirmant l'absurde. La Sorbonne a prononcé : que. Dieu pouvait faire un bâton n'ayant qu'un seul bout ; et , la Sorbonne a eu raison; il n'est pas plus difficile, de [aire un bâton n'ayant qu'un seul bout; que, de faire un être libre. Sous lasouve-* raineté de droit divin ; niez , le bâton à un seul bout ; vous niez Ik liberté. Il est également juste : que, la souveraineté du peuple soit infaillible en affirmant : que, l'injuste est le juste; ou, que l'absurde est raisonnable. 11 appartient à la seule souveraineté de la raison^ d'être toujours : infaillible et raisonnable.
M. Michel Chevalier ne veut pas : que, la souveraineté du peuple^ au sein d'une nation, soit infaillible en affirmant l'absurde; et, cependant, il veut : que, la souveraineté du peuple soit infaillible, au sein de l'ensemble des nations. En voici la preuve :
«i- « £n dépit des loifi de la morale, dit M. Michel Chevalier^ dans les relations de peuple à peuple, c'est ls succès qui fait lb droit. »
— Eh bien! Au sein d'une nation, c'est donc aussi le succès qui fait le droit, sous la souveraineté du peuple. Cette souveraineté met les familles , d'une même nation,, dans le même état où se trouvent les nations , au sein de l'humanité.
Nous devons, à M. Michel Chevalier, la connaissance d'un fait extrêmement remarquable ; et, que nous allons rapporter. On dirait : que, la souveraineté du peuple, fiUe nécessaire de l'examen et de l'ignorance sociale , a l'intuition : qu'elle doit périr par l'examen; et, qu'en conséquence , elle doit , tout en paraissant prot^r l'exainen, détruire , autant que possible , les études secondaires ; en
attendant : qu'elle puisse arriver à détruire : les écoles primaires.
Voici, ce fait.
— « Un fait trop peu connu, dit M. Michel Chevalier, et dont les détails m'ont été communiqués par des personnes très-dignes de foi, c'est que depuis la révolution de 1789 et la suppression des or4^es religieux^ nous avons étrangement rétrogradé en fait d'instruction secondaire, il est possible que nous ayons gagné en qiuilité (1], mais il est certain que, relativement a la quantité, nous avons beaucoup perdu. Avant 1789, le nombre des élèves fréquentant les collèges était triple ou quadruple de ce qu'il est aujourd'hui. Alors il y avait un plus grand nombre de bourses dans UKB seule province, la Franche' Comté par exemple, qu'il n'y en a aujourd'hui dans la France entière (S). A la même époque, le nombre des élèves des écoles primaires était beaucoup moindre que de nos jours, dans la même proportion peut-être^ surtout dans les campagnes. Il semble donc que nous tendions depuis cinquante ans à nous rapprocher du régime des Etats-Unis. Sans vouloir calomnier notre siècle , et sans nje rendre suspect de partialité en faveur de l'ancien régime, il me sera permis de dire qu'aujourd'hui il est plus difficile qu'il y a cinquante ans à un jeune homme capable^ mais pauvre, de surgir intellectuellement, dans les villes au moins. Alors, toute la jeunesse était entre les mains du clergé, ne fut-ce que par la confession, le catéchisme, les confréries, l'influence domestique des prêtres et la fréquence des pratiques religieuses qui mêlaient sans cesse le pasteur au troupeau. Tout enfant qui annonçait d'heureuses dispositions était aisément distingué par le clergé^ et obtenait non moins aisément son admission gratuite dans un des nombreux collèges dirigés par les ordres religieux. Ainsi les créations les plus libérales ont été immolées au nom de la liberté , dans la guerre d'extermination qvLB nos pères déclarèrent au passé. »
— Il est évident : que, la souveraineté du peuple; la souveraineté de la force brutale sans masque; la souverai-
(1) En qualité! La souveraineté du peuple est la négation de toute instruction réelle; rafiirmation de la seule instruction : relative à la force.
(2) « On peut estimer à un million de francs la somme totale des bourses actuelles. 11 yen avait en Franche-Comté pour 1,100,000 fr. »*
?iote de M, Michel Chevalier, Combien de lecteurs feront attention à cette note de M. Michel Chevalier? Un seul, peut-être» par million d'individus.
neté des forts enfin, par la seule force brutale ; ne doit permettre rinstruction, qu'aux forts, aux riches; sous peine : de révolution. La souveraineté de droit divin, au contraire; la souveraineté de la force masquée de raison ; doit, après avoir formulé l'instruction et l'avoir placée sous le contrôle de l'inquisition; doit, dis-je, rechercher les plus belles intelligences, pour les développer au sein de son éducation et de son instruction ; afin, de les avoir pour protectrices, du droit divin établi. Ce qui n'est basé que sur la force, d^it ne pouvoir se conserver que par la seule force ; ce qui est basé sur l'intelligence, même relative à la seule hypothèse, doit se conserver : par les intelligences, développées dans cette hypothèse, à l'effet de dominer toute force purement brutale.
— a L'affranchissement de la démocratie , dit encore M. Michel Chevalier, est écrit en gros caractères dans l'article 1er de la Charte; mais les dispositions organiques qui doivent de fait le consacrer et le parfaire, sans qu'il soit offensif pour la classe hourgeoise, sont encore à trouver. »
{Des intérêts matériels,)
— Sous, la souveraineté du peuple ; sous la souveraineté de la force brutale ; il y a nécessairement deux classes qui ne peuvent être égales vis-à-vis de la force souveraine. C'est, seulement sous la souveraineté delà raison : qu'il n'y a qu'une classe, l'humanité ; et, que tous les individus, qui la composent, peuvent être égaux, vis-à-vis delà raison. Nous verrons bientôt, M. Michel Chevalier, proclamer luimême : que, désormais, la nécessité sociale exige : que, les classes soient anéanties. Comment, un homme aussi perspicace que M. Michel Chevalier , n'a-t-il pas remarqué : que Tanéantissement des classes était incompatible : avec, la souveraineté du peuple ?
— « Sous la démocratie, dit encore M. Michel Chevalier, la liberté se présente sous un autre aspect. »
502 DE LA SOUTERAIIIETÉ.
— Qaand, la liberté sociale n'est pas la méme^ pour tons les individus ; c'est, une prenirè : qoe^ la liberté n'existe pour personne. La liberté, d'ailleurs, en tant qu'elle signifie : obéissance volontaire^ à ce qui est ordonné par la raison; est absolument incompatible avec la souveraipeté du peuple, qui est ^ Vobéissancè obligéej à ce qui est ordonné par la force.
— « La pins dare servitade pour elle, eontimie M. Ifichel Gbefalier, ce n'est pas la privation de certains droits politiques. »
— Partout, où il y a des droits politiques; c'est-à-dire : des individus destinés à faire là lot, il y a souveraineté du peuple ; et, partout où il «y a : souveraineté du peuple ; souveraineté de la force brutale ; la liberté sociale réelle :
est impossible.
— - « Le jong qn^elle porte, continue M. Michel Chevalier, celui dont elle est le plus impatiente de se déliyrer, c'est celui de la misère. »
— La misère est inhérente à l'immense majorité des individus , au sein de la démocratie ; puisque , la démocratie est Texpression de la souveraineté du peuple; et, que sous la souveraineté du peuple, le paupérisme y augmente nécessairement comme la richesse.
Mais, montrez ces vérités évidentes par elles-mêmes, à ceux qui, à cet égard, sont cataractes par les préjugés ; ils s'imagineront que vous êtes fou ; et cela : de la meilleure foi du monde. C'est, que l'anarchie est le seul chirurçien possible, pour extirper les cataractes du préjugé.
— « L'homme qui « faim , contiaue II. Michel Gheralier, B*est pas libre ; car^ évidemment, il n'a pas la disposition de ses facultés, soit physiques, soit intellectuelles^ soit morales. »
(/d., ihid,)
— C'est juste. Mais soûs la souveraineté du peuple, sous
la souveraineté de la force^ il y a nécessairement : des forts et des faibles, socialement parlant ; c'est-à-dire : des riches et des pauvres. Or^ tant qu'il y a des pauvres^ le paupérisme, au sein de la société, y croit : comme la richesse.
C'est, encore évident : comme la lumière. Mais, allez dire : aux gens imbus du préjugé que toujours il y aura des pauvres ; que, désormais il est nécessaire qu'il n'y ait plus de pauvres : sous peine de mort sociale ; c'est-à-dire : sous peine d'une anarchie, continuellement croissante ; ils vous déclareront fou. Seulement, comme vos preuves seront incontestables, aussi claires que un est un ; ils proclameront, pour s'excuser et de leur paresse et de leur peu d'intelligence : que, vos idées, pour un avenir très-éloigné, seront peut-être de quelque utilité ; mais, que pour le moment, elles sont dignes de pitié ; et, la pitié des démocratesy est souvent plus impitoyable : que, la cruauté des despotes.
•— « Qae sont, continue M. Michel Chevalier, des droits électoraux ou
même municipaux, pour des hommes enchaînés à la misère? Les Anglais
ont raison d'appeler Taisance une indépendance. »
(W., ihid.)
— Ainsi, pour que tom soient libres; il faut : que, tous soient dans l'aisance.
Voilà, M. Michel Chevalier proclamant, comme moi : que, le paupérisme doit être anéanti, sous peine d'esclavage ; et , partant de là, il affirme : que, l'esclavage doit être aboli : sous peine d'anarchie. Je n'ai jamais dit autre chose. Alors, pourquoi M. Michel Chevalier ne passe-t-il point pour fou? Pourquoi, M. Michel Chevalier n'a-t-il pas été condamné à la transportation : sans jugement? C'est, que M. Michel Chevalier parle de l'anéantissement du paupérisme: en littérateur; et non^ en homme de science ; il énonce cela : comme, un lieu commun; comme.
50 i DE LA SOUVERAINETÉ.
un Crésus récitant son chapelet et disant : Donnez-nous aujourd'hui notre pain quotidien ; c'est, qu'il ne dit point : que ranéantissement du paupérisme exige : l'entrée à la propriété collective, du sol fet de la presque totalité des capitaux acquis par les générations passées; c'est, que même en proclamant : que, la religion est nécessaire à l'existence sociale; il n'a jamais parlé : que, d'une religion insignifiante, basée sur une croyance^ propre, pour les sots; ou, pour servir de frein au peuple; une religion, qui pourrait être le culte : des carottes ou des oigqons ; une religion comparable à celle de M. Auguste Comte; une religion, qui se mêlerait à tous les cultes anthropomorphiques ou panthéistiques possibles. Pour parler de la religion : eonsidérée, comme base sociale ; considérée, comme nécessité sociale ; pour en parler, dis-je, avec force et vérité ; il aurait fallu dire : que, la religion est exclusivement : le lien des actions d'une vie à une autre ; qu'en présence de l'incompressibilité de l'examen, la base religieuse ne peut plus être une croyance ; mais, exclusivement : la science ; la science réelle ; rendue rationnellement incontestable visà-vis de tous et de chacun ; et, que la souveraineté du peuple est, précisément : la négation de la religion réelle. Il aurait encore fallu ajouter : que, si même on se trouvait incapable, de démontrer la réalité du lien religieux ; cette réalité n'en est pas moins : la nécessité sociale de l'époque. Mais, ce langage eût blessé la vanité de la presque totalité des individus, y compris celle de M. Michel Chevalier luimême. M. Michel Chevalier a préféré : laisser, la valeur du mot religion dans l'indétermination; de cette manière, on reste bien avec tout le monde ; mais, quand on est un homme de beaucoup d'intelligence, comme M. Michel Chevalier; et, que l'on aime à le prouver ; on ne fait que de l'anarchie : parce que, tout en parlant souvent des nécessités sociales, on ne veut point rechercher : quelles sont ces nécessités ; et , ce qu*elles exigent ; recherches et solutions
qui ponrraient déplaire : à beaaconp d'individns. Je suis sévère, à Fégard de M. Michel Chevalier; parce que : celui, à qui il a été donné cinq talents ; ne doit pas : les enterrer. Par exemple, M. Michel Chevalier vous dira, avec une onction toute paternelle :
»- « Nous, les apôtres de la fraternité des peuples^ nous n'avons pas encore fait pénétrer dans les relations de classe à classe le principe de la fraternité des hommes. »
— Treize années après avoir écrit ce passage, M. Michel Chevalier reconnaissait : que, les classes devaient être anéanties. Mais, le dire : sans appuyer sur cette nécessité; sans démontrer la réalité de cette nécessité ; est essentiellement anarchique ; ou, le serait : si on y faisait attention.
Quant, à la fraternité des hommes^; M. Michel Chevalier devrait savoir : qu'elle est incompatible, avec l'existence des peuples ; et, que la fraternité des peuples a infiniment moins de valeur que la fraternité des chiens (1). Mais, en prononçant ce grand mot : fraternité des peuples ; on a pour soi : tous les niais; et, ils sont en immense majorité.
— « Nous, continue M. Michel CheYalier, nous bourgeois, fils d'affranchis, nous croyons que les prolétaires, fils d*escla\es, sont d'une autre nature que nous. Nous avons encore au fond du cœur un reste de vieux levain païen. Nous ne professons plus avec Aristote qu'il y a deux natures distinctes, la nature libre et la nature esclave ; mais, nous faisons tout comme si nous étions nourris de cette doctrine. »
{Lettres sur V Amérique du Nord,)
— M. Michel Chevalier se trompe ; la société actuelle^ au nom de la science- actuelle, professe : qu'il n'y a qu'une seule nature, la nature matérielle; et, que cette nature
(1) « En dépit des lois de la morale , dans les relations de peuple à peuple, c'est le succès qui fait le droit. »
M. MicHRL Chetalirb.
506 Dl U SOUVERAINETÉ.
unique se divise nécessairement : en forts, en richea, en maîtres, d'une part ; et;, enfaibles, en pauvres^ enesclaTes, d une autre. £t^ cette division a pour sanction : la souveraineté du peuple; c'est-à-dire la souveraineté des for ts^ des riches, des maîtres. M. Michel Chevalier, le sait fort bien ; pourquoi ne l'a-t-il pas dit ? Est-ce pour rester bien : et, avec la conservation ; et, avec Toppositicm P
Ce que je reproche, surtout à M. Michel Chevalier; c*est : rimmensité de ses connaissances ; et, Tinsufifisant usage qu'il en fait. Que voulez-vous que je reproche à ces masses de tissus cellulaires bourgeois, ossifiés d^or et de bêtise ? n faudrait : être, aussi sot qu'eux, pour les accuser ; les brutes ne sont pas coupables. Mais, M. Michel Chevalier ! ! Ce ne sera jamais sa bêtise, qui pourra lui servir d'excuse.
— n Faute, dit-il, d'une organisation FORDis sur une pensée morale , l'homme n'est rien de plus qu'uN ntSTRUMERT de production , un petit engin naturellement insignifiant à côté des macbines gigantes^es dont se sert l'industrie. On n^emploie plus cet ergir akïmè qv^en attendant, jusqu'à ce qu'on ait trouvé un autre khgin tout lUjiRiSL qui coûte