‹ De la souverainetéChapitre 47 sur 52 · II · texte numérisé non relu

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taie ; parce qu'alors , le sol n'est plus inféodé , par la naissance, à des individus ; mais bien à la force brutale , dont la supériorité est caractérisée par l'argent.Youloir, anéantir la féodalité financière; et, conserver la souveraineté du peuple ; c'est , vouloir encore : qu'un effet ne soit point, nécessairement, le résultat de sa cause.

•-* « Il dévient palpable^ dit tncore 11. Gonsidertnt, qu'à cette époque, le toi dÎTisé eâ vastei exploitations unitaires, et mobilité par dei titres de propriété, dont la transmission dans les /bmtUer t^g^MmrioAu j^opère sans lacération des grands domaines, est régulièrement inféodé à la race des possesseurs aciiomaavrtz, La noblesse mercantile (si ces deux mots peuTenl se conjuguer Fun sur l'autre) se trouve aussi solidaireinent organisée que Tétait, dans la première phase y la noblesse militaire. »

—<]l*est très-juste. Parce que la noblesse militaire, noblesse relative à des noms, noblesse relative à la naissance, relative à la force masquée de sopbismes > est inhérente à la souveraineté de droit divin; comme la noblesse mercantile, noblesse anonyme, noblesse relative à son titre , lui-même relatif à la force brutale , est inhérente à la souveraineté du peuple. Vouloir : anéantir la noblesse mercantile; et, conserver la souveraineté du peuple ; c'est, vouloir : qu'un effet ne soit point, nécessairement, le résultat de sa cause,

M. Considérant cite ensuite le passage suivant de Montesquieu :

— « Les financiers soutiennent TËtat , comme la corde soutient le pendu. »

— C'est très-spirituel, sans aucun doute; mais, ce n'est pas également judicieux.

Si, la corde était le seul moyen possible de sanction sociale; la corde seule soutiendrait l'État. Car, si toute corde se cassait nécessairement, sous le poids du pendu; la sanction sociale cesserait dexister; et, aussi la société.

DE LA SOUYERAINETÉ. 563

Il n'en est pas de même de la noblesse mercantile ou financière.

La noblesse militaire, expression nécessaire de la soa-^ veraineté de droit divin, est, pour toute l^époque de compressibilité de Texamen, la conservatrice de TÉtat ; par son essence, qui est de protéger le despotisme; despotisme, qui seul, alors, peut empêcher la société : de périr, au sein de l'anarchie.

La noblesse financière, au contraire, expression nécessaire de la souveraineté du peuple; expression nécessaire de l'impossibilité de comprimer Texamen ; loin d'être la conservatrice de l'État, en est, au contraire, le principal dissolvant; par l'immense impulsion qu'elle donne au développement progressif de l'anarchie. C'est, par l'impulsion fatale de cette noblesse; c'est, par les maux qu'elle traîne à sa suite; que, l'humanité sera forcée : de chercher, de découvrir, et d'accepter la souveraineté de la raison, seule capable, alors, d'anéantir la souveraineté du peuple : peste sociale, au maximum possible d'intensité.

Il est curieux d'observer M. Considérant, qui ne veut : ni, delà noblesse militaire; ni, de la noblesse bourgeoise; ne pas vouloir également des républiques; et, n'avoir pour remplacer ces systèmes : que, V attraction passionnée ; sy stèmes, qui ont cependant chacun leur mérite : tant, pour la conservation de l'ancienne société, aussi longtemps qu'elle est nécessaire : que, pour sa destruction, lorsque cette même société est devenue : incompatible, avec l'existence de l'ordre, vie sociale. £t, cependant , je crois inutile de répéter désormais : que, M. Considérant, comme critique social, est supérieur à tout ce qui a existé jusqu à lui; même à son maître : qui, comme critique social, n'avait pas eu d'égal jusqu'à lui.

— «Quand, dit M.. Considérant, l'Europe aurait été battievef«e, quand vous Tauriez entièrement répubiicanisée , que feriez-vous pour re-

56â DE LA SOUVERAINETÉ.

taie ; parce qu'alors , le sol n'est plus inféodé , par la naissance ^ à des individus ; mais bien à la force brutale, dont la supériorité est caractérisée par Targent.Youloir, anéantir la féodalité financière; et, conserver la souveraineté du peuple; c'est, vouloir encore : qu'un effet ne soit point, nécessairement, le résultat de sa cause.

— * « Il délient palpable^ dit tncore 11. Gonsidertiit, qu'à cette époqie, le toi difisé eâ vtstei exploitations unitaires, et mobilité par tiet titres de propriété, dont la transmission dans les fàmiUêt ieignemrUUêê j^opère sans lacération des grands domaines, est régulièrement inféodé à la race des possesseurs actionnaires. La noblesse mercantile (si ces deux mots peuTenl se conjuguer l'un sur l* autre] se trouve aussi solidairement orgamsée que Tétait, dans la première phase , la noblesse militaire. »

—<]l*est très-juste, l^ce que la noblesse militaire, noblesse relative à des noms, noblesse relative à la naissance, relative à la force masquée de sopbismes > est inhérente à la souveraineté de droit divin ; comme la noblesse mercantile, noblesse anonyme, noblesse relative à son titre , lai-méme relatif à la force brutale , est inhérente à la souveraineté du peuple. Vouloir : anéantir la noblesse mercantile; et, conserver la souveraineté du peuple ; c'est, vouloir : qu'un effet ne soit point, nécessairement, le résultat de sa cause,

M. Considérant cite ensuite le passage suivant de Montesquieu :

— « Les financiers soutiennent TËtat , comme la corde soutient le pendu. »

— C'est très-spirituel, sans aucun doute; mais, ce n'est pas également judicieux.

Si, la corde était le seul moyen possible de sanction so-* ,ciale; la corde seule soutiendrait l'État. Car, si toute corde se cassait nécessairement, sous le poids du pendu; la sanc^ fion sociale cesserait dexister ; et, aussi la société.

DE LA SOUYERAINETÉ. 563

Il n'en est pas de même de la noblesse mercantile ou financière.

La noblesse militaire, expression nécessaire de la soa-^ verainetë de droit divin, est, pour toute l'époque de compressibilité de Texamen, la conservatrice de TÉtat ; par son essence, qui est de protéger le despotisme; despotisme, qui seul, alors, peut empêcher la société : de périr, au sein de l'anarchie.

La noblesse financière, au contraire, expression nécessaire de la souveraineté du peuple; expression nécessaire de rimpossibilité de comprimer l'examen ; loin d'être la conservatrice de l'État, en est, au contraire, le principal dissolvant; par l'immense impulsion qu'elle donne, au développement progressif de l'anarchie. C'est, par l'impulsion fatale de cette noblesse; c'est, par les maux qu'elle traîne à sa suite; que, l'humanité sera forcée : de chercher, de découvrir, et d'accepter la souveraineté de la raison, seule capable, alors, d'anéantir la souveraineté du peuple : peste sociale, au maximum possible d'intensité.

Il est curieux d'observer M. Considérant, qui ne veut : ni, de la noblesse militaire ; ni, de la noblesse bourgeoise; ne pas vouloir également des républiques; et, n'avoir pour remplacer ces systèmes : que, V attraction passionnée ; sy stèmes, qui ont cependant chacun leur mérite : tant, pour la conservation de l'ancienne société, aussi longtemps qu'elle est nécessaire : que, pour sa destruction, lorsque cette même société est devenue : incompatible, avec l'existence de l'ordre, vie sociale. £t, cependant , je crois inutile de répéter désormais : que, M. Considérant, comme critique social, est supérieur à tout ce qui a existé jusqu à lui; même à son maître : qui, comme critique social, n'avait pas eu d'égal jusqu'à lui.

— « Quand, dit M. Considérant , l'Eurof>e aurait ëlé bouieveraée, quand vous Tauriez entièrement républicanisée , que ferlez-vous pour re-

564 DB LA 80UVERAIMKT6.

médier au mal de la faim et de la misère, qui reparaîtrait plus fort que jamais : — car^ apparemment, la guerre ne créerait pat de grandes richesses? Alors, n'est-ce pas, tous jetteriei la partie l'ue et généreuse des prolétaires européens sur PAsie et sur l^Âfirique ; et vous , républicaniséries les Tartares et les Chinois, — Et après? Mais , en vérité, c^est pitoyable! »

— C'est pitoyable, en vérité; et, très-pitoyable encore. HaiSy ce qui Test infiniment plas; cest, de ne pas voir : que, la souveraineté du peuple est la cause unique de tous les maux actuels ; et, qu'il n'y a de remède à ces maux : que ranéantisseiuent de cette souveraineté, par l'introni* sation de la souveraineté rationnelle.

Yoiciy qui est beaucoup plus raisonnable; mais, qui a également une tache que nous indiquerons.

—- « Chercher un remède !... dit AI, Considérant, c'est la tâche de tous les hommes d'intelligence ; et, s'il y avait la moindre valeur ches ces gens qui mènent l'opposition, ÏU eu trouveraient des remèdes et en indiqueraieut au pouvoir, au lieu de se réduire au rôle de braillards, de barceleurs et de taons incommodes. Ils ne servent, tous ces gens-là, qu'à donner de la tablature au pouvoir; ils le forcent à se tenir incessamment sur la défensive; et, fùt-il disposé à s'occuper de ces questions vitales, ils lui en ôtent la faculté et lui fournissent, par cela même, d'excellents prétextes pour s'excuser de ne le pas faire. Puis ils l'irritent, ils enveniment toutes choses, ils accroissent l'acerbité et l'énergie de la répression, et ne contribuent pas peu à augmenter la grande dose des maux dont ils ont la niaiserie ou la mauvaise foi d'accuser Je gouvernement. Je ne parle pas plus du gouvernement actuel que de tout autre : à quelques très-rares exceptions près, que sont, en effet, toutes ces formes gouyernementales comparativement à la forme sociale^ et sans une bonne forme sociale ? »

— Tout cela est de la plus exacte vérité. Mais, voici la tache.

Il ne suffit pas de présenter des remèdes au pouvoir. 11 n'est pas de charlatan qui ne puisse en indiquer des mil*liers ; et, au lit d'un malade, rien n'est plus dangereux que les charlatans.

Or, en fait de science^ quiconque n'a qu'une opinion^ est

DE LÀ SOUVERAmKTÉ. 565

un charlatan. Ce n'est donc pas une opinion qu'il faut présenter, comme remède social ; c'est, la vérité rendue rationnellement irrcoNTEisTABLE, yis-à-vis de tous et de chacun. Puis, comme la vérité est une ; il n'est qu'un seul bon remède social; et, fût-il présenté par un, par dix, par cent, par mille ; il doit être un, comme la vérité ; et, tous ceux qui ne sont pas lui, sont pernicieux, sont des poisons : présentés par des charlatans, malgré toute la bonne foi possible.

Qu'arrive-t-il, lorsque de sots remèdes, et je me sers de l'expression la plus douce, sont présentés au pouvoir? Supposons : qu'il ait la bonté de les examiner. Alors, ils les trouve, nécessairement, ce qu'ils sont : sots ; c'est-àdire : I3TOPIQUES. Dans ce cas, le pouvoir s'imagine : que la découverte de la vérité est elle-même une utopie, La conclusion rigoureuse, de cette prémisse , est : qoe le maintien de l'ordre est exclusivement dévolu à la force ; et, même à la force brutale : puisque la force masquée de sophismes ne peut plus être acceptée : socialement. Alors, la force brutale, plus ou moins bien dirigée, dure le plus longtemps possible. Puis, elle tombe, par impuissance; ou, se brise sous l'excès de tension. L'anarchie lui succède; Tanarchie fait regretter le despotisme; un despotisme, plus atroce, que celui qui s'est fait regretter, succède à l'anarchie; une anarchie, plus exécrable encore, succède au despotisme ; et, ce cercle vicieux reste la seule ornière sociale : jusqu'à, ce que l'humanité périsse; ou, qu'elle vienne à s'apercevoir : que, la souveraineté du peuple est la source primitive : de tous ses maux.

Examinons, à la course,* les remèdes sociaux qui ont été proposés.

Le saint-simouisme est la souveraineté d'un hommey à une époque où la souveraineté de droit divin n'est plus possible ; par conséquent, où la souveraineté d'un homme, d un pape, est impossible ; par conséquent, où la souve-

raineté d'un homme ne peut s'appuyer : cpie, sur la force brutale. La souveraineté d'un homme, appuyée sur une force purement brutale , est aussi éphémère que possible.

Et la souveraineté d'un homme, non appuyée sur la force brutale, est bien : ce qu'il y a de plus ridicule ; ce qull y a de plus utopique.

Le fouriérisme est la souveraineté du peuple, dans ce que celle-ci a de plus atroce : la révolte patente, contre la raison. La souveraineté populaire constitutionnelle, a au moins la niaiserie ou l'hypocrisie de supposer : que , la raison est nécessairement : du côté des majorités.

Le communisme ! Pour l'amour de tous les bons dieux«

dispensez-moi de vous parler de cette sottise.

Youdriez-vous me dire , maintenant , quel autre remède social a été présenté?

En présence de ces remèdes, de l'ineptie ou du charlatanisme, que fautril désirer?

Que, le despotisme le plus atroce possible» augmentant les maux de la société au maximum possible ; puisse durer le plus longtemps possible ; pour empêcher l'anarchie d'édater : parce que, l'anarchie amènerait un despotisme, plus atroce encore, si, elle avait lieu avant que la société : paisse connaître la cause de ses maux, la souveraineté du peuple; et , puisse y remédier : par l'intronisation de la souveraineté scientifique, ou réellement rationnelle.

— « Le mal est si grand, dit encore M. Considérant , que nombre de gens de conscience et de bonne foi , qui avaient mis leur espoir dans certaines théories politiques, tombent dans un abattement complet et désespèrent de Tavenir des nations européennes. Us aperçoivent avec ef&oi , à rentoor d'eux , des symptômes de décomposition pareils à ceux qui ont caractérisé la destruction de tous les empires... »

— Ces symptômes sont les mêmes , c'est parfaitement vrai. Mais, les circonstances sont complètement différentes; et même ; complètement opposées.

DE Lk SOUTERAINETÉ. 567

jSous la décadence de^ Tempire romain , les symptômes étaient les mêmes . mais , sous la décadence de l'empire romain, l'examen n'était point devenu incompressible, par l'indestmctibilité de la presse. Alors, il y avait encore possibilité de substituer : une calembredaine à une autre ^ une forme de droit divin à une autre ; de remplacer FOlympe par le Paradis. H suffisait, à cet égard : d'avoir suffisamment de soldats ; de remplacer l'aigle de Bome, par la croix de Gonstantinople ; de changer les uniformes ; et, de retourner les habits des prêtres. Essayez donc, aujourd'hui : de reconstituer une souveraineté de droit divin quelconque ! Autant vaudrait essayer : de constituer la société, sur le communisme absolu.

I — • « Et, certei, continiie M. Gontiderant, jamaii» à ADcmie époque, ces phénomènes ne forent pins nombreax et Jes plaies sociales plus profondes. »

*-** C'est , qu'un deminsiècle de souveraineté populaire est plus que suffisant : pour infecter le corps social de venin anarchique ; et, l'en pourrir jusqu'à la moelle des os.

— « Anjoord'bni, en effet, continue M. Considérant , ce n'est plus la guerre qui est le terrible fléau des nations avancées en civilisation ; ce n'est plus la guerre, c'est la paix. »

— Et, VOUS vous en plaignez! Amis de l'humanité; ennemis de la société actuelle ; priez pour la paix ! C'est elle, en effet, qui doit achever : de pourrir, cette vieille société.

•r- « C'est la paix, continue M. Considérant , puisque le prolétariat ei le paupérisme , ces deux cancers rongeurs de nos sociétés modernes, s^étendent plus rapidement pendant la paix que pendant la guerre! puisque leur marche s^accélère par le développement de Tindastrialisme et Taccroissement des populations I

et Ce résultat est prouvé cumulativement par les trois faits suivants. On en pourrait citer bien d^autres ; je me contente de ceux-ci :

« 1<> Les pays où la civilisation est à l'état le pins avancé, c'est-à-dire

368 DE Là SOUTERÀfNETÉ.

où rindustrie, les sciences (i) et le système commercial ont reçu simultanément les plus grands déTeloppements ; ces pays, comme 1* Angleterre, la Belgique et la France, sont aussi les plus encombrés de prolétaires, de pauvres, de meurl-de-faim de toute espèce...

« 2<* Dans un même pays, le nombre de pauvres s'accroît avec le mouvement ascendant de Tindustrie et de la population , de telle sorte qu'en Angleterre une période de 75 ans (de 1750 à 1825) a suffi pour élever la taxe des pauvres dans la proportion de i à ii, tandis que pendant le même laps de temps, raugmeutalion de dépenses publiques , qui s*est faite en raison de l'accroissement de lu population portée au double et du changement opéré dans les valeurs, est représentée seulement par le rapport de 4 à i . Ajoutons, pour corroborer la preuve , que dans le même espace de temps à peu près (de 1765 à 1826) le nombre des accusés, par année, a été porté de 509 à 16,147 : ces deux nombres sont, entre eux, comme 1 est à 51 . Encore a-t-il été solennellement affirmé^ par des magi>trats de Londres , qu'il n'y avait pas la dixième partie des délits dont les auteurs fussent mis en accusation aujourd'hui.

« ^ Dans les pays différents enfin, ce sont les villes les plus riches et les plus industriellement prospères, telles que Lyon, Manchester, Liverpool, Bosion, etc., qui sont témoins des révoltes des prolétaires. Ces révoltes, non politiques, sont un des plus grands symptômes de malaise qui se puissent manifester; car, pour que le peuple se porte à de telles extrémités , il faut que sa position soit affreuse. Une population entière d'ouvriers s'insurge bien difficilement pour ses propres intérêts et d'ellemême.

« 11 est donc prouvé, par le fait : que le prolétariat et le paupérisme augmentent , à notre époque de civilisation , avec la population et plus vite qu^elle^ en raison même des progrès croissants de l'industrie. »

— Eh bien ! oui. C'est prouvé par les faits ; et, tous ceux qui ne sont point ayeugles en conviennent. Mais, à quoi sert qu'uoe chose soit prouvée par les faits, si tous êtes incapables de remonter à la cause, à la cause première ?

Alors, vous ne pouvez que rabâcher inutilement des jérémiades inutiles. Voulez-vous reconnaître cette cause première? Ouvrez les yeux et vous verrez : que, la souveraineté du peuple n'est autre : que, le triomphe des forts sur les faibles; et, que T accroissement du paupérisme, pro-

. (1) Quelles sciences ! que celles qui font des pauvres, en présence de rincompressibilité de l'examen !

DB LA SOUTERAIHBTÉ. 569

portionnel à raccroissemeut de la richesse des forts , n'est que l'expression de cette souveraineté.

Sous la souYeraineté de la raison, au contraire, l'accroissement de la richesse de chacun est toujours proportionnel à Taccroissement : et, de la richesse; et, de la population.

Niais ! de la souveraineté du peuple, vous ne le verrez point. Mais, vos fils le verront : et, par leur propre bonheur; et, par Tliistoire de la stupidité de leurs pères !

— « Aujourd'hui ^ dit encore M. Considérant , tout progrès dans le système de la civilisation entraîne un péjoratif; toute prospérité entraine une extension du cancer social ; et notre organisation industrielle est une machine immense qui fait des pauvres et des prolétaires , en quantité d'autant plus grande que son travail est plus considérable et ses mouvements plus accélérés. »

— Seigneur du ciel ! est-il permis de s'occuper autant d'un fait sans en rechercher la cause ; la cause première ! Tant, que cette cause n'est point connue; tout Tarsenal pharmaceutique ne peut être employé qu'au hasard, eu charlatan. Mais, quand la cause est connue! vous cherchez, si, dans votre arsenal vous avez une arme qui puisse l'anéantir ; sinon, vous la cherchez ailleurs, cette arme ; car vous savez quelle doit être sa portée. Dès, que vous avez reconnu : que, la souveraineté du peuple, qui partage nécesyirement la population en forts et en faibles, est la cause première du mal social ; il vous est facile de voir : que , plus les forts sont riches et savants ; plus ils inventent des machines destinées, comme le dit M. Michel Chevalier, à remplacer les prolétaires ; et, que la misère de ceux-ci devient, de plus en plus atroce, à mesure : que^ la richesse et les connaissances des propriétaires, augmentent.

Intronisez la souveraineté rationnelle en place de la souveraineté du peuple; et, le mal social s'évanouit : pour ainsi dire instantanément. Car, le laps, d'une génération, n*est qu'un instant : de la vie liuuiaiiit<'iire sur notre globe.

570 Dl Là ftOUVSRAlNETÉ.

— d La force des choses, dit encore M. Considérant, complétera , aux cliants de triomphe de réconomie politique, la spoliation déjà si ayancée de la masse par la minorité tonte-puissante. Le sol sera intégralement onvabi par de modernes conquérauts industriels ; les capitaux et le poufoir appartiendront légalement et légitimement à des seigneurs mercantiles. La concurrence déprécialive du salaire (1) livrera le prolétaire, pieds et poings liés , à ces suzerains d^un nouveau'genre ; les niasses populaires composeront un immense Tasselage, salarié qnand il pourra trouver du salaire, vivant au jour le jour qnand il pourra Irouvar à vivre. Cependant, l'égalité devant la loi restera le premier article de la constitution; toutes les libertés seront inviolablement respectées : la liberté individuelle, la liberté de conscience , la liberté d'écrire et d^émettre toutes les opinions , sans que la censure puisse jamais être rétablie. Le prolétaire, déclaré apte à vaquer à toutes les fonctions de TËtat, ne se verra jamais contester aucun des droits imprescriptibles de Thomme et du citoyen ; il jouira de même de ceux qui auront été oubliés dans la fameuse déclaration de 1789^ comme le droit de vivre mille ans s*il peut, ou celui de mourir de faim, sans se plaindre, au coin des bornes. On peut espérer même qu*à cette époque , on sera enfin parvenu à établir, définitivement et solidement, dans le pacte fondamental, la consécration formelle et sans équivoque du principe de la souybraikbti^ du pbuplb. »

— Ce tableau de Texigtence sociale, sous la souveraineté du peuple, est digne d'admiration. Mais, c'est encore un pur exposé du fait, sans lombre d'une apparence de vouloir remonter à la cause. M. Considérant se plaint de l'enyahissement, par la minorité, du sol et des capitaux acquis par les générations passées; puis, il se plaint du paupérisme. Et, il n'a pas remarqué : qu'il y a, entre ces deux faits, un rapport nécessaire de cause à effet ; et , que le paupérisme ou l'esclavage des masses existe nécessairement : tant que le sol, et les capitaux acquis par les générations passées, ne sont point entrés à la propriété collective. Et, pour arriver à la connaissance de la cause première du mal, il ne fallait pas se borner à la connaissance de ce rapport^ il fallait observer encore : que, sous les deux souverainetés relatives à Tigno-

(1) Concurrence inhérente à la souveraineté du peuple, La concurrence dépréciative des capitaux, et appréciative du travail, est inhérente à la souveraineté rationnelle. Voyez notre Économie poUêique.

DE LA SOUVERAINETÉ. S7i

rance sur la réalité de la souveraineté, le sol et les capitaux acquis par les générations passées, sont nécessairement aliénés : sous la souveraineté de droit divin, pour pouvoir comprimer Texamen ; sous la souveraineté du peuple, pour empêcher que l'examen se généralise; ce, qui rendrait sensible à tous : l'atrocité d'une souveraineté, basée sur une force exclusivement brutale. Alors, M. Considérant aurait reconnu ; que, la cause première des maux de la société actuelle est la souveraineté du peujple; et , que la cause première des maux de la société, depuis l'origine humanitaire; est : l'ignoranee sociale, sur la réalité de la souveraineté; l'ignorance relative, à la souveraineté rationnelle.

STi m tk sommAiHETf.

« La révolution da siècle dernier a été faite pour des droits politiqaes et des principes plos ou moins abstraits, par des avocats, des marchands, des idéologues, gens dont les habitudes et les mcenrs premières étaient douces et polies , contre des s^^nenrs, des princes , un dorgé , une coar. (Tétait une querelle entre des classés élevées, policées, instruites. Cette révolution a produit 93. ' « Les révolutions de Tavenir seront faites pour

des droits positifs , des intérêts vivants , par des populations que la civilisation a laissées dans un état inculte, grossier et demi-sauvage. Ce serait, dans toute sa nudité, la guerre de celui qui n'a pas contre cdui qui possède. Cette guerre-là réu*

nirait toutes les autres En présence d'an

pareil avenir, il n*y a pas de paradoxe à dire qae 93 serait TAge d*or des révolutions. »

M. CoHSiDsaAirr, Dettim, sociale, i, I, p. 149.

Sans aucun doute, il n'y a pas de paradoxe à le dire. Hais, ce qui vaudrait infiniment mieux serait de dire : quelle est la cause de cet effet, inévitable sous sa cause ; et, comment il serait possible d'anéantir cette cause, avant qu'elle ait produit son effet.

La cause de la révolution de 89 produisant 93 ; et, la cause de toutes les révolutions dérivant de 89, dont 93 aura été Tége d'or ; est : la souveraineté du peuple.

Longtemps avant 89, la souveraineté du peuple existait en feit. La souveraineté du peuple existe ; dès, que la souveraineté de droit divin devient impuissante ; et, celle-ci devient impuissante; dès, que l'examen devient incompressible. Alors, la souveraineté du peuple augmente en puissance, proportionnellement à la décadence de la sou-

yeraineté de droit divin. La souveraineté da peuple a été intronisée en France : par la déclaration de l'Église gaUicane, s*émancipant de Rome ; et, en Europe : par le traité de Westphalie.

La souveraineté du peuple, ne peut être anéantie; que, par l'intronisation de la souveraineté rationnelle; et, les moyens d'introniser la souveraineté rationnelle, je les ai exposés : dans la science sociale.

— « Et la gauche?... Oh! dit encore M. Considérant; certes, on peut appartenir à la gauche , et penser comme M. Odilon Barrot et consorts; on peut se délecter à la lecture de ses journaux et être très-honnête homme au fond, je n'en doute nullement;., mais il serait difficile dans ce cas de prouver qu'on n^appartient pas à Vopinion la plus niaise, la pins yide, la plus nulle quMl soit possible d'imaginer. Cette optnton-là ne se formule par rien , elle est insaisissable. Quel système , quelle vue , quelle idée, quel principe y a-t-il sous cette opinion ? Je n*y vois que vent et palabres, palabres et encore palabres. i>

— Et, que voulez-vousy Monsieur, qu'il y ait sous une opiniony que l'on soutient comme vérité, si ce n'est : du vent, puis palabres et palabres? Une opinion ne peut être : qu'une impertinence, une sottise; et, ceux qui la soutiennent : que des impertinents, des sots. A cet égard, tous les grands hommes, depuis Torigine sociale, sont unanimes. La vérité même, restée à l'état d'opinion, ne peut être qu'une impertinence, qu'une sottise. La souveraineté du peuple, sortie des enfers pour achever l'expiation de notre humanité, n'est elle-même : que, la souveraineté des opinions.

L'opinion de la gauche, quelque vide et niaise qu'elle puisse être, vaut- elle moins, comme base sociale; que, l'opinion qui veut baser la société sur le développement intégral des passions persistant malgré l'opposition de la raison ?

Mais, voici qui vaut mieux : quoique, ce ne soit encore

57 i DÉ LÀ SOUVERAINETÉ.

q[n*une eritiqae; et, que le remède ne soit nullement indiqué.

— « On ne peut pas^ dit M. Considérant, répandre rinstmetîon dans des ftmilles misérables qui ont besoin , pour vivre , d'employer tout le temps' d« (oui leurs membres à des travaux salariés» et qui, d^ailleurs, dans l'état où nous en voyons la majorité en France , ne montrent pas même le désîr de faire apprendre à lire et à écrire à leurs enfants.

« Et puis, lire et écrire , c'est ce qu*on appelle aujourd'hui de l'instruction. Savoir lire, c'est un instrument, voilà tout, et un instrument qui, par le temps qui court, introduit souvent dans la tête plus de mauvais que de bon. »

-^ Voilà, qui est indéterminé ; et, le mauTais lui-même, est toujours moins mauvais, que Tindéterminé. Le mauvais peut se voir; l'indéterminé ne se voit pas. Yoici^ qui est déterminé.

Savoir lire est un instrument toujours pernicieux pour toute l'époque de la souveraineté du peuple; parce que, cette souveraineté, est : la négation de toute instruction réelle ; l'affirmation qu'il n'y a de bonne instruction, que celle : donnée par les forts ; et, qui apprend à être fort aux dépens des faibles. H. Michel Chevalier a dit avec raison : si, la France savait lire, elle serait ingouvernable. C'est, seulement, sous la souveraineté rationnelle ou scientifique : que l'instruction réelle existe; et qu'elle doit être donnée à tous sans aucune exception.

*^ (( U B^y ft pas , continue M. Considérant, il ne peut pas y avoir, k parler vrai , d'instruction réelle , solide ^ utile pour les classes privées du nécessaire, p

— Il fallait dire : il n*y a pas, il ne peut pas y avoir, sous la "souveraineté du peuple, d'instruction réelle, solide, utile pour qui qiue ce soit ; et, plus une classe a de moyens de développer son intelligence ; plus ce développement est nuisible : et, pour elle ; et, pour Thumanité. Il n'y a

DE LA SOinfERÀIMETjé. 575

d'exception, à cet égard : que, pour ceux qui arrivent à connaître : que, la souveraineté du peuple doit être anéan tie ; sans, pour cela, rétablir la souveraineté de droit divin ; et, de ceux-là, il n'y a pas une exception par million.

-«> « Jedif pltts» «MitiiuM M. GonsidArast, rinstrnctioii et réducation sont U plot fonest» des eadotui qiM l'on puisse fair« à un paria. »

— Paria est ici pour prolétaire. Ainsi: ou, il faut anéantir le prolétariat, ce qui, sous la souveraineté du peuple est aussi impossible que de prendre la lune avec les dents; ou, il faut empêcher les prolétaires d'apprendre à lire ; et, défendre aux propriétaires qui savent lire, de devenir prolétaires ; ce qui est un peu plus impossible encore* Sous la souveraineté du peuple, il y a toujours une bien grande jouissance sociale ; c'est, qu'on est toujours également enfermé : entre deux impossibilités. Quelle belle chose! que l'existence, sous la souveraineté du peuple !

— aU faut , continue M. Considérant , être aveugle pour ne pas voir

qu'aujourd*hui , dans cette société qui sue le malheur par tous les pores, la .classe la plus malheureuse, la classe pour laquelle la vie est toute torturée, c*est celle des hommes sans fortune, mais dégrossis et raffmés par nne éducation qui a élargi leur esprit et leur cœur, qui les a initiés aux joaitsences de Fopulence^ qui a développé en eux des besoins ardents^ une ambition dévorante ; pour ceux-là , quand ils ne parvienneut pas à s'ouvrir une porte à la fortune — et ce n*est pas chose facile aujourd'hui;— pour ceux-là , dis-je, la vie n^est qu'une déception amère, elle s'égare souvent dans l'abjection ou le suicide.

« Ce développement intellectuel , ces rafQnemenfs hors de proportion avec les moyens de satisfaction des besoins qu'ils créent, sont la grande maladie des civilisations avancées, et Tune des causes les plus énergiques de leurs névralgies politiques. »

— Civilisation avao^ signifie : civilisation sous la souveraineté du peuple ; c'ett-à-dire : civilisation pourrie de scepticisme et de vanité. Sous la souveraineté du peuple,

670 DE LA SOUVEttAlHBTÉ.

les goayernements sont aussi éphémères qae possible. L'histoire est là pour le prouver; et, sans qu'il y ait Tombre d'une exception. .

— « Vonloir, continue M. Considérant , Tooloir instroire le peuple aTAnt d*aToir réalisé pour lui des conditions de bien-être,... c'est une pensée qui ne saurait être exécutée que très-incoraplétement, et dont l'exécution serait très-sourent funeste à la société et au pauTre luimême. Ces Térités-là sont prouvées par des faits que Ton peut nier, mais que Ton ne saurait détruire. »

— C'est très-vrai. Mais, vouloir que la société donne une instruction au peuple , avant d'en avoir une, ellemême, et non dix mille, c'est-à-dire aucune; et tel est le cas sous la souveraineté du peuple ; c'est une ntopie à nulle autre pareille.

Tire et écrire, dit M. Considérant, est un instrument pour arriver à la connaissance des sciences physiques. Eh bien ! la connaissance des sciences physiques n'est qu*un instrument pour arriver à la connaissance de la science morale; et, la souveraineté du peuple est précisément la négation de cette science. Alors, la connaissance des sciences physiques n'est qu'un instrument propre à creuser : le gouflre de l'anarchie.

— « D'un autre côté, continue M. Considérant^ la liberté sera toujours on mot ^ide de sens tant que le peuple n'aura point conquis le bien-être. »

— La liberté, Monsieur; et, le bien-être du peuple; sont des billevesées, sous la souveraineté du peuple ; et, sans vous en douter, vous êtes un partisan effréné de la gouveraineté du peuple ; puisque vous crachez sur la raison.

— « Qu'est-ce, continue M. Considérant, que la liberté du pauTre, du prolétaire , de Thomme sans culture intellectuelle et sans fortune ; de rbomme qui a besoin de l'bomme, contraint d'mgager ebaqne jour, à ttfi mattre^ ses bras , son travail , son activité ; de renooreler chaque

joar le contrat de vente de sa personnalité, c'est-à-dire le contrat de son esclavage?

— M. Considérant aurait pu ajouter :

— « Qu^est-ce que la liberté du riche , du propriétaire , de rhomme ayant culture intellectuelle et fortune , de rhomme qui a besoin de rhomme pour conserver sa fortune, contraint d'engager chaque jour a un maître^ au plus fort, quelque brute qu'il puisse être, ses bras, sou travail, son activité ; de renouveler chaque jour le contrat de vente de sa personnalité, c*est-à-dire le contrat de son esclavage : soit sous le joug des passions d'autrui^ soit sous le joug de ses propres passions? »

— C'est, que sous la souveraineté du peuple, le mot liberté est une calembredaine; et, le mot esclavage : la réalité universelle. Socialement , la liberté de tous est solidaire de la liberté de chacun. Tous sont également libres ; ou , personne n'est libre. M. Considérant slmagine-t-il : que Méron et Caligula aient jamais été des hommes libres? Néron et Caligula étaient les esclaves de leurs passions ; ils crachaient sur la raison ; ils étaient fouriéristes ; ils étaient souverains individuels : mis à côté Tun de l'autre, ils se seraient égorgés. Un souverain individuel est toujours le plus malheureux des esclaves. M. Michel Chevalier vous a dit : que, les prolétaires, souverains français, étaient plus malheureux que les esclaves noirs de la Caroline et de la Yii^;ime.

Cl L'esclave des colonies, continue M. Considérant^ a un maître qu'il

ne s*est pas donné. Le pauvre, le prolétaire est obligé de se chercher et de se donner un mdtre. W meurt de faim, lui et sa famille, ou il mendie, sUl ne trouve pas un maître.. Donnez au pauvre toutes les libertés politiques du monde, donnez-lui le droit de suffrage, d'électorat et d'éligibilité, il n'en sera pasd^un iota plus libre, il n'en sera pas moins contraint de se mettre chaque jour en quête d\m maître pour avoir son pain de chaque jour. Que lui importe la liberté politique, si vous lui refusez la liberté sociale? »

Quelle foreur de toujours parler sur les foits ; sans,

578 DE LA 80LVERA1NETÉ.

jamais remonter aux causes ! Sous la souveraineté du peujde, négation de toute raison réelle autre que celle donnée comme telle par la force ; la population se trouve nécessairement partagée : en forts; et, en faibles. En forts, esclaves de leurs passions; et, en faibles, esclaves des forts. Somme toute; et, comme le dit M. Michel Chevalier; les esclaves des forts sont moins malheureux que les esclaves de leurs passions. Aussi remarquez : que^ ce ne sont jamais les esclaves des forts qui font les révolutions; mais bien, les esclaves de leurs propres passions.

•— • Si donc, continae M. Considérant, on Teut la liberté; si ron appelle de ses vœux le développement intellectuel du peuple et l'avénement de la justice sociale, il ne faut pas se jeter à Téf ourdie dans tout ce qu'on nous donne aujourd'hui comme voie de progrès; il faut peser la valeur des moyens qu'on propose pour aller au but et ne pas débuter par mettre, comme le dit fort bien le proverbe, la charme avant les bœufs. >

—Seigneur Jésus ! que d'indéterminations ! Qu'est-ce que la liberté? Sous les deux fausses souverainetés, il est absolu, ment impossible de savoir : en quoi la liberté consiste ; et, si elle existe. Qu'est-ce que le développement intellectuel du peuple? Est-ce l'acceptation d une hypothèse comme vérité? Sous les deux fausses souverainetés, il n'y a pas d'autre développement intellectuel possible. Qu'est-ce que la justice sociale ? Est-ce l'application de la force à l'exploitation des faibles? Sous les deux fausses souverainetés, il n'y a pas d'autre justice sociale possible. Quant au but social, quel peut-il être ? Sans aucun doute, de conserver la vie à l'existence humanitaire. Eh bien ! sous les deux fausses souverainetés, ce but ne peut être atteint : que, par le triomphe de la force. Essayez donc, dans un pareil gâchis, d'établir une route rationnelle suivie !

— « Eh bien ! continue M. Considérant, au lieu de rechercher les conditions du bien-être général et de Taisance aniverselley première base du

déTeloppement des droits^ des libertés, première condition de la Téritable émancipation de tous, où en est-on maintenant ? »

— OÙ, l'on en est, Monsieur? A rechercher les moyens d'être le plus fort. Cette recherche est seule rationnelle sous la souveraineté du peuple. Est-ce que la souveraineté du peuple n'est point : la négation du bien-être général ; la négation de l'aisance universelle; la négation des droits, des libertés; la négation enfin de l'émancipation de tous? Quelle tour de Babel que cette souveraineté du peuple, au sein de laquelle les meilleurs logiciens sont ceux : qui déraisonnent le plus !

— « A persuader la nation, continue M. Considérant^ que la chose la pl«s pressante est de concéder à tous les citoyens des droits politiques d'élection et d'éligibilité. »

— Sous la souveraineté du peuple , que voulez-vous qui soit proposé de plus rationnel? Les femmes et les enfants devraient même avoir ces droits ; et, cela a été proposé trèssérieusement. Le père de dix enfants^ ayant sa femme, devrait avoir douze voix; quand, un célibataire n'en aurait qu'une. C'est là : le vrai représentatif, au critérium de la force.

— «En présence, continue M. Considérant, des affreuses réalités d'îgnorance/de grossièreté, d'incapacité, de misère, de misère surtout, qui se dressent tout autour de nous, et sous un ciel gros de tempétet, il faut en yérité que la politique soit bien impudente pour avoir le front de leurrer le peuple à ce point, et le peuple serait bien sot de se laisser matagroboliser ainsi. »

— Voyons, Monsieur, ne nous fâchons pas. Sous la souveraineté du peuple, il n'y a de possible : qu'ignorance, par conséquent grossièreté, incapacité et misère : misère morale pour tous ; et misère physique pour la presque géaé-

ralité; puisque la souTeraineté du peuple est la négation de la yërité. Quant au peuple, il n'y en a pas, sous la soqyeraineté du peuple. 11 y a un peuple sous une foi commune. 11 y a un peuple sous la science commune. Mais, sous la souveraineté du peuple, négation de toule foi, négation de la science; il n'y a pas de peuple, il n'y a que des individus, sans ciment , sans liens. Sous la souveraineté du peuple, je le répète, il n'y a : que, des individus ; des souverains en contact ; des ennemis.

— « MaiS; continue M. Considérant, vous êtes donc pour le monopole politique? dira quelque lecteur de la Gazette ou du National. Non, Monsieur. Je ne suis ni pour le monopole politique ni pour aucune des monstruosités civilisées ; mais je suis pour que Ton ne premie pas les routes qui éloignent du but. »

— Le seul moyen à cet égard. Monsieur, est de montrer : et le but ; et le chemin qui y conduit. Le but est de trouver une sanction supérieure à la force ; à la force : tant masquée de sophisme; que, purement brutale; et, le seul chemin qui conduise à ce but, est : de commencer par répudier la souveraineté du peuple, dont l'essence est de déclarer : la force, seule sanction possible. Tous les bons dieux da monde viendraient pour établir un ordre, plus qu'éphémère, sous la souveraineté du peuple ; que , tous les bons dieux du monde y perdraient : leur divinité.

— « Je suis , continue M. Considérant , pour que Ton ne coupe pt5 brutalement le nœud gordien qu'on doit délier, »

— Sous la souveraineté du peuple , sous la souveraineté de la force brutale, tout nœud gordien social doit être coupé brutalement. Il appartient exclusivement à la souveraineté de la raison, à la souveraineté de la science, de délier rationnellement, scientifiquement, le nœud gordien social : de toutes les époques possibles.

— « Je suis, continue M. Considérant, pour que Ton propose des combinaisons nouyelles et des solutions aux problèmes sociaux... »

— n ne suffit pas, Monsieur, de proposer des combinaisons nouvelles, et des solutions aux problèmes sociaux ; il faut : que ces combinaisons et ces solutions soient ralion-nellement incontestables vis-à-yis de tous et de chacun; sous peine : de rester soumises, à la force brutale, quant à leur acceptation sociale. Il faut, en outre : que, la souveraineté rationnelle soit déjà devenue : la nécessité sociale de répoque.

— - «...et non, continue M. Considérant, pour qu'on reste indéfiniment au fond des abîmes réyolutionnaires. »

— Mais, Monsieur, pour l'amour du bon sens, ayez donc pitié de votre propre raisonnement ! L'essence de la souveraineté du peuple est d'être abîme révolutionnaire ; puisque l'abîme révolutionnaire ne peut être autre : que l'enfer ou le règne de la force brutale. Si, vous voulez combler l'enfer des révolutions, commencez donc par répudier la souveraineté de cette force ; et, que votre ^époque se soumette à la souveraineté rationnelle; puisqu'elle est assez heureuse : pour qu'elle lui soit présentée, d'une manière scientifiquement incontestable.

— « Car , continue M. Considérant , les nations ne gagnent rien, et le

peuple surtout y perd beaucoup , puisque c'est toujours le peuple qui paye l'impôt avec ses sueurs et la victoire avec son sang. »

— Voyons, Monsieur : le peuple, ce sont les faibles ; les forts, ce sont les souverains. N'est-il pas juste : que, sous la souveraineté de la force brutale, ce soient les forts qui *çagnent tout; et les faibles qui payent tout? C'est évident comme le soleil en plein midi. Mais, la rage de l'époque est

toujours : de parler, de brailler, de palabrer sur les faits; et, de ne jamais vouloir remonter à leur cause. C'est, que ces Messieurs s'imaginent : que la souveraineté du peuple reste possible ; et, tant que cette idée de Hottentot n'est point renvoyée à l'absurde, avec la quadrature du cercle et le mouvement perpétuel ; notre monde ne peut être : qu'un immense Gharenton.

— « Sapposons, continue M. Considérant, un pouvoir politique animé dn phu ardent amour pour le peuple. Que fera le pouvoir s'il veut améliorer le «ort du peuple ? v

— Améliobee ! Vous oubliez donc : que, l'essence de la souveraineté du peuple, est de faire marcher l'augmentation du paupérisme, sur une ligne parallèle à l'augmentation de la richesse! Ce n'est pas améliorer le sort du peuple, le sort des faibles, qui est la nécessité sociale actuelle ; c'est, anéantir le sort actuel du peuple , le sort actuel des faibles; en anéantissant la faiblesse sociale; et, rendant tous les hommes également forts : devant la raison. Et, telle est l'essence de l'ordre, sous la souveraineté ratiounelle.

— « Ne &udra-t-il pas, continue M. Considérant, qu'il innove?,.. »

— Seigneur ! ayez pitié de la raison de l'innovateur !

Pour innover, il faut anéantir la souveraineté du peuple. Tant qu'elle subsiste, il n'y a rien de changé. C'est, toujours la force qui exploite ; et, la faiblesse qui se trouve exploitée.

— «... et, continue M. Considérant, s'il veut innover, qu'il connaisse des combinaisons nouvelles, quMI connaisse la solution des problèmes sociaux ? »

— En présence de l'incompressibilité de l'examen, la so-

DB LA SOUVEBAINETÉ. 883

liition da problème social consiste : dans ranéantissement de la souveraineté de la force brutale. Eh bien ! M. Considérant la donne-t-il, cette solution? En rien. Lui, et son époque, crachent sur la raison; et affirment : qu'il n'y a pas de sanction supérieure à la force.

— « Eh bien ! continue M. Considérant , pourquoi ne point étudier immédiatement ces problèmes? Pourquoi ne point chercher immédiatement ces solutions? Pourquoi en rester indéfiniment aux questions politiques? »

— Pourquoi, Monsieur? Parce que la politique est une question de force ; et, que sous la souveraineté de la force brutale, il ne peut exister, en réalité, que des questions de force. Toutes les autres, alors, sont des utopies, unique-* ment bonnes : à entretenir loisiveté des niais.

-— a Pourquoi, continue M. Considérant, tant de combats dontlei>oir- 'ooi est Tobjet, quand tout consiste d'abord à vider une question de ▲TOIE? »

— Pourquoi, Monsieur ? Parce que la souveraineté du puple est la négation de toute question de savoir social. Es, que la question de savoir réel, la question de souverineté supérieure à la force, se trouve élucidée ; la sou- Ttaineté du peuple se trouve anéantie en droit; reste emite, à la nécessité sociale, le soin de Fanéantir en

"•a Ils veulent le gouvernement, dit encore M. Considérant; ils veulent iBE la loi! Ils veulent tous arriver à dominer la société, à lui imposei>ar la loi leurs idées, à faire triompher par la puissance législative et adinistrative Télément qu'ils représentent; ils veulent être maîtres des cl;es et régler par Tautorité les choses , coname il leur parait convenir il intérêts spéciaux dont ils sont préoccupés que les choses soient régléeslls ne voient pas d'autre moyen que la loi, c'est-à-dire l'obligation invsée par la force. »

aSi DE LA SOUVERAINETÉ.

— Eh bien! sous la Roaveraineté du peuple, n'est-ce pas de toute justice? Cette souveraineté affirme : qu'il n'y a de droit, que celui dérivant de la loi. Alors, tous veulent faire la loi, etc., etc. Alors, quiconque raisonne autrement, est : un sot.

M. Cionsiderant va maintenant attaquer un préjugé qui, comme un voile épais, empêche de reconnaître la source du mal : l'ignorance sur la réalité de la souveraineté.

— « Jamais on ne pourra faire Ti?re les hommes en bonne harmonie « et les rendre heureux. Leurs passions s^y opposent. Le mal que nous « voyons a toujours été et subsistera toujours. >

« C'est une maxime consacrée. Ainsi le préjugé , vaincu par les faits dans l'ordre des sciences matérielles, nous déborde encore par la tradition dans Tordre moral et social. La littérature ancienne et moderne en est toute imprégnée. L'enfant le suce ayec le lait, le respire avec l'air, et l'é' goïsme, ainsi que je le montrerai plus loin , accueille et propage atec amour une incrédulité à l'abri de laquelle il se sent à l'aise. De telle sorte qu'il n'est aucun préjugé plus répandu , aucun lieu commun pins universel, que Pexpression de cette désespérance sociale. Pauvres, riches, savants et ignorants, tous sur ce point sont d'accord. ^

— Mon Dieu ! c'est bien juste. Du moment qu'on n reconnaît de souveraineté que la force, soit masquée d sophismes, soit purement brutale, il est bien certain : qu' les forts doivent écraser les faibles. Alors, il est de toir impossibilité : de faire vivre les hommes en bonne harmoa'; et, de les rendre heureux. L'excès des maux, dérivantie l'anarchie, peut seul détromper les hommes à cet égard ;'t, leur faire sentir : l'absolu besoin de la souveraineté réiC.

— « Observez, continue M. Considérant, que plus une erreur e générale et ancienne , plus elle est perfide. On pense d'autant moirà la suspecter, et l'on fléchit sous le poids d'un témoignage univebselU en est des hommes, vivant d.iii8 l'atmosphère d'une vieille erreur, coioe de gens plongés dans une atmosphère fétide. Ils vont, viennent, agissf dans

unair TÎcié, tans avoir le sentimeat de leur infection , sans savoir rapporter à cette putridité, que leur odorat blasé nç reconnaît pas, Torigine des maladies qui les affligent. Et ils spéculent sur raille causes étrangères avant de suspecter Tatmosphère qui les enveloppe. Or, V erreur dont mms 'parlons couvre la terre entière depuis V origine des temps historiques. »

— Ce passage est admirable ; et, ce qui est plus remarquable encore : c'est, que M. Considérant lui-même, n'a pas reconnu : l'atmosphère fétide d'ignorance sur la réalité de la souveraineté, dans laquelle, il se trouvait plongé. Alors, il a spéculé sur mille causes étrangères; et, il est allé jusqu'à trouver comme remède : la répudiation de la raison ; et, l'exaltation des passions.

— «Et l'élection républicaine? dit encore M. Considérant. Oh ! ici , o^est bien mieux encore. Ici, grand Dieu ! c'est tout le monde qui est appelé. Chiffonniers, ouvreurs de portières, vendeurs de contremarques, rustres , ivrognes...^ tout malotru français enfin, va donner sa voix et choisir législateurs, hommes d'État^ chefs de gouvernement!! Il est vrai qn^on les baptise tous du nom glorieux de citoyens français I Ils sont tous citoyens français, Messieurs^ et tous par conséquent doivent concourir à la formation des lois qui les concernent. On part de là^ et Ton arrive en deux sauts au suffrage universel, La logique mènerait bien au delà encore, si Ton voulait la suivre, d

— Hélas ! Monsieur, la logique, en époque d^gnorance, mène partout : excepté à la vérité.

Voyons ! que voulez- vous? Vous venez de condamner, et avec juste raison, le suffrage restreint. A présent, et avec tout autant de raison, vous blâmez le suffrage universel. Mais , vous ne blâmez point l'un et lautre, par où ils doivent être blâmés. Tous les deux sont mauvais, parce qu'ils sont expression de la souveraineté du peuple, souveraineté anarchique par essence. Vous reprochez an vote universel, les chiffonniers, les ouvreurs de portières, les vendeurs de contremarques. C'est peu logique, pour me servir de votre expression. Pour bien voter, que faut-

886 DE Là toinriEAiiiiTÉ.

il? coiniAissAifGi ET G0IV8GIEHGE. Eh bien! croyez-Tons que les membres de TÂcadémie des scienees morales et politiques (je les mets en tète, parce qu'ils deyraient y être); crojrez-vous, dis-je : que ees messieurs sayent mieux, ce qui est nécessaire pour éviter Fanarchie, que ne le savent, les chiffonniers, les ouvreurs de portières, et les ven* deurs de contremarques? Quant à la conscience, voudriez- Yous me dire de quel côté, il y en a le plus? Tous, quant à rétablissement de l'ordre, sont également ignorants; et, tous voteront : conformément à leurs préjugés , à leurs passions, etc., etc.

Ce que je viens de vous dire, M. Considérant va vous le confirmer.

— « D'autres, reprend M» Considérant, s'approchent et disent :

« Nous ne youlons ni le monopole de l'argent ni le suffrage universel. « Nous consentons à imposer des lois aux populations sans les consulter ; « mais nous youlons de bonnes lois. En conséquence^ nous réglerons l'é- « lection sur la compétence politique. C'est aujourd'hui Topinion des « hommes éclairés et honnêtes ; il n'y a que les égoïstes ou les perturba* « teurs qui puissent aujourd'hui se refuser, etc.» otc. »

«Bon! va pour la tyrannie des lois faites par les compétents. Mais alors les hommes éclairés et honnêtes qui veulent priver de leurs droits politiques tous les incompétents, vont nous fournir un moyen d^apprécier la compétence politique. J'attends ce moyen. »

— Vous le voyez! D'après M. Cionsiderant lui-même, voilà les membres de TAcadémie des sciences morales et politiques, mis, quant à la compétence, à hauteur des chiffonniers, des ouvreurs de portières et des vendeurs de contremarques.

— « Vraiment, continue l'auteur, le problème doit tous paraître difficile. Nous concevons bien, en effet, l'appréciation de la compétence en mathématiques, en chimie, en physique, en histoire naturelle, en agriculture, en mécanique, etc. Dans toutes ces branches d'industrie ou de savoir humain, il y a un corps de doctrine et des hommes versés dans ces sciences ou ces industries , pouvant sans doute apprécier le degré de

DE LA soiTTSRAiinnrt. 587

mérite , de lavoir , Ut compéteaee enfin d'un fojet en rbmmo de

branches

c Mais, en politique, iTes-TOos une doctrine? »

— Oai, Monsieur; soos la souveraineté de la force, il y a, en politique, la doctrine de la force. Alors, le pouvoir, pour se maintenir au pouvoir, cherche, avec raison, à se faire aider par toutes les forces : la force des baïonnettes; la force de Targent ; la force de la parole ; la force de la ruse ; la force des minorités ; et même la force des majorités ou des masses. Le maniement du pouvoir est alors : non, une affaire de science, une affaire de savoir ; mais, une affaire d'art : c'est le talent d'un artiste, en fait de force. Tantôt, la force des académiciens est préférable à celle des ouvreurs de portières; tantôt, la force des ouvreurs de portières est préférable à celle des Académiciens. Tantôt, c'est la force, etc., etc. Le maintien du pouvoir dépend alors : de la juste appréciation de ces différentes forces ; et, des moyens de s'en servir. Si, le chef du pouvoir, manie bien ces forces il reste au pouvoir, aussi long-* temps que possible, en présence de l'incompressibilité de l'examen ; s'il se trompe, il est remplacé par un artiste plus ou moins habile. Quant aux raisons que l'on donne pour appuyer la force, il est évident que ce ne peut être : que, de la graine pour attraper les niais ; puisque , la souveraineté de la force est la n^ation : de toute raison pouvant dominer la force.

Maintenant, écoutons M. Considérant, continuant à mettre sur une même ligne : et, les académiciens ; et, les vendeurs de contremarques.

— « Voudriezvous me dire, contiifae Taateur, sur quoi portera l'appréciation? Qui examinera les candidats à la compétence politique? Les juges seront-i^s des docteurs de la république, ou de la légitimité, ou du juste milieu , du tiers- parti, du quart-parti? Et, sous la république, les prendra-t-on chez les montagnarde, ch(z les girondins, chei les dortri-

t(88 Dl LA SOinrEBÂlIIET]&.

ntirês américains, chez. . . chex. . . chei. . . '■^ Je n'en ferai pas rénnroération, puisqu'aujourd'hui, en 1835, il y a autant de doctrines et d'opinions que d^hommes. Voyons donc, les gens éclairés et honnêtes, qui ne Toulei pas qu'on fasse de la politique sans le savoir , avisez à asseoir la compétence politique sur quelque base solide ! Au milieu de ces flots de sables mouvants, la compétence politique est à mourir de rire ! »

— Ce, qui est à mourir de rire; c'est, de voir on homme du mérite de M. Considérant, prendre au sérieux quoique ce puisse être, excepté la force. M. Considérant n'a donc pas compris : que, sous la souveraineté de la force, rien ne doit être pris au sérieux, si ce n'est la force?

— <K II y a , continue M. Considérant , un député philosophe , un des civilisés les plus éclairés de la chambre^ sans contredit , qui est monté Tannée dernière à la tribune (i), et qui a établi, déclaré et posé en termes clairs et précis :

« Que ni le gouvernement, ni Topposition, ni lui, ne savaient ce qu'il « faut à la nation. »

— C'était, cependant, bien facile à savoir. Ce qu'il faut à rhumanité, en présence de rincompressibilité de Texamen; c'est Tanéantissement de la souveraineté du peuple, par r intronisation de la souveraineté rationnelle. Mais, M. Jouffroy, panthéiste par- dessus tout, ne croyait point à la possibilité de cette souveraineté. Il est évident qu'alors, il ne pouvait trouver aucun remède au cancer social.

— « On n'a, continue M. Considérant, jamais rien dit de mieux à la «rhambre ni avant ni depuis, et aucun des honorables n'a démenti ce fait en venant dire : Messieurs, je vais vous apprendre co qu'il faut au pays... Hommes éclairés et honnêtes, apportez donc votre mètre de la compétence politique ! »

— Un mètre de raison, sous la souveraineté de la force !

(1) M. Jouffroy, dans la discussion de In loi, sur ou plutôt contre les associations.

En vérité, on ne devrait dire ces choses-là : qu'à Charenton.

Voici un dernier passage de M. Considérant, extrait d'un OQvrage intitulé : le Socialisme devant le Vietix Monde. Ce passage est presque sans tache.

— « Il ne manque pas de gens aujourd'hui, dit M. Considérant, qui se pavanent en disant : « Je suis socialiste, mais je n'appartiens à aucune « école. » Qu'est-ce à dire ? En traduisant, cela signifie : Je suis socia^ liste parce que c'est de ton , et je me mets dans le courant ; mais je n'ai rien appris, et^ en dernière analyse, je reste an âne. Soit! »

— Cette signification est généralement bonne, il faut l'avouer. Mais, il pourrait y avoir des exceptions. Par exemple, cela pourrait signifier :

< Sous la souveraineté de droit divin, le peuple est né- « cessairement exploité.

« Sous la souveraineté du peuple, les masses sont néces- « sairement surexploitées.

« Et, cependant, en présence de l'incompressibilité de « lexamen, l'exploitation des majorités par les minorités, « amène nécessairement une anarchie inextinguible, si ce <v n'est par l'anéantissement de l'exploitation. £t une « anarchie inextinguible, c'est la mort de l'humanité. « J'appelle socialisme l'organisation sociale qui anéantira « toute exploitation. Pour arrivera connaître les moyens « d'anéantir toute exploitation, j'ai étudié toutes les écoles « prétendues socialistes ; et, je n'y ai trouvé ; que des bail- « Ions de l'antiquité traînés dans les fanges de toutes lesphi- « losophiesqui ont sali l'humanité jusqu'à nos jours. Toutes « ces écoles, sans en excepter une seule, sont filles de la « souveraineté du peuple ; ou, ont pris naissance : soit à « Charenton, soit à Bedlam. J'étais un âne, avant de les « avoir étudiées ; et après ; je me suis trouvé plus àne « qu'auparavant. »

Cette traduction ne serait cependant pas celle d'un àne.

•— « Qu*il y ait» continue M. Considérant , beaucoup de socialistes de cette espèce, c'est très-bien. Il n'est pas absolument nécessaire que dans un PAin , pas plus que dans une armée , tout le monde pense ; il faut beaucoup de en avant, marchons ! purs et simples pour former une grande OFonoH eoTahifiaote. »

— Yoilà, tout socialisme réduit à l'état de parti défendant une opinion ; parti composé : de plus ou moins d'impertinents tout au moins, yonlant imposer leur opinion comme vérité; et d'une foule d'imbéciles, qui suivent ces impertinents, sans plus savoir pourquoi : qu'ils ne savent comment ils digèrent. La foi commune des Polynésiens au TABOU, est socialementy nulle fois préférable à un pareil socialisme, fils encore de la souveraineté du peuple. Ce n'est point ainsi que triomphera le socialisme réel. Une fois sorti du domaine de l'opinion, par sa démonstration incontestablement scientifique, la nécessité sociale l'imposera aux malheureux monomanes encore frappés du délire des opinions ; et, elle tiendra ces infortunés, sous son étreinte, jusqu'à ce qu'ils soient guéris et capables de reconnaître la vérité. C'est l'affaire d'une génération.

— a Mais, continue M. Considérant, tous ceux qui ont de Tintelligence, qui veulent compter pour autre cbose que des zéros donnant du nombre aux chiffres à gauche, tous ceux qui yeulent servir avec efilcacité la cause (le Tayenir, ceux-là ne peuvent pas rester des socialistes vagues, confus, ignorants et sans idées. Il faut qu'ils étudient les socialistes, qu'ils les connaissent à fond, qu^ils les acceptent ou les rejettent avec connaissance de cause. »

— Eh bien ! quand ces gens d'intelligence, qui ne veulent pas être des zéros, auront étudié toutes les solutions données par les socialistes d'opinion ; et, qu'il les auront reconnues également folles, si ce n'est exécrables, eu ce que toutes ont pour base la souveraineté du peuple, la souveraineté de la force brutale , la souveraineté des opinions ; que sero&t4l8 ces gens d'intelligence^ si ce n'est des zéros P £t,

DB LA tK>UTBRAJN£TÉ. 591

encore, seront-ils très-hearenx, s'ils se reconnaissait tels, c'est-à-dire ignorants. Le pins grand malheur de M. Gonsir derant, est de ne pas savoir : qa'en fait de science sociale^ il n'est qn'an zéro.

Yoiei, maintenant, qni mérite tonte attention.

— « Je sais très-hien, dit M. Considérant, qu'il est de ton de soutenir : que le peuple a Tintelligence suprême; que le peuple résoud les problèmes, etc. Oui, cela fait bien dans un club, dans un journal qui yise à la grande vente, dans une réclame électorale; c^ est une opinion trèsportée. Pour moi qui crois auxbesoins, aux droits, aux bons sentiments du peuple, je ne crois pas à sa science infuse, et je liens ceux qui font semblant d'y croire pour des bâbleurs. »

— Moi, je les tiens pour des fripons. Le peuple, c'est tout le monde. Et , jusqu'à ce que la vérité paraisse, il n'y a qu'une seule chose infuse au peuple ; c'est : l'ignorance

— - « U ne 8*agit pas aujourd'hui, continue M. Considérant , de fahre des partis comme par le passé, des partis qui n'aient qu'à devenir forts ; ce n'est plus une question de pouvoir, c'est une question de savoir, »

^— Très-bien ! voilà M. Considérant qui répudie aussi les partis. Mais, malheureux homme ! la souveraineté du peuple, qui est la vôtre, est la négation de toute question de savoir; de plus, toute question de savoir, appartient à la raison; et, votre maître, que vous n'avez jamais répudié, ordonne : de cracher sur la raison.

— « Quand, continue M. Gonsideranl^ il n'y avait qu'à démolir, qu*à détruire des privilèges ou à décréter des droits , il ne s'agissait que d'avoir le dessus. Aujourd'hui il n'en est plus ainsi. Les prolétaires seraient maîtres sans contestation du gouvernement , qu'à moins de savoib orga^ niser de nouvelles conditi(ms économiques , cela n'avancerait de rien du tout. »

^- M. Considérant, comme tous les prétendus socia-

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listes, s'imagine : qu'il suffit de savoir organiser de nouvelles conditions économiques, pour que le globe devienne un Eldorado. M. Considérant se trompe grossièrement. Quand même les prétendus socialistes sauraient organiser de noovelles conditions économiques, et j'ajoute les meilleures possibles, le globe, au lieu d'un Eldorado, deviendrait on enfer au maximum possible; tant, qu il resterait : sous la souveraineté du peuple ; sous la seule sanction de la force.

— « La transformation du salariat , continae M. Considérant , est un problème. Sans le savoir y le poutxnr n'y pent rien faire. »

— Prenons en bonne part, cette expression transformation du salariat ; et , supposons qu'elle signifie : bien-être matériel démontré possible pour tous. H. Considérant s'imagine : que, cette question est capitale; et, qu'une fois résolue, il n'y a plus rien à faire. M. Considérant est dans une erreur déplorable. Cette question est si peu la principale; que, si même elle était résolue et mise en pratique, elle serait la source d'une anarchie conduisant à la mort sociale, par le plus court chemin possible : tant, que la force brutale en serait la seule sanction ; tant, que la souveraineté du peuple ne serait point anéantie.

— a Hélas! sur ce point capital, continue M. Considérant, nous n'avons que trop raison aujourd'hui. Âh ! républicains purs, quiyous obstiniez à rester dans Tiguorance des questions sociales, qui u'ayiez pas assez d'anathèmes contre nous, parce que, disiez-vous, nous endormions ce que vous appeliez l'esprit public ^ parce que nous nuisions à ce que vous appeliez le travail révolutionnaire y tous rappelez-vous aujourd'hui nos que-

relies?

a Vous nous disiez : — Une révolution d'abord.

« Nous vous disions : — Qu'en ferez-vous?

a Vous répondiez : — La révolution fera ses hommes, trouvera les solutions des problèmes. Rien n'est fécond comme une révolution.

« Oui, répondions-nous, rien n'est fécond comme une réTolution

préparée par des idées, faite par les hommes de ces idées. Mais une révolution qui n'est pas préparée par des idées et qui n'est faite que par des ânes ! i»

— M. Considérant ne yeut qu'une révolution préparée par des idées ; et, il ne s'inquiète pas que ces idées soient bonnes ou mauvaises. La révolution de 1789 a été préparée par une idée, celle d'introniser la souveraineté du peuple ; et, elle n'a pas été faite par des ânes, dans le sens que M. Considérant donne à ce mot. Quel en a été le résultat? L'anarchie la plus épouvantable et la plus difficile à détruire, qui ait jamais menacé le globe de mort sociale.

— «Eh bien! continue M. Considérant, vous ayez travaille pendant dix-huit ans à une révolution. Grâce à Louis-Philippe , vous avez eu la république; vous avez même eu pendant deux mois et demi la dictature la moins contestée qui se vit jamais. Qu'avez-vous fait? — Vous avez montré votre profonde ignorance , votre profonde incapacité en fait de réorganisation , donné votre petite mesure et prouvé la stérilité de toute révolution qui n^est pas faite par des idées mûres. Voilà tout ! »

— Est-ce que M. Considérant s'imagine que les mauvaises idées ne mûrissent pas; et, infiniment plus vite que les bonnes.^ L'idée, base de la révolution de 1789; celle d'iutroniser la souveraineté du peuple ; a été mûrie par des têtes de fou , autant qu'il est possible à la paille do mûrir des nèfles. Qu'en est-il arrivé? Ouvrez les yeux; et, voyez I

—-«Si cependant, continue M. Considérant, vous nous aviez écouté à temps quand nous vous disions :

et Avant tout, il faudrait savoir ce que nous voulons. Voyons, supposons-nous maîtres du pouvoir, de la France, du gouvernement. Qu'est- co que nous ferons pour le peuple, pour le bien du pays? »

— Parfait! Voilà, ce qu'il faudrait toujours se dire, avant toute révolution ; et, surtout, ne commencer : qu après s'être répondu : d'une manière rationnellement incoulestable.

— « Hélas î hélasî continue M. Considérant, pendant dix-huit ans nous vous avons demandé de mettre cela à Tordre du jour de la discus* sion, et nous vous disions :

« Voyez Tavamlage de cette manière de procéder ! Trouvons les moyens

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« dé prospérité et de bonhear du pays. Quand nous imroui d'accord, « qaaud nous connaitrons bien ces moyens, quand ce que nous Toudrons « sera bon^ bixh baisonré et efficace, nous renseignerons au pays. Âlon, « nous y mettant tous, le pays sera bientôt édifié. Il acquerra des idées, « il saura ce qu*il teut, il le demandera ayec nous au gouvernement ; et « si le gouyemement refuse de donner ce que le pays voudra, la révola- « tion sera bientôt faite* n

— Dans ce cas, nul doute : que , jamais révolutiony par la force, n'aura lieu. Car, jamais il n'y aura de gouYernement assez sot pour refuser : ce qui sera incootestablemeut bon pour tous; et, par conséquent^ pour lui-même. Mais, avant de chercher cet incontestablement bon, il faudrait : savoir, d'abord, quel est son signalement; afin, de le reconnaitrci si on le trouve. Savoir, ensuite, quel est le chemin qui y conduit ; sur quelle longitude il se trouve ; et, à quelle latitude. Sans cela, vous chercherez des milliards d'années; et, vous ne trouverez rien.

Le signalement de l'incontestablement bon, est d'être incontestablement rationnel. Et, le chemin qui y conduit, est : l'anéantissement de la souveraineté du peuple, par la connaissance de la souveraineté réelle. Sous la souveraineté du peuple, négation de la vérité, il est impossible : non-seulement qu'une majorité soit d'accord sur le bon ; mais, que deux individus le soient, d'une manière plus qu'éphémère.

— A Et, continue M. Considérant, cette révolution , faite en vue d'un but déterminé ^ sera féconde; elle uc dévorera pas ses enfants, le pays réalisera spontanément ce dont il aurait la volonté , la conscience. L*idée qui aura fait la légitimité de la révolution en fera la fécondité. »

— La révolution de 1789 a été faite en vue d'un but déterminé : celui, d'introniser la souveraineté du peuple. Elle n'a été féconde qu'en sources d'anarchie ; elle a dévoré des millions et des millions de ses enfants; elle n'a réalisé que la uiisère des masses, au maximum possible. Elles sont propres, la légitimité et la fécondité de la révolution de 1789!!

— « Une satioa, fijni IL CmmÊÔermà, pK pi» fae ii fkm Mk fille da monde, mt paA dmBfr uâri: cLdk fiie ce ^'elk a. Or ujoard*hiii, TOUS dîsk»is-BMif à afiétê . la sadon irmaûe x"» pu JldéeiL Let anciennes opimioms «nt détrah» , ks noiîTeikf mt se nat pi$ iûita. »

— H. Considérant panit km de se dooler : qnH n'y a qoe les impertments et les sots qiii aient des opûimu. Les sages satent on ignmtmi. Et, pat ijm fen-t«il jnser ses nouvelles opinUnu? Par la forée bmlale, senl juge possible des opinions. Partout et toojoorsM. Coiisiderant est {Hutisao : de ta souTeFainelé dn peo^ ; de h souTeraineté des optiiàms. Gela, doit être; quand, on a cnehé sor la raison.

^^ c n n'y a plot, €«BlflHK IL CifidfiMlj la aMMndre apparcace de foi coUectiTC guelcoagnc. b

— Une foi eollectiTe qaelconcjne, appartient excIosiTcment : à une soaveraineté de droit divin qoelconqne.Voilà, M. Considérant qui crache sur la sonveraineté du peuple, négation de toute foi collective ; et, qui se raccroche à un*? souveraineté de droit divin quelconque. Toujours le cercle vicieux : de l'anthropomorphisme au panthéisme; et, du pantliéisme à ranthropomorphisme.

— « Que Toulez-Toos , continae M. Considérant , qoe (ire de là un suffrage aussi onifersel qu'il tous plaira? Le néant ne vous donnera jamais que le néant. »

--* C'est vrai. Et, le néant social; c'est : Tanarchie.

— « Républicains, démocrates y dit encore M. Considérant, vous (ou^ qui aimez le peuple, votre pays et Fliumanilé , vous qui sentez résonner de nobles cordes dans vos poitrines, je tous le dis : en France, nous n'avons plus rien à détruire. »

—Rien à détruire, grands dieux! îl y a, au coutrairo, tout à détruire; tout, absolument tout. Cnr, en époque d'ignorance, tont, nécessairemeut^ est préjugé. Parmi les

préjugés f il en est deux , cardinaux, qu'il faut détruire ; elj qui sont, généralement, acceptés comme yérités. Yoiciy le premier :

— La France, non, le monde, n'est point absolument ignorant, en fait d'ordre social.

— La preuve : que , le monde est absolument ignorant, en fait d'ordre social ; c'est : qu'il existe sous la souyeraineté de la force, négation de la science.

Voici, le second :

— La France, non, le monde, n'a pas besoin de devenir absolument savant, en fait d'ordre social.

— La preuve : que, le monde doit devenir absolument savant ; c'est : que toute science relative à la force ; toute science dérivant de la souveraineté du peuple; conduit, évidemment, la société à la mort.

Et, maintenant, dites donc : qu'il n'y a plus à détruire !

-— A Nous avons à construire, continue M* Considérant ; or, pour construire, il faut savoir, i»

— Encore une fois, Monsieur ; et, pour la millième ; la souveraineté du peuple est la négation du savoir réel ; et, tant que vous restez, sous cette souveraineté ; vous crachez : sur ce savoir.

— « Si, continue M. Considérant^ tous n'étudiez pas la sciencelsociale, les besoins, les aspirations, les mécontentenients, les ambitions de toute nature feront bien un parti, un parti qui grossira, qui pourra devenir for^ midable ; mais, sans la science, ce'parti ne sera qu'un parti d'aveugles, et à un moment donné, peut-être qu'un immense flot de barbarie. »

— Sans aucun doute. Mais, la souveraineté du peuple est la négation de la science réelle ; et, tant que vous n'avez point anéanti cette souveraineté, chercher la science, c'est chercher : la quadrature du cercle; ou, le mouvement perpétuel.

— « Démocrates sincères, continue M. Considérant, étudiez, étudiez, étudiez et faites étudier tous ceux sur qui vous avez influence. »

— Les démocrates sont les souverains de la souveraineté du peuple. Et, comme cette souveraineté est la négation

de la science réelle ; les démocrates ne peuvent rien étudier d'utile ; si, ce n'est : comment il est possible d'anéantir la souveraineté du peuple ; comment, il est possible d'anéantir toute démocratie.

Est-ce là , ce que M. Considérant conseille aux démocrates? Je le désire bien sincèrement.

— D'après ce que je vieife d'exposer, il sera facile au lecteur de juger tout ce qui a été dit, jusqu'à présent :

sur le mal social; et, sur les moyens d'y remédier. Partout, il trouvera : que, la cause du mal est : l'impuissance actuelle de toute souveraineté de droit divin, pour établir un despotisme plus qu'éphémère ; et, l'irrésistible puissance de la souveraineté du peuple, pour conduire à l'anarchie : dès, que les souverainetés de droit divin, ne peuvent plus dominer les sociétés.

Comme corollaire incontestable, le lecteur trouvera également : que, le seul remède social possible est : l'intronisation de la souveraineté rationnelle, anéantissant : et les souverainetés de droit divin; et les souverainetés de droit populaire.

598 DC LA SOUTEBAnrETÉ.

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