‹ De la souverainetéChapitre 51 sur 52 · NOUS, ET, PAE NOUS, ELLE L'EST DANS LE MONDE · texte numérisé non relu

NOUS, ET, PAE NOUS, ELLE L'EST DANS LE MONDE

— Alors , allons donc , Académies î non-seulement de France » mais du monde ; frémissez moins , et travaillez : à nous exposer, d'une manière scientifique : la constitution sociale du monde.

Ce n'est point aux différents pouvoirs du monde à rechercher cette constitution. Ces pouvoirs sont multiples comme les nations ; et la constitution sociale , présentée par l'un d'eux, n'aurait de juge que la force. Mais, vous, Académies, qui êtes une ; ou, qui devriez être une , par la science ; c'est à vous : à chercher , à trouver, la constitution sociale du monde; et, à prouver : qu'elle est scientifique. C'est encore à vous : à inviter tous ceux, qui croient avoir trouvé des constitutions sociales pour le monde , à vous les présenter ; et , c'est à vous à déclarer : si , elles sont scientifiques; ou, si elles ne le sont pas. Et, ces examens ne seront jamais ni longs ni laborieux. Pour les rendre faciles, il suffit : d'avoir, au préalable, bien posé la question; il s'agit, tout uniment > de trouver : la souveraineté supérieure à la force. Cette souveraineté est la constitution sociale du monde; et, réduit l'humanité : à une seule classe.

Je le répète, ce n'est point aux différents pouvoirs nationaux à chercher la constitution sociale du monde. Toute Taffaire , de ces différents pouvoirs, est : de maintenir, par la force, rw'cire, VIE S0GULE, dans leurs circonscriptions respectives ; et, de veiller, TOUiouRS PAR LA FORCE^ à cc quc Icur proprc circonscription ne soit point engloutie : par une force supérieure.

Et, je le répète également; c'est à vous, Académies du monde, qui devriez être une par la science ; c'est à vous, qui proclamez toutes : que, la force brutale ne peut plus servir de base à l'existence humanitaire ; c'est à vous à chercher : la souveraineté supérieure à cette force.

Et, que seraient tous les pouvoirs nationaux du monde, devant

tt08 DB LA SOUVERAINETE.

votre unanimité scientifique, basée sur la raison rendue incontes table vis-à-vis de tous et de chacun ? Ce que sont les brouillards de Terreur, devant le soleil de la vérité.

Si même, avant d'avoir trouvé la constitution sociale du inonde, le monde savait seulement : que , vous. Académies , vous avez reconnu rimpérieuse nécessité de vous en occuper : sérieusement ; et, toute autre affiaire cessante; vous imaginez- vous l'effet que cela produirait : et, sur chaque nation ; et sur Tensemble des nations ?

Chez chaque nation, Tanarchie, toujours près d'éclater, par l'insuffisance de la force pour maintenir Tordre ; Tanarchie , disjc, pour tout le temps d'une recherche sérieuse, au moins, perdrait la plus grande partie de sa vigueur. Chacun se dirait, pauvres et riches : la science, la raison s'occupe des intérêts de tous; laissons reposer la force ; laissons reposer la violence; si , la science est impuissante , pour nous pacifier ; nous nous égorgerons ensuite.

Et , au sein des nations, n'est-ce pas la même chose ? Les fatmilles nationales en contact, et hors d'un droit commun, sont les grandes familles^ en état d'anarchie ; comme le sont les familles domestiques, les petites familles, lesquelles se trouvent aussi hors d'un droit commun, autre que celui de la force brutale. Les chefs^ des pouvoirs nationaux, sont eux-mêmes fatigués de la lutte ; et, si la science, si les Académies leur prouvaient : qu'ils peuvent se bercer en paix sous le joug de la raison ; il n'est aucun d'eux qui ne sacrifiât, avec délices, sa souveraineté de force brutale : à la souveraineté rationnelle.

Mais, les Académies sont paralysées : uon-seulement , sous le poids de Tignorance ; mais encore sous le faix de leur vanité ; non-seulement , sous le poids du scepticisme des sages, qui dit : Je ne sais pas; mais surtout , sous le faix du scepticisme des fous, qui disent : il est impossible de savoir. Et, la paralysie des Acadé^ mies ne peut se galvaniser : qu'au contact du pouvoir.

J'ai dit : qu'il me restait un devoir à remplir. Ce devoir est de supplier les pouvoirs de galvaniser les Académies : et dans leur propre intérêt ; et dans l'intérêt de Tordre, dans l'intérêt de Thumauité. Ce devoir, j'ai cru le remplir, en écrivant la lettre suivante.

1»E LA SOtyKftAlliiCTC. 509

AS. A. I LE PR!>TE >'APOLÉO>i

A la clôture de rexposition universelle, V. A. I. disait à TniPi- RErn :

— • J^ajouterai, en emprautant des paroles célèbres : que, lb pioblsxb

DE l'aTEHIB est DE FAIBE PAITAGEB A L*rifITEB5ALITÉ, CE QUI h'*B8T QUE Ll FABTAGE D^UN PETIT HOMBBB. >

Cette vérité qui , désormais , doit être réalisée sous peine de mort sociale ; je vais en publier : et, la démonstration ; et, la possibilité de réalisation ; dans un ouvrage en cinq volumes intitulé :

SCIKHCE SOCIALE.

Je supplie V. A. i. de m'autoriser à lui offirir le premier exemplaire de cet ouvrage, qui va paraître immédiatement : non pour quelle veuille le lire : les princes ne peuvent lire tout ce qui leur est oflert ; mais, pour qu'elle veuille bien en ordonner TexameD.

Lorsque Fulton eut découvert la navigation à la vapeur; il offrit son travail à l'Empereur , votre illustre oncle, le premier homme de son siècle : et, par son génie; et, surtout par son amour de Thumaniié. L'Empereur envoya ce travail à Texamen de TAcadémie des sciences. L'Académie déclara : que, Fulton était un sot; et, non-seulement elle déshonora la France; mais, elle fut la cause : que, le sol français fut momentanément souillé par la domination de l'étranger. Malheureusement, les corps n'ont point de responsabilité personnelle. Si , chaque membre de l'Académie des sciences eût été obligé de signer son opinion particulière; les noms, ^e ceux qui déshonorèrent la France, auraient pu se mettre sur un poteau d'infamie, au sein de l'Institut : afin, d'apprendre à leurs successeurs, avec quel soin ils doivent examiner : ce que le gouvernement leur présente à cet effet.

Je supplie V. A. I. de faire envoyer mon travail à l'examen : et, de l'Académie des Sciences; et, de l'Académie des Sciences morales et politiques (1).

J'ai l'orgueil de croire : que, celui que votre oncle le Roi Joseph envoya à son neveu Napoléon 11 ; que, celui auquel Napoléon II fit dire: par le baron de Werklein , grand-mai tre, en 1830, de

(1) Aux pages .401 à 410 du 5* volume de mon ouvrage, j'indiqus pourquoi l'examen des deux Académies est nccesfMÛre.

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