‹ De la souveraineté temporelle du pape [microforme]Chapitre 4 sur 11 · IV · texte numérisé non relu

IV

(4) Enar, in Ps. CXLVI ou XL, n. 17.

(5) Traité de l'Evangile.

(6) Homelies Jiv 1V, chap. 54.

possédé une bourse, gardant les oblations des fidèles, et les employant aux besoins des siens et des autres indigents ; mais c’est afin qu’on ne serve pas Dieu à cause de ces choses, et qu’on n'abandonne pas la justice par crainte de la pauvreté.”

C'est donc l’enseignement de l'Evangile et la tradition catholique, que Jésus posséda des biens temporels en commun avec les Apôtres. C’est de plus une question de foi définie par l'autorité papale dans la personne de Jean XXII “Comme parmi plusieurs hommes de l’école, il arrive souvent de révoquer en doute si l’on doit considérer comme hérétique d'affirmer avec pertinacité que Notre Rédempteur et Seigneur Jésus-Christ et ses Apôtres n’ont rien possédé en particulier ni même en commun, et que sur cette question ils pensent diversement et même contradictoirement: Nous, désirant mettre fin à cette contestation, du conseil de nos frères, nous déclarons par cet édit perpétuel qu’on devra désormais considérer comme hérétique et erronée la susdite assertion obstinée, parce qu’elle contredit expressément là Sainte Ecriture, laquelle affirme en plusieurs passages qu'ils (Jésus et les Apôtres) ont possédé plusieurs choses... De plus, affirmer désormais avec pertinacité qu’à notre susdit Rédempteur et à ses Apôtres n’a nullement appartenu le droit d’user des choses que l’Ecriture atteste qu'ils ont possédées, ou qu'ils n'ont point eu le droit de les vendre, ou de les donaer, o1 d'acquérir d’autres choses avec celles-là, toutes choses cependant que l’Ecriture atteste qu’ils ont faites des susdites, ou qu’elle suppose expressément qu’ils ont pu faire ; comme cette assertion renferme leur usage et leurs actes comme non justes dans les choses susdites, ce que certainement il n’est pas permis de penser de l’usage, des actes et des faits du Fils de Dieu notre Rédempteur, cela étant contraire à la Sainte Ecriture et hostile à la doctrine catholique ; du conseil de nos frères, nous déclarons que cette assertion obstinée elle-même doit désormais être à bon droit censée erronnée et hérétique. Qu'il ne soit donc

plus permis à aucun homme d'’enfreindre cette page de nos déclarations, ou d'y contrevenir par une téméraire

audace.” (Cum inter nunnullos, titre XIV des Extravagan-

tes de Jean XXIT) (1) -— Bellarmin parlant de cette définition, dit que cette question appartient à la foi (2).

30 L'Eglise apostolique a possédé des biens temporels.—Les Actes des Apôtres et leurs Epitres prouvent de la manière la plus évidente, que les Apôtres avaient un droit sur une portion des biens des fidèles. Nous lisons dans les Actes (3): ‘Il n’y avait point d’indigent parmi eux ; Car tous ceux qui possédaient des fonds de terre et des maisons les vendaient et en apportaient le prix qu’ils mettaient aux pieds des Apôtres..……. Joseph surnommé par les Apôtres Barnabé, c’est-à-dire enfant de consolation, qui était lévite, et originaire de l'ile de Chypre, vendit aussi un fonds de terre qu'il avait, et en apporta le prix qu’il mit aux pieds des Apôtres.”

Ces donations complètes étaient libres de la part des fidèles, comme le prouvent les paroles de Saint Pierre à Ananie (4) : ‘“ Ne demeurait il pas toujours à vous, si vous aviez voulu le garder ? et après même l'avoir vendu, le prix n’en était-il pas toujours à vous ? ” Les fidèles étaient libres de garder leurs biens, ou le prix de leur vente ; mais ce qui n'était pas libre, et était, au contraire, une obligation stricte et rigoureuse, c’est qu'ils devaient à l'Eglise les choses nécessaires au culte divin, à la subsistance des Apôtres et au soulagement des pauvres. C’est St. Paul qui le prescrit et en fait une obligation de droit naturel et de droit divin (5): ‘‘ N’avonsnous donc pas le pouvoir de manger et de boire (aux dépens de ceux à qui nous préchons l'Evangile) ? (Car quel est celui qui va jamais à la guerre à ses dépens ? quel est celui qui plante une vigne et n’en mange pas du fruit ?

(1) Traduction extraite de Maupied : 1bid page 228. (2) De Rom. Pontif. lib IX, cap. XIV, N. 35.

(3) IV, 34 et suivants.

(4) Act. V, 4.

(5) I Cor. IX, 4 — 14.

ou quel est le pasteur d’un troupeau qui ne mange point: du lait du troupeau ? Vous dis-je ceci selon l’homme, et la loi ne le dit elle pas elle-même ? Car il est écrit dansla loi de Moïse : vous ne lierez point la bouche du bœuf qui foule les grains. Or, Dieu se mit-il en peine de ce qui regarde les bœufs ! et n’est-ce pas plutôt pour nousmêmes qu'il a fait cette ordonnance ! Oui, sans doute, c’est pour nous qu'il a été écrit : que celui qui laboure doit labourer avec espérance ; et que celui qui bat le grain doit espérer y avoir part. Si donc nous vous avons: semé des biens spirituels, est-ce une grande chose que nous recueillions de vos biens temporels ?...……. Ne savezvous pas que les ministres du temple mangent de ce qui est offert dans le temple, et que ceux qui servent à l’autel ont part aux oblations de l’autel ? Ainsi le Seigneur à . aussi ordonné à ceux qui annoncent l’Evangiie de vivre de l'Evangile.”

Cette obligation s’étendait à toutes les Eglises, solidaires les unes des autres. Nous lisons en effet dans les Actes (1) : ‘ En ce temps-là quelques prophètes vinrent de Jérusalem à Antioche : l’un d’eux nommé Agabus, se levant, prédit par l'esprit de Dieu, qu’il y aurait une. grande famine par toute la terre, comme elle arriva. ensuite sous l’empereur Claude. Et les disciples résolu-. rent d'envoyer, chacun selon son pouvoir, des secours. aux fidèlesiqui derneuraient en Judée. Ce qu'ils firent en effet, les envoyant aux prêtres par les mains de Bar-. nabé et de Saul” Et à ce sujet St. Paul écrivait aux Corinthiens ): ‘ Quant aux collectes qu’on recueille pour les sain:s, faites la même chose que J'ai ordonnée aux Eglises de Galata. Que chacun de vous mette à part chez soi, le premier jour de la semaine, ce qu’il lui plaira, l’amassant peu à peu afin qu’on n’attende pas. mon arrivéefpour faire les collectes. Et lorsque je serai. arrivé, j’enverrai avec des lettres ceux œue vous aurez.

(1) E Cor. XI, 27-30.

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