partie des enfants de Noé à bâtir la tour de Babel et la
ville de Babylone, les familles se séparèrent en plusieurs peuples ; et de cette dispérsion des peuples date la division des deux puissanges, en ce sens que les nations se gouverneront elles-wiëmes au temporel indépendamment de l'Eglise, de mêmé: :que l'Eglise, formée par le peuple demeuré fidèle, tôhtinuera à se gouverner elle-même au temporel d’une manière souveraine, dans la terre qu’elle possède. Dieu veillera lui-même sur son indépendance comme sur son:droit de propriété. Nous avons vu en effet que lorsit’elle tombe sous la domination de l'empire de Babylone, Dieu appelle Abraham, le fait sacrer pontife et roi, et ‘le conduit dans la terre où l'Eglise doit être rétablie das une entière indépendance. Abraham fut réellement: roi. Nous lisons dans la Genèse que Chodorlahomor, roi‘dés Elaminites, et d’autres rois ses alliés, ayant mis en fuite les armées des rois de So dome et de Gomorrhe, entrèrent dans les villes des rois vaincus, se chargèrent de butin, et s'emparèrent de la personne de Loth qui demeurait dans Sodome. ‘‘ Abra- “ ham ayant su que Loth son frère avait été pris, choisit “ les plus braves de ses serviteurs au nombre de trois cent & dix-huit, et poursuivit ces rois jusqu'à Dan. Il forma “ deux corps de ses gens et ses alliés, et venant fondre sur ‘ses ennemis durant la nuit, il les défit et les poursuivit % jusqu’à Hoba qui est à gauche de Damas. ” (1) Abraham, s’il n'eût été indépendant et souverain, au-
(1) Gen. XIV. 14 et 15.
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rait-il pu de son propre chef lever une armée parmi les: siens et aller porter la guerre et la défaite chez des rois. étrangers qu’il force à reconnaître sa puissance ?-—Ouvrons encore la Genèse : ‘“ Abimélech accompagné de Phicol qui commandait son armée, vint dire à Abra- “ ham: Dieu est avec vous dans tout ce que vous faites. “ Jurez-moi donc par le nom de Dieu que vous ne ferez 4 de mal ni à moi, ni à mes enfants, ni à ma race; mais. “ que vous me traiterez et'ce pays dans lequel vous avez “ demeuré comme étranger, avec la bonté avec laquelle ‘ je vous ai traité, Abraham répondit : Je vous le jurerai. “ Et il fit ses plaintes à Abimélech de la violence avec “ laquelle quelques-uns ‘d£. ses serviteurs lui avaient oté “ un puits. Abimélech répondit : Je n'ai point su qui “ vous a fait cette injustice, xous ne m'en avez pas vous- “ même averti, et jusqu'à: -ce jour je n’en ai pas point “ oui parler. ‘Abraham donna donc à Abimélech des. & Lrebis et des bœufs, et ils:fixent alliance ensemble.” (1)
Ce passage est encore plus remarquable que le précédent. 1° Un roi puissant, maitre d’une armée, vient luimême briguer l'alliance d'Abraham, en le priant de ne pas le traiter en ennemi; % Abraham, avec toute la liberté d’un souverain, réclamè contre une injustice que lui a faite quelques sujets d'Abithélech et revendique en même temps son droit de propriêté dans la terre où il est venu s'établir par l'ordre de Dieu; 3° Abimélech reconnaît l'injustice : il reconnait par là même les droits d’Abraham; 4° Ils font alliance ensemble. Ne sont-ce pas. là les actes d’un véritable souverain, et d’un souverain seulement ?
Le même roi de Gérare, oimélech, disait à Isaac : & Eloignez-vous de nous, parce que vous êtes devenu “ plus puissant que nous” (2); et peu après il se rendait avec Ochozath, son favori, et Phicol, son générai d’armée, auprès d’Isaac pour lui dire : ‘ Nous avons vu que:
(1; Gen. XXI, 22 et suivants.