‹ De la souveraineté temporelle du pape [microforme]Chapitre 8 sur 11 · XXXV · texte numérisé non relu

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per. Aussi dans la terre des Pharaons où Dieu, conformément à ses desseins éternels, laisse son Église durant quatre cents ans, la race sainte devient un peuple puissant qui inspire des craintes au roi d'Egypte. Ces craintes portent le tyran à opprimer le peuple d'Israël. Et cette persécution attentatoire à la liberté de l'Église irrite le Seigneur. Il frappe l'Egypte de dix plaies, eten retire son peuple qu’il conduit dans la terre promise où il doit retrouver sa parfaite indépendance.

Sous la loi écrite, l'Eglise, ou plutôt le certre de l'Église, forme un peuple libre, la nation gaine, gouvernée par une théocratie parfaite, jusqu’ à ce qu’un empire étranger, le colossal emipire romain dont les armées avaient déjà soumis le mqnde entier, voulut aussi dominer sur le peuple de Diéu: ‘. Alors Jésus-Christ descend sur la terre pour revendiquer lui-même ses droits souverains sur son Eglise, à l'exclusion de tout empereur, de tout roi, de tout souverain étranger.

D'abord, disons de suite que Jésus-Christ est venu en ce monde en qualité de roi aussi bien temporel que spirituel de son Eglise. Lui-mêômie l’a déclaré de sa bouche divine à Pilate qui lui demandait s’il était roi: ‘ Vous & l'avez dit ; je suis roi ; et: ‘C’est pour cela que je suis ‘‘ né et que je suis venu dans Je monde ” {1).

Il est étonnant de voir combien il y a d'écrivains même catholiques, qui trouvent objection à reconnaître en Jésus-Christ une royauté temporelle sur son Eglise.

Sans doute le verbe incarné n’est pas venu ici-bas pour prendre les rènes du gouvernement des peuples ; sans doute il a laissé aux nations le soin de se gouverner elles-mêmes au temporel comme elles l’entendront, les astreignant cependant aux règles de justice et de morale qu'il a définies pour les sociétés comme pour les individus. Mais pour ce qui est de son Eglise c’est toute autre chose. Jésus-Christ a laissé aux nations le pouvoir de se gouverner elles-mêmes, mais il n’a donné à aucune na-

(1) Joan. XVIII, 37.

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tion, à aucune puissance, à aucun empire terrestre, le pouvoir de gouverner son Eglise même au temporel. Où voit-on dans J'Ecriture, où voit-on dans les paroles de Jésus-Christ, où voit-on dans ses actes, que Notre-Seigneur, après avoir constitué son Eglise, l'ait soumise, pour ce qui regarde l’administration de son temporel, à tel ou tel pouvoir civil, ou même ait insinué qu'elle dût être administrée par un pouvoir civil quelconque ? Nous voyons tout le contraire comme nous le montrerons bientôt.

On objecte surtout que Jésus-Christ s'étant incarné pour sauver les hommes et les conduire à la vie éternelle, ne s’est point donné la mission d’exercer ni de donner aucun pouvoir temporel. Sur les nations, c’est vrai; mais sur son Eglise, c’est, nous le répétons, toute autre chose. Il ne faut pas oublier que pour sauver les hommes, il a d’abord créé l'Eglise, qu’il a voulu que cette Eglise fût indépendante, au-dessus de tous les hommes, et absolu ment libre, et que par conséquent il n’a pas voulu qu’elle fût régie, même au temporel, par aucun pouvoir humain. C’est pour cela qu’il l’a toujours gouvernée lui même par ses lieutenants ou vicaires depuis le commencement du monde.

“ Depuis la création, dit très-justement Maupied (1), “jusqu’à la venue de Jésus-Christ, Dieu, le Christ, Jé- ‘ hova, a toujours été le roi, le souverain temporel de ‘son peuple particulier, de sa nation sainte, du centre ‘“ de son Eglise, ayant pris ce peuple comme prémices ‘ de toutes les nations. Dès lors comment veut-on que “ le Fils de Dieu, étant descendu lui-même sur la terre, “ s'étant fait homme pour s’incorporer son Eglise dans “ l’unité, étant né de David pour reprendre sa royauté “ en propre, étant né comme il l’affirme lui-même pour “être roi, comment, dis-je, veut-on soutenir qu'il ait “ renoncé à sa royauté sur son Eglise, pour l’abandonner “au caprice des hommes? Nulle saine raison ne sau- “ rait admettre un tel paradoxe.”

(1) Page 178.

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