‹ De la spécificité de la Botryomycose: Étude bactériologique et anatomo-pathologiqueChapitre 11 sur 24 · FACE · texte numérisé non relu

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sont ceux du staphylocoque et qu'à première vue un tube semblable a l'aspect d’une culture de staphylocoque doré. Mais si l'on porte le même tube à l’étuve à 370 le botryocoque prend tout à fait les apparences extérieures du staphylocoque blanc, et l’on seratenté de considérer la culture comme une préparation de staphylocoque blanc.

Cela nous démontre une fois de plus l’analogie des caractères extérieurs du staphylocoque et du botryocoque : ils poussent en effet indentiquement sur agar, sur pomme de terre, sur bouillon, et sur sérum ; ils caillent le lait de la même façon; ils ne causent ni l’un ni l’autre la fermentation alcoolique en milieu sucré, donnent une réaction acide aux milieux dans lesquels ils poussent, ne produisent pas la formation d’indol et apparaissent dans les cultures sous forme de cocci immobiles. |

À côté de ces caractères qui tendent à identifier les deux cocci, il est bon de rappeler les différences considérables qui plaident en faveur de la spécificité du botryocoque.

D'abord, ce n'est pas parce que son aspect extérieur, sur les diverses cultures, est identique à celui du staphylocoque doré, qu’il faut l'identifier à ce dernier. En effet, l'agent de la fluxion périodique du cheval, donne des cultures sur gélose d'aspect et de coloration tout à fait identiques et pourtant, dans ce cas, la confusion n’est pas possible, car on a affaire à une Sarcine et non à un coccus (1).

(1 Dor. — Société des Sciences vétérinaires de Lyon. Décembre 1890.

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La culture en piqûre sur gélatine, quoi qu’en dise de Jong, nous paraît symptomatique et la production de ces tulipes décrites d’abord par Rabe, nous semble caractéristique. De Jong dit bien que, parfois, le staphylocoque peut donner un aspect analogue mais c’est plutôt une exception, tandis que c’est la façon de pousser la plus habituelle du botryocoque.

Le pouvoir liquéfiant de la gélatine est bien plus faible pour ie botryocoque que le staphylocoque, puisque la liquéfaction ne se produit pas toujours avec le premier. Si, parfois, la gélatine présente une liquéfaction analogue à celle du staphylocoque, elle est plus tardive et elle se produit toujours avec avoir donné plus où moins la forme de tulipe. Ces variations sont dues à des procédés différents de culture et de préparation, car, dans les expériences de Hell, de Kitt et de de Jong, où on a observé une liquéfaction en masse, il peut se faire que la cause était simplement l'emploi d’une gélatine très fusibie, ou bien l'apport d’une quantité de cocci considérables par l'euse, ou bien les deux causes à Ja fois.

Dans lescas où on n’a pas observé de liquéfaction, c'est que la gélatine se desséchait trop vite (de Jong), ou bien que les botryocoques avaient été inoculés en trop petit nombre.

Quand, parfois, sur des cultures en piqüre de la gélatine avec du staphylocoque, de Jong a observé une vague forme de tulipe, c'est qu'il s’est contenté de faire une piqûre peu profonde et qu'il a ensemencé trop superficiellement la gélatine. Dans ce cas, d’ailleurs, il n’a pu obtenir qu’un entonnoir de

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liquéfaction très irrégulier et constaté par tous les auteurs dans les mêmes conditions d’ensemencement. De plus, de Jong ne dit pas avoir obtenu à la partie inférieure de la piqûre faite avec du staphylocoque, cet amas de grains fins comme du sable produit par écroulement des colonies et séparés de la bulle par un canal très étroit de gélatine liquéfiée. Dans ces cas, il a seulement constaté à la pointe du sac une petite masse floconneuse d’un blanc jaunâtre.

En outre,le développement du botryocoque est plus lent dans les cultures quecelui du staphylocoque et c'est un fait que Kitt et de Jong ont parfaitement. mis en lumière. La liquéfaction claire de la gélatine est un phénomène habituel pour le botryocoque, tandis que la liquéfaction trouble caractérise ordinairement le staphylocoque.

On a presque toujours constaté la formation d’une pellicule à la surface des cultures sur gélatine du botryocoque, tandis qu'elle est l'exception avec le staphylocoqué doré et une rareté pour le staphylocoque blanc. |

Puis, les cultures du botryocoque dégagent une odeur aromatique qui rappelle celle des fraises, tandis que les cultures du staphylocoque pyogène sententle lait aigri.

Enfin, la culture sur gélose jauned’or à 300, devient blanche à 370 : c'est là un caractère différenciel très net qu'on n'a jamais pu obtenir avec le staphylocoque et qui entraine nécessairement les auteurs qui identiñent les staphylocoques pyogènes doré et blanc : ce que n ont pu faire encore les bactériologistes.

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Par conséquent, pour toutes ces raisons, malgré bien des points communs signalés dans les cultures des trois cocci en question et sur lesquels de Jong a fortement insisté, nous croyons qu'on doit reconnaître qu'il y a aussi un certain nombre de différences assez caractéristiques pour ne pas identifier le botryocoque et les staphylocoques du pus. Ondoit se contenter d’y voir des cocci voisins, mais pourtant différents.

Nous verrons, d’ailleurs, tout à l'heure, que le botryocoque est capable de produire expérimentalement dans les tissus la forme de müre, alors que le staphylocoque n’ajamais produit rien de tel.

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