I. — EXPÉRIMENTATION SUR LES PETITS ANIMAUX
Pour compléter l'étude du botryocoque, il nous reste à expérimenter, en variant le mode d’inoculation, les phénomènes qu’il produit chez Îles différents animaux.
Les différents auteurs ont inoculé d'abord le botryocoque aux animaux de laboratoire et ils ont complété leur expérimentation sur les chevaux.
Nous allons essayer d'exposer brièvement les résultats obtenus, nous les comparerons à ceux que donne le staphylocoque dans les mêmes conditions et de là nous pourrons tirer des conclusions.
Rabe, le premier expérimente sur les petits animaux. Il injecte des cultures pures de botryocoque à des cobayes qui meurent rapidement avec tous les symptômes de la septicémie. Chez les moutons et chez les chèvres il se produit brusquement un violent
œdème inflammatoire qui s'étend autour du point d'inoculation. Tantôt les moutons sont tués par l’inoculation du microcoque en question, tantôt il se produit simplement une nécrose de la peau au point inoculé. Les souris paraissent être immunisées contre le botryocoque.
Kit reprend ces expériences sur la souris, le cobaye, le lapin et la brebis. I1 note la formation d’abcès caséeux à la suite de l'injection sous-cutanée. Chez la souris, 1l n’observe aucun effet, tandis que chez les cobayes il observe, tantôt la mort par septicémie, tantôt Îa guérison. Chez le pigeon et le canard, il provoque une mort rapide avec œdème au point d’inoculation, hémorrhagie des grandes séreuses et congestion de l'intestin. Il constate dans les muscles et les tissus, au point inoculé, la présence d’une quantité considérable de cocci diffus. Il conclut qu'il y a eu,dans ces différents cas, action toxique du virus.
De Jong reprend ces expériences en les multipliant. Il se sert de cultures pures de botryocoque provenant des grains jaunes du botryomycome d’un cheval.
11 relate 33 expériences faites avec le botryocoque sur les petits animaux de laboratoire.
Il inocule 9 cobayes, 6 sous la peau et 3 dans Îla cavité péritonéale.
Des cobayes injectés sous Îa peau 5 présentent des abcès d'inoculation, un seul montre une inflam-
mation qui rétrocède. Sur les 3 petits cobayes inoculés dans la cavité
Te
péritonéale, 2 meurent de péritonite septico-purulente, le dernier se rétablit après avoir présenté un abcès au lieu d’inoculation.
Chez les lapins il pratique 11 inoculations dont 5 sous-cutanées, 4 intra-péritonéales, et 2 intra-veineuses.
Injection sous-cutanée (5): 2 morts par septicémie, 2 cas d’abcès purulent au point inoculé, une inflammation localisée et qui rétrocède.
Injectionintra-péritonéale (4): 1 mortpar péritonite septico purulente, 2 morts par péritonite purulente. Le 4e lapin ne présente aucun symptôme morbide.
Injection intra-veineuse : 2 morts par septicémie foudroyante.
Chez le chien 5 inoculations : 3 sous-cutanées, 2 intra-péritonéales.
Inoculation sous-cutanée : chez le premier aucun symptôme; chez le second, un abcès au point inoculé; chez le troisième, une inflammation au point inoculé et qui rétrocède.
Quatre souris sont inoculées sous la peau; deux meurent de szpticémie, primitive, etles deux autres de septicimie consécutive à un abcès au lieu d’inoculation.
Deux rats blancs injectés sous la peau présentent une inflammation qui rétrocède.
De ces expériences il ressort que :
1° Le botryocoque, par injection sous-cutanée chez
le cobaye, pzut provoquer la formation d'abcès (5 cas) ;