‹ De la spécificité de la Botryomycose: Étude bactériologique et anatomo-pathologiqueChapitre 7 sur 24 · DONT EE · texte numérisé non relu

DONT EE

Voici quellessontlesconclusions de Rabe: « Les microorganismes en forme de grappe que j'ai trouvés dans les proliférations conjonctives du cordon spermatique chez les chevaux, se composaient de microcoques, dont la présence était la cause de la prolifération inflammatoire du tissu conjonctif. Ces microcoques peuvent se cultiver sur bouillon gélatinisé et sur pomme de terre: ils poussent toujours d’une manière identique ».

Kitt, en 1889, dans son Traité du Diagnostic de la morve et de la botryomycose, expose ses recherches sur la culture et les eftets pathogènes lu botryomyces. |

Il constate que, souvent, la croissance du micrococcus botryogène se fait, suivant la description de Rabe, mais il note quelques légères différences. Il résulte-de ses recherches, qu'il est très difficile d'après les signes de culture, de faire une diflérenciation entre le staphylocoque doré et le botryocoque. « Si je n'étais parvenu, dit-il, à isoler aussi nettement le botryocoque à l'état pur sur les différents milieux de culture, si je n'avais pas obtenu un résultat toujours identique en diluant la matière à ensemencer, je me serais rallié à cette opinion, que dans les foyers ramollis du mycofibrome, le microbe du pus accompagaait le botryocoque ; en effet, les colonies avaient absolument le même aspect que celles du staphylocoque doré ».

Sur les plaques de gélatine les colonies apparaissent comme des grains de sable irrégulièrement disposés, et faisant saillie à la surface de la gélatine.

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Sur pomme deterre, le développement était tout à fait conforme à la description de Rabe.

Sur agar glycériné, les colonies semblent jaunes de chrome, presque orange, comme des gouttes d'huile colorée, si bien que ces colonies sont tout à faitcomparables à celles que l’on obtient sur Ie même milieu avec le staphylocoque pyogène.

Kitt dit plus loin qu'il a vu que l'aspect des cultures du botryocoque pouvait varier avec la température; par ex°mple à la température d'incubation (370) les colonies sur agar pâlissaient et l'aspect pigmentaire était complètement différent de celui du staphylocoque doré, mais si on les portait ensuite à la température d'une chambre (300) elles reprenaient leur coloration jaune.

Les ensemencements faits sur plaques de gélatine ressemblaient à des cultures de staphylocoque. Kitt voit apparaitre des petits points jaune sombre, isolés, saillants comme des pointes d’aiguille et autour desquels la gélatine se liquifiait en godets. La gélatine se liquifiant complètement à la surface, on pouvait faire rouler comme des gouttes de mercure les colonies qui nagaient dans la gélatine liquéfiée.

Les ensemencements par piqûre sur gélatine de ces colonies isolées ont montré un développement analogue à celui du staphylocoque pyogène doré.

Kitt conclut en disant que « les cultures du microphyte étudié lui ont donné l'impression que le microcoque botryogène ou ascoformans, n'est pas autre chose qu'une variété du staphylocoque doré.»

SE ce [reconnaitbienquesi,surpommede terreetsuragar, les-colonies ont la plupart des caractères des cultures du staphyloccque pyogène doré, pourtant elles sont moins proéminentes, moins brillantes sur pomme de terre et plus affaissées. [1 est forcé d'admettre enfin qu’il na pas de connaissances suffisantes, pour le moment, pour se prononcer pour ou contre l'identité du botryocope et du staphylocoque, et il reconnaît qu’il n’a pas la prétention d'avoir résolu la question, mais seulement de l'avoir soulevée.

Tell, à la même époque, fait des recherches surle botryomices, et cela,enignorant totalement les expériences et les idées de Kitt. Il constate la présence simultanée, dans le pus des chevaux, du botryomyces et du staphylocoque pyogène soit doré, soit blanc. Il en déduit que les microorganismes qui se trouvent dans les grappes botryomycosiques ne sont que des cocci du pus. Il prétend, en outre,que les cultures préparées avec le pus du botryomyces ont donné du staphylocoque blanc ou du staphylocoque doré. Il fit des cultures sur agar glycériné et les ensemença soit avec des grains botryomycosiques, soit avec du pus: il obtint toujours du staphylocoque. D'où il conclut que les grains botryomycosiques sont formés par Îles cocci du pus. Il n’a donc fait que constater une fois de plus l'apparence extérieure identique des cultures des cocci en question.

Ainsi donc, les propriétés des cultures décrites par Rabe n'ont pas été confirmées dans leur ensemble par Kitt et par Hell. Kitt croit que le botryocoque est un staphylocoque pyogène doré qui peut

Es prendre chez le cheval l'aspect de cocci agglomérés en grappe. Hell pense que le microcoque botryogène est une forme des staphylocoques doré et blanc.

Tout récemment de Jong a repris la question. Il a expérimenté avec les grains botrÿomycosiques qui provenaient de petits botryomycomes siègeant au membre antérieur droit d’un cheval.

Dans certains cas, il obtint par culture sur gélatine, de très belles bulles en forme de tulipe. Mais cet aspect ne fut pas constant, et la plupart du temps il obtint une iiquéfaction de la gélatine analogue à celle que produisent les staphylocoques pyogènes doré et blanc. La végétation en tulipe n'est pas un phénomème constant comme le croyait Rabe; elle est influencée par le point d: fusion de [a gélatine, et elle n'apparaît que dans la vieille gélatine plus ferme, a point de fusion élevé. L'aspect en tulipe se présenterait aussi bien sur les cultures en plaques que sur les cultures en piqüre de gélatine. Il a remarqué aussi que la forme detulipe apparaissait surtout dans les cultures provenant d'animaux en expérience. Voici la raison qu'il en donne : dans ce cas l’euse n'apporte dans la gélatine qu'une faible quantité de microcoques, tandis que l'ensemencement provenant d'une autre culture apporte des cocci en nombre tellement considérable qu'ils produisent une liquéfaction complète.

= DeJong constate que dansla p'upart des cas, il se produit une liquéfaction analogue à celle du staphylocoque pyogène. D'autre part ila vu souvent une

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végétation ressemblant beaucoup à la liquéfaction en tulipe chez les staphylocoques aureus et albus; cela lui fait penser d'autant plus à l'identité du botryocoque et du staphylocoque.

La forme de tulipe serait donc fonction du pouvoir liquéfant qui serait plus faible chez le botryocoque que chez le staphylocoque, car le développement du premier est moins rapide que celui du second.

Afin de différencier les deux espèces en question, de Jong institua une série d'expériences comparatives sur des cultures. Il employa comme matière d'ensemencement Îles cultures qui avaient poussé en

donnant par piqüre sur gélatine une belle forme de tulipe.

Expériences de de Jong

I. Gélatine. Il prépare en même temps des cultures de botryocoque, de staphylocoque doré et de staphylocoque blanc, et remarque d’une façon presque constante le développement plus lent des premières cultures.

Les cultures de botryomyces présentent le genre de groupement quon nomme en bactériologie :

staphylocoque, il se voit surtout d'une manière remarquable dans les cultures sur milieux solides. Si on emploie le nom de staphylocoque pour désigner une forme des microcoques, on peut très bien dire dans ce cas: staphylocoque botryogène.

Dans s2s différentes préparations, de Jong a pu reconnaître le botryocoque sous l’aspect d’un diplo-

99 = coque dont les deux cocci séparés avaient une grosseur inégale et l'aspect d’une fève. Cette disposition est loin d’être caractéristique, puisqu'elle survient aussi chez les microbes ordinaires du pus.

Les botryocoques observés'(à l'exception des cas où ils ont la forme d’une fève) sont ronds, avec des contours peu nets, ce qui dépend, sans doute, du procédé de coloration, car ceux qui Sont colorés par la méthode de Gram ont des contours plus accusés. Leur taille est presque identique à celle du staphylocoque.

Le développement du botryocoque est beaucoup plus lent que celui du staphylocoque: en culture sur plaques on voit déjà à l'œil nu les colonies de celui-ci alors qu'il faut recourir au microscope pour reconnaître celles du botryocoque. Les staphylocoques ont déjà produit la liquéfaction, alors que celle-ci se fait encore attendre pour le botryocoque. La liquéfaction apparaît au bout de 5 jours chez ce dernier, tandis qu’elle existe déjà depuis 2 jours chez le premier. Pourtant dans certains cas de Jong a pu observer un développement plus rapide, presque aussi rapide que celui du staphylocoque.

Dans les cultures en piqûre sur gélatine, la végétation peut napparaiître que tardivement, et ce sont ces cas qui présentent les plus beaux exemples de forme de tulipe. Contrairement aux idées de Rabe, il peut se produire dans quelques cas une liquéfaction complète, mais elle demande toujours un temps considérable. Dans ce cas un mois suffit à peine. Mais il arrive que certaines cultures

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dépérissent sans avoir liquéfié la gélatine, par ce que celle-ci se déssèche trop rapidement.

En ce qui concerne maintenant, la liguéfaction, elle commence chez le botryocoque comme chez le Staphylocoque, dans le canal de piqûre, sur toute sa longueur. La liquéfaction de la gélatine s'étend ensuite à la partie supérieure pour former la tulipe. Plus tard seulement tout le cylindre de gélatine se liquéfis aussi loin que s'étend le trait d'inoculation. La partie inférieure du canal résiste longtemps et enfin se met à se liquifier tardivement.

A ce point de vue, aucune différence entre le botryocoque et le staphylocoque. Mais, comme on l'a déjà dit, la fliquéfaction produite par le botryocoque peut durer longtemps avant d’être complète. Dans les cas où l'on trouve la forme typique de développement décrite par Rabe, il se passe très longtemps avant que tout le cylindre de gélatine soit liquéfié jusqu’à la paroi du tube.

De Jong a comparé entre elles un grand nombre de cultures de botryocoque et de staphylocoque doré et blanc dans l'espoir d'obtenir — én observant les propriétés de la gélatine liquéfiée dans les cultures en piqüre — des pointsplus précis pour différencier les microorganismes sus nommés.

Au début, il pensait avoir trouvé une différence en rapport avec la pureté de la gélatine liquéfiée et avec la formation d’une pellicule à la surface. D’après ses observations portant sur un grand nombre de cultures de botryomyces, le botryocoque liquéfie la

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gélatine sans la troubler. Dans cette gélatine, claire et limpide, o1 voit flotter quelques petites masses bactériennes qui se rassemblent à sa surface. Le staphylocoque pyogène doré trouble la gélatine et on peut trouver, parfois, à la surface de celle-ci, une pellicule formée par les cocci. De mème, le staphylocoque blanc peut former une pellicule semblable et la gélatine présente le plus souvent un aspect laiteux, dû à des petits flocons microbiens en suspension dans le liquide.

Si cette observation avait été constante, on aurait trouvé là une différence caractéristique entre les trois microphytes, mais le botryocoque ne liquéfie

pas toujours la gélatine en la laissant claire, etil peut ne pas former une pellicule à sa surface. Le staphylocoque doré liquéfie la gélatine en formant tantôt une pellicule, tantôt en n’en formant pas. Le staphylocoque blanc peut liquéfier la gélatine sans la troubler.

In’estdonc pas question, ici, de différences caractéristiques.

D3 Jong ajoute, enfin, que le botryocoque en culture sir gélatine forme une matière colorante qu’on retrouve aussi bien dans les masses bactériennes réunies au fond de la gélatine liquéfiée que dans les pellicules de la surface. On a ordinairement affaire à une belle coloration jaune.

IT. Agar. — Sur Agar, le botryocoque forme des colonies jaunes comm? le staphylocoque doré, tandis que celles du stashylocoque blanc se différencient

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