PALINURUS VULGARIS
Les spermatozoïdes de Palimtrus m'ont paru présenter une des formes les plus simples ; aussi n'en dirai-je que quelques mots. Je tiens seulement à attirer l'atlenlion du lecteur sur les fig. PI. VII, 109 à 121 qui reproduisent des spermatozoïdes pris dans le canal détérent, traités par un mélange à parties égales de liqueur de Ripart et Petit, et d'acide osmique au centième, et colorés par le vert méthyle acétique. Ces spermatozoïdes étaient composés d'une vésicule sphérique aplatie, surmontée d'un noyau plus ou moins altéré et atrophié. Sur la paroi de la vésicule se trouve un dépôt remarquable de grains chromophiles parfois très volumineux qui forment un crépissage très irrégulier. Ce dépôt existe toujours abondant au voisinage du noyau, et constitue là un disque ou plateau comparable à celui que nous avons déjà vu chez les Pagurides, et qui est la tète du spermatozoïde.
Dans les fig. PI. VU, 109, 110, 117, 121 les grains formant le plateau sont particulièrement gros et distincts. Dans les fig. 1 1 1 , 112, 115, lU, 115,116,118, 120, les grains plus tins et plus pressés sont moins distincts. En fig. 119 les grains se sont réunis en une grosse lentille massive. Le dépôt formé sur le reste des parois de la vésicule varie beaucoup et comme quantité et comme disposition. En fig. 1 14 et 119, il est nul; en fig. 112, Uo, 115, 116, 120, 121, il est discret et composé de grains fins. En fig. 109, 110, 111, 117, 118, le dépôt est composé d'éléments plus nombreux et plus volumineux. Le plateau dépasse parfois le diamètre de la vésicule (PI. VII, 1 14, 115), ce qui tient probablement à ce qu'il n'a pas pu se rétracter comme cette dernière.
Quant au noyau, il a pris des formes très variées, s'est ratatiné,
ridé, aplati, ou bien est devenu saillant et en bâtonnet comme Vappcndice nucléaire de Pagiirus strialus. Quand il est encore volumineux (PI. Vil, 109, HO, 111), il ne renferme que quelques rares grains chromophiles. Mais il peut être très réduit (PI. YII, 112, 115, 116, 117, 118, 119, 120). 11 peut avoir entièrement disparu (PI. VII, 115).
Ces spermatozoïdes m'ont paru manquer de prolongements proloplasmiques. Comme l'observation a été faite à la fin de février, il est possible que ces éléments eussent déjà subi une certaine résorption, et je n'affirme point que ce soit là la règle générale. C'est un fait à contrôler.
Je n'ai pas aperçu de tigelle proprement diîe, mais seulement parfois des Iractus délicats porteurs de quelques petits grains chromophiles (PI. VII, 110, 111, 112, 120).
Grobben * a décrit les spermatozoïdes de Palinurus vuîgaris. Dans les deux uniques figures qu'il en donne, il les a orientés, la vésicule en haut et le noyau en bas, contrairement à ce qu'il avait fait pour Astacus, mais conformément à ce qu'il avait fait pour le Homard, les Pagurides. Il avoue du reste que, n'ayant pu observer les phases du développement, il ne saurait affirmer que l'orientation qu'il adopte est vraiment la bonne.
Il place donc la vésicule en haut et la tête en bas, et dit que la face inférieure du spermatozoïde est légèrement aplatie. La tête a la forme d'un gâteau ou disque. Il a trouvé deux prolongements radiés, mais souvent aussi trois, et il considère ce dernier nombre comme le nombre normal. La fig. lîi de Grobben, qui représente un spermatozoïde vu de champ, est intéressante par l'inlerprélation qu'elle comporte; elle montre bien, en effet, une grande vésicule claire à la base de laquelle se trouve la tête sous forme de gâteau ou disque un peu renflé au centre. Dans la vésicule pas de ligelle, mais, partant de la têle, quelques stries fines, radiées et granuleuses qui rappellent bien certaines formes, que
' Grobben ; loc. cit.
SPERMATOGEN'ÈSE CHEZ LES CRUSTACÉS DÉCAPODES . 235
prend chez quelques Crustacés le contenu de la vésicule pour aboutir à la formation de la lip:ellc.
Enfin, appliquée sur l'autre face de la lête une légère éminence claire, hyaline, sans grains chromophiles, qui sont pour moi les restes du noyau. Cette flgure s'accorde parfaitement avec les figures que j'ai données, mais le noyau est encore plus altéré et ratatiné que dans la plupart de ces dernières.
Je n'ai trouvé de description des spermatozoïdes de Palinurus ni chez Gilson, ni chez Hermann. Ce dernier se borne à dire qu'il a observé chez la Langouste la vésicule céphalique à l'état d'un petit corps situé dans le protoplasma cellulaire, ayant de 3 à 4- ^ de diamètre, et comprenant deux parties dissemblables : un hémisphère se colorant vivement parle carmin, l'autre incolore et transparent, se gonflant notablement dans l'eau. C'est, dit- il, la forme la plus jeune ou la plus réduite de vésicule céphalique qu'il ait observée. Il n'a trouvé chez cet animal aucun autre stade de développement ni antérieur, ni postérieur, jusqu'à l'état adulte.