‹ De la spermatogenèse chez les crustacés décapodesChapitre 23 sur 31 · CHAPITRE XIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII

DHOMIA VULGARIS

La spermalogenèse de Dromia vulgarîs ne m'a rien présenté de spécial. J'en donne ici un court aperça pour prouver, par un exemple de plus, que les traits essentiels de structure el de processus sont identiques chez tous les Décapodes.

§ \. — De LA VÉSICULE.

Elle se développe comme dans tous les cas précédents. Elle conserve une forme globuleuse sphérique, plus ou moins aplatie, comme cela arrive le plus souvent chez les Brachyures.

Il se dépose une coupole ou calotte chromophile granuleuse qui d'abord convexe (PI. VU, 215, 214, 215) acquiert bientôt une dépression ou invagination centrale légère (PI. VII, 194, r.>5, 196, 211, 212, 216). C'est là une tendance générale déjà observée chez d'autres Décapodes, et qui aboutit à un résultat plus ou moins accentué. Ici la dépression est le plus souvent légère, mais sensible. A part ce dépôt constituant la cloche, il se forme encore un dépôt sur le pôle opposé, et qui consiste le plus souvent en un anneau de grains chromophiles, qui semble délimiler l'oriflce de la vésicule, et en un petit amas placé au centre de cet anneau inférieur, amas qui correspond à l'extrémité inférieure de la ligelle, et qui appartient en réalité à celle-ci, comme le prouvent les fig.(Pl. VU, 211, 212).

§ 2. — De LA TIGELLE.

La ligelle commence, comme toujours, par une première condensation dans la cavité de la coupole, qui se propage plus ou moins sous forme de lige feutrée dans l'axe de la vésicule. La ligelle

SPERMATOGENÈSE CHEZ LES CRUSTACÉS DÉGAPOUES. 2')^

est pliîs on nioins différenciée suivant que le fenlrnge esl disséminé et n'est pas réuni en lige(PI. VII, 212, 215, 21i, 215,210) ou JDien qu'il esl conslilué en inie tige plus ou moins délicate (PI. VII, 21 1), ce qui esl plus rare. Elle paraît manquer ou n'être pas visible dans bien dos cas (PI. VII, 194, 195, 196). Elle est composée d'un feutrage délicat au sein duquel se trouvent assez souvent des grains chromophiles. Quelques-uns de ces grains se réunissent à rextrémilé inférieure de la ligelle pour constituer le petit amas situé au centre de l'anneau chromophile inférieur de la vésicule, la rélraclion du contenu vésiculaire, d'où résulte la formation de la ligelle, donne une explication salisfaisante de la dépression centrale de la cou pôle -

§.5. — Modifications du noyau, du protoplasme et de la membrane CELLULAIRE.

Le noyau obéit ici à la loi commune. 11 tend à s'altérer et à disparaître. 11 perd sa chromatine, il s'aplatit, et on l'aperçoit tantôt comme noyau atrophié mais encore faiblement colorable (PI. VII, 2!5, 214, 215), tantôt comme une lentille claire et incolore (PI. VII, 211, 216). Mais dans les spermatozoïdes mûrs, il a entièrement disparu.

Le protoplasme aussi a décru, s'est résorbé, et n'est plus apercevable. 11 ne m'a pas paru fournir des prolongements radiés. Dans tous les cas, je n'ai pu en apercevoir.

Je n'ai pas observé de cas bien nets de foraiation de manchon hyalin, ou vésicule secondaire, mais cependant la flg. PI. VII, 21 1 indique qu'il doit s'en former dans quelques cas. On y voit en effet le contenu de la vésicule qui a fait saillie par l'orifice de cette dernière, et la ligelle qui fait saillie par cet oriûce comme dans les cas où il s'est formé une vésicule secondaire par la distension de la membrane cellulaire.

On voit que les spermatozoïdes de Dromia rappellent fort ceux des autres brachyures que j'ai étudiés.

256 A. SAIJATIER.

§ 4. — Exposé kt cr'tiqie des travaux antérieurs sur

LA SPERMATOGENÈSE DE Dromîa.

Grobben' a consacré quelques lignes à la description dossperniatozoïïles de Bromia vulgaris. Il leur reconnaît un corps en forme de gâlean renfermant une lête de même forme. Grobben affirme avec juste raison que l'appendice médian, c'est à-dire le lioyau, manque enlièremenl. A la face inférieure de la lête (face supérieure pour moi) il a vu une couche épaisse du protoplasme qui joue le rôle de porte-rayons (Slrahlenlrager), et de l'exlrémilé inférieure de laquelle naissent trois courts rayons.

La situation de celle couche proloplasmique que Grobben figure comme recouvrant la convexité de la tète du spermatozoïde (cloche ou coupole) et Tabsence pour moi de rayons (que Grobben qualifie d'ailleurs de courts) me portent à penser que cette couche proloplasmique porle-rayons de Grobben n'est qu'un restant très aplati du noyau dépourvu de chromatine ou pauvre en celle substance, et tel que je l'ai représenté dans mesfig. (PI. VII, 211, 215, 215, 216).

La zone de protoplasme porle-rayons n'est jamais en effet chez les autres Décapodes siluée sur le sommet de la cloche, mais autour de sa base ou orifice.

Gilson^ reconnaît que les spermatozoïdes de Dromia différent très peu de ceux du Ca-çinus mœnas. Il fait remarquer cependant que le renflement du sommet de la tigelle (extrémité inférieure pour moi), rare chez Carcinus, est fréquent chez Dromia. il reproche avec raison à Grobben d'avoir donné aux spermatozoïdes de Dromia une forme plus aplatie que l'état naturel. Quant an StrahlentrCiger de Grobben, Gilson pense que ce naturaliste s'est mépris sur sa signification. Celle partie représente pour lui, à n'en pouvoir douter, les restes de la vésicule. Comme moi, Gilson n'a pas vu de prolongements proloplasmiques chez Dromii, et il

* Grobben ; loc. cil.

- Gilson ; loc, cit.

SPERMATOGEXÈSE CHEZ LES CnUSTACÉS DÉCAPODES. 257

consiilèrc les filamenls figurés pnr Grobben comme des lambeaux déchirés de la vésicule.

Gilson cl moi sommes donc d'accord pour penser que Grobben s'est mépris sur ce qu'il a appelé Strahlentràger, mais nous différons lolalemenl sur la significalion à donner à celle partie. Gilson y voil des restes el des lambeaux de la vésicule. J'y vois au contraire des restes altérés du noyau. Celte dernière opinion ne pouvait se présentera l'esprit de Gilson, puisqu'il considère que chez Dromia, comme chez tous les autres Décapodes, le noyau, loin de s'allércr el de disparaître, forme la coupole ou cloche, et recouvre la vésicule.

Nous savons que c'est là une erreur. Mais en admettant même qu'il en fût autrement, l'interprétation de Gilson à propos du Strahleiitrager est réellement inadmissible, car les débris de la vésicule ne sauraient se trouver dans aucun cas sur la convexité de la coupole, puisque la vésicule est enfoncée dans la concavité de celle-ci. Or c'est bien sur la convexité de la tête {An derUnterseite des Samenkopfes ' ), que Grobben place celte couche de protoplasme qui forme le Slrahlentrdger, c'esi-h-divc au lieu même où dans d'autres cas il place son Mittelzapfen, c'est-à-dire l'appendice nucléaire.

Je pense donc fermement que celte couche claire que Grobben a prise pour un porle-rayons, el Gilson pour les restes de la vésicule, est bien en réalité le noyau altéré, l'appendice médian, Miltelzapfen de Grobben, que j'ai désigné comme appendice nucléaire.

* Il ne faut pas oublier que Grobben oriente le spermatozoïde des Décapodes autres que l'Écrevisse d'une manière opposée à celle (jue j'ai adoptée, et que je justifierai plus loin, (.'e qui est infihieur pour lui est supérieur pour moi.

258 A. SAliATIEn.

Page 1