‹ De la spermatogenèse chez les crustacés décapodesChapitre 3 sur 31 · PREMIERE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIERE PARTIE

DESCRIPTION l'A- STRUCTURE GÉNÉRALES DU TESTICULE

Lelestiziiledes Thoracosirncés, que j'ai } arliculiéremenl étudié, présente des formes un peu variibles. Mais il peut être considéré d'une manière générale comme composé de deux parties; l'une proprement glandulaire, el l'autre comprenant les canaux de perfeclionneinenl et d'excrétion de la matière fécondante. Je m'occuperai surtout de la partie sécrétante proprement dite.

La portion glandulaire se présente sous la foime soit de tubes plus ou moins enroulés et dont les parois sont couvertes de diverticula {Carcimis, Pagiirus, etc.) plus ou moins nombreux, plus ou moins accentués et volumineux, soit des grappes d'acini formant par leur réunion des lobes plus ou [noins distincts {Astacus). Ces deux formes soûl plus difïérentes en apparence qu'en réalité, car elles peuvent être rainenées l'une et l'autre à des organes lubuiaires et cylindri(juf s sur lesquels se sont développées des évaginalions saillantes. Si les évaginalionsss sont fortement développées el ont pris des formes globulaires et sphériques voùimineuses, la forme acineuse s'est accentuée ; si les diverticula sont devenus très allongés el grêles à parois bosselées, la forme tubuleuse el pelotonnée a prédomiiié. Quoi qu'il en soit de ces différences superficielles, la structure fondamentale est la même dans les deux cas, et se résume en :

lo Une enveloppe membraneuse pourvue de noyaux, qui peut, selon les cas et selon les points, être constituée par un ou plusieurs feuillets superposés el plus ou moins indépendants sur lesquels je reviendrai ;

2" Un contenu cellulaire constitué par des cellules de diverses formes el de dimensions variées, destinées à fournir les spermalozoïilcs à la suite de transformations dont l'étude nous occupera longuement.

Je vais (l'nbord m'occiiper du conlenn lesliciilnire ; en traitant de l'oiigine des col'nles qui le conslitaent, j'aurai l'occasion de parler des enveloppes et d'en étudier la conslilulion et le rôle.

Mes recherches ont porté sur un assez grand nombre de Crustacés décapodes ; mais j'ai particulièrement étudié : Astacus fluviatilis, Pagurus striatus, Pagurus callidus, P. angulafiis, Paguristes maculatus Eupagurus Lucasi, Diogeiies varians, Carcinus mœnas, Maia verrucosa, Mata sqiiinado, Palinurus vulgaris, Homarus vidgaris, Scyllarus arclus^ hiachus scorpio, Stenorhynchus phalangiuni, D'ornia vulgaris, Corgsles dentatus, Palemon serratus, Palemon Treillanus, etc.

Les deux espèces que j'ai le plus régulièremont et le plus con&[i\mmen{Hn\\esonié[é Astacus flmiatilis ei Pagurus striatus . Celte dernière espèce, très commune à Celte, otïre l'avantage d'avoir une glande génitale d'un beau volume et située dans l'abdomen. Cette dernière région ayant une enveloppe molle, il est 1res facile de mettre à nu les viscères abdo:ninaiix, et d'isoler le double teslicule cylindrique qui est embrassé par les rameaux acineux de la glande gastro-hépatique. Je prendrai pour point de départ de mes descriptions ces deux espèces mieux fouillées, et j'indiquerai ensuite les particularités présentées dans les autres espèces que j'ai étudiées.

Le contenu tcsticulaire varie suivant les points. 11 est en effet des parties du testicule où se forment spéciale.nent les éléments spermaliques, d'autres qui servent simplement de tubes conducteurs ou excréteurs à ces éléments reproducteurs. Les éléments cellulaires qui occupent ces deux régions diffèrent notablement dans la plupart des cas ; mais nous verrons que certaines phases du développement peuvent singulièrement les rapprocher et même les assimiler complètement.

La cavité productrice de l'organe mâle considérée dans son état d'organisation complète nous a toujours apparu comme renfermant des groupes de cellules qui se distinguent les uns des autres par la structure des éléments cellulaires qui les composent. Ces grou|)es sont d'ailleurs le plus souvent assez netlemeiil localisés et séparés les uns des autres. En suivant les phases de leurs

i^l'EUMATOGENÈSE CHEZ LES CRasTACÉS DÉCAPODES. /

transformations sur des séries suffisamment nombreuses de sujets, et à des époques diflérenles, on peut constater que ces formes différentes constituent des phases successives de développement des cellules qui donneront naissance aux spermatozoïdes. On trouve donc très généralement dans les culs-de-sac glandulaires plusieurs générations de cellules reproductrices, qui se distinguent entre elles par une organisation qui correspond à la phase de développement à laquelle elles sont parvenues.

Ces cellules sont groupées par couches qui se recouvrent et s'emboîtent d'une manière plus ou moins complète, formant sur les coupes des croissants itnbriqués, les plus récentes et les plus jeunes se trouvant à la périphérie, appliquées à la face interne de la membrane glandulaire et les autres, plus anciennes et plus avancées, occupant le centre de la cavité.

Le plus souvent, deux couches seulement coexistent ; mais il arrive parfois qu'il y en a trois, et plus rarement jusqu'à quatre. Dans ce cas, les couches intermédiaires aux couches extrêmes, externe et interne, correspondent aussi à des âges et à des phases intermédiaires du développement cellulaire. Le nombre des cas où la cavité de l'organe ne renferme qu'une seule espèce de cellules est extrêmement restreint et ne correspond qu'à des périodes très courtes et très fugaces de la vie du cul-de-sac* glandulaire, la période de formation sous forme de bourgeon et sa période de déclin comme organe producteur. Ce sont là d'ailleurs des phases que les travaux antérieurement publiés ont peu ou pas éludiées, et sur lesquelles je me propose d'insister.

Il convient maintenant de décrire les diverses formes cellulaires auxquelles nous venons de faire allusion, et je le ferai en allant des couches jeunes et superficielles aux couches profondes ou âgées. Cette manière de procéder aura un double avantage. Elle nous permettra de décrire les formes successives qu'acquièrent les éléments cellulaires tesliculaires depuis la cellule germe jusqu'au spermatozoïde parfait, et d'indiquer au fur et à mesure les processus qui conduisent d'une forme à la forme qui en dérive immédiatement.

SAnATIER.

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