‹ De La SplénectomieChapitre 24 sur 124 · PAT · texte numérisé non relu

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mineux, devenu purulent après une ponction faite dix jours auparavant et ayant déterminé des phénomènes d'infection très accentués (amaigrissement, sécheresse de la peau, fièvre hectique). Renonçant à l'incision simple du kyste qui ne pouvait donner un résultat chez une personne aussi amaigrie et affaiblie, Kœberlé se décida à la splénectomie, tout en se rendant compte des diflicultés et des dangers de cette intervention. La tumeur adhérait à presque tous les viseères abdominaux et surtout au diaphragme. Aussi l'opération fut-elle laborieuse et de longue durée (3 heures), et la perte de sang assez considérable. Léfmort survint 17 heures après.

Le cas de M. Le Dentu (obs. 58) était aussi complexe. Le kyste splénique coexistait avec un kyste du foie. Le kyste hépatique fut incisé etfixé à la peau On tenta de traiter de mêmela poche splénique; mais celle-ci, très mince, se déchira et, le tissu de la rate saignant abondamment, on dut se résoudre à enlever la rate, ce qui fut très facile. La mort survint par shock la nuit suivante.

B. — Guérisons (15). — Neuf fois l'opération fut facile, soit qu'il n'existàt pas d’adhérences et que la rate fût très mobile, soit que ces adhérences fussent peu considérables.

Elle fut rendue diflicile par la résistance des adhérences dans les cas de Bergmann (obs. 63), Jonnesco (obs. 74), Péan (obs. 60), Sp. Wells (obs.64), Chalite (obs. 70), Moreschi (obs. 75). La déchirure des adhérences quiformaient une véritable symphyse phrénosplénique, détermina la déchirure de la paroi abdominale en plusieurs points et l'ouverture dela plèvre à deux reprises danslecas précité de Jonnesco; on eut ensuite quelque difficulté à arrêter le sang qui s'écoulait en nappe des parois de la poche splénique. La solidité des adhérences força Sp. Wells à laisser un débris de la paroi kystique adhérent à l'estomac, ce qui amena un écoulement de liquide jaunâtre par la plaie pendant quelques jours.

Les suites opératoires furent simples dans dix cas. |

Deux fois apparurent des phénomènes d'infection peu accentués (obs. 62 et 65). Le malade de Crédé prés@nta une leucocytose considérable (un G.B.pour 4 G.R.). miais passagère (obs. 61). L'opéréde Jonnesco fit de la congestion pulmonaire, celui de Bergmann de la pleurésie gauche.

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La guérison fut complète dans tous les cas, et elle se maintenait telle dans les six cas où l’on put revoir les malades 2 mois, 3 mois, 10 mois, 11 mois, un an et deux ans ans après l'opération.

Valeur de la splénectomie. — Au point de vue purement opératoire, on peut distinguer : 1° Des cas très faciles. Ce sont ceux où la rate est absolument libre et où son pédiculeest allongé. 2° Des cas moyens, les plus fréquents, où les adhérences, plus ou moins considérables, rendent l'opération plus pénible. 3° Des cas difficiles où il existe une véritable symphyse de la rate et des organes énvironnants. L'intervention devient alors plus dangereuse, du fait de la libération de ces adhérences qui détermine une hémorrhagie abondante et prolonge l'acte opératoire. Nous avons montré les difficultés qui pouvaient résulter de l'accolement de la tumeur à l'estomac dans les cas de disparition du ligament gastro splénique.

En dehors de ces dangers opératoires, la splénectomie n’en présente pas d’autres, car les phénomènes d'infection, qui peuvent apparaître, ne présentent ici aucun caractère spécial et doivent être évités par une asepsie rigoureuse. Nous ne comptons pas comme complication les troubles de leucocytose post-opératoire, qui sont toujours passagers et ne présentent aucune gravité.

La splénectomie, faite dans de bonnes conditions, assure une guérison rapide et complète.

Conclusions.

La ponction doit être rejetée, car elle est dangereuse par les troubles généraux d'intoxication et la suppuration du kyste qu’elle peut déterminer; elle est, d'autre part, d’une efficacité douteuse.

Bien que plus efficace, la ponction suivie de lavages ou d'instillations antiseptiques, doit être rejetée pour les mêmes raisons. Ces deux méthodes, essentiellement aveugles, ne peuvent constituer que des procédés d'exception qu'on n’emploiera, à titre palliatif ou curatif, que si l’on n’est pas én mesure de recourir à d’autres moyens.

De l'incision du kyste, pratiquée en un ou deux temps, on est en droit d'attendre de bons résultats. Cette opération présente l'inconvénient de déterminer une suppuration longue et parfois difficilement

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