‹ De La SplénectomieChapitre 40 sur 124 · A UE · texte numérisé non relu

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hémorrhagie, dont on eut de la peine à se rendre maître en raison de son abondance et que dans quelques cas on ne put arrêter (obs. 79, 80, 81).

L'origine de cette hémorrhagie fut ordinairement la libération des adhérences plus où moins étendues qui reliaient la rate à la paroi abdominale, aux organes environnants et surtout au diaphragme (obs. 79, 80, 85, 87, 90, 94, 95, 100). Fréquemment aussi il s'agit de la rupture d’un ou de plusieurs vaisseaux du pédicule au moment des tractions faites pour extraire la rate de l'abdomen ou pour diviser le pédicule en plusieurs faisceaux. Deux fois l’hémorrhagie fut due à la déchirure de la rate (obs. 91 et 104 inédite). Elle se produisit après la ligature et la section du pédicule splénique dans le cas de Biziel (obs. 92). Dans quelques cas c'est au niveau des lèvres de l'incision abdominale qu'apparut un écoulement de sang très abondant (obs. 87, 92, 100, 102).

Les onze autres observations ne font pas mention de la production d'une hémorrhagie pendant l'opération, ce qui ne veut pas dire qu'elle n’ait pas existé, car beaucoup d’entre elles sont incomplètes.

Dans le seul cas de Browne (obs. 84) est notée l'absence d'hémorrhagie pendant, comme après l'opération. À l'exception de trois cas, sur lesquels nous ne possédons pas de renseignements, une hémorrhagie post-opératoire se produisit dans tous les autres et emporta le malade. 5

La cause de la mort n’est pas notée dans trois cas (obs. 86, 89, 90). Elle reste douteuse dans trois autres (obs. 84, 91, 95); mais elle fut problement due au shock et à l’anémie hémorrhagique. Dans tous les autres cas on trouva à l’autopsie une hémorrhagie capable d’expliquer la mort par elle-même, en raison de son abondance, ou ayant suffi à la déterminer en raison de sa production chez un individu déjà affaibli par une perte de sang antérieure, par des manœuvres opératoires prolongées, ou du fait de l’état anté-opératoire.

L'hémorrhagie s'était presque toujours produite au niveau des adhérences déchirées. A plusieurs reprises, on inspecta avec soin les ligatures du pédicule pour reconnaître si l’une d'elle ne s'était pas détachée ou si l’on n'avait pas omis de lier un des gros vaisseaux. On injecta même du liquide dans l’aorte pour rendre la certitude complète. Ce n’est que dans le cas de Billroth (obs. 82) que l’écoule-

Op

ment du liquide se fit au niveau d'une artère que le fil à ligature avait abandonnée. Plusieurs fois on trouva, en même temps qu'une hémorrhagie intra-péritonéale un amas considérable de sang entre les lèvres de l’incision pariétale (obs. 92, 97, 101), ou une infiltration sanguine, parfois abondante de la paroi (obs. 87, 91, 95).

Le poids des rates enlevées fut en général de 3 à 5 kilogrammes.

:$ 4. — Valeur de la splénectomie

La splénectomie faite pour mégalosplénie leucémique constitue, comme nous l'avons vu, une opération d’une gravité extrême (87,7 p. 100 de mortalité) (1). Les deux cas de guérison appartiennent à la leucémie au début. Il en résulte exactement que la splénectomie pour splénomégalie compliquée de leucémie accentuée, de leucémie à sa période d'état, a donné une mortalité de 100 p. 100. Ce ne serait que dans la leucocythémie au début que la splénectomie présenterait quelque chance de succès. Nous aurons à nous demander si elle est admissible dans ces conditions.

Quels sont donc les facteurs qui rendent cette opération si fatalement mortelle ? Il n’y en a que deux, qui, du reste, s'unissent presque toujours, se sont : l’hémorrhagie et le shock, le premier étant beaucoup plus important que le second.

Nous négligeons à dessein les complications inflammatoires qui ne présentent ici aucun caractère spécial, certains accidents inattendus et indépendants de l’acte opératoire, et même le volume de la rate qui, il est vrai, complique l'intervention, mais qui n'a pas une importance considérable. |

Le shock est dû au retentissement que détermine sur un organisme déjà affaibli une opération longue et pénible, en raison du nombre et de l’étendue des adhérences périspléniques et de la nécessité de pratiquer une hémostase toujours difficile, sinon impossible. Mais, comme on le sait, cette dénomination a souvent été employée pour cacher l'ignorance de la véritable cause de la mort. Il est probable qu’il s'est parfois agi d’une septicémie et plus souvent d’une hémorrhagie survenue chez un individu affaibli. Dans le même ordre

(1) Les différentes statistiques sont à peu près d'accord sur ce sujet : 100 p. 100 (Thernton et Wright), 96 p. 100 (Spanton), 86 p. 100 (Douglas).

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