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CHAPITRE X

De la splénectomie dans la tuberculose, la syphilis et la dégénérescence amyloïde de la rate.

$ 1. — Tuberculose.

La tuberculose splénique secondaire détermine parfois une hypertrophie assez considérable de l'organe, qu'il est possible de diagnostiquer en raison des autres localisations de l'affection. Maïs la diffusion des lésions rend ici toute intervention inutile. se

Il n’en est pas de même pour la tuberculose primitive de la rate, affectionrare, dontla suppression présentele grand avantage de débarrasser l'organisme d’un foyer bacillaire unique. Malheureusement le diagnostic de cette affection est absolument impossible, et toujours la tuberculose splénique primitive sera confondue avec les diverses splénomégalies chroniques. A ce titre, nous aurions dû comprendre son étude dans celle de ces hypertrophies ; mais nous avons cru utile d’attirer spécialement l'attention sur elle.

Marriott, St-Lawrance Burke et Bland Sutton ont eu l’occasion d'enlever des rates tuberculeuses. Les opérés de Marriott et de Sutton, chez lesquels la rate était mobile, guérirent et continuaient à jouir d'une santé excellente, 8 mois et 1 mois après l’opération (obs. 274 et 275): celui de St-Lawrance Burke mourut de péritonite (obs. 273), (1)

$ 2. — Syphilis.

La syphilis de la rate, acquise et surtout héréditaire, est fréquente,

(1) Comme autre exemple de tuberculose primitive, probable, de la rate ayant entraîné une intervention, qui fut la splén otomie parce qu'il s'agissait d’un ne nous rappellerons le cas de notre maître, M, Mana (voir page 49),

mais elle ne constitue que rarement une affection chirurgicale. Ou les enfants qui en sont atteints meurent en bas-âge, ou l’hypertrophie splénique disparaît ou n’entraîne pas de troubles notables, grâce au traitement spécifique.

Il arrive cependant que, malgré cette thérapeutique, la rate garde un volume suffisant pour déterminer des phénomènes pénibles. Dans ces conditions, on peut songer, si l'état général de l'individu est bon, à enlever cet organe On ne fait qu'obéir ainsi à cette loi de thérapeutique générale de la syphilis, qui nous apprend que certaines lésions spécifiques, arrivées au stade de sclérose, ne relèvent plus qu'incomplètement du traitement hydrargyro-ioduré et doivent être traitées chirurgicalement.

C'est probablement dans ces conditions, que Mancutso eut à intervenir chez un enfant de six ans, dont la rate pesait 1.400 gr. La guérison fut complète (obs. 276).

$ 3. — Dégénérescence amyloïde.

C'est à la suite d’une erreur de diagnostic que Mac Graw fit la splénectomie pour une rate amyloïde, compliquée de lésion analogue du foie. Une hémorrhagie abondante et mortelle résulta de la libération des adhérences (obs. 277).

Nous n'avons cité ce cas que pour être complet. Il est évident que la dégénérescence amyloïde de la rate, résultant d'une affection causale plus importante et étant associée à des lésions semblables d’autres viscères, ne relève pas de la splénectomie.

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