CHAPITRE V
Théories pathogéniques émises sur les maladies spécifiques. — Théorie de l'ensemencement et de la multiplication des germes ou semences spécifiques. >- Théorie des fermentations. — Théorie de l'action catalytique des virus, et des transformations isomériques de la substance organisée , comme cause pathogénique des maladies virulentes et miasmatiques. — Réfatation do cette théorie.
Nous 116 saurions donner une idée complète de la notion de spécificité, et déterminer la nature des maladies spécifiques vraies, sans retracer, dans ses traits essentiels, la pathogénie de ces affections. Nous avons ici un double travail à accomplir : l'un pour réfuter les opinions systématiques émises sur la pathogénie de l'état spécifique et virulent; l'autre, pour établir la légitime application de la doctrine étiôlogique générale à la spécificité morbide, et pour montrer que les caractères propres de celle-ci, loin d'être incompatibles, s'accordent avec les éléments essentiels de cette doctrine, et que la spontanéité des faits morbides est une vérité d'étiologie aussi bien jK)ur les maladies spécifiques que pour les maladies communes.
Je n'ignore pas que bien dés médecins estiment peu des discussions qu'ils appellent purement théo- ' riques; ils n'y voient qu'incertitudes ou illusions; raconter les caractères extérieurs des faits et leurs rapports les plus apparents, leur semble toute la science. Je ne puis partager ces sentiments. Je l'ai déjà et souvent démontré, toute certitude scientifique remonte nécessairement à des notions doctrinales , hors desquelles l'observation chancelle et s'égare, ne sachant quel est le terrain sur lequel elle marche, ni le but auquel elle doit tendre. Nous demanderons donc à la science pure, à la pathogénie des maladies spéciflques, la démonstration des vérités pratiques que nous cherchons à faire prévaloir suf la constitution et la nature de l'état spécifique. Voyons d'abord les systèmes dont il nous faut repousser les données premières et les conclusions.
L'idée pathc^énique des maladies spécifiques vraies réside, pour nombre de niédecins, dans une comparaison, ou même dans une assimilation de ces maladies avec les espèces végétales , ou avec les espèces animales inférieures et rudimentaires. Comme ces espèces , les maladies virulentes et miasmatiques naissent , dit^on , de graines ou de germes ; ceux-ci se développent lorsqu'ils rencontrent un terrain favorable; ce développement détermine et soutient le développement de la maladie ;
les graines ou germes frucit&ot eofUi ; et lorsque cette dernière manifestation de leur aetÎ¥itè est acœmplie , les germes se répandent au dehors , et la maladie s'éteint.
Cette pathogénie, toute en images, n'est p9S «é«^ rieuse, malgré la complaisance avec laqudle on la reproduit. Les comparaisons, en médecine, sont d'or* dinaire aussi dangereuses que faciles; elles tiennent lieu trop souvent de la raison des choses, et font perdre à l'esprit scientifique sa juste sévérité, fiaglivi le disait déjà : « Argumentatio à simili sicuti £adlior omnium est, ità si débité non instituatur, caeteris omnibus fallaciores deducit conclusiones. Nec aliuudè medicorum in inquirendo impaUentia tam apertè deducitur , quam à falsis similitudinibus , quibus illi tum in curandis morbis, tum in judicando de iisdem tantopere indulgent. »
Oui , celui qui, dans les questions générales de pathologie, se contente de ces analogies vulgaires, et de ces similitudes presque grossières qui encombrent la science, celui-là oublie bientôt tout sentiment réel de doctrine, et peu-à-peu finit par ne plus envisager en face aucune des conditions nécessaires de la vie et de la maladie. Il aboutit sur cette pente à de fausses conceptions qui, tôt ou tafd, siibstituent l'erreur franche au vague instinct du vrai qui peut-être l'inspirait d'abord. C'est ainsi que dans cette hypothèse des virus et des miasmes
gerjEBani par eux-mêmes, Torganisme n'est plus que le terrain offert à cette singulière germination ; le fseaixe et raclmté inorbides se trouvent , dès lors, déplacés; ils n'appartiennent plus à l'ûrganisme, mais à la graine qui germe. Non seulement la maladie spécifique spontanée devient incompréhensiUe; on ne saurait même comprendre cette spontanéité qui subsiste dans la maladie spécifique pfovoqdée, comme dans toute maladie. Par suite, l'action thérapeu^que ne doit plus tendre à modifier l'activité organique qui crée et soutient la maladie, mais à restreindre ou à étouffer les germes qui se multiplient, et couvrent de leurs produits tout le terrain vivant. Interprétations contraires à tous les enseignements pathologiques et cliniques. Réfuter en détail cette doctrine dès germes nous parait inutile; nous avons déjà montré ce qu'elle contient d'arbitraire et d'opposé aux faits d'observation. Du prétendu germe primitif à la prétendue fructification ultime, il n'y a aucun lien de génération directe ; entre les deux s'ouvre l'abîme de la vie organique, où les germes tombés s'anéantissent, ne laissant d'eux qu'un retentissement pi us ou moins prolongé, une impression plus ou moins profonde. De cet abîme vivant surgiront ensuite, par une lente et active génération ; des produits morbides nouveaux; lesquels éliminés de l'organisme sont germes à leur tour, et pourront provoquer ailleurs
laffection originelle dont ils soot la rqirésesitatiBn extérieure et physique. Cette physiologie des maladies virulentes et miasmatiques s'évanouit donc , dès qu'on la serre de près ; die ne peut satisfaire le besoin dé précision expérimentale que ressent la science moderne.
La chimie, la chimie. seule^ en s'emparantde la matière organique, devait tout promettre aux médecins. Après avoir déterminé, par les plus dâicates analyses, les conditions variées et changeantes des actes vitaux , et après avoir audacieusement présenté ces conditions toutes physiques comme le principe et la raison même de ces actes, elle devait aller plus loin dans cette voie, et chercher la raison des maladies là où elle croyait avoir trouvé la raison des fonctions organiques. Les maladies virulentes- étaient en tète de celles que la chimie devait soumettre à ses interprétations. Le virus pénétrant au sein de nos humeurs, les infectant et les altérant, n'ofiTrait-il pas à l'analyse chimique les plus attachants secrets à dévoiler 1 Quelle facilité, pour atteindre ce but, que celle de pouvoir expérimenter dans des conditions déterminées, et d'approcher, à volonté , d'un animal sain le virus infectant! Quelle conquête et quelle gloire d'éclairctr ainsi les plus obscurs probl&a(ies de la pathologie humaine f
Les théories n'ont pas manqué à l'appel ; toutes
tendent à s'appuyer sar cette chimie mystérieuse ei intime, qui ne se traduit pas par dès réactions eL des décompositions subites ou flagrantes , par des changements d'état complets' et frappant la masse entière au sein de laquelle ils s'opèrent, mais par des modifications lentes , successives ,* chimi* quement insensibles, qui laissent aux éléments organiques la même composition apparente , alors pourtant qu'un travail profond les possède et les transforme. C'est cette chimie, faite de lumière et d'ombres , d'illusions et de réalités , qui a conçu le3 théories des fermentations et des actions catalytiques, et essayé de définir, à leur aide, la pathogénie des maladies spécifiques. Bien des adeptes Eameux dans l'ancienne médecine, et, à notre époque, toute une cohorte de savants illustres se sont laissé entraîner à ces tentatives décevantes. Leurs noms sont en tel nombre , que nous renonçons à les produire. Nous attachant uniquement aux idées émises, nous choisirons, parmi les travaux les plus modernes, un exposé autorisé de ces idées; nous emprunterons successivement à MM. Mialhe et Robin leurs théories sur la pathogénie des maladies virulentes. Ces théories peuvent être présentées comme des types auxquels se rapportent toutes les autres ; l'une s'appuie plus particulièrement sur l'étude des fermentations, et l'autre sur l'étude des actions catalytiques.
Assimiler les virus à des fermenta, et les mdiadfes virulentes à des fermentations, est une opinion bien ancienne, et qui n*a jamais été abandonnée, tant elle avait de quoi séduire Ceux qui aiment les entreprises systématiques. Elle s'est renouvelée d'âge en âge , se transformant suivant les découvertes de l'analyse chimico-organique. C'est ainsi que là théorie des fermentations morbides a trouvé une forme dernière dans les travaux d'analyse dont les principales sécrétions ont été le sujet. Onareconnu, comme élément actif, dans les liquides sécrétés, des ferments organiques dont le rôle est de modifier , sans les altérer sensiblement , les diverses substances introduites dans l'organisme , de façon à rendre ces substances solubles et assimilables. M. Mîa- Ihe en s'avançant dans cette voie , is'est trouvé naturellement conduit à expliquer par des fermentations spéciales la production des maladies virulentes. Chimiste savant , il s'est cru appelé à résoudre les plus hautes questions de pathogénie médicale. La théorie chimique des fonctions de digestion et d'assimilation lui a fourni la théorie des maladies qui troublent ces fonctions. Les faits dé détail se sont effacés , à ses yeux , dans les vues d'ènseinble : il ne s'arrête pas à distinguer les venins d'avec les virus , malgré les différences cliniques qui les séparent. Les purs enseignements cliniques ontils une valeur qui puisse lutlt^ contre les inductions
delà chimie? Les venins et le$ virus produisent dans le sang , suivant M. Mialhe , des réactions chimiques anormales de même nature; il faut donc faire nue seule classe de ces agents et des maladies qu'ils déterminent. , .
« A cette classe, dit l'auteur de la Chimie appliquée , appartiennent le venin du serpent à sonnettes et autres , les virus de la rage , de la morve , du choléra , de la peste , de la fièvre jaune , de la fièvre typhoïde , de la variole , de la vaccine , de la syphilis, de l'infection purulente, etc. Nul doute que ces venins et que ces virus n'agissent sur l'éco- Domie à la n^anière de certains ferments , et ne se comportent avec les éléments organiques du sang , comme le fait la synaptase sur l'amygdaline , la diastase sur l'amidpn , la pepsine sur les matières albuminoïdes , etc. Et la preuve que l'action de ces venins et de ces virus est tout-à-fait analogue à celle des ferments, c'est que tous les agents médicamenteux qui annulent l'action spécifique des venins et des virus , sont précisément ceux qui anéantissent le plus aisément l'action spécifique des ferment^ : tels sont la chaleur , les acides puissants , les alcalis caustiques , les sels coagulants. On nous objectera peut-être ( l'auteur ne prévoit que cette objection î ) que deux des substances chimiques qui «mpêchent le plus complètement le développement de toute espèce de fermentation , le tannin et la
créosote , ne sont pourtant pas comprises au nom^ bre des agents anii-contagieax. Mais cette objection est sans valeur , car , à coup sûr , le ta&nin el la créosote agiraient infailliblement snr tons les genres de venins et de virus , comme ils agissent sur toute ésgèœ de ferment. »
La preuve unique apportée par M. Mialhe en faveur de l'assimilation des \'îrus et des ferments consiste dans ce fait que les mêmes agents détruisent et les virus et les ferments : il suffirait défaire remarquer que cette preuve , quelle que soit sa valeur, s'adresse au virus , fait extérieur , matière organique , et nullement à la maladie virulente. La chaleur , les acides puissants , les alcalis caustiques , mis en rapport ou en contact avec les virus rabique , morveux , varioleux , vaccinal , avec le pus infectant de la pyhémie , détruisent ces virus et ces pus : le fait n'a, certes, rien d'imprévu, ni de singulier ; ces agents détruisent toute matière orga^ nique; ils détruisent la matière virulente à laquelle on ne conteste ni l'origine, ni les prq)riétés organiques , ou qui , du moins , n'existe que dans et par la matière organique. Mais , en vérité , s'agilril de savoir ce qui détruit directement la matière virulente , et peut-on chercher dans cette action de destruction la preuve du mode d'action des virus au sein de l'organisme? Evidemment non , et c'est une étrange confusion que de conclure de l'un de
ces faits à Tâutre. Ce qu'il faut chercher , ce n*est pas la destruction facile de la matière virulente , c'est la neutralisation des troubles vitaux occasionnés par les virus ou les miasmes absorbés. C'est ce milieu nouveau qu'il faut interroger pour lui demander des analogies légitimes , et , sinon des preuves , du moins des probabilités de qudque valeur. Ces preuves ou ces probabilités, les seules dont la science des çialadies ait à se préoccuper, où sontelles ? Nulle part encore ; car la chaleur , les alcalis caustiques , les acides puissants n'ont jamais guéri une maladie miasmatique ou virulente , pas plus le typhus que la rage , la morve que l'infection purulente ou que toute autre.
Les anal^ies invoquées p|iT M. Mialhe valentelles ttîeux que les preuves qu'il apporte? Il est hors 4e dovte^ d'après ce savant, que les virus agj^sseot comme des ferments sur le sang, et se comportent avec lui comme la diastase avec Tamidon, et la pepsine avec les matières albuminoïdes. Sur quels fondements s*appuyent ces analogies? Où en est la raison prochaine ou éloignée? La diastase a pour témoin de son action sur l'amidon, la conva*si(Hi de l'amidon en sucre, et la pepsine prouve son action par la dissolution rapide des matières albuminoïdes. Les miasmes infectieux ou les viras exerœnt-ils sur le >£aiig une action pareille; iransformenlHls ce liquide en un autre
produit, Qif .^éiyeloppeAMls, ^Uj^Wiée ff >lî<|«ifrite» un produit nq^yie^ut Le viros;çd§ivJi^.i|jig|i^'^v certQSi un pru8,piij6sankH'modiû^Ml te^g^» iuî donae*t-il desquaUtôfi^pfgrtj^iffes^Tinatémd^ ment.apprépiables? Le virus ^e^l^ivae^^el (i§ ta variolevin^primprtril au sang qt»i:ej^l«:d9fi3 les yaiçsep^x, ^fle^ altérations .qu'il /spjt 'pos^bHiite sais|f,/e^ 4le déterminer t Qui ne sait la iK>Q<MÎfeT \^là^un y^riolepx dont )ajpQ9^ ya^ sa4)0u^^f de pus'M^^ , lesquelles Ipurniront en a^nda^qe le vic)^s^ <mijÇïaractérise la maladifs et-c^y^dasA île sang de^^y^ripleux, si^on l'ei^^^, lofo^d'étre
tra(|sfoi:mècoipme^usractîo94;^i^ iennept, présentep ,1qs .caractères du sang npfinal -, ou ai quelque ](9pdification ;apparalt ^dans^ss^-^eonstitulion, cett^ modification . e^l commune à^J'^eniiembleides pyi^exie^, sf. n'a rien de spà^al aa.cas pç^aent, quoique oç« ca§ soit en lui^ùiéinç p^iifondéfnent distipct dq to^t autre. Le sai^g des syphiliMqwsi, à un^Q^nt^ina période des accidents;. morbides, peut transmettre la syf^ilis ;. des expérijpentationç con* c)uajites semblent le pfwv^r : ç^ f^ng* soumis à tous les procédés d'analyse présenteci^peodant une composition analogue au sang des sujets non syphiJitiqaes*. Coqfiment induire de là que le iirîrus syphilitique agit à la, manière:. d(*Mû ferment, et transforme le sang 4X)mme la diastase tranforme les féculents et la pepsine les ipatières albumi-
QOiéestOà iroover une seule apparence de ces tnrnsfi^nnia^ns !si' facilement dd;mtses ou stippo- 9iè6?^}adl6 analyse probante, assurée, que chacun pQîsse conir^er et reproduire à volonté , permet de (dlesassertionfi? EméUre des lois générales est Fœuvre la plus grave <fei la science : est ce avoir conscience de cette oeuvre 6t de ses difficultés , que de poser des lois sans les appuyer , ni sur Tun de ces prioeipes qui orit pour eux Tévidence et ses certitudes , ni sur Tune de ces démonstrations expérimentales qui mettent à uù les conditions prochàiu^ de la production des phénomènes ?
J*ai hâte d'arriver à une forme plus voulue et plus niéditée de la pathogénie des maladies virulentes : M. le professeur Robin , dans un savant mémoire, a essayé de ranger Faction des virus au nombre des actions par catalyse isomérique , et dt? subordonner à un état catalytique des humeurs les étais de virulence et de patridité. Nous allons résumer dans ses points essentiels le remarquable travail de H. Robin , lu à la Société de Biologie sous ce litre: Sur tes Etals de virulence et de putridité de la substance organisée (1).
« La substance organisée par suite de Tinstabilité de sa composition peut, d'après M. Robin ,
(1) Publié liansl» Qazette médicale de Paris, 2 janvier 4864.
présenter plusieurs Diiodes d'altëraUoQ qa\ tsms^ cent en certains changements eatalytlqiio&<|al surviennent dans les sabs(anees «vgfiniqiieâr scxU; des humeurs, soit des âéiaeiuts' amtfomiqoes- Ces substances organiques ainsi altérées eonsenreat toutes les qualités physiques de Tétai normarl; mais au point de vue dynt^mique' elles ool àoqois la propriété de transmettre à toute autre sobstame organique saine un état anellogue au leor; c'est cette propriété nouv€ile, mienx connoe que kt perturbation de l'état moléculaire de 'Oea sutotâiices altérées, qui sert à désigner rakératioo • spéciale dont elles dont atteintes ; C'est YcUi^aiitm vinUenie des humeviTs et dès tis/ms. dette allôraiion s'établit par catalyse isomérique, c'est-èKKrei par une sâm^ pie action de contact qui, sans rien changer aux caractères physico-chimiques, transforme les pm^ priétés dynamiques. Le simple contact des subslances dynamiques ainsi altérées avec des subs-" tances saines d^spèce semblable ou d'itutre espèce , transmet à celle-ci le mode d^altératîon des premier res ; lors même que les substancesaltéréés apportées au contact sont en quantité minime, parce que la modification a lieu graduellement de proche en proche , molécule à mblécule.
* L'état virulent étant caractérisé par une modification cataly tique des substances organiques, il n'est pas étonnant , suivant M. Robia , de voir
cerlaînei^ mftU<dîe6 aiœt^Ienhecit ^ ^pidémicfuès ou e»déiiik[ties offirîr dés eas mdntlbsftes de contagion miasmatique , e^ftime la SBcrtte , le choléra , la dysenterie , la fièvre typhoïde ^ te typhas , ^tc. 11 suffit iqa'un individu atteint de l'uHe de e^ affections se troave placé danà des eoûdiâons tdtes que ses humeurs subissent une ceftainelaltéi^atioa à un degré pkis prononcé que dhez les autres malades. Les substances organiques altérées qui constituent le virus peuvent être entraînées par la vapeur d*eau qu*eî)iale le poumon, et rejefées dans l'atmosphère ; dès lors respiré par des populations entières, il se transmet à la matnière d'un miasme. C'est ainsi qa'agissent les virus varîolique, typhique, scarlatfneifTc, etô. Selon le mode d'altération des suhs- Uifnces organiques qui cause l'état virulent, le mode de tranknission de eeldi-ci varie. Ainsi les virus^charbonneux, syphilitique, rabique se transmettent par contact ou par inoculation ; le virus vacciu par inoculation seulement ; les virus de la scarlatine, du typhus, etc., par l'intermédiaire de I^air respiré seulement; le vii^us variolique par tous ces modes à la fois. Pour qu'une humeur virulente détermine une modification analogue à celle qui la caractérise dans les humeurs d'un autre mdivîdu, îl faut que ce dernier soit dans certaines conditions naturelles ou aceidentdles de constitufioD, de nourriture, etc. C'est ce qui fait que l'on
voit les vihis , mènie te syphilitique » (ue .pad^^roir ppîae sur tous ieB individus» et c^ostr deëiiWlîwâ diffirentes sur la coostUution de dia^uo^Lj^ îl -v
•Ainsi les virus ne sout pas u&etcbos&poodérafate, un corps, un (macipe distinct et:6ép^tr9U«^(t^ humeurs ou des. tissus; ce sont ces.tiisiiS ^^^çe& humeurs mêmes, iarrivis.gr^dueUemeniià i|4^<^tain étatd'ultèratkm /oem» s^bsMmH(!p,iiii{yii^\pBf^ ce sont le sug, le mueus, b QU^, les m^l^ole^^^'., devenus virulenls. r, "V| ^si>
<> Les miasmes, iras voi^n^ d^ virus, m^t des parliicules des substances organiques altéiréeSy.vdatiies ou emportées parles liquida voiatU^ V^rscde leur évapûratioo^ qui proviennent de^otis^s %ni> maux Qu végétaux pn :voi6 de dôcomposdtiQn^^^^es déjections^ de& exhalaijoos polm>nairâ^>Qu ^nda* rates d'animaux. sains oi^imaladiesi «et déierminei^i alors des acçidmte différents. : I^çur .. maai6f e de déterminer des accidents par transmission d^ Vétai d'altération^ quTii^ offrent 'e^t«dMlogH§tà cc^ujdes virus; le.teippsjgu'illautà paf^r diD/np^mK^kde l'action du mism^et poUr q«L'ilj»m^ I<^ra€c«d^ilt» morbides est analogue à celui:4uîvir4is..i^.^tpmps porte le nom à'inçub^iim. Quelque couvj^jgjie ^t ce temps, le mode d'action des maUéres 3îiralentes et des miasmes est bien diffèrent de $i|ini .d^i£Qir sons par sa lenteur e\ par la nature des accident^. Quand l'économie est en souffrance,,.le miasme i|ui
a oaiisô^ la :^uffrance n^yesdpkosîicesti'altémiioD (xm^èmàm clés bùtneui^ ert des tksus qui existe. Pour guérir ttlorS) ilî ne s'iig^yaa^ comme de fausses noiiotf&^jrles'miosBies^lefent dîre^de^détruiil^ ou de iïèÉ'lfâli96r'lô miasme, poisqu^il n'est pas fixé dans réiàôaomie à'«)a manière d^da poison, mais il s*agil'ée rafiloeû^ tes humeurs à \mt état normal par ded' moyens propres à faire -cesser leur état d'aiféïafion , et îion- par ceux (fui hâtent l'élimination des poisons.
» G^esi poiif n'avoir pas eonnu les i propriétés des substaneei» organiques, les lois qui président à leurs modifications isomériques , à leur décomposition , et à rinifluence des unes sur tea autres lorsqu'elles passent par cas divers états^ que beaucoup d'auteurs ont' admis, à tort, qu'elles. étaient le siège de qualités mystérieuses, inconnues et à jamais inex* plicables,^n raison d'uneorigine appelée surnature/^. >
«Ces- actions chimiques, ajouta M. Robin, dites indirectes, de contact ou catalytiques, ont été longt^nps considétiées comme de nature vitale, c'est-àdire, obscure et mystérieuse , ou comme dues à une cause siégeant en dehors du «orps même où se passaient ces actions. Rien n'est vital dans la production de dés états isomériques, dits virulents, des sttbMaâiûes organiques placées dans certaines cokididons«jdétermiaées ;vxiea n'est vital non plus
dans là transmission graduelle de tes êiàts, 'tnaismission qui s'accoraplit d'aprèé^ les lois mteesdes actions qui les ont amenés.il n'y a de vital qtte^les troubles que ces actions ainsi iransmiseB sueèttent dans les propriétés naturelies de la substance organisée jusque là demeurée saine. Si nous confiaissions à fond les modificadons tsomériques de la matière organisée â Tétat vitirient, no«« pourrions facilement ramener la substance modifiée docidentellement à son état naturel , c^st4-dîre , fkire cesser sa transmission nuiâMe, et, en d'autres termes , arriver à là^ thà^apeutiq^e dé ces effets accidentels. 1»
Nous avons tenu à présenter un exposé fidèle des opînioné de M. le professeur Robin. Cette théofie de la virulence, quoique ftous ne J)uissiondraéineltre, a le grand méritie de distinguer Félat viiHilenl de tout autre , d'en tracer les eonditiof)3 principales , et de marquer les différences profondes qui séparent les virus des poisons ; différences tdles queTltelion pathogénique des uns n'offre atieun point de comparaison avec Faction patfcogénîqoe des autresi II y a donc là un sentiment vrai des choses , auquel il faut applaudir d'autant plus qu'il esl rare. Seulement, si les problèmes sont posés, la solution donnée ne nous paraît pas en rapport avec la nature rédle des fbits.
L'état vîtulent, nous dit-on, est un état p«re-
ment ehimique : c'e&t^un changemeot catalytiqoè de» humeurs 6t des tissus. Telle, est la première assertion ; où en $st la preuve directe et formelle ? Nulle part , sinon dans les plus évidentes confU"* siops. Cett6 prétendue altération cataly tique , en effet) laisse dans toute son intégrité les caractères physico€bimiques des humeurs et des tissus ; elle ne se révèle que par une transformation des pro-* priétés dynamiques. S'il s'agissait ici d'une transformation des véritables propriétés dynamiques de la matière, la proposition émise aurait un sens et une valeur ; exacte ou non, elle ne serait pas en contradiction avec les données scientifiques, et ne conduirait pas à justifier un fait d'une nature déterminée, par d'autres faits complètement étran-* gers au premier et à sa nature. Lorsqu'on avance, en chimie, qu'il y a acte cataly tique, cela veut dire que la constitution de la matière restant anàlytiquement la même, cette matière acquiert d'autres propriétés physiques , et manifeste une activité chimique nouvelle. Ainsi par exemple, lorsque, par action catplytique, la diastase agit sur l'amidon , et la pepsine sur les matières albuminoïdes, l'amidon et les matières albuminoïdes, tout en conservant leur composition moléculaire , d'insolubles et inassimilables, deviennent solubles danâ DOS humeurs et prêtes à l'assimilation. Il y a là <in changement appréciable dans les propriétés de la
matière, et Ton appuie, ce cbaqgeinen^, par catalyse,, afin, d'iadiquer qu'il s opère par h siiR^jple présence d'une autre malière , et S9)P9 qu'il 5f>pU décomposition réelle de la matière qui 9^ tr^l^ forme. En d'autres cas, l'action catalytique aboutit à une véritable décomposition : telle est la décpi^T position . du s^cre en alcool , acide carbp^iqx;ie et eau, sous l'influence d'un ferment ou d'up^ niatière fermentescible. Ici les effets sont eucoi^ pljas marqués que dans le premier c$s ; on appelle ceUe décomposition, par catalyse, poqr téfnoignerqu^elle s'opère par la simple présence d'fin agent ^ouv^q, lequel n'entre pa3 lui-même dans les composés nouveaux qui surgissent. Observe-t-oç^riçp. /de comparable dans la prétendue action catalyti^l^^Jes virus? On affirme que nos tissus et nosj^umey ra sont catalytiquement transformés;. où est^l^îns faible indice d'une pareille transformation ?. Q^çUf est celle des propriétés physiques des tissuii e^rft^ humeurs qui se montre modifiée 1| Voici le sapg d'un homme que le virus rabique a fQQVidVifuaffff^ atteint , ou le sang d'un enfant qui ççuye ^^ fièvre éruptive : quelles différences les virqfy,^ qui âont censés le transformer par catalyse ,,0^1-11$ imprimées au liquide sanguin ? Là chimie ^i tnuette; ou plutôt elle reconnaît que les quaRtés du sang n'ont pas changé, malgré ^affection viruri lente dont souffre l'économie. Quelle est donp peUe action catalytique dont on nepeut saisir aucun effet?
Mài^ l'eflet , nons dit-onj n'est pas là où vous lé chfettfieir ; W est ^à côté', dfedi^ les propriétés dynailiî<iuete feî profondiêmènt inofclîfléfes dont la maladie sort tout enôèrel Certes, vdîlâ un effet appréciable, et dofift tiul ne saiïrèfit contester l'importance. Oui , maïs det effet n'a ntil rapport avec la^caùse à laquelle on le rattache, et on ne peut leïaire eiilrèr eh^ ligne de compte. Il s'agit d'actes et d'effets catalyflques, et non d'autres; tout doit ici demeurer dans Isi sphère delà chimie *pure. 11 faut prouver la (iatalyse comitoe' caiiise; par les résultats qu'une telle eau* comporte, et notï »par des résultats qui tiennent à l'ordre 'exclusivenfient vital : ceux-ci peuvent invoquer èomme leur cause une 'affection d'ordte vital , maiè non une altération chimique. Srfr qitelle raison' coricfiire dés troubles' nerveux qhl menacent cet individu fi'appé de la rage, ou de r^u^tioii qui va surgîr chez cet autre atteint d'une fièvre éruptîve, a tine altération catalyliqne dés* tissus et des hùntèbrs produite par les yiru^ rabroue, scartetifteux, rubéolîquè ? Ce n'est pas ]%\ii catalytique qti'il feut démontrer par les spasmes rabîques ou par 'l'exanthème cutané'; ce sont ces'épasmes et ces exafnthémeâ dont il faudrait établît la cause dians Pétai èataly tique; et la première chose à faire dans bebut, c*est de démontrer au prtalàble l'état catalytique, et d'^n puiser les preuves dans l'étude dh'ccte dé cet état lui-même.
Le système patbogénique fondé sur l'aciioQ ca- U^ytique des virus rnioique doac d'une ba^ ^ rieuse; ni FexpériiaeniaiioQ, ni Fobservatton, ni l'indoction analogique, n'autorisent à {iréseirier cette hypothèse comme le faiiimiîal et créateur des maladies spécifiques. €eHe hypoUièse eependaat^ toute arbitraire qu'elle est, s'aceorde-t-elle avec les caractères des maladieys q)éeifiques ^ tels que nous les avons retracés et que r<rf)sermtion'les consacre? Loin de là ; chacun de ces caractères condamaa la pathogénie par catalyse, et l'on retrouve ici œ démenti soutenu que les faits infligent toujours aux systèmes étroits et préconçus.
Comment expliquer la spontanéité 4e^ maladies spécifiques vraies , lorsque l'on aco^ie l'action catalytique des viru3 et des miasmes pour cause pathogénique de ces maladies? Dira-tH}n que sous l'action des causes comiXHines les humeurs et les tissus peuvent contracter l'état virulent? Hais observe-t-on , dans la chimie proprement ditd » l'état catalytique se produisant autrement que par agent et action catalytiques? L'agent n'est-il pas, ici comme ailleurs, la cause indispensable de l'acte? Woltrôn jamais deux liquides organiques placés dans les mêmes conditions, soumis ftux mêmes influences, et dont l'un se transformera par action catalytique, et dont l'autre n'offrira aucune trace d'action analogue? Ces faits ne s'observentste pas,
au camraires, journdl^enl dans 1 -ordre desmalaaies- spécifiques , et ne peat^on pas expéri«ienta^ leraent lescjiroduire? Sur un certain nombre de «betraax soumis aux mém^ conditions d'encombrement j ^lettnent mal . nourris et surmenés , !es «»& tontracteront ia morv^ les autres soufflriront, raaw sans tomber dians aucun état viraient et spéciflc|tie. ^e parais faits sont encore bien plus marqués dans la pathologie humaine, la frf»© riche de toutes , et aussi la plus varîaMe et la plus spontatiée. Comment expliquer la virulence dans un cas , et son absence dans famre? Pourquoi ici une transformation catalytique des humeurs, pourquoi cette ti-ansformation manque-t-elle ailleurs t Où est, dans la morve spontanée, cet agent catalytique q^i* doit de proche en proche changer l'état isomérique des tissus et des htimeurst Faudrait-ft ad- *wîttre la généraUon préalable et spontanée d'un virus qui ensuite attaquerait catalytiquemeol Xcs humeurs et les tissus? La doctrine des catalyses nous ramènerait donc à cette étranjge bypotiife^ ^ui, à dte seule, suffit à condamner les systètaes d où elle surgit.
Toirs les individus ne présentent pas vine fe%t\e aptitude à la virulence : les uns subissent. i%aT\s tesîstance l'action des virus, d'autres sont T'èfvaLC.VstVteis ^ celte action , vivefat au milieu des miaisinnLes, etx souffrent le contact înrimédiat des Vîrws , ^saiTïS eo
ressentir les effets spècifiqaes. GbtnnlëWf la dbbtrîhe des maladies 'Spécifiques par actîoii ïiàtâiytiqbè? s'accorde-t-€llè avec ces faits d'oKseîvatidn vWgairef Les lois physic^ehimiqu^â n'adimettebt*ifticiïne de^ces^^Varietiofi^, de ces^ inôéMitudes- que présentent', dansleors actes et dansf ledés ibfiËtiét^s, les corps vivants. Ceux-ci sont des cëfitiees pwi^^ d'activité et dé déterminations suocessivêâ: suiVànfC leurs inclinations accîdëiilelleé bti-^péàrmànentéè'. les actes sont tels^ôu tds; en vertu i3è ces itttilîiilations , par'eicemplè , îa maladie se dèd^réV 6ù la santé se fnaintieiit au milieu dMnfluéhcës ôcca^d* nelles identique^; En chimie rien'de pàreif : touf^'y est nécessaire comme lés activités imràanentes de la matière; il n'y a plus là d'ihdividiïs , mai^ des forces qui etnbras^nt le tout physiqiie, etlèjgbuvernent par des Ws inflexibles. Lorsque, "4ahs les conditions voulues , la diastase est eii l^port avec l'amidon , la pepsine avec les tnatiêfres albuminoïdes, un fenhent organique aveconc diséoïution de glycose, il y a transformàtidû dfe ceè i!natières; et cette transformation est fatale, dans toiites les circonstances pareilles ; il faudrait détruîfe le ferment pour que l'action catalytlqûe ti*eùt pas lieu. Pourquoi n'en est-il pas ainsi de l'action catalytique des virus ? Pourquoi sévît-elle» ici avec rigueur, tandis que là elle feit absolument défaut? Mais, nous dit-on : t pour qu'une humeur Vira-
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lente (jlétQi^R€^,i^,m9i4ifîç^qp aaaipgpe à celle qui . la q^cf^is^ dau§ \e^ buipeurs d'un autre i84ividu ,,U<Jaut que ce deroier soitdaop certaioes cQi^ftJQ^ nat^reUes ffu accidenlelles de coasûtutio^,4^ iKHirckpre^ e(^. > Ces ooodUîdOS, queUes so^.Mles ?, QAroe «saurait accepter» en scieûce» des tn^mest vagae^. et,iii)déteraiinéir^ au sujet de fiaits qui veulent 4ire pinécis ffiut ol^ir quelque autorité. L'QbsacyjptjîooiBtUeiîp^ii^eiU^tjyQnfiQnt^l^ doivent pern^0tr^49 caraotèri^ei^ Iqs conditions à la faveur 4^qnelles Vq^c^jon catalytiquo,di^ virus peois'ex^cei^. NVt-Qo pas précj^è les conditions des actes catalytiques quç l,a 'Cbimie observe t Pçurqjiioi sei;ait-on dan^ Tinip^is^lité d'indiquer les cpndlitioASi principal^ dai^s.; lesquelles, le .virus agira ? On e^f loin, cepf^ndant^. de dpnqer à ce ^ujet les plus siipplfs indications. Non seulenjent on ne sait^rie^ de c^ prèieQ(jiues conditions naturelles ou. açcideutd^es, maîa encore les propositions les plus coatradictoireç émises sur ces conditions, so^t,(^nfirméeç par Texpéj^ience. Ainsi. on peut cboi^ir des individus p^eés dans des conditions aussi exiactementj$çinl;)m)leP(que possible, et Ton yeçra la prétendue^ .action catalyijque . des virus, se produire chez .les uns ^ et fain^ défaut phez les,. antres; et daijLtre. paf t ^s individus souj|iis à.d/^s influences prpfqncfém^t différenties , é)qigpé3 par toutes ,4es cond;ty^n^^(d*fige»4ç,ge»3, de tempépamen^ d*bpibi-
tudes hygiÀniq«i6s , redsentiroilt peraHementr r«ction vivo)eiit« , et CMtractercmt simeltafiéïneftt-fet même mâMie âpéei&feei N*ese-<» pés là la^négs^Uèn pratique de ces condUtons nalurdles oa éééitfefrtelles^ iavo^nies poor parer à dé» difteoM» qui pesleat invincible» ?
Cette tiégatie» s-accentae et 8*éleàml dafnil tous les denSi Ce même iodlviâti qdi wH iPéd^jus^ qa'alers à l'âetioncontagieosed'ây^ tiAis, eèdera, à un lildifiieiit dodné , à la co»tagi6n^ et eela'safis que ses oonditions physiques aSeBt, en apparebce^ diangé^ Peurqud cett& résistance 'dans nrièa»',' et cette aptiuide dans Vautre ?SoutiéndrartH)n^oe les cmxjitions règles de ceft organisme se sont aeeidéiitellement modifiées? Ôù.e^t cette ' nkrdfficatiôn ? IVou serait pit>vemi ce(? a^ident ? Nous p&Mons , en effet de ces cas fréquents , où tîéii de notable n'est venu troubler TéqtiiHbre fonclionhel , où la vie commune s'est poursuivie san^ secousse, ni impression sensible; Et pourtant le virus qui, hier, sié montrait impuissant, demain, sur ce même organisme, provoquera un mouvement catalytiquè qui transformera la masse entière des tissus et des humeurs ! Singulière nouveauté qù*une cbhftft aussi mobileet capricieuse' dans ses procédés 1*
11 y a plus encore. Ce même individu qu'une affection spécifique aura saisi , deviendra, ponr lé reste de sa vie^ réfractaire à cette affection ; et cependant.
six oioîsi.uii ao , deax. ans après la maladie, la substaqise organique, hu meurs et tissus» se seronl coqdpliieaieQt reoQuvelés.; le nouvd individu n*a physiquemeat . plus rien gapdô de l'ancteo ; pourquoi eeUe hunuoitô ? Pourquoi n'y a^^l plus de catalyse possible sur ces humeurs et sur ces tissus? Pourquoi le virus jo'a-t^il plus son pouvoir chimiqyo BW un cprps qui cbimiquemmt n^a ri&a qui puisse le piésenver contre ce pouvoir? Tous ces Saijt^p et taat d'autcesi. ne sont-ils pas la réfutation vivj^nte de ees catalyses oommodes^ agissant on s'arrétMdt à la volonté de Tespril de systàme, mais que la nature moins faciledément à chacun doses actes, perce que, quoiqu'on en ait, TstfectioB âpécifique , comme toute maladie , demeure non une opération de la chimie, mais une cuivre de la vie eltetmème , et que c'est à la vie seule qu'il ftiu« demaader la raison de ses œuvres»
L'hypothèse de l'action catalytique des virus ne permet pas plus d'expliquer les période» diverses et l'évidution de la maladie spécifique , qu'elle n'en faî4 concevoir' l'origine. Si l'on réfléchit que cette action catalytique est censée s'établir de proche en proehe, et gagner gradueUement la totalité des hu*^ roeaTS et des tissus de l'organisme, on se demande camrment est possible la période d'incubation , et pourquoi l'explosion de la maladie spécifique est presque toujours brusque et vive. La maladie viru-
lente ne devrait«eUe pds 8:élaJtdir:{)ftP.4egPBB.06mine raltération virulente, 8ag6néfa|}secpea^|iâi^i:et successivement souleva* les symftààws qui1)Mè(dk sent ? Comment concevotrv ea outre, ^quecesoiëm les mêmes symptômes qui le plus sotvent^imitttisent les maladies par action catalytîque^' et k»^iâiH ladies par cause commune? Voîtà4es bamôOK'ei des tissus transformés par l'état virulent, et <!!^^'dant ils produisent des troubles lïiorbîded, QéVf^ et hypérémies, qui sont eotièréiAent comimralMes aux troubles morbides^ effectués 'par déi causes traumaiiques et acddentôllesv qoi latii^nt aux humeurs et aux tissas leurs propriélés natût^lles. Que' sigaîfie do^c cet état décbrë^^catalyti^oe , et sur quoi se fonde-t^ilj puisqu'on lui méitierien ne l'établit? Les. troubles vitaux qu'il su^te sont les mêmes que ceux dos aux réactions'coniiniines ; pourquoi ce même résultai , ces mêmes manifestations quand les causes sont" si profondéihent différentes , quand la matière vivante est toute transformée d'un côté, quand de l'autre , elle n'a subi a[ucune transformation? Ne serait-il pas plus simple et plus logique de conclure qu'à mêmes œuvres répondent mêmes agents , et que les réactions , dans^ les maladies spécifiques , s'opèrent , comme dans les maladies communes, à l'aide de tissus et d'humeurs jouissant des mêmes propriétés , des mêmes conditions organiques et vitales ?
iK4eminràson de la mà^ladie semble* uWdémentî pin^J^ffiel «»«0re'à fe'|)allK)géJfiie càialytîîfAe de r^SonfloD vktileûle^ 'Cette maladie , ^eii effet , les pérjodes tHétj^t ;6l de déclin accomplis , se juge par r^tftîoû «laiHirdite , et les humeurs et leis tissuij qii^U^taljras fivàrt ^transformés, reprennent lenr œiQ^99Ht<m comme leurs pr^iétés normales. Tenit sercfrouve après comme avant l'affection. A-t-on japtah vu les vraies opérations ealaly tiqaes se ter-> ïttin8f,'jie4a sorte î Lorsque des matières amylacées ou aipbûjÉiînoïdes sont catalytiquement transformées, )es voit-on revenir spontanément après cette transforiBation à leur état premier ? Que sont devenus les humeurs et les tissus catalysés du malade atteint <le maladie virulente ? Ces humeurs et tissuâ ne sony ts pas les mêmes chez le malade guéri que chez eekii qui est en/possession actuelle du mal i Pourquoi ne présentent-ils plus l'état catalytique ? On nous dit que < si nous connaissions à fond les modifications isomériques de la mati^e organisée à 1 eta| virulent, nous pourrions facilement ramener ja substance modifiée accidentellement à son état: naturel. > Ces facilités ne nous sont encore doQAéés pour aucun cas. Nous connaissons bien des ageats susceptibles de détruire les ferments ; ces agents n*ont jamais arrêté l'action d'un seul virus . Mais €6 que jions connaissons, et ce qui ramène à son état naturel cette substance que l'on
croit isomériquetne&t medIGée, iie&i \a vre et ^ses réactions. La thèrapeoliqtie qui Vadresse % eétte gnocfeBi luiiv^rseHe médicatriôe, fiem^eô respebter eiaout^ir les Gè»vre& dans leur pril)dpe et dans leur 'fin , demeure éternelleinent ^tile?'^v^feeolule , €a regard de celle qui se perd à 1» Tvcherdiec'ehimériquQ d'agenla ai ^l'opénitions aati-esi6ilytiq«Ks. il ^t vrai que la premièns w pfometlvajjsiuate^ pour fruit de $ea études, .le pouvoir de ramener fipicilefioieDt à TéUit naturel Ja^inpetiâne oi^JiniqQe que Inaction de^ yirus^ a dptouroée. Ge.teDde de guérison 4ai est à boa droit ioeonnov -et >eHë «n'en éprouve pas le txssqio^ Ceux qui;cn)ieoiaqx transforma tiws i^périques viruleDlcSy e( |]pH)fea*eQngi^ dèr^nt, comme la cause réelle des maladif spéoiflques, ceuiÈ^Q, sans doute, ne sauraient concevoir uDo théfapeiUiqu^ qui s'appuie sur révoUnioQ. naturel!^ de œs maladie, ni aqe guérison qulscni la fin de celte évc4iition. Car les œouvemema drtalytiques qui s'emparent de la matière organique, se poursuivent jusqu'à accoonpiissement ent^er^ de' la transfor^iation commencée^ et d'eux^iiémes/Ks ne remontent jamais le eoûraot qu'ils ont descendu. Tout , jusqu'à la guérison du mal , vient donc heurter et repousser ces suppositions de chimie isomérique, inspirées .par le désir d'instituer une pathogénie systématiquement soumise^aux senles jois do la matière physique.
14.7 . Jfrt-eeà 4ii(^. i)ûrce,qweiipou§nwâetofak^> devant ^jçq^igneBî/BiH 4e8 pi^f Q^iJois ijiiaginaires vdes nîa)^§*i1F}P^teï^t^»^ft^t5e.à dire que nous considérions ofj» ,flADlâdie$ ifi^mnoe douées.; de qualités nifjfst4rilsu$e8j,i mcon^mes ^ à jamais inexplieables , et surloiitrlqiie noirs rl«np attribuioR? tine origine ^tMTtpiliiheUe f€e£paccu€atioAs sont t(2mte8 gratuites etnurbitvaivesi; en ee qm nous (Concerne surtout, ëtesine! sataraîenlinéttie se produire. Noii£rtnot)trerons /^fn^eflei^^xfiie^ les lèis qui régissent Tétiologre iif»\jmAaàie8 spédAqaes ine- sont paà diflït^entes , tfafnsMir JSBsenoc^iké teisid'éliologiè gén^rtilë ; 'qu'il . n{y a xfu'unéqpatbiigâiiie deâ affeetiéns tnorbideB, ê^(tpiQ^:^p}d^saAiwiis<pani^^ Mie palhd-
^dieii 'i|djB ik» ealKifetèves^ propres dès mdiadies viriilmdsae^/fBÎBfflnikiiqoès^ne soAt jmë^ ièèom^étliblee^ieiYéo }e§caaracières esséntiel^^ès adti^ëii1$(ës QnoRbido^i Ceb'iètaçt (i nous faiisohs iknûinë â^p^éT au nfyjatôreJCÉ^iidyinoQKBM» /queceui qui invo<[}uè>if)t d^,ât«(S;:^iBC9iipies7|ue nul Hê^^^ut c$hsl»tèr, 'i|a'#i«^«K^ anaiQfSQk njp«léinontre.''Quai^^ à ce qi^i es%idçv l'af>s»nâj mmaptiretU < dis >ifiaMdté§^spê(^rOquos^y^ffeua^fiefiansiatHifondub ^aficettèlb^ôii de quglifi^ des opinions médioalQs,^éi nm^ fie savtohs IpjBçi^s&qu^.KâëciQj, positiviste aid($lïûé h ce mot de ,mn¥*tl*^ €elte"ècote ; 'ep son langage! bizarre, ^^^le 9ttrod(«iveHe touteiorigineiqui suppose Tihtervention causale d'uneïforce étrangère aux' forces
physico-cbimiques, comme si la nature ne devait et ne pouvait renfermer que ces dei'nîèrés. Appeler la vie force et c^upe propres, et considérer Tôfganisme comme la réalisation visible de cette force, c'est donc entrer dans le domaine du surnatUTel ; rattacher les effets à une cause qui réponde à leur nature, montrer que les faits vitaux, qui ûe sont que sentiment et génération , relèvent , dand leur principe, non des activités physiques de la matière, mais, d'une activité supérieure et irréductible dans son espèce , tout <^la c'est fhire du surnaturel. Qu'importent les démonstrations, Vobservatîoti , la raison t Ce mot une fois prononcé, on en est^ accablé ; on tombe hors la loi scientifique.
Il f^ut accepter la chimie la plus douteuse, et lui rapporter la génération, révolution et lâr terminaison des malddied spécifiques ; gardons-nous surtout de remonter à la vie' elle-même et à ses affections propres pour y chercher la catrse* réelle de cte maladies: sinon, nous serons pour lé moins accusés de remonter à des sources t^curef et mystérieiMeSy et ^invoquer une eeiic^ siégéaiil en dehors du cerpê même ôte se passent lêÉ ttetùnts morbides. Qu'est-ce à dire encore? En quoi là vie et ses forces seraient^Iles plus mysitérieuses' que
toute autre existence, et que les autres forces' de la matière? L'observation ne permet-elle pas d'aborder les unes aussi bien que les autres? Quelle es(
CQ^te C4USÇ ^iége^nt en dehors du corps, à laquelle on prétejîd qiae nous recourons corame des superstitieux àleur fétiehe? La vie aiége-t-elle par hasard en dçbor$ du corps niéme qu'dleçrée.et ajiime? Daos quelle région inconnue la transportons-nous donc? L'organisme ne serait riçn sans elle, elle rien san^ l'organisme , et on accus^ait ceux qui profes3ent ces opinions de faire de la vie une caui^ qui siégerait on ne sait où, pour y égre je ne sais quoi ! Soutenir sans preuve sérieuse que la vie est , non pas une cause réalisée dans l'évolution organique, mais uo résultat des combinaisons et des forces de la matière, avancer hardiment que le sentiment et la génération sont des effets d'une chimie infiniment délicate et subtile , quoique la .chimie n'ait jamais pu reproduire même dçs images infimes de la moindre manifestation vivante, violenter les effets pour les soumettre à des causes qui ne les contiennent pas, serait-ce là du naturel, est-ce là concevoir les phénomènes dans leur cause?
Qu'on nous pardonne cette hardiesse: pour nous, le naturel doit être conforme à la nature, et celle-ci est toute dans la subordination des effets à la cause qui les engendre. On affirme que rien n'est vital dans la production de l'état virulent et spécifique ; qu'il n'y a de viti^l que les troubles que l'état virulent suscite dans les propriétés de la substance organisée; la cause du mal est donc déclarée toute
chimique , et ies effets provoqués sont dits vitaux. Nous proposerons une doctrine qui s'inspirera d^une autre logiqaq, et qui mettra la cause en rapport avec ses effets. Si ceux:-<]Skiiiï* vitaux, si toutes les manifestations de la maladie sont vitales, nous oserons en conclure que Torigine et la cause de la maladie sont vitâles.aussi. La médecine n'échappe pas à la logique commune, et il ne lui est pas permis d'enfreindre les nécessités éternelles du Bon sens et de la raison.
Après tant de Vaines explications, essayons de retracer une pathogénie simple et vraie des maladies spécifiques.
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