‹ De la spontanéité et de la spécificité dans les maladiesChapitre 8 sur 17 · CHAPITRE U · texte numérisé non relu

CHAPITRE U

De la spontanéité, comme caractère fondamenlM ^ Télre vivajpt. — Objections systématiques portées contré la spontanéité vitale. — Des formes et des conditions diverses de \a spontfuiéilé dans la série des êtres vivants, depuis le végétal jiisqv*à Vbomme. -*■ Des rapports de la spontanéité vivante avec le mond^ extérieur et inorganique. — Lois générales de la genèse des faits vitaux.

L'un des traits essentiels qui distingua \e règne vivant d'avec le règne inorganique, c'est que le premier se partage en un nombre immense d'individus, dont chacun est une source indépendante de mouvements propres. Ces mouvements, sans doute, sont sollicités par des influences extérieures, et opérés au moyen d'instruments physiques; mais ils ne reconnaissent d'autre cause effective que l'existence individuelle qui les produit et qui se manifeste par eux. Dans le règne inorganique» il y a des éléments distincts, des corps simples et des corps composés ; mais nul de ces corps ne saurait constituer un individu ; nul n'est apte à produire des mouvements qui lui appartiennent exclusivement, car nul ne s'isole du reste du monde inorga-

nique, nul ne jouit d'une existence propre; tous se perdent dans l'ample sein de la matière et de ses formes diverses. Les corps inanimés ne sont paâ inertes; rien de ce qui est n'eât inerte; ils traduisent, comme effets, les forces générales de la matiière; là se borne leur activité ; c'est celle du tout dont ils font partie ; aucune force propre ne leur donne une indépendance relative vis-à-vis du reste des existences, ne les constitue centre spécial d'actes, cause temporaire mais vive et affranchie , et qui tant qu'elle dure se déroule en une série non interrompue d'actes harmoniques.

Les corps inorganiques subissent et transmettent les mouvements qui les atteignent ; ils ne créent pas du mouvement nouveau, ils n'engendrent pas des actes étrangers par leur nature au mouvement qui les frappe. Rien ne nait, ni ne périt dans l'ordre physique ; tout naît et périt dans l'ordre vivant. Celui-ci est un incessant producteur d'actes qui n'existeraient pas sans lui, et, parmi ses actes, le plus frappant est certainement celui de la génération, qui reproduit et multiplie l'être vivant luimême. Dans cet acte tout émerge des profondeurs de la force vivante, et les activités du monde physique ne prennent aucune part directe à son accomplissement. Aussi le règne vivant peut-il croître et étendre ses conquêtes sur le règne inanimé, sans rencontrer d'autres limites que la matière même à

conquérir, que laliment extérieur qui convient à son activité. Le monde physique manque de ces moyens de développement et d'accroissement; rien ne s'y perd, rien ne s'y ajoute; il est immuable dans ses apparentes transformations. Mais, par compensation , l'être vivant s'use et se détruit par son évolution même; son activité a ses limites dans le temps; quand elle a réalisé le but pour lequel elle existe, elle décline et s'éteint; l'être vivant meurt. Tout demeure éternel dans l'ordre inorganique ; il n'y a pour lui ni jeunesse, ni vieillesse, ni mort, de même qu'il n'y a ni génération, ni accroissement, ni activité individuelle.

Tout dans l'existence du monde organique et dans ses rapports avec le monde physique, est donc soumis à cette loi suprême de l'être vivant : la vie est créatrice de mouvements, elle est cause individuelle d'actes qui découlent de son incessante activité. Ces deux caractères lui sont nécessaires ; dès que l'être n'est plus individu, dès qu'il n'est plus créateur d'actes propres, il cesse de compter dans l'ordre vivant ; il rentre dans l'ordre inanimé. Ces caractères primordiaux de la vie, deux mots les traduisent : l'unité et la spontanéité. L'unité traduit cette constitution de l'être animé qui lui vaut une existence individuelle distincte de toute autre, soit congénère, soit éloignée de la sienne. L'être est un, et c'est par là qu'il est individu. Là spontanéité

désigne ce pouvoir qu'a letre vivant de tirer de lui-même des mouvements par lesquels il évolue et se manifeste. Un mouvement spontané n'est pas sans cause; c'est un mouvement qui trouve sa cause effective et prochaine dans l'être qui l'émet ; ce mouvement est par là même opposé au mouvement communiqué, reçu, transmis ; ici la cause du mouvement est en dehors de l'être qui le supporte, et sur lequel on l'observe.

De ces termes, unité et spontanéité, l'un suppose Tautre; il n'y a d'unité qu'à la condition de la spontanéité. Comment l'individu vivant s'affirmerait-il devant l'observation, sinon en se manifestant par des déterminations qui viennent de lui, et qui témoignent de l'unité qui le crée et le régit ? Comment se décèlerait la spontanéité de l'être, si celuici n'existait pas comme unité distincte, se confondait avec l'ensemble des existences, ne se séparait pas comme existence individuelle du sein de la matière organique ou inorganique ? La spontanéité suscite donc comme son complément nécessaire ridée d'unité ; elle demeure le caractère suprême de l'être vivant, et la vie pourrait se définir : une spontanéité réglée et incessamment créatrice.

Ces notions d'unité et de spontanéité contiennent en elles les éléments les plus féconds des sciences biologiques ; elles sont la clé vivante de la pathologie. Ce sont, cependant, les notions qu'une certaine

science qui veut le |)rogrès et ne le compr^ pas toujours bien , repousse ou dénature avec une obstination passionnée.

L'unité de l'individu est niée sur ce fait qu'on ne saurait en montrer le siège. Or, une unité qui aurait un siège, un organe distinct dans l'être, poarrait-^lle jamais constituer l'unité de l'être lui-même, et le propre de l'unité n'est-il pas d'échapper à toute localisation exclusive? L'unité n'est-elle pas la cause vivante elle-même , conisdérée dans l'un de ses immuables caractères ? Affirmer l'être vivant comme une simple agglomération de cellules, ce qui est le derniCT terme de l'analyse moderne, n'est-ce pas la plus vaine des images, n'est-ce pas reculer jusqu'aux plus infimes conceptions, et anéantir l'être dans une division sans terme, dans un émiettement puéril de la matière organique ? Pourquoi ces cellules sont-elles agglomérées, pourquoi se multiplient^elles suivant un ordre déterminé, pourquoi se transforment-elles, se séparent-elles dans leurs attributions fonctionnelles, pourquoi leur ensemble se range-t-il sous un type invariable , sous des formes caractéristiques de l'espèce, pourquoi cette forme se transmet-elle indélébile par la génération, et comment une cellule fécondée contientelle en puissance toute une évolution organique réglée et marchant à sa fin par d'infaillibles voies et d'irrésistibles impulsions ? Ces questions sont

déidtssées, siûOQ comme inutiles du moins comme inaccessibles et insolubles, la plus subtile analyse de la matière organique ne pouvant les aborder. Elles enferment en elles les lois fondamentales de la vie, et on prétend étudier et connaître la vie s^ns répondre à aucun des problèmes qu'elles soulèvent! Etrange aberration et profonde igno* rancè ! L'idée d'unité peut échapper, sans danger trq) prochain, aux physiciens et aux chimistes ; car leur science ne s'occupe pas d'individus possé* dant en eux-mêmes le principe créateur de leurs actes et de leur existence extérieure ; mais le biologiste et le médecin ne frappent-ils pas au cœur leur science en la dépouillant de l'idée d'unité, sa vraie substance et son principe animateur? Qu'importent, sans cette idée, l'analyse, les secrets d'intime imposition, les symptômes? Ce sont là les images extérieures, les phénomènes et les nombres, mais ce n'est pas la réalité tant que l'unité ne les féconde pas.

Ces vérités générales forment depuis longtemps la base des connaissances humaines; elles sont le fond solide de toute synthèse philosophique, et l'esprit de système peut seul élever contre elles de vulgaires contestations, c II n'y a que l'unité, dit Tundes plus grands écrivains philosophes du xv!!*" siècle, elle seule est tout, et après elle il n'y a plus rien. Tout le reste paraît exister, et on ne sait pré-

çisément où il existe, ni quand il existe. En divisant toujours, on cherche toujours l'être qui est l'unité, et on le cherche sans le trouver jamais. La composition n'est qu'une représentation et une image trompeuse de l'être. C'est un je ne sais quoi qui fond dans mes mains dès que je le presse. » Et plus loin : « Plus on multiplie les nombres, plus on s'éloigne de l'être précis et réel, qui n'est que dans l'unité. Les compositions ne sont que des assemblages de bornes, tout y porte le cariactère du néant ; c'est un je ne sais quoi, qui n'a aucune consistance, qui échappe de plus en plus à mesure que l'on s'y enfonce et qu'on y veut regarder de plus près. Ce sont des nombres magnifiques, et qui semblent promettre les unités qui les composent; mais ces unités ne se trouvent point. Plus on presse pour les saisir, plus elles s'évano»jissent. La multitude augmente toujours, et les unités, seuls véritables fondements de la multitude, semblent fuir, et se jouer de notre recherche. » Quel admirable langage, et combien ces lignes, qui ne sont écrites ni d'aujourd'hui, ni par l'un des nôtres, peignent au vif la situation actuellede notre science, celle du moins que voudraient lui faire les systématiques nouveaux qui nous menacent. C'est qu'il n'y a que quelques vérités générales dans ce monde, et celui qui en a la pleine possession peut devancer les temps, et prévoir les lointaiiïsaccom-

plissemehls des choses, d'où qu'elles viennent et quelle qu'en soit l'apparente variété. Les mêmes règles immuables dominent et conduisent tout.

La spontanéité vivante est méconnue au même titre que l'unité de l'être. Ces notions s'affirment mutuellement; de- même là négation de lune entraîne la négation de l'autre; ces deux erreurs, comme ces deux vérités^ sont conjointes, et l'histoire de la science, dans le passé et surtout dans le présent , en témoigne hautement. Et en effet , quelles sont les conceptions de la vie directement opposées à l'idée de spontanéité vitale, sinon celles qui font de la vie un résultat des forces physiques de la matière; ou'qui considèrent la vie comme un simple mouvement communiqué à la matière ; ou qui repoussent toute étude intrinsèque de la vie, et qui professent que la science ne doit voir dans la vie qu'un ensemble de phénomènes. Ces idées de la vie, réalisant une même erreur sous des formes diverses, concluent toutes à la même négation, celle de la spontanéité vitale.

Et d'abord, comment comprendre la spontanéité de l'être, si la vie n'est pas distincte par sa nature, de l'ordre physique; les mouvements organiques ne se séparent plus des mouvements communs de la matière ; les uns ne peuvent être plus spontanés que les autres. La vie, résultat, et non cause propre et distincte, s'anéantit dans le flux et le reflux génc-

rai de la matière, dans la circulation continue des molécules et des atomes allant indéfiniment d'un règne à Tautre, sans rien perdre ni gagner dans ce silencieux et monotone passage. L'activité physique, donnée pour seule activité de la vie, est le refus direct de l'activité vivante^ laquelle dépasse l'ordre physique, et se meut au-dessus de lui, pour un autre développement et pour une autre fin.

Quant à cette forme de l'organicisme, tellement ennemie de toute force et activité qu'elle ne sait même pas percevoir la force et l'activité physiques, il pourrait paraître inutile d'en parler, malgré l'autorité que lui ont valu, parmi nous, de longs enseignements. Mais le pur mécanicisme qui semblait vieillir, tend à renaître, comme toute erreur fondamentale ; et la vie est hardiment présentée, par des savants illustres, comme le résultat d'une impulsion mécanique imprimée à la matière. L'Ecole Allemande, celle surtout qui suit M. Wirchow, n'élève pas sa pensée ni son observation au-dessus de ce niveau, sous lequel rien ne subsiste de ce qui est vraiment vivant. Qu'on lise, en exemple, le discours prononcé par M. Wirchow au congrès des naturalistes allemands, et qu'il a intitulé : Conception mécanique de la vie ; après avoir établi que la vie est l'activité de la cellule, et que ses caractères sont ceux de la cellule, après avoir établi que la cellule n'est qu'un véritable corps composé de subs-

taoee&chimiques déterminées, M. Wirchow ajoute : « La cellule vivante n'est donc qu'une partie existant par elleHnême,^ dans laquelle des substances <!himiques communes, douées de leurs propriétés ordinaires, sont disposées d'une manière particulière, et prennent une activité conforme à cette disposition et à ces propriétés. Cette activité ne peut être qu'une activité mécanique. C'est en vain qu'on s'efiforce de trouver une opposition entre la mécanique et la vie ; l'expérience nous conduit toujours à la même conclusion : la vie n'est qu'un ^nre particulier de mouvement de substances déterminées, qui se mettent en activité par une nécessité intérieure , lorsqu'elles subissent une excitation , une impulsion. » L'auteur souligne ce dernier mot pour bien montrer que c'est le mot significatif, que Texcitation n'est en réalité qu'une impulsion et rentre dans l'ordre mécanique pur. Quand donc un corps physique reçoit une impulsion , on pourrait, d'après ce langage, dire qu'il est excité ; pareillement, le sentiment et la pensée, les appétits organiques et la libre raison , la génération elle« mètne sont déclarés des impulsions mécaniques. Toutes les facultés de l'être deviennent le résultat de ressorts intérieurs, mis en jeu par des mouvements transmis du dehors. La spontanéité qui , avec l'unité de l'être, constituait le fond résistant de la conscience médicale universelle, n'est qu'une

illusion ; il faut dorénavant rayer ces mots, leurre brillant de nos origines , déc^tîon . de notre âge mùr, obstacle à nos destinées progressives. Le savant d'aujourd'hui peut s'écrier, avec un orgaeil que le médecin de Molière ne connaissait pas : Nous avons changé tout cela !

Considérer la vie comme un ensemble de phénomènes, délaisser toute recherche sur la constitution même de cet ensemble, abandonner l'être pour l'apparence, la cause pour l'effet, est, .cependant, un dernier progrès qui nous est actuellement offert sous le nom de positivisme. La raison avancée pour moliver ce progrès est que l'être ou la cause ne se perçoivent pas par les sens, que le phénomène tombe seul sous nos atteintes directes, et que nous n'avons pas lé droit de le dépasser; car nous ne saurions le faire qu'en créant des entités factices, des êtres métaphysiques, qui ont toujours entravé la libre recherche des faits , et par conséquent la marche en avant de la science. La spontanéité vivante est donc bannie du cercle étroit où l'on prétend enfermer nos connaissances; la spontanéité, en effet, appartient à l'être réel et proscrit , et non aux apparences successives ou accumulées, aux purs phénomènes, quelque mobilité qu'on leur suppose. Les phénomène^ vont et. viennent, paraissent et disparaissent , se transforment ou se nuancent de mille façons ; c'est là le sujet véritable de la

science. Poursuivre le lien de ces apparitions et de ces transformations, rechercher une unité à travers cette succession de manifestations confuses, se demander si les unes et les autres ne traduiraient pas les déterminations et les actes spontanés d'un être, c'est courir à l'hypothèse, puisque l'être nous échappe de soi et n'est pas de notre domaine. Si d'ailleurs l'on sort de cette réserve, et on en sort souvent , c'est pour se livrer à une décomposition analytique de la matière organique, et y chercher Tunique raison des faits vitaux. Or, par cette voie, l'on rentre dans les données organiciennes et mé* canicistes auxquelles, dès l'abord, on avait semblé ne pas vouloir se soumettre; l'on dément ainsi l'impartialité affectée vis-à-vis des systèmes, pour devenir systématique à son tour. Au reste, il n'importe ; que l'on s'enferme dans le phénomène, ou qu'on en demande la cause aux seules fprces physiques, on se donne, pour sujet d'étude et d'analyse, un organisme qui n'engendre plus ses actes en tant que cause individuelle et propre; cet organisme n'est plus spontané; il appartient tout entier aux lois générales de la matière et aux conditions du milieu qui l'entoure.

Nous exposons plutôt que nous ne réfutons tous ces sophismes biologiques. Une réfutation nous conduirait à tout un examen des doctrines médicales. Les questions dé doctrine se tiennent étroite-

ment, et poser les unes » c'est poser les autres. La spontanéité touche à tout dans la vie ; elle est la vie elle-même considérée dans sa cause prochaine et réelle, dans sa fin, dans son uiiité, dans ses rapports avec le monde extérieur, dans ses conditions, enfin, d'excitabilité et d'action. Ces questions mères, nous les avons résolues dans nos Principes de Pathologie générale^ en nous appuyant sur la double base de l'observation des faits vitaux, et de l'étude des données fondamentales de la connaissance scientifique. Les solutions que nous avons fournies, et auxquelles nous renvoyons» sont conformes d'ailleurs à cet esprit de tradition qui assure le progrès , loin d'y contredire. Aussi avons-nous la confiance qu'elles sont destinées, non à passer comme des opinions téméraires, mais à durer à travers la mobilité des expérimentations et des théories que chaque jour enfante et voitdisparaitre. Telle est , quoiqu'il en semble à des esprits superciels, la condition de notre science : d'un côté, fixité dans les principes , immutabilité dans la doctrine; de l'autre , observations nouvelles, théories variables, transformation et accroissement incessant du fond expérimental.

La spontanéité de l'être peut, du reste, se passer de longues démonstrations doctrinales: elle a pour elle, malgré toutes les contestations apparentes, cette force intime qui subjugue et entraine un

assentiment universel. Ceux mêmes qui la refusent en science, l'acceptent en pratique. Il n'est pas, en effet, une conception systématique de la vie, même la conception mécanique de M. Wirchow, qui ne trahisse une lutte inégale entre l'erreur qui s'affirme en vain et la vérité qui reparaît quand même. On a beau dire, la vie n'est que l'activité physicochimique ou qu'un mouvement communiqué , on parle en même temps de faits irréductibles à cette activité et à ce mouvement. La cellule elle même à laquelle on veut réduire toute vie, on la reconnaît spontanée dans ses actes les plus essentiels , dans celui, par exemple, de la génération, de la prolifération cellulaire. Quel est l'acte physico-chimique, quel est le mouvement communiqué qui donnera jamais l'idée de la génération ? La génération n'estelle pas la pleine spontanéité s'imposant avec un irrésistible éclat? Or, la génération est le caractère essentiel de l'animalité; elle en résume toutes les facultés en les élevant à leur plus haute puissance. Que d'autres assertions contradictoires aurions-nous à signaler f Tout se choque et s'entre-détruit dans le chaos d'idées qu'enfantent les hypothèses mécanicistes ; il n'est pas un essai de démonstration qui ne s'v retourne contre lui-même. A travers la phraséologie barbare ou confuse dont s'enveloppe, comme d'un voile protecteur, l'exposé vacillant de ces erreurs, on vott toujours poindre une contra-

diction mal déguisée , dont le revétenoent tombe à une interrc^ation ferme et sincère.

La spontanéité n'est pas une faculté toujours et partout pareille dans la série vivante. Enveloppée d'ombres dans le règne silencieux et immobile des végétaux, obscure encore dans les rangs inférieurs où s'ébauche grossièrement l'animalité, se dégageant peu à peu à mesure que montent les degrés de l'ordre vivant, éclatante enfin dans les degrés supérieurs de cet ordre, la spontanéité se produit à des puissances et sous des formes infiniment variables. Mais, quelque soit son abaissement ou sa libre énergie, la spontanéité existe toujours et donne à l'activité vivante sa marque suprême. Le végétal , dans ses actes de germination et de croissance, a sa spontanéité lente et cachée, mais réelle. C'est de lui-même, de sa force propre que le germe tire son pouvoir de développement sous certaines conditions de chaleur , de lumière et d'humidité. Quelque importantes que soient ces conditions, elles n-engendrent ni ne produisent directement la germination, l'accroissement, la floraison du végétal. Ces actes essentiels de sa vie, c'est le végétal lui-même qui les conçoit et les accomplit; il rencontre dans le monde extérieur et y puise des éléments favorables ou hostiles à sa fin; mais la raison même de son développement reste tout jinté-

rieutè, die lui appartient , elle est le principe de son être et de toutes ses manifestations.

La spontanéité se développe dans Tanimalité^ et s'accQseen traits plus nombreux et plus saillants. L'intensité et laffranchissement de sa spontanéité montrent la place conquise par l'espèce dans l'échelle animale. Si l'homme est à la tète du règne vivant, c'est par la plénitude et les aptitudes étendues de sa spontanéité; nul être animé n'est plus que lui raaitrede ses déterminations, nul en même temps n'éprouve des susceptibilités plus variées et plus délicates, des énu)tions plus intenses et plus personnelles.

Si on analyse la spontanéité animale, on voit qu'elle est représentative de toutes les modalités sporitanéesde la Vie qui occupe les degrés inférieurs à celui auquel on est parvenu. En conséquence; l'animal complet présente d'abord cette spontanéité de formation et d'accroissement qui se rapporte à la vie de nutrition , à la vie végétative, commune au règne végétal et au règne animal. Cette spontanéité de la vie végétative est plus ou moins active^ sa direction varie suivant l'espèce à laquelle elle est attachée; mais ses facultés fondamentales demeurent toujours identiques ; elle est soumise à l'influence immédiate des milieux; elle suit une marche réglée, sans tendre à l'affranchissement, à l'action libre. En outre de cette vie exclusivement

végétative, Tanimal possède la vie de la aeosibilité organique, celle des ins4inctsâffec(ifs«t raisoBnés, et celle du mouvement volontaire, par laquelle il sent et se meut , par laquelle il dirige ses sensations, poursuit les satisfactions de ses passions, cherche, veut et agit. Sous ces formes nouvelles, la spontanéité grandit , et porte en elle l'empreinte visible de l'unité vivante qui la met en jeu. Toale* fois, dans ce monde nouveau de la sensibilité animale, tout ne s'élève pas au même degré de spontanéité; tout ne tend pas à un égal atTranchissement des conditions du milieu, soit extérieur, soit intérieur. Ainsi la sensibilité de la vie organique, qui trouve dans le grand sympathiqup son centre principal, présente une spontanéité plus obseore et plus soumise que celle qui appartient à la vie de relation, dont le centre est Taxe cérébro-spinal. La spontanéité des fonctions cérébrales est la plus haute de toutes; elle cède, résiste, lutte, se dirige, sans subir la domination des impressions reçues du monde extérieur, tantôt y accédant, tantôt, au contraire, se dressant contre elles, et leur opposant l'énergie d'une réaction imprévue. Cette spontanéité suprême est d'autant plus intense que l'animal atteint à une constitution plus complexe et perfectionnée. Au sommet de l'existence animale, la spontanéité , par un dernier effort, semble se dégager de tout lien, et surmonter toutes les résis-

tanœs, au point que ses déterminations parfois ne œ rattachent à aucune influence étrangère, à aucune provocation directe; elles surgissent alors sans que rien antre les motive que le soulèvement de la causalité interne et effective qui constitua ranimai vivant.

La spontanéité, dans Tordre des fonctions et des actes qui appartiennent à la vie animale a pour caractère, non Taveuglement, mais la fatalité. Il n'existe pas, entre la spontan^té vitale et la fatalité, cette opposition qui sert d'attaque vulgaire contre la première. Il n'y a jamais à donner à la spontanéité organique la clairvoyance, ou la prévision , et l'intelligence de ce qui peut être utile en telle ou telle circonstance. L'être vivant tire de soi toutes ses déterminations, actes et produits organiques, suivant des lois fatales, attachées à son être, et qu'il ne peut enfreindre. Tout est conçu en vue d'un plan général, dont le but est le développement ou la conservation de l'être ; mais rien n'est délibéré en vue d'un cas particulier, et il peut se faire que les actes ordonnés dans l'harmonie générale des choses soient contraires aux conditions spéciales où se trouve accidentellement placé l'organisme.

Cette fatalité, comme la spontanéité*, a ses degrés, mais en sens inverse de celle-ci. Elle est absolue dans la vie végétative, et dans les rangs inférieurs de l'animalité où cette vie occupe une si large place;

elle tend à s'amoindrir dans les rangs élevés de Tanimalité, où les actes de la vie de telation se multiplient et s'étendent. La vie végétative de l'animal supérieur conserve, il est vrai, son caractère fatal, quel que soit le perfectionnement de l'être auquel elle sert de base; ses œuvres demeurent nécessaires, calculées pour le plan général, obéissant à des lois invariables, bonnes pour la fin dont elles dépendent, indifférentes pour les besoins particuliers qui ne sont pas en harmonie avec elles. Mais la vie de relation, considérée dans sa progression ascendante, dqpuis les phénomènes de sensibilité organique jusqu'aux actes instinctifs, jusqu'aux facultés de mémoire et de comparaison relative qui appartiennent aux animaux supérieurs, cette vie perd, par degrés, de ses caractères de fatalité, pour se rapprocher de la spontanéité qui choisit et qui veut par elle-même, qui écoute ses propres émotions , et se décide sans faire dépendre ses décisions des circonstances extérieures et du milieu ambiant*

Toutefois cette fatalité, si elle diminue et se transforme, ne s'efface pas dans l'animalité pure ; elle l'accompagne toujours, chaîne plus ou moins forte, dont les anneaux relâchés permettent des mouvements plus étendus, mais qui ne se brise jamais , et retient l'être vivant qui la porte dans un cercle don t les limites ne sauraient être franchies. L'homme seul, dernier terme et couronnement de la série

dfiiinale, présente Fimage d'une spontanéité libre. Cette image ne s*offre pas dans ce que Thomme a d'inférieur et de commun avec Tanimalité. Dans sa vie végétative, dans sa vie de sensibilité organique, dans l'ensemble même de ses facultés de relation, la spontanéité humaine reste empreinte d'une fatalité à peine affaiblie ; elle reste spontanéité animale, et, par ce point, comme par tant d'autres, la physiologie de l'animal et celle de l'homme demeurent communes et ne varient que par des nuances et des développements de fonctions. Mais l'homme aborde des riions inaccessibles aux autres êtres, celles de la raison pure et de la volonté réfléchie; l'homme vit essentiellement d'abstractions et de déterminations prises en vue de ces abstractions; il ne peut ni penser, ni agir autrement, quoiqu'il en ait, qu'il le sache ou l'ignore. Ici la spontanéité humaine s*élève à une puissance inconnue partout ailleurs ; elle nous conduit directement en face des mystères profonds du libre arbitre. Il n'importe que des sophistes nient cette liberté, en invoquant tous les obstacles qu'elle rencontre, toutes les influences qui pèsent sur elle; celle-ci s'afiîrme au fond de toute conscience, et le témoignage universel maintiendra cette éternelle afiirmation.

Tel est donc le dernier terme de la spontanéité vitale : la liberté humaine. Arrivés à cet aboutissant, où se déploie en une glorieuse lumière le caractère

propre de Thumanilé, nous devons nous arrêter, car ce domaine de la libre spontanéité ne nous appartient pas. Toutefois nous ne pouvions éviter d'y porter ati moins un modeste regard ; la jrfiysîologie de lliomme n'est pas désintéressée de sa haute psychologie. Plus j'observe, plus l'homme moral, ses grandeurs et ses misères, me paraissent imprimer à l'homme organique, sain ou malade, de profonds caractères, et donner à sa physiologie une allure propre qui sans rompre les liens qui la rattachent à la physiologie animale, ne permettent pas cependant de confondre les deux en une identité réelle. Oui, l'homme vit, sent, réagit à sa manière, et cette manière est en harmonie intime avec sa vie intellectuelle, morale, affective. On a beaucoup disserté sur les rapports réciproques du physique et du moral ; et, dans toutes ces dissertations, on tient le physique d'un côté, le moral de l'autre , on recherche l'influence de celui-ci sur celui-là, et de celui-là sur celui-ci, comme si une telle séparation existait en fait , comme si l'homme organique ne pensait pas, et comme si l'homme qui pense pouvait se passer d'organes. Non; l'unité est le fond et la raison de notre nature, le fond et la raison de toutes les manifestations humâmes ; c'est tout l'homme qui pense et qui veut, qui respire, qui sent, qui souffre; et si la liberté est le caractère de sa vie la plus élevée, de sa vie morale,

ce caractère pénètre jusqu!à un certain point tous les actes de jsa spontanéité vitale. Aussi, cette sponla&éîté, même celle qui tient à sa vie végétative^ et gouverne ses actes nutritifs, semble-t-elle moins fatalement soumise aux conditions de milieu que celle de la vie nutritive des animaux; elle est plus iod^ndante, plus individuelle, plus idiosyncrasique. La vie animale de Thomme est, en ce point, supérieure à la vie animale de tous les autres êtres ; die participe de la nature, je dirai presque de l'élévation morale de Thumanité. Aussi la pathologie humaine est-elle riche en proportion ; car les vices ,de la vie organique, comme ceux de la vie morale , se multiplient et croissent en raison des facultés diverses de ces vies, des besoins et des passions qu'elles ressentent et qu'elles satisfont.

Il faut donc que'le médecin et le clinicien sachent bien que la spontanéité vitale aboutit par une marche lente, mais non interrompue, «à la spontanéité morale et libre, et qu'elle garde de cette dernière un inaltérable reflet. (1 doit se rappeler ce grand fait dans les tableaux divers que la pathologie déroule à son observation, pour qu'il pénètre le sens véri* table de chacun de ces tableaux, et qu'il sache quelles émotions et quels besoins peuvent se cacher sous ces troubles successifs ou ces symptômes épars.

Tout ce qui nait, vit et meurt, tout ce qui conçoit

et agit, tout ce qui pense et veut, possède, sous des formes diverses, un caractère commun, la spontanéité. Mais cette spontanéité, raison de tous les mouvements et actes de Fanimalité, n*implique pas que ces mouvements et actes soient sans cause, et qu'ils réalisent, comme on l'a prétmnlu, cette absurdité d'effets affranchis de toute dépendance causale. Loin de là ; la spontanéité vivante reoonnait à tous ses actes une étiologie autrement complexe et profonde que celle de la communication du mouvement dans les machines les plus savam^ ment compliquées. Cette étiologie, en effet, embrasse les deux ordres de faits et de choses que conlîenti en lui l'ordre vivant ; il y a plus, elle les tradqit dans leur subordination harmonique, dans leurs inaliénables rapports.

La vie, en effet, est une cause propre, usant, pour des fins qui ne relèvent que d'elle, de la matière et des forces inorganiques qui existent audessous d'elle. Tout acte , toute opération vitale viennent donc de la vie; Gelle;ci en est la -cause véritable et prochaine, le principe effectif ; elle est la spontanéité créatrice qui se déroule en effets organiques, en fonctions, en manifestations harmoniques pleines de l'unité qui les engendre, convergentes vers le but final en vue duquel elles existent. Mais par cela que l'être vivant est cause de ses. actes , il n'ensuit pas que ces actes ne psis-

seot être sollicités, provoqués par des influences étrangères qui l'atteignent et l'impressionnent. Ces sollicitations, au contraire, l'enveloppent de partout, et nous allons voir qu'elles lui sont nécessaires, que sans elles l'activité vivante se consumerait sur elle-même, impuissante à trouver et à conquérir l'aliment dont elle a un incessant besoin. Ces influences provocatrices ne sont pas la cause réelle et prochaine des actes«vitaux ; elles en sont la cause occasionnelle, la condition extérieure et physique; elles représentent dans la constitution de l'être, le règne inorganique au-dessus et à l'aide duquel se développe l'ordre vivant. Quels rapports unissent ces deux ordres de causes et d'existences, comment la spontanéité vivante est-elle sollicitée par l'ordre inorganique ? Quelle action l'extérieur et l'inanimé exercent-ils sur l'intérieur et le vivant ? Questions capitales que l'on retrouve au fond de toute étude de la vie , de toutes les déterminations de l'être , régulières ou accidentelles. Les lois de la spontanéité et de la spéciflcité morbides ne sont que l'application particulière des solutions que comportent ces graves problèmes. Aussi ces solutions tiennentelles la clé du sujet que nous voulons traiter ; en les fixant, nous fixons, dans ses principes, la notion de la spécilicité elle-même : on s'en convaincra par la suite.

Le monde vivant plonge au sein du noionde inor-

ganique; c'est sur ce moûde ^u'il s^ 4évek>ppe^.et se réalise en une succession el en une fonne visi*^ blés; c'est en lui empruntant et esn lui rendant sans cesse qu'il maintient le mouvement continu d'absorption et d'élimination sans lequel il ne saurait subsister un instant. Mais pour que le monde vivant trouvât à utiliser le monde extérieur ^t à s'en emparer , il fallait qu'il pût l'aborder en le connaissant. Cette connaissance , le monde vivant l'acquiert par ses qualités fondamentales de âensibilité et d'excitabilité ; il ressent le monde iaorga* nique, est excitable par lui à des degrés divers. Ces excitations s'opèrent et pénètrent par le vaste ensemble de toutes les parties sensibles. 11 n'y a pas que les cinq sens pour organes des sens. La physiologie moderne, suivant les traces de Bordeu , tend à étendre le nombre d^ sens internes, à les multiplier en proportion de tous les besoins organiques, à les particulariser dans l'intimité de toutes les fonctions générales ou spéciales de l'être. Gbaque organe, chaque département vivant, chaque groupe cellulaire, chaque cellule, forme un sens véritable à l'égard du monde extérieur. L'être vivant le plus parfait est celui qui aborde l'extérieur par le plus de sens divers, et par les sens doués de perceptî(»is plus exquises, et qui révèlent des faces du monde physique qui demeureraient inconnues à des sens rudimentaires ou moins nombreux. Toutes les

fonolîoDS de Tétre* impliqueiit une sensation , soit qu'on ait conscience de cette sensation, ou que la perception en demeure caehée dans les profondeurs delà vie orgaitique. Cette sensation, à coup sûr, ne fait pas la fonction, elle n'en est pas la source active, ni le principe direct, mais elle en est la conditioB nécessaire.; elîe constitue la provocation à l'acte. Cette loi domine tous les mouvements oi^ganiques, mén&e la vie de nutrition, l'assimilation et la désassimilation qui agitent sans repos la matière vivante.

C'est donc dans les sensations éprouvées, qu'elles . proviennent des sens internes ou des externes, que l'être vivant puise ses motifs de détermination et d'action. Supprimez, par hypothèse, la foculté de sentir, vous laisseriez à l'être organisé la puissance d'agir, mais vous immobiliseriez cette puissance, vous lui enlèveriez toute occasion , tout aliment , toute tentation àe se manifester ; vous la suspendriez dans le vide, jouissant d'un vain pouvoir qui ne trouverait pas à s'exercer. La sensibilité de l'être et sa spontanéité se correspondent en réalité ; peu ou beaucoup de sensibilité, et peu ou beaucoup de spontanéité sont des facultés solidaires.

Le monde inorganique étant au vivant une occa? sion nécessaire, et u ne condition permanente d^exercice, demeure par cela même en dehors de ce dernier. L'être vivant ne saurai^ jamais trouver dans

les forces physiques une rai9on de lui-même, ou de l'un de ses actes. S'il en était autrement, il ne fierait plus Texpression d'une causalité spéciale ; il deviendrait un simple mode, une forme particulière du physique.

Le physique n'a d'autre représentation dans le vivant que les sensations que jiîelui-ci eo éprouve ; tant qu'un fait suscité dans l'agrégat organique demeure physique, ou est considéré pRysiquement, il demeure fait étranger à la vie; il n'a droit à entrer dans les études physiologiques que comme condition du fait vital, non comme raison et cause de ce fait.

La vie, par cela qu'elle relève d'une causalité propre, ne s'établit pas en hostilité vis-à-vis des forces physiques. Loin de là, elle se développe à leur aide, leur demande les conditions multiples de son évolution. Cette loi est l'àme de la physiologie et de la pathologie ; elle doit rejeter d$ms l'ombre et définitivement remplacer les fausses interprétations, les préjugés si justement reprochés au vitalisme ancien, et dont Bichat ne sût pas se défendre dans ses considérations / si belles d'ailleurs, sur les différences des forces vitales cCavec les lois physiques. Non, jamais l'être vivant ne combat et n'altère les lois de la matière. La vie n'enfante pas le chaos, et n'est pas venue pour détruire rien de ce qui existait a.vant elle. Les lois

physiques que Ton croyait ennemies de la vie en sont, au contraire, le support, le moyen nécessaire; mieux on les connaîtra, et mieux on connaîtra les conditions mêmes de la vie. Les lois physiques ne sauraient souffrir de prétendues hostilités, ni se transformer dans Torganisme vivant ; elles sont immuables; la matière n'est rien sans elles; organique ou inorganique la matière est identique à elle-même. Il est donc contraire à la nature <les choses de dire que les lois physiques perdent de leur pouvoir sous Faction des forces vitales ; par contre, il n'est pas moins erroné de pré^ndre que les lois physiques rendent compte des phénomènes vitaux. Si ces phénomènes trouvent, en réalité, leur raison d'être cjans les lois physico-chimiques , ce ne sont plus des phénomènes vitaux ; ce sont des phénomènes physiques. Les phénomènes physiques de la vie n'existent pas plus que les phénomènes vitaux de la physique; les uns et les autres sont des outrages au bon sens, aux vérités fondamentales de la science, à l'observation pratique, au sentiment universel.

Tout acte, tout fait vital trouve donc dans la vie, sa cause propre, sa génération directe, et, dans le monde inorganique, son excitant, sa cause occasionnelle plus ou moins prochaine ou éloignée. Par conséquent, tout acte et fait vital demeure nécessairement spontané, c'est-à-dire, trouve dans

letre qui Témet, son principe, sa cause, sa fin. L eire vivant peut être provoqué à Tacte, maïs la réalisation de l'acte relève absolun^ent de sa spontanéité. Si cette spontanéité résiste, si elle est frap- ]}ée d'inertie, si elle est absorbée dans une autre suite d'actions organiques, on aura beau l'exciter, la. provoquer même violemment à tel ou tel acte , cet acte ainsi sollicité ne se produira pas; l'excitation demeurera vaine, et la spontanéité vivante silencieuse.

Page 1