‹ De la Staso-BasophobieChapitre 14 sur 58 · ME ETAGE · texte numérisé non relu

ME ETAGE

yeux fermés, immobile, dans le calme et le silence le plus complet. Remarquons d’ailleurs que cette malade ne pouvait même pas s'asseoir.

Chez la malade de M. Séglas, an contraire, — et ce cas nous paraît devoir être le plus fréquent — les vertiges et la faiblesse avaient lieu surtout le matin, à jeun. L’ingestion des éléments, l'air vif, la lumière faisaient disparaître le vertige.

B. — Symptômes psychiques. — Le symptôme, constant et pathognomonique du syndrome, celui qui a donné son nom, est l’idée émotive ou phobique, plus ou moins consciente de l’impossibilité de la station ou de la marche. x

Dans la variété continue le malade a l’idée fixe et bien arrêtée qu'ilne peut se tenir debout, ni marcher.

Dans la forme par accès, ils’arrête tout à coup parce qu'il pense qu’il ne va pas pouvoir marcher ou qu'il va marcher d’une façon ridicule.

Dans les deux cas, l’idée est accompagnée d’un état émotif : peur, anxiété ou angoisse.

La peur est souvent avouée ou ,accusée même par le mrlade. Dans la forme par accès cette conscience de la peur peut être très nette, comme dans d’autres phobies d’ailleurs et spécialement dans l’éreutophobie (1). Mais, comme la phobie de la rougeur, la basophobie est inaccessible à tous les raisonnements que l’on peut faire et

que le malade se fait à lui-même. « J'essaie de me rai-

1. Pitres et Régis. L'obsession de la rougeur (Ereuthophobie) in

Archives de neurologie, 1897,

—1 200 sonner, dit une basophobe de M. Debove, mais c’est plus fort que moi ».

La peur alors ne peut être vaincue que par un secours souvent insignifiant, absurde même en un certain sens, tel que, pour un tabétique, d’avoir quelqu'un à ses côtés pour traverser une rue. Mais parfois aussi il faut un secours plus réel, un vrai point d'appui tel qu’une canne ou le secours d’un bras étranger.

Dans la forme continue lorsque le sujet se trouve sous Pinfluence d’une émotion antagoniste comme la joie, la peur peut s’évanouir et la dysbasie disparaître. Ainsi cette malade deM. Dupré (observation XTIT), tout enchantée de se voir radiographiée après plusieurs jours d’attenté, se rend avec empressement et sans difficulté à la salle de Pélectricien.

D'ailleurs, une distraction quelconque suffit souvent à faire disparaître cette peur et la dysbasie concomitante.

Remarquons enfin que, dans certains cas par accès, l'idée phobiqué ne se présentera pas sile malade est seul, s’il évolue dans un espace restreint, au milieu d’objets familiers, s’il est surle trottoir, le long d’un mur, etc Par contre, sile malade a éprouvé son malaise à un endroit, il l’éprouve toujours au même endroit. Tel le malade de M. Mirallié. Ilen est de même d’ailleurs dans l’'agoraphobie.

Tels sont les principaux Symptômes physiques et psychiques que présentent les malades À Ja période d'état, Voyons maintenant le début, la marche, la terminaison et la durée du syndrome,

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