‹ De la Staso-BasophobieChapitre 32 sur 58 · page · texte numérisé non relu

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Jaccoud distingue le syndrome appelé plus tard astasieabasie. Après lui, Charcot et Blocq ont tellement insisté sur le diagnostic de ce syndrome par rapport aux paraplégies qu'il est connu de tous.

La variété basophobique ne différant pas, au point de vue physique, de la variété abasique, la distinction valable pour celle-ci est valable pour celle-là. Il suffit d’ailleurs de se reporter à notre symptomatologie. N'oublions pas cependant que la confusion a été faite, aiasi qu’en témoignent les observations de MM. Rendu et Dupré de deux basophobes qui furent transportés à l'hôpital « comme paraplégiques ».

IT. — Mais, parmi tous les troubles de la marche et de la station debout, celui qui ressemble le plus à la staso-basophobie continue est sans contredit /’astasreabaste continue. Dans les deux syndromes, en effet, on trouve constamment le même symptôme d’impotence contrastant avec l’état statique et dynamique des membres. Dans le décubitus et dans son fauteuil l’abasique se présente de la même façon que le basophobe. Comme ce dernier, il exécutera les mouvements commandés avec la même force et la même coordination. Moins encore que le basophobe, l’abasique n'offre aucune lésion organique, aucun trouble des réflexes ou de la sensibilité suffisante pour expliquer son impotence.

Mais si les principaux symptômes somatiques sont les mêmes dans les deux syndromes, on constate immédiatement dans la staso-basophobie, au point de vue psychique, un symptôme qui n'existe pas dans l’astasie-abasie,

à savoir une idée phobique.

Nôtré sÿhdrôimé ést üñe Séhrécrlæhmung (Binévwargéf), üné aslasie-dbasté émotive (Séglas), üné stasophobie (Bôüveret), unie sdso-basophobte (Débové ét Boulloche).

L’abäsique dé Charcot n’a pas peur. Il né péut plus ou plutôt il ñé Sait plus marcher. Noûüs avons déjà dit, én éllét, qüe Charcot éxpliquail cet élai par une amnésie spéciâle dés céntre corticaux dé la stalion et dé là marche.

sôût Si fréquentes et où lé éhâmp dé la conscience est & sOuvént Fétréci.

Ainsi amnésie d’un côté, peur de l’autré, {els sont lés déux sÿmptômes pathôgnomoniques qüidifférencient entre eux lé8 deux sÿndrôinés. 1

De plus à chacun dé ces Symptômes $ajoutént quélques particularités à la fois cuficusés et logiques, con- Wibuäit À âccéntuér la physionomie propre de chaque syfidromé. |

C'est aïasi qué l’âbasique dontl’amnésié 68 localisée spécidlémént au cénitré dé la marché nôrnräle poüträ marcher niôn Séulémént 4 quatré pales, mais À éloché-pied, sau- Lér Comme üné pié, OÙ énÉOFE Cotiiié ée malade dé Chéiéôt, Marcher d’üné façon théAtrale. M. lé D' Gragget (dé Riom) rapporté, à eét éJard, üñé ob$ervalion inté: ressante (1). Il s’agit d’un jeüné garéort dé 10 änis guéri dé son astisié, mais résté Abäsique: II lui état impossiblé dé fairé un Pas dé 14 fiçonñ normale. Livré à Jui même; il prénait à déux mains l’une dés cuisses de façon

1. In Congrès des médecins aliénisies el néurologisles de France, 10° session tenue à Marseille, 1899, pagé 438.

à attirer le pied en avant, ainsi pour l’autre cuisse. Mais le procédé auquel il recourait de plus volontiers était « la marche à quatre pattes » ; il était ainsi d’une agilité peu commune et parcourait aisément toute la maison. Pour descendre l’escalier, il se plaçait à califour chon sur . le garde-fou et se laissait glisser rapidement jusqu’en bas. Pour monter il s’asseyait sur une marche, et à laide des bras, montait le siège sur la marche supérieure, cela à reculons et avec une grande agilité.

Rien de tel chez le basophobe. Et cela se conçoit: Car qui craint de marcher normalement doit, à plus forte raison, craindre de marcher à cloche-pied ou de sauter comme une pie. Si dans un cas (observ. XI), et après un peu de suggestion, nôüs avons pu obtenir la marche à quatre pattes, cela n’est pas en contradiction avec la peur. Car cette façon de marcher offre évidemment plus de points d’appui et une plus large base de sustentation que la marche normale, donc moins de sujets de crainte

Les auteurs ont aussi remarqué que l’abasique ne sait pas pourquoi il ne marche pas et, souvent même, en bon hystériqué distrait, ne se soucie guêre de son impotence, Il plane en quelque sorte au-dessus de son abasie. C’est pour cé motif qu'il présente, de l'avis de tous les auteurs, une si grande aptitude suggestive. Le basophobe continu ne sait pas non plus le plus souven£ pourquoi il ne marche pas, mais il a l'idée fixe qu’il ne peut pas marcher, il n’est pas distrait, mais attentif jusqu’à l’obsession, Il concentre toutes ses facultés sur Son état morbide ét c'ést pourquoi la suggestion é$t impuissante chez lui. Cest

très rarement un hystérique, mais très souvent un neu-

DR EE rasthénique, et toujours un dégénéré émotif, apte aux phobies.

Aussi, tandis que l’astasie-abasie compte de nombreuses observations d’enfants et de jeunes gens, la basoptobie ne compte-t-elle jusqu'ici, à notre connaissance, qu’un seul cas d’enfant, toutes les autres observations ayant trait à des adultes dont le moins âgé a trente-huit ans.

Ces différences relatives à l’âge et au terrain en amènent une autre relative au pronostic et à la guérison.

Le pronostic est bien plus favorable et la quérison bien plus facile dans le syndrome de Charcot et Blocq que dans celui de MM. Debove et Boulloche. Nombreuses, en effet, sont les observations d’abasiques quéris et, souvent de la façon la plus simple, par la suggestin à l’état de'veille ou hypnotique. .

Chez nos basophobes, au contraire, sur lesquels pèsent souvent à la fois, l’âge, l’hérédité, les antécédents personnels et la neurasthénie, les quérisons définitives sont rares et les améliorations même difficiles à obtenir et tout àfait instables.

MM. Weill et Jolly (1) ont signalé un procédé pour faire disparaître l’astasie-abasie et consistant dans la pression sur certaines régions du corps,notamment sur les épaules, Nous avons essayé ce procédé sur deux basophobes mais sans résultat.

Un certain nombre de malades atteints de staso-basophobie ne pouvaient pas en même temps s’asseoir dans

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